Deux dispositifs distincts d'aide au mérite coexistent en France : l'un au lycée, l'autre dans l'enseignement supérieur. Tous deux sont réservés aux bénéficiaires de bourses sur critères sociaux, ce qui leur vaut des critiques récurrentes sur l'exclusion de la classe moyenne.

Deux dispositifs, deux logiques
La bourse au mérite au lycée
Au secondaire, la bourse au mérite est un complément à la bourse de lycée. Son montant forfaitaire annuel est de 800 euros, selon un arrêté du 19 octobre 2009. Le dispositif a par la suite été étendu au CAP, à la rentrée 2021.
Certaines sources indiquent toutefois que le montant varie selon l'échelon de bourse, allant de 402 euros (échelon 1) à 1 002 euros (échelon 6), versé en trois fois, en même temps que la bourse scolaire.
L'aide au mérite dans le supérieur
Dans l'enseignement supérieur, l'aide au mérite prend une autre forme. Elle est d'un montant unique de 900 euros annuels, versés en neuf mensualités de 100 euros. Elle peut être mobilisée trois ans au maximum, correspondant aux trois années de licence.
Attribuée depuis 2015, cette aide concernait 38 000 jeunes pour un budget total de 34,4 millions d'euros à la rentrée 2020. En 2023, le montant total des aides versées s'élevait à 42,19 millions d'euros. Au 31 décembre 2024, le nombre de bénéficiaires s'établissait à 44 050, contre 46 205 un an plus tôt.
Le poids de la dépense
Pour l'année civile 2024, la dépense totale pour les bourses et les aides au mérite du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR) s'élève à 2 424 millions d'euros. Dans ce montant, les aides au mérite représentent une part relativement modeste, mais leur coût reste significatif.
Une critique partagée : l'exclusion des classes moyennes
Le dispositif est régulièrement critiqué car il est accessible uniquement aux étudiants bénéficiant de la bourse du CROUS (Centre régional des oeuvres universitaires et scolaires). Ce critère d'attribution est considéré comme contraire à l'esprit même du mérite, qui ne saurait se limiter au milieu social de l'étudiant.
Le mécanisme actuel, avec ses conditions de ressources des parents, pénalise particulièrement les familles des classes moyennes, qui se sentent abandonnées et exclues de toute aide et de tout soutien. Selon la justification avancée par le gouvernement en 2014, un redéploiement de 40 millions d'euros était envisagé, les aides au mérite ne bénéficiant qu'à 5 % des boursiers et ayant un impact moindre sur la réussite que les bourses sur critères sociaux.
Les collectivités au complément
Au-delà de l'État, certaines collectivités territoriales versent leurs propres aides au mérite. Ainsi, la région Île-de-France prévoit de verser 1 000 euros à tous les élèves boursiers ayant obtenu le bac avec mention "très bien" et entamant des études supérieures en Île-de-France. En 2023-2024, environ 2 538 étudiants ont reçu cette aide.
Face à ce dispositif, la question reste posée : comment concilier mérite académique, origine sociale et contrainte budgétaire dans l'attribution des aides publiques ?