Lire entre amis sans dépenser un centime, c’est possible. Raphaël Quenard, César 2024 de la meilleure révélation masculine, publie son premier roman et partage sa vision de la lecture : accessible, décomplexée, faite pour être partagée. Entre le boom des reading parties qui envahissent les librairies françaises et l’urgence de décrocher des écrans, organiser une soirée lecture chez soi devient l’activité la plus cool du moment. Voici comment faire, avec les conseils de l’acteur préféré des 18-25 ans.

Raphaël Quenard : pourquoi le héros de « Chien de la casse » est devenu le gourou des soirées lecture
L’acteur le plus bankable du cinéma français n’a pas toujours été un rat de bibliothèque. C’est précisément pour ça qu’on l’écoute. Quand Raphaël Quenard parle de lecture, il ne donne pas de leçon. Il raconte comment il a découvert les livres sur le tard, vers 18-19 ans, et comment cette révélation tardive a changé sa vie. Cette normalité fait de lui le parfait ambassadeur pour une génération qui n’a pas grandi avec Proust sur la table de chevet.
Son rapport à la littérature est viscéral, jamais snob. Il cite Montaigne dans Chien de la casse en jouant un dealer de cité, et personne ne trouve ça forcé. C’est cette authenticité qui le rend crédible. Quenard incarne une lecture populaire, qui parle à tout le monde, sans pedigree ni complexe.

De dealer lecteur de Montaigne à auteur publié : le parcours atypique de Quenard
Le 23 février 2024, Raphaël Quenard remporte le César de la meilleure révélation masculine pour son rôle dans Chien de la casse, réalisé par Jean-Baptiste Durand. Dans ce film, il incarne un dealer qui cite Montaigne. Ce contraste entre la rue et la philosophie a marqué les esprits. Depuis, l’acteur enchaîne les projets chez Quentin Dupieux (Yannick, Le Deuxième Acte), dans L’Amour ouf, et prépare même un biopic sur Johnny Hallyday réalisé par Cédric Jimenez.
Mais c’est en 2025 qu’il surprend tout le monde en publiant son premier roman, Clamser à Tataouine, chez Flammarion. Le livre raconte l’histoire d’un personnage désabusé qui traverse toutes les classes sociales, animé par une vengeance noire. Le style est brut, direct, sans fioritures. Pas de littérature qui se prend au sérieux.

Ce qui frappe dans son parcours, c’est la sincérité. Quenard ne prétend pas avoir dévoré la Pléiade à 12 ans. Il découvre la lecture à l’âge adulte, et cette honnêteté le rend accessible. Pour les jeunes qui n’osent pas se dire lecteurs, il est la preuve qu’on peut arriver tard à la fête et quand même en devenir l’invité vedette.
« Clamser à Tataouine » et le livre à 8,90 € comme totem générationnel
Le roman est sorti en poche chez J’ai Lu en 2026, à 8,90 €. Ce n’est pas un hasard. Quenard a voulu un prix accessible, pour que son livre ne soit pas réservé à une élite. Dans son interview à Konbini, il explique que les livres permettent de « détricoter les incompréhensions du cœur ». Une phrase qui résume toute sa philosophie : lire pour comprendre l’autre, pas pour briller en société.
Le choix du prix est politique. À une époque où un roman neuf coûte souvent 20 €, proposer un texte à moins de 10 €, c’est envoyer un message clair : la littérature n’est pas un luxe. C’est aussi l’amorce parfaite pour une soirée lecture entre potes. Avec 8,90 € par personne, chacun peut arriver avec un livre neuf, sans se ruiner. Et si on pioche dans sa bibliothèque ou à la médiathèque, le budget tombe à zéro.

Quenard cite Dumas et Hugo comme « Hollywood avant l’heure ». Il lit Bukowski, John Fante, Tchekhov, la biographie de Zlatan Ibrahimović, et les BD de Fabcaro. Sa bibliothèque est un patchwork qui mélange les genres et les époques. Exactement ce qu’il faut pour une soirée où chacun apporte ce qui lui fait envie, sans pression.
Solitude partagée : pourquoi les reading parties cartonnent chez les 18-25 ans
Le phénomène est partout. Sur Instagram, TikTok, dans les librairies indépendantes et les médiathèques. Les reading parties — ces soirées où des inconnus se réunissent pour lire en silence, puis échanger — explosent en France. Et ce sont les 18-25 ans qui plébiscitent le concept.
Pourquoi un tel succès ? Parce que ces soirées répondent à un besoin profond : celui de déconnecter, mais pas tout seul. Dans un monde où l’attention est fragmentée par les notifications et les algorithmes, s’asseoir avec un livre pendant une heure, entouré d’autres personnes qui font la même chose, devient un acte presque politique. C’est reprendre le contrôle de son temps, sans renoncer à la convivialité.
Le public jeune est le plus touché par l’hyperconnexion. C’est aussi celui qui cherche le plus à s’en échapper. La reading party offre une solution simple, gratuite, et terriblement efficace.

Le phénomène venu de New York qui débarque dans les librairies françaises
Tout commence à New York en 2023, avec le collectif Reading Rhythms. Le principe est simple : des participants se retrouvent dans un lieu — bar, librairie, parc — apportent leur propre livre, lisent en silence pendant une à deux heures, puis partagent leurs impressions. Pas de livre imposé, pas de pression. Les téléphones sont mis en mode avion ou déposés à l’entrée.
Le concept traverse l’Atlantique et arrive en Europe, puis en France. Les librairies indépendantes s’emparent du format, les associations étudiantes aussi. Aujourd’hui, taper « reading party Paris » sur Google renvoie des dizaines de rendez-vous chaque semaine. Des villes comme Lyon, Bordeaux, Lille ou Marseille ont aussi leurs soirées.
Le succès est fulgurant parce que le concept est ultra-simple à reproduire. Pas besoin de matériel, pas besoin de budget. Un livre, un coussin, une boisson chaude, et le tour est joué. C’est exactement ce qui plaît à une génération qui en a marre des sorties qui coûtent cher et des soirées où on finit scotché à son téléphone.
« Être seul·e ensemble » : le secret du succès auprès de la génération Z
L’association des librairies de Nouvelle-Aquitaine a analysé le phénomène. Leur conclusion : « Nous avons besoin d’être ensemble pour parvenir, enfin, à être seul·e avec un livre. » Cette formule résume tout le paradoxe de la reading party. On ne lit pas moins bien en groupe. Au contraire, la présence des autres crée une bulle de concentration collective.
La génération Z et les milléniaux sont particulièrement attirés par ce concept de « solitude partagée ». L’article du Monde du 12 juillet 2026 le confirme : s’afficher avec un livre n’a jamais été aussi tendance. Les réseaux sociaux regorgent de photos de livres posés sur une table de café, de piles de romans en fond de story, de citations partagées en stories.

Mais attention, il ne s’agit pas d’un effet de mode superficiel. Derrière cette esthétique, il y a un vrai besoin de ralentir. Les reading parties offrent un cadre où il est socialement acceptable de ne pas parler, de ne pas performer. On peut juste être là, avec son livre, sans avoir à justifier quoi que ce soit. C’est peut-être ça, le vrai luxe du XXIe siècle.
De Monte-Cristo à Zlatan : la bibliothèque idéale et pas chère de Raphaël Quenard
Si vous voulez organiser une soirée lecture inspirée par Raphaël Quenard, commencez par sa bibliothèque. L’acteur a livré à Konbini la liste de ses livres de chevet. C’est éclectique, surprenant, et surtout, ça casse les codes de la légitimité littéraire.
Pas de Proust, pas de Joyce. Du Dumas, du Baudelaire, une biographie de footballeur, une BD humoristique, et des écrivains de la marge comme Bukowski ou John Fante. Cette sélection est parfaite pour une soirée entre potes parce qu’elle mise sur le plaisir, pas sur le pedigree.
Les 5 livres coups de cœur de l’acteur à proposer à vos amis
Voici les œuvres citées par Quenard dans son interview, avec leur prix indicatif en poche :
- Le Comte de Monte-Cristo (Alexandre Dumas) — environ 10 € en poche, ou gratuit en ligne. Un roman-fleuve qui se lit comme une série Netflix. Quenard le considère comme « Hollywood avant l’heure ».
- Les Fleurs du Mal (Charles Baudelaire) — 3 € en poche. De la poésie qui claque, parfaite pour des lectures à voix haute.
- ZA (Fabcaro) — 15 € en bande dessinée, souvent trouvable en médiathèque. Un humour absurde qui détend l’atmosphère.
- I Am Zlatan Ibrahimović (David Lagercrantz) — 8 € en poche. Une autobiographie de sportif qui parle de rage, de succès et d’échec.
- Bukowski, John Fante, Tchekhov — des auteurs qu’on trouve en folio ou en GF à moins de 5 €. De la littérature qui gratte, qui parle de la vie ordinaire sans fard.
Le total pour acheter ces cinq livres ? Moins de 40 € en poche, et encore moins si on chine en occasion ou à la médiathèque. Pour une soirée à plusieurs, chacun peut apporter un de ces titres, ou piocher dans sa propre bibliothèque.

Pourquoi ces choix sont parfaits pour une soirée : du plaisir, pas du pedigree
Quenard insiste sur un point : la lecture doit être un plaisir, pas une corvée. En soirée lecture, cette règle est encore plus importante. Les participants doivent piocher un livre qui leur fait envie, pas un livre dont ils pensent qu’ils devraient lire.
C’est là que la sélection de Quenard fait mouche. Monte-Cristo est un page-turner. La biographie de Zlatan est un récit d’ascension sociale qui parle à tout le monde. Bukowski et Fante racontent la vie des losers magnifiques. Tchekhov explore les failles humaines avec une tendresse désarmante. Et Fabcaro fait rire.
Aucun de ces livres n’exige de prérequis académique. On peut les lire sans notes de bas de page, sans guide d’analyse. C’est exactement ce qu’il faut pour une soirée où l’objectif est de partager un moment, pas de faire son malin.
En bonus, Quenard cite une phrase qui devrait être le mantra de toutes les reading parties : « La promesse d’un bonheur infini devant ce qu’il lui reste à lire. » Chaque livre non lu est une promesse. En groupe, on multiplie ces promesses par le nombre de participants.
Soirée lecture à moins de 10 € par personne : le guide ultime pour recevoir sans stress
Passons à la pratique. Organiser une soirée lecture chez soi, c’est simple, et ça coûte presque rien. Voici les règles à suivre pour que tout le monde passe un bon moment, sans se prendre la tête.
Le lieu : pourquoi votre salon ou un parc est l’option la plus stylée
Oubliez la location de salle. Le meilleur lieu pour une reading party, c’est chez vous. Un salon, une chambre avec des coussins par terre, un balcon si le temps le permet. L’ambiance compte plus que l’espace. Tamisez les lumières, allumez des bougies, sortez les guirlandes lumineuses. Créez un coin cosy avec des tapis et des plaids.
Si vous voulez changer d’air, un parc public en été est parfait. Chacun apporte sa couverture, on s’installe dans l’herbe, on lit une heure, puis on pique-nique. Zéro euro de location.
Autre option : la médiathèque municipale ou une librairie indépendante partenaire du Pass Culture. Certaines proposent des créneaux gratuits pour les groupes. Un mail ou un coup de fil suffit souvent pour réserver un espace.
L’apéro littéraire : auberge espagnole et snacks à moins de 5 €
La règle numéro un : chacun apporte un truc à grignoter et à boire. C’est l’auberge espagnole, version lecture. Pas de frais pour l’organisateur, et chacun participe à sa mesure.
Pour rendre l’apéro plus fun, liez-le au thème du livre. Si vous lisez la biographie de Zlatan, proposez des meatballs et une bière suédoise. Si c’est Bukowski, chips et bière cheap. Pour Monte-Cristo, fromage, pain et vin rouge. Pour Fabcaro, un apéro déjanté avec des snacks improbables. Le jeu est de faire le lien entre la bouffe et le livre, sans se prendre au sérieux.
Pour ceux qui veulent épater sans se ruiner, jetez un œil à notre guide du dîner entre amis chic et pas cher. Les recettes low-cost fonctionnent aussi pour une soirée lecture.
La règle d’or : téléphone en mode avion et débrief sans pression
C’est le point le plus important. Au début de la soirée, tout le monde met son téléphone en mode avion ou le dépose dans une caisse à l’entrée. Pas d’exception. La lecture en groupe exige une concentration collective. Un seul écran allumé casse la magie.
Prévoyez une playlist instrumentale en fond. Évitez les paroles, qui distraient. Optez pour du jazz, de l’ambient, ou une bande-son de film. Clin d’œil aux films de Quenard : une playlist inspirée de Yannick ou du Deuxième Acte peut donner le ton.
Le déroulé type : 1 h à 1 h 30 de lecture en silence. Ensuite, un moment d’échange libre. Chacun partage un passage qui l’a marqué, une phrase, une émotion. Rien d’obligatoire. Personne n’est forcé de parler. L’idée est de créer un espace où on peut dire « j’ai rien compris » ou « j’ai adoré ce passage » sans jugement.
Pas de compte rendu, pas de fiche de lecture. Juste des gens qui parlent de ce qu’ils viennent de vivre, les yeux encore un peu dans le livre.
De la BnF aux HLM d’Avignon : où trouver une reading party gratuite près de chez vous en 2026
Vous n’avez pas envie d’organiser ? Pas de problème. Les reading parties gratuites poussent partout en France, y compris là où on ne les attend pas.
Geronimo, 450 000 abonnés et un club de lecture dans une cité HLM
Le Monde du 12 juillet 2026 dresse le portrait de Geronimo, 26 ans, créateur du compte Instagram « Geronymonstre » suivi par 450 000 personnes. Ce jeune homme anime un club de lecture gratuit dans une cité HLM d’Avignon. Son initiative a été remarquée par Augustin Trapenard et même par la Bibliothèque nationale de France.
Geronimo prouve que la reading party n’est pas réservée aux quartiers branchés parisiens. Dans sa cité, il rassemble des jeunes qui n’auraient jamais mis les pieds dans une librairie. Le livre devient un prétexte pour se retrouver, échanger, créer du lien. Son succès montre que la lecture en groupe répond à un besoin universel, au-delà des clivages sociaux.
Les initiatives près de chez vous : librairies, médiathèques et lieux associatifs
Pour trouver une reading party près de chez vous, plusieurs pistes :
- Les librairies indépendantes partenaires du Pass Culture. Beaucoup organisent des soirées lecture gratuites, souvent une fois par mois. Renseignez-vous auprès de votre libraire.
- Les médiathèques municipales. Elles proposent de plus en plus de créneaux « lecture partagée » ouverts à tous, sans inscription.
- Les associations étudiantes. Sur les campus, les clubs de lecture explosent. Un message sur le groupe Facebook de votre fac suffit souvent à trouver une soirée.
- Les réseaux sociaux. Tapez « reading party + votre ville » sur Instagram ou TikTok. Les événements sont souvent relayés par des comptes locaux.
Le concept « reading party » est libre de droits. N’importe qui peut le lancer. Si vous n’en trouvez pas près de chez vous, créez la vôtre. Invitez trois potes, fixez une date, et c’est parti.
Pour les premières fois, arrivez 10 minutes en avance. Demandez les règles si elles ne sont pas claires. Et surtout, ne stressez pas si vous n’avez rien à dire pendant le débrief. Le silence fait aussi partie du jeu.
Conclusion : pourquoi lire ensemble (même sans un rond) est l’acte le plus cool du moment
« La promesse d’un bonheur infini » : le mot de la fin de Raphaël Quenard
Dans son interview à Konbini, Raphaël Quenard lâche une phrase qui devrait être gravée au-dessus de toutes les bibliothèques : « la promesse d’un bonheur infini devant ce qu’il lui reste à lire ». Cette promesse, la soirée lecture permet de la partager avec ses amis, sans mise de départ.
Le budget n’est pas une barrière, c’est un terrain de jeu. Un livre à 3 €, un coussin, une bougie, et une heure de silence partagé. C’est tout ce qu’il faut. La lecture en groupe est l’activité la plus accessible du moment, et probablement la plus réparatrice.
Lire est le nouveau sortir : un appel à lancer sa propre soirée
Alors, ce soir, envoyez un message à vos potes. « Ce soir, on lit ? » Le César 2024 l’a prouvé : la lecture rapproche, détricote les incompréhensions, et ne coûte presque rien. Il n’y a plus d’excuse.
Allumez une bougie, sortez un Bukowski ou une BD de Fabcaro, et lancez la première reading party de votre bande. Vous verrez, le silence n’a jamais été aussi bruyant de choses à dire.