Le blues du dimanche soir te serre le ventre. Tu n'es pas seul. Environ 50 % des Français le ressentent, selon le psychiatre Florian Ferreri. Aux États-Unis, ils sont 70 %.

Le Sunday scaries n'est pas qu'un manque d'organisation
Florian Ferreri décrit ce trouble comme une baisse de moral, de l'anxiété et parfois des palpitations le dimanche après-midi ou soir. Au Royaume-Uni, 67 % des Britanniques éprouvent cette anxiété liée au travail, au sommeil et aux listes de tâches, selon une étude de l'OHID citée par The Guardian. Chez les 18-24 ans, 74 % ressentent une « anticipatory anxiety » accrue en fin de week-end.
Les recherches Google pour « anxiety » ont augmenté de 170 % sur la dernière décennie, selon Google Trends.
Les causes sont multiples. Ferreri l'explique dans un entretien au Temps : le retour travail ou école crée le malaise dans certains cas, mais d'autres personnes font le « deuil » de l'oisivité du week-end même si elles aiment leur emploi. Le changement de rythme (lever, alimentation), les corvées reportées au dimanche soir (devoirs, factures, ménage), la difficulté à déconnecter et la comparaison sur réseaux sociaux comptent aussi.
ReachLink, un fournisseur de santé mentale au travail, présente le dread précoce (dès samedi) comme un signal clinique de surcharge chronique, de désalignement professionnel ou de burnout, non un défaut de caractère. L'anxiété anticipatoire qui arrive tôt mérite attention, pas culpabilité.
#SundayReset sur TikTok : une idée à reprendre sans se ruiner
La tendance #SundayReset dépasse 500 000 vidéos sur TikTok. L'idée : secouer les restes de la semaine et démarrer « frais ». Mais les contenus les plus filmés, réapprovisionnement du frigo, ménage, sont biaisés par l'esthétique. Ne laisse pas ça devenir une charge mentale ou une dépense.

Tu peux choisir un geste léger : ranger un tiroir, préparer ta tenue confortable, ou simplement écouter de la musique. Le but est de donner un cadre à ton dimanche, pas de filmer un intérieur parfait.
Réfléchis à tes objectifs perso, pas au boulot
Une étude de l'Université de Buffalo montre qu'un rituel simple réduit le stress. Min-Hsuan Tu, professeure à UB, a suivi plus de 1 200 personnes. Elle explique : « Many workers admit to experiencing automatic, intrusive thoughts during leisure time as their biggest pain point as an employee. »
Son équipe a demandé aux participants de passer du temps le soir à réfléchir à leurs objectifs non professionnels, sport, loisirs, famille, et à planifier comment les atteindre. Pour la plupart, cela a réduit le stress et l'épuisement et amélioré le bien-être. Près de 75 % des employés admettent ne pas pouvoir arrêter de penser au travail après les heures, selon la même recherche. Décaler le focus aide à décrocher.
Limite : les workaholics ont moins profité de l'exercice. Leur attachement au travail rend la coupure mentale plus dure.
Pour ton rituel, choisis un objectif qui te ressemble. Tu peux prévoir une soirée lecture entre potes sans te ruiner. C'est un but personnel concret, peu coûteux, qui occupe l'esprit hors travail.
Les conseils des cliniciens pour un dimanche soir zen
Florian Ferreri donne des repères simples. Ne dépasse pas deux heures de décalage de réveil le dimanche par rapport à la semaine. Répartis les tâches contraignantes sur les sept jours. Consacre la fin du dimanche à un jeu ou une sortie plutôt qu'aux devoirs. Le yoga ou la méditation calment l'anxiété anticipatoire. « On peut se laisser du vide, du temps pour soi […] pour autant qu'on ne culpabilise pas », dit-il.
Kia-Rai Prewitt, psychologue à la Cleveland Clinic, définit les Sunday Scaries comme « the anxiety that people have prior to the beginning of the workweek ». Elle conseille de se concentrer sur le contrôlable dans le présent, plutôt que l'inconnu de lundi. Fais une activité plaisir : dîner entre amis, film. Un dîner entre amis chic et pas cher remplit cette case sans pression financière.
Prewitt alerte : ne sur-remplis pas ton week-end, tu arriverais épuisé le lundi. Si l'anxiété est constante, réévalue ton travail, horaires, sous-effectif, ou consulte.
Choisis un seul élément pour dimanche prochain. Pas besoin de perfection.