Un membre du Conseil économique, social et environnemental (Cese) a estimé en mai 2026, selon Le Figaro, que l'institution n'est « bonne qu'à faire des rapports énormes que personne ne lit ». Le 20 mai 2026, Claire Thoury, sociologue issue du monde associatif, a été élue première femme présidente du Cese pour cinq ans, face à l'entrepreneuse Dominique Carlac'h. Elle succède à Thierry Beaudet, président depuis 2021.

Le coût du Cese et les coupes votées
Le gouvernement a indiqué dans sa réponse à la question écrite de la députée Constance Le Grip que le budget du Cese est passé de 45,1 millions d'euros en 2023 à 34,4 millions d'euros en 2025. Sur la période de juin 2024 à mai 2025, l'institution a adopté 26 travaux, dont 17 avis. La location du Palais d'Iéna a rapporté 4,2 millions d'euros de recettes en 2024, et les conventions sur le climat et la fin de vie ont permis 415 000 euros d'économies selon le même document.
Le Sénat a voté le 10 décembre 2025, dans le cadre du projet de loi de finances pour 2026, un amendement réduisant de 15 % le budget du Cese. Cette coupe s'inscrit dans un contexte de finances publiques dégradées, alors que d'autres missions de l'État comme la surveillance des menaces intérieures (Narcotrafic, ingérences étrangères : 25 300 personnes sous surveillance en France en 2025) mobilisent également des ressources.
La Cour des comptes, dans un rapport publié le 11 juillet 2025, salue la réduction de 25 % du nombre de membres (de 233 à 175) mais constate que cette baisse « ne s'est pas traduite par une économie budgétaire pour l'État ». La juridiction financière estime que le Cese ne peut pas être laissé à l'écart des efforts demandés aux autres entités publiques.
Peu saisi, peu lu : le constat des parlementaires et de la Cour
La Cour des comptes relève que 79 % des productions du Cese sur la période 2019-2024 sont des auto-saisines, et que le gouvernement et le Parlement ne l'ont saisi que 34 fois entre 2019 et 2024. Un rapport d'information de la commission des finances de l'Assemblée nationale, déposé le 2 juillet 2025, chiffre la charge de travail effective des membres à un peu plus de quatre jours par mois. Entre mai 2023 et mai 2024, seuls 27 travaux ont été publiés, dont plus de 90 % en auto-saisine, et aucune pétition citoyenne n'a abouti.
Le Cese réagit en disant souhaiter être davantage saisi par le gouvernement et le Parlement, selon le communiqué transmis à l'issue du rapport de la Cour.
Quel impact sur les décisions publiques ?
Le Cese a organisé des conventions citoyennes, dont celle sur la fin de vie présidée par Claire Thoury alors qu'elle n'était pas encore présidente de l'institution. Ce dispositif est détaillé dans notre article sur Fin de vie : les amendements de la gauche et du centre qui pourraient tout changer à l’Assemblée.

Sur le suivi des propositions de la Convention citoyenne pour le climat, le site officiel de l'exécutif affiche en 2026 que sur 149 propositions remises le 21 juin 2020, 146 ont été retenues, 100 sont mises en œuvre totalement ou partiellement, 46 sont en cours de mise en œuvre et 3 ont été écartées. Le comptage gouvernemental inclut toute mise en œuvre partielle. À l'inverse, le média Reporterre, en 2021, ne comptait que les propositions retranscrites sans modification, aboutissant à environ 10 % de reprises telles quelles. Les deux chiffres ne mesurent pas la même chose : ils divergent sur la définition de « reprise ».
Sous la présidence de Claire Thoury, l'institution devra concilier contraintes budgétaires et démonstration d'impact.