Le Palais Bourbon, siège de l'Assemblée nationale française, sous un ciel bleu.
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Mariage sans-papiers : la loi choc de retour à l’Assemblée, portée par le gouvernement

La proposition de loi Demilly, soutenue par le gouvernement Bayrou-Darmanin, veut interdire le mariage aux étrangers sans papiers.

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Le 25 juin 2026, la proposition de loi Demilly visant à interdire le mariage aux étrangers sans papiers a refait surface à l’Assemblée nationale, portée par l’UDR d’Éric Ciotti et soutenue explicitement par le gouvernement Bayrou-Darmanin. Ce texte, déjà adopté au Sénat en février 2025 mais bloqué depuis, cristallise les tensions entre impératifs sécuritaires et libertés fondamentales. Derrière les débats parlementaires houleux, ce sont des centaines de couples qui craignent de voir leur droit au mariage réduit à néant, tandis que juristes et associations promettent une bataille judiciaire sans précédent.

Le Palais Bourbon, siège de l'Assemblée nationale française, sous un ciel bleu.
Le Palais Bourbon, siège de l'Assemblée nationale française, sous un ciel bleu. — Funky Tee / CC BY-SA 2.0 / (source)

Le retour d’un texte choc : comment la loi « anti-mariage » a ressurgi à l’Assemblée

La proposition de loi n°1008, portée par le député UDR Jean-Pierre Demilly, n’est pas un texte nouveau. Adoptée au Sénat en février 2025, elle était restée en jachère à l’Assemblée nationale pendant près d’un an et demi. Son retour dans l’hémicycle le 25 juin 2026 n’a rien d’un hasard : il s’inscrit dans la niche parlementaire de l’UDR, ce créneau réservé où chaque groupe peut imposer ses textes à l’ordre du jour.

25 juin 2026 : la niche parlementaire de l’UDR relance le débat sur les sans-papiers

La journée du 25 juin a été un véritable marathon législatif. Dès l’ouverture des débats à 9 heures, les bancs de la gauche se sont remplis de députés déterminés à faire barrage. La proposition de loi, qui compte trois articles principaux, a été examinée article par article dans une ambiance électrique. Les députés de La France Insoumise, du Parti Socialiste et des Écologistes ont déposé pas moins de 450 amendements, une tactique d’obstruction classique mais particulièrement efficace.

Pierre-Yves Bournazel prenant la parole lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.
Pierre-Yves Bournazel prenant la parole lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale. — Assemblée nationale / CC BY-SA 4.0 / (source)

À 23h55, après près de quinze heures de débats, la séance a été levée sans que le vote final n’ait pu avoir lieu. Le texte, qui devait être adopté dans la journée, se retrouve de nouveau bloqué. Les députés de l’UDR ont dénoncé une « manœuvre déloyale » de la gauche, tandis que les opposants au texte ont salué une « victoire de la démocratie ». Le sort de la proposition de loi reste donc suspendu à une nouvelle inscription à l’ordre du jour, hypothèse peu probable à court terme.

Soutien de Bayrou et Darmanin : le gouvernement met son poids dans la balance, malgré des réserves

Le gouvernement a adopté une position ambiguë qui en dit long sur les calculs politiques qui entourent ce texte. Gérald Darmanin, ministre de la Justice, a apporté un soutien de principe à la mesure, qualifiant la situation actuelle de « schizophrène ». Son argument : l’État demande aux sans-papiers de quitter le territoire mais les autorise à se marier, créant une contradiction insoluble.

Pourtant, le ministre a refusé d’actionner l’article 44-2 de la Constitution, qui permet de limiter le nombre d’amendements déposés par l’opposition. Ce choix délibéré a condamné le texte à l’échec parlementaire. Les associations de défense des étrangers y voient la preuve que le gouvernement n’est pas vraiment prêt à assumer les conséquences juridiques de cette loi. Le Premier ministre François Bayrou, de son côté, est resté en retrait, laissant son garde des Sceaux porter seul la position gouvernementale.

Hémicycle du Sénat au Palais du Luxembourg, avec ses sièges rouges et sa tapisserie ornementale.
Hémicycle du Sénat au Palais du Luxembourg, avec ses sièges rouges et sa tapisserie ornementale. — (source)

Ce que dit vraiment le texte : l’article 1er qui change tout pour les couples

Pour comprendre l’ampleur du débat, il faut plonger dans le détail des articles qui composent cette proposition de loi. Loin des discours politiques, le texte est d’une simplicité brutale : il transforme l’irrégularité du séjour en obstacle absolu au mariage.

De l’obligation de fournir un titre de séjour à l’interdiction pure et simple : les trois articles décryptés

L’article 1er A impose aux futurs époux étrangers de fournir à l’officier d’état civil « tout élément permettant d’apprécier leur situation au regard du séjour ». Concrètement, un étranger sans papiers devra prouver qu’il est en situation régulière pour pouvoir seulement déposer un dossier de mariage. Sans titre de séjour valide, pas de publication des bans.

L’article 1er B renforce les pouvoirs d’enquête du procureur de la République. Le délai d’enquête sur les mariages suspects passe d’un à deux mois, renouvelable une fois. Cela signifie que le parquet peut bloquer un mariage pendant quatre mois sans avoir à justifier ses soupçons.

Mais c’est l’article 1er qui concentre toutes les critiques. Sa formulation est sans équivoque : « Le mariage ne peut être contracté par une personne séjournant de manière irrégulière sur le territoire national. » Fini le cas par cas, finie l’appréciation des maires. L’interdiction est automatique, absolue, sans exception. Un étranger sans papiers, quel que soit son parcours, son intégration, la sincérité de son union, se voit fermer la porte de la mairie.

Rassemblement informel de personnes dans une rue, évoquant la situation des sans-papiers en France.
Rassemblement informel de personnes dans une rue, évoquant la situation des sans-papiers en France. — (source)

Avant la loi, comment un maire peut-il déjà bloquer un mariage ? (le cas Ménard et la jurisprudence)

Le droit français offre déjà aux maires un arsenal pour lutter contre les mariages frauduleux. Depuis la loi du 14 novembre 2006, l’officier d’état civil peut saisir le procureur s’il estime qu’un mariage présente des indices de fraude. Le parquet dispose alors d’un délai pour enquêter, et peut s’opposer à la célébration si les soupçons se confirment.

Le cas de Robert Ménard à Béziers illustre les limites de ce système. Le 7 juillet 2023, le maire divers droite a refusé de marier Eva, 32 ans, secrétaire française, et Mustapha, matelot algérien sous obligation de quitter le territoire français (OQTF). La scène, filmée, montre le couple hué par des militants d’extrême droite. Robert Ménard sera jugé le 30 septembre 2026 pour s’être dérobé à ses obligations, et encourt cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende.

La loi Demilly ne crée pas un pouvoir nouveau pour les maires, elle le transforme en interdiction automatique. Là où un maire devait aujourd’hui motiver son refus et prouver la fraude, le texte propose une présomption d’illégitimité frappant tout étranger sans papiers.

« On est les marionnettes de politiciens » – le calvaire d’Eva et Mustapha à Béziers

Derrière les débats techniques et les analyses juridiques, il y a des vies broyées. L’histoire d’Eva et Mustapha, documentée par Le Monde, est devenue le symbole de ce que la loi Demilly généraliserait à des milliers de couples.

Refus de mariage à Béziers : cinq ans de prison requis contre Robert Ménard

Le 7 juillet 2023 restera comme le jour où leur vie a basculé. Eva et Mustapha arrivent à la mairie de Béziers, impatients de sceller leur union. Robert Ménard les reçoit dans son bureau, entouré de caméras. « Je ne marierai pas un clandestin », lance-t-il au couple médusé. La scène est filmée, diffusée, commentée. Eva pleure, Mustapha reste silencieux. Le maire invoque des soupçons de mariage blanc, mais ne produit aucune preuve.

Depuis, la justice suit son cours. Robert Ménard doit comparaître le 30 septembre 2026 devant le tribunal judiciaire de Montpellier. Les réquisitions sont lourdes : cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende pour s’être soustrait à ses obligations d’officier d’état civil. L’affaire a déjà fait jurisprudence : en 2024, la mairie de Chessy a été condamnée à verser 6 000 euros à un Algérien sous OQTF pour un refus de mariage similaire, comme le rapporte notre article sur cette affaire.

Manifestation pour les droits des sans-papiers, avec une pancarte 'Libres et égaux en dignité et en droits'.
Manifestation pour les droits des sans-papiers, avec une pancarte 'Libres et égaux en dignité et en droits'. — (source)

« Je n’ai même pas pu lui dire au revoir » : l’expulsion express de Mustapha vers l’Algérie

Treize jours après le refus de mariage, Mustapha est interpellé à son domicile. Sans procès, sans recours, il est placé en centre de rétention puis expulsé vers l’Algérie. Eva raconte : « Je n’ai même pas pu lui dire au revoir. On m’a appelée pour me dire qu’il était déjà dans l’avion. » Le couple, qui vivait ensemble depuis trois ans, ne s’est pas revu depuis.

« On est les marionnettes de politiciens », lâche Eva dans un souffle. Elle décrit l’impuissance totale face à une machine administrative qui ne fait pas de sentiment. Mustapha, matelot de profession, n’avait aucun antécédent judiciaire. Son seul tort : être en situation irrégulière sur le territoire français.

Une loi inutile ? Le cas Béziers montre que le système peut déjà expulser

L’ironie de l’affaire, c’est que Mustapha a été expulsé sans que la loi Demilly n’existe. L’OQTF dont il faisait l’objet a suffi à la machine administrative pour le renvoyer en Algérie. La proposition de loi apparaît donc comme un étage supplémentaire à une fusée qui fonctionne déjà.

Pour les opposants au texte, ce cas démontre que le droit actuel permet déjà de lutter contre les abus sans sacrifier la liberté du mariage. La loi Demilly, en interdisant le mariage de manière automatique, ajoute une couche de répression inutile et potentiellement contre-productive. Elle ne changera rien pour les fraudeurs avérés, mais elle brisera la vie de couples sincères.

32 740 mariages, 700 poursuites – le vrai chiffre de la « fraude » en question

Le débat politique repose en grande partie sur l’ampleur du phénomène des mariages frauduleux. Les partisans de la loi brandissent des chiffres qui donnent le tournis. Mais que disent vraiment les statistiques ?

13 % des mariages en 2024 impliquent un sans-papier : la statistique qui alimente la polémique

Le rapport Michoux, déposé le 16 juin 2025 sous le numéro 1583, évalue à 32 740 le nombre de mariages impliquant un époux en situation irrégulière en 2024. Sur les 251 000 mariages célébrés cette année-là selon l’Insee, cela représente environ 13 % des unions.

Ce chiffre est brandi comme un étendard par les partisans de la loi. « Des milliers de mariages potentiellement frauduleux sont signalés chaque année », affirme François-Xavier Ceccoli, député de la Droite républicaine. L’UDR et le RN en font leur argument principal : le mariage serait devenu une filière d’immigration clandestine qu’il faut fermer d’urgence.

Vue du Palais Bourbon, siège de l'Assemblée nationale, avec des passants devant l'édifice.
Vue du Palais Bourbon, siège de l'Assemblée nationale, avec des passants devant l'édifice. — (source)

98 % des mariages sans fraude : pourquoi les associations crient à la mesure disproportionnée

Mais ces 32 740 mariages cachent une réalité plus nuancée. Sur ce total, seulement 700 personnes ont été mises en cause pénalement au titre de l’article L.823-11 du Ceseda, soit environ 2 % des mariages concernés. Le rapport Michoux lui-même précise que ce chiffre inclut les mises en cause pour fraude documentaire, faux témoignage et autres infractions connexes, pas seulement les mariages blancs.

Pour les associations comme le Gisti ou la Cimade, le constat est implacable : 98 % des mariages impliquant un étranger sans papiers ne donnent lieu à aucune poursuite. La loi revient à interdire un droit fondamental à 98 % de couples qui ne fraudent pas, pour traquer 2 % de fraudeurs potentiels. Léa Balage El Mariky, députée Écologiste et sociale, résume : « Votre texte ne répond à aucune nécessité. Il n’a qu’un seul objectif : entraver l’exercice d’une liberté fondamentale, celle de s’aimer et de se marier. »

Combien coûte cette loi ? Le coût d’opportunité d’une chasse aux fraudeurs hypothétiques

Chaque enquête de police judiciaire, chaque procédure en annulation de mariage, chaque contentieux devant les tribunaux a un coût pour l’État. À l’heure où la justice française est exsangue, avec des délais de traitement qui s’allongent et des moyens humains insuffisants, consacrer des ressources à traquer 2 % de fraudeurs potentiels est un choix politique discutable.

Les opposants à la loi pointent le coût d’opportunité : chaque euro dépensé pour enquêter sur un mariage sans fraude est un euro qui manque pour lutter contre les violences conjugales, les trafics ou la délinquance économique. La question n’est pas seulement morale, elle est aussi budgétaire.

Le mur juridique : pourquoi le Conseil constitutionnel et la CEDH pourraient torpiller la loi

Si la proposition de loi venait à être adoptée, son avenir devant les juges constitutionnels et européens serait plus qu’incertain. Les experts sont unanimes : le texte se heurte à une jurisprudence solide qui protège la liberté du mariage.

Depuis 2003, la liberté du mariage protégée par la Déclaration de 1789 : une jurisprudence en béton

Le 20 novembre 2003, le Conseil constitutionnel rendait une décision qui fait aujourd’hui autorité. Dans sa décision n°2003-484 DC, il affirmait que « le respect de la liberté du mariage, composante de la liberté personnelle protégée par les articles 2 et 4 de la Déclaration de 1789, s’oppose à ce que le caractère irrégulier du séjour d’un étranger fasse obstacle, par lui-même, au mariage de l’intéressé ».

Cette jurisprudence a été confirmée en 2006 (décision n°2006-542 DC) et n’a jamais été remise en cause depuis. Vincent Tchen, professeur de droit public à l’Université de Rouen, estime que la proposition de loi est inconstitutionnelle pour trois raisons : elle porte une atteinte disproportionnée à la liberté du mariage, elle rompt l’égalité entre citoyens selon leur situation administrative, et elle ne répond à aucune nécessité impérieuse.

Royaume-Uni, Danemark, Suisse : quand l’Europe interdit le mariage… et fait face à la justice

En Europe, seuls le Royaume-Uni, le Danemark et la Suisse ont prévu une restriction similaire à celle proposée par la loi Demilly. Mais dans chacun de ces pays, la mesure a été contestée devant les tribunaux.

La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), dans son article 12, reconnaît le droit au mariage. Dans l’affaire O’Donoghue contre Royaume-Uni (2010), la Cour a vérifié que des formalités préalables ne réduisent pas ce droit « dans sa substance même ». Une interdiction absolue du mariage pour les sans-papiers passerait difficilement ce test.

Si la France vote cette loi, elle s’expose à une condamnation certaine à Strasbourg. Les associations de défense des droits de l’homme promettent déjà une saisine de la CEDH dès l’adoption du texte. Le précédent britannique est éloquent : le Royaume-Uni a dû assouplir sa législation après plusieurs condamnations européennes.

Le Palais Bourbon, siège de l'Assemblée nationale française.
Le Palais Bourbon, siège de l'Assemblée nationale française. — (source)

La méthode Coué politique : pourquoi le gouvernement soutient une loi jugée inconstitutionnelle ?

Face à ce mur juridique, une question s’impose : pourquoi le gouvernement s’engage-t-il sur un texte promis à la censure ? La réponse est politique, pas juridique.

« Schizophrène » : Darmanin admet les failles du système mais refuse d’utiliser l’arme anti-obstruction

Gérald Darmanin a qualifié la situation actuelle de « schizophrène ». Il reconnaît que le système est incohérent : d’un côté, l’État demande aux sans-papiers de partir, de l’autre, il les autorise à se marier. Mais le ministre refuse d’utiliser l’article 44-2 de la Constitution, qui permettrait de limiter les amendements et d’accélérer l’adoption du texte.

Ce double jeu est révélateur. Le gouvernement soutient le fond de la loi, mais ne lève pas le petit doigt pour la faire adopter. Si le texte était vraiment une priorité, le ministre aurait actionné tous les leviers à sa disposition. Il ne l’a pas fait.

Du Sénat à l’Assemblée : les 450 amendements qui ont bloqué le vote, une stratégie délibérée

La gauche a déposé des centaines d’amendements pour faire obstruction. Les associations (Gisti, Cimade, SOS Racisme, ANVITA) se sont mobilisées en amont pour alerter l’opinion publique. L’UDR accuse la gauche de « faire le jeu des fraudeurs », mais cette obstruction a permis d’éviter un vote qui aurait été politiquement explosif pour la majorité.

En réalité, le gouvernement a tout à gagner dans cette situation. Il peut afficher un soutien à une mesure populaire auprès de l’électorat de droite, tout en sachant qu’elle ne sera jamais appliquée. Le blocage parlementaire lui offre une porte de sortie honorable.

Pour qui roule le gouvernement ? Entre séduction de l’électorat de droite et respect des libertés

La thèse qui se dégage est celle d’une opération de communication à coût politique nul. Le gouvernement utilise ce texte pour envoyer un signal à l’électorat du RN et de l’UDR, tout en sachant qu’il ne passera pas le filtre du Conseil constitutionnel. Si le texte est censuré, le gouvernement n’aura pas à l’appliquer, mais il aura montré qu’il « fait quelque chose » contre l’immigration clandestine.

Cette stratégie n’est pas nouvelle. Elle rappelle les débats sur les lois sécuritaires des années 2000, souvent adoptées pour des raisons électorales avant d’être censurées par les juges. Le coût humain, lui, reste bien réel pour les couples pris en étau.

Conclusion – Droit à l’amour vs. contrôle des frontières, un combat de valeurs qui traverse la société

La proposition de loi Demilly, qu’elle soit adoptée ou non, a déjà produit son principal effet : elle normalise l’idée que l’amour peut être un motif de suspicion et que le mariage est une faveur, pas un droit.

Le mariage pour tous… les citoyens : les associations promettent une saisine du Conseil constitutionnel

Si le texte venait à être adopté malgré l’obstruction parlementaire, les associations annoncent déjà une saisine du Conseil constitutionnel. La liberté du mariage est un principe fondamental reconnu par les lois de la République, et la jurisprudence de 2003 est claire. L’issue la plus probable est la censure de l’article 1er, ce qui ramènerait le débat à la case départ.

En parallèle, d’autres voix s’élèvent pour proposer une approche différente de la politique migratoire. Bally Bagayoko, par exemple, souhaite la régularisation de tous les sans-papiers comme levier démographique, une position radicalement opposée à celle de la loi Demilly.

Dans l’intervalle, des couples comme Eva et Mustapha continuent de payer le prix fort. Le vrai combat n’est pas seulement juridique, il est culturel. Il oppose deux visions de la société : l’une qui considère le mariage comme un droit universel, l’autre qui en fait un privilège réservé aux citoyens en règle. Ce débat, loin d’être clos, traverse la société française et continuera de diviser les esprits longtemps après que les juges auront tranché.

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Questions fréquentes

Qu'est-ce que la proposition de loi Demilly ?

La proposition de loi Demilly, portée par l'UDR et soutenue par le gouvernement, vise à interdire le mariage aux étrangers sans papiers. Adoptée au Sénat en février 2025, elle a refait surface à l'Assemblée nationale le 25 juin 2026 mais n'a pas été votée, bloquée par 450 amendements de l'opposition.

Pourquoi la loi Demilly est-elle contestée ?

Elle est contestée car elle créerait une interdiction automatique du mariage pour les étrangers sans papiers, sans exception. Selon les opposants, 98 % des mariages impliquant un sans-papier ne donnent lieu à aucune poursuite pour fraude, rendant la mesure disproportionnée et attentatoire à la liberté du mariage.

Quels sont les risques juridiques de la loi Demilly ?

Le texte risque d'être censuré par le Conseil constitutionnel car la jurisprudence de 2003 protège la liberté du mariage comme liberté fondamentale. Il pourrait aussi être condamné par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), comme cela est arrivé au Royaume-Uni pour une restriction similaire.

Combien de mariages impliquent un sans-papier en France ?

Selon le rapport Michoux, 32 740 mariages en 2024 impliquaient un époux en situation irrégulière, soit environ 13 % des 251 000 mariages célébrés cette année-là. Sur ce total, seulement 700 personnes ont été mises en cause pénalement pour fraude.

Que s'est-il passé entre Robert Ménard et le couple à Béziers ?

Le 7 juillet 2023, Robert Ménard, maire de Béziers, a refusé de marier Eva et Mustapha, ce dernier étant sous OQTF. Treize jours plus tard, Mustapha a été expulsé vers l'Algérie. Ménard sera jugé le 30 septembre 2026 et encourt cinq ans de prison pour s'être soustrait à ses obligations.

Sources

  1. gisti.org · gisti.org
  2. insee.fr · insee.fr
  3. lcp.fr · lcp.fr
  4. leclubdesjuristes.com · leclubdesjuristes.com
  5. leclubdesjuristes.com · leclubdesjuristes.com
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Chloé Jabot @buzz-tracker

Je vis sur TikTok comme d'autres vivent sur Terre. À 22 ans, j'ai déjà prédit trois tendances virales avant qu'elles n'explosent – dont un challenge dance que j'ai vu naître dans un live à 3h du matin. Étudiante en communication digitale à Paris, je stage dans une agence qui surveille les réseaux sociaux pour des grandes marques. Mon feed For You est tellement bien calibré que mes amis m'envoient des screenshots pour savoir si c'est « encore tendance » ou « déjà cringe ».

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