Le mercredi 10 juin 2026, la Cour des comptes a publié un rapport accablant sur la prime d'activité, instruit par la magistrate Sophie Thibault avec le concours de l'économiste Antoine Bozio. Le verdict est implacable : ce dispositif qui coûte 11 milliards d'euros par an est jugé « mal ciblé » et « peu incitatif ». Créée pour soutenir le pouvoir d'achat des travailleurs modestes tout en les incitant à reprendre un emploi, la prime d'activité échoue sur les deux tableaux. Selon un sondage Ipsos cité par la Cour, 80 % des personnes interrogées déclarent ne pas tenir compte de cette aide dans leur recherche d'emploi ou leur décision d'augmenter leur temps de travail.

Cette publication intervient dans un contexte politique tendu. En janvier 2026, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait annoncé une revalorisation de 50 euros en moyenne pour 3 millions de ménages, afin d'éviter une censure sur le budget. Une mesure coûteuse — environ 2 milliards d'euros par an — qui, selon la Cour, aggrave le défaut de ciblage sans résoudre les problèmes de fond. Entre la dépense massive et l'inefficacité mesurée, la contradiction est devenue le carburant d'un débat public qui s'annonce explosif.
Le diagnostic de la Cour : un outil qui rate sa cible
La Cour des comptes ne fait pas dans la demi-mesure. Son rapport, présenté au Sénat par Sophie Thibault, présidente de la 5e chambre, dresse un constat sans appel sur les onze milliards d'euros annuels engloutis par la prime d'activité. Le dispositif, conçu pour remplir deux objectifs — soutenir le pouvoir d'achat ET inciter à l'emploi — échoue sur les deux tableaux.

Un effet incitatif quasi nul selon les sondages
Le chiffre le plus frappant du rapport provient d'un sondage Ipsos commandé par la Cour. Huit personnes interrogées sur dix déclarent ne pas tenir compte de la prime d'activité dans leur recherche d'emploi ou leur décision d'augmenter leur temps de travail. Pour un dispositif dont l'un des objectifs affichés est précisément l'incitation à l'emploi, c'est un échec structurel.
Ce résultat n'est pas une surprise pour les chercheurs qui suivent le sujet depuis des années. L'économiste Antoine Bozio, qui a participé aux travaux préparatoires du rapport, avait déjà montré dans des études antérieures que l'effet de la bonification individuelle sur le retour à l'emploi était marginal. Le problème est double : d'une part, le mécanisme de calcul est trop complexe pour être intégré dans une décision d'embauche ; d'autre part, le seuil de déclenchement de la bonification — fixé à 50 % du SMIC — exclut les travailleurs les plus précaires.
Un coût qui explose sans résultat à la clé

Depuis sa création le 1er janvier 2016, la prime d'activité n'a cessé de voir son budget gonfler. De 4 milliards d'euros à ses débuts — montant déjà issu de la fusion du RSA activité et de la Prime pour l'Emploi (PPE) — elle atteint aujourd'hui 11 milliards d'euros par an. Une progression de 175 % en dix ans, sans que l'efficacité du dispositif ne s'améliore.
La loi de finances 2026 a encore accru la facture. Le montant forfaitaire pour une personne seule sans enfant a été revalorisé à 638,28 euros par mois au 1er avril 2026. Une hausse de 50 euros en moyenne pour 3 millions de ménages, annoncée par le Premier ministre Sébastien Lecornu le 16 janvier 2026 pour éviter une censure sur le budget. Coût supplémentaire : environ 2 milliards d'euros par an. La Cour des comptes juge cette revalorisation contre-productive : elle arrose large sans cibler les plus modestes.
Les racines du mal : l'héritage Sirugue et la fusion ratée
Pour comprendre l'impasse actuelle, il faut remonter le fil. En 2013, le député Christophe Sirugue remet un rapport fondateur au Premier ministre. Son diagnostic est sans appel : le RSA activité ne fonctionne pas. Seul un tiers des bénéficiaires potentiels y recourent. La Prime pour l'Emploi (PPE), de son côté, est versée avec un an de décalage et ne répond pas aux besoins immédiats des travailleurs modestes. Sirugue propose une fusion des deux dispositifs. La prime d'activité naît le 1er janvier 2016.
Depuis, les réformes se sont succédé sans jamais corriger les défauts structurels. La loi de finances 2026 a augmenté le montant forfaitaire à 638,28 euros par mois pour une personne seule. Une revalorisation bienvenue pour le pouvoir d'achat, mais qui, selon la Cour, aggrave le défaut de ciblage. En augmentant le forfait de base pour tout le monde, on arrose large sans cibler les plus précaires. Le Premier ministre Lecornu a lui-même reconnu en janvier 2026 que le recentrage initialement prévu dans le PLF 2026 était « une erreur », avant de l'abandonner sous la pression des syndicats.
« 80 % des gens n'en tiennent pas compte » : l'aveu d'échec du bonus

Le chiffre est cinglant. Huit personnes sur dix ignorent totalement la prime d'activité lorsqu'elles cherchent un emploi ou réfléchissent à augmenter leur temps de travail. Pour un dispositif dont l'un des objectifs affichés est précisément l'incitation à l'emploi, c'est un échec structurel.
Un mécanisme trop complexe pour être utile
La prime d'activité a été conçue en 2016 pour remplacer le RSA activité, qui ne touchait qu'un tiers de ses bénéficiaires potentiels. L'idée était simple : créer un bonus qui récompense la reprise d'activité. Mais dans les faits, le calcul de la bonification individuelle est d'une complexité redoutable. Elle dépend du salaire, de la composition du ménage, des aides au logement, et se déclenche à partir de 50 % du SMIC seulement. Difficile, dans ces conditions, d'intégrer cette variable dans une décision d'embauche.
Prenons un exemple concret. Un jeune au chômage qui hésite entre accepter un CDI à 25 heures par semaine ou continuer à chercher un temps plein. Pour savoir si la prime d'activité viendra compléter son salaire, il doit se connecter au simulateur de la Caf, entrer ses revenus, ses aides, sa situation familiale. Le résultat, même favorable, ne sera qu'une estimation. Au moment de signer le contrat, l'incertitude demeure. Résultat : la prime n'influe pas sur la décision.
Le seuil des 50 % du SMIC : un piège pour les temps partiels
Actuellement, la bonification individuelle (jusqu'à 181,19 euros par mois maximum en 2024) ne se déclenche qu'à partir de 50 % du SMIC, soit environ 687,35 euros. En dessous de ce seuil, le travailleur ne touche que le forfait de base, ou rien du tout. Le résultat est absurde : un jeune qui gagne 600 euros net par mois (environ 15 heures par semaine au SMIC) est éligible au forfait de base, mais sa bonification individuelle est quasi nulle.
Le système actuel récompense ceux qui sont déjà aux 35 heures, pas ceux qui galèrent à se faire une place sur le marché du travail. C'est un effet désincitatif inversé : plus tu travailles peu, moins la prime t'aide à t'en sortir. Le seuil des 50 % du SMIC crée un « trou » dans l'aide, exactement là où les travailleurs sont les plus précaires.
Jeunes de 18 à 25 ans : le record inquiétant du non-recours à la prime d'activité

Si la prime est mal ciblée dans son ensemble, elle est catastrophiquement inefficace pour les moins de 25 ans. Les chiffres de la DREES sont éloquents : fin 2022, 4,79 millions de foyers bénéficiaient de la prime d'activité. En 2023, première baisse à 4,68 millions. Mais ce qui inquiète le plus, c'est le taux de non-recours.
Un milliard huit sans demandeur : le scandale de l'argent public non réclamé
Selon les données de la DREES compilées par aide-sociale.fr, le taux de non-recours moyen à la prime d'activité atteint 39 %. Cela représente environ 1,8 milliard d'euros qui ne sont pas versés chaque année. Attention : ce n'est pas un « manque à gagner » pour l'État. C'est de l'argent public qui reste dans les caisses parce que les bénéficiaires ne font pas la demande. Un étudiant qui ne réclame pas sa prime, c'est un transfert social qui n'atteint jamais son destinataire.
Le paradoxe est saisissant. L'outil est tellement mal conçu que même les personnes qui y ont droit ne l'utilisent pas. Les études de la Cour, basées sur des données de 2016, donnaient un taux de recours de 73 % en effectifs (soit 27 % de non-recours). Mais les chiffres plus récents de la DREES montrent une aggravation : le non-recours est monté à 39 %. Pour les jeunes, c'est encore pire. 705 535 jeunes sont allocataires, mais le non-recours bat des records.
Pourquoi un tel renoncement ? Le guichet est complexe. La demande se fait en ligne via la Caf, avec des seuils de revenus méconnus. Beaucoup de jeunes se croient inéligibles alors qu'ils ne le sont pas. D'autres redoutent une erreur de déclaration qui pourrait leur valoir un trop-perçu et une dette. Le sentiment d'illégitimité joue aussi : « Je ne suis pas vraiment pauvre, je suis juste étudiant. »
Étudiants salariés : le seuil des 1 117 € qui exclut les plus précaires
Le nerf de la guerre pour les 18-25 ans, c'est le seuil d'accès. La prime d'activité est ouverte aux étudiants salariés et apprentis de plus de 18 ans, à condition d'avoir un salaire minimum supérieur à 1 117,26 euros net par mois (chiffre 2026). Un étudiant qui travaille 25 heures par semaine au SMIC ne touche même pas ça. Un apprenti en première année dans une petite branche non plus.
Ce seuil est un filtre qui exclut les plus précaires. Ceux qui galèrent à se faire une place sur le marché du travail, qui enchaînent les petits boulots à temps partiel, ne peuvent pas prétendre à la prime. Pire : la gratification de stage n'est pas considérée comme un revenu d'activité. Un stagiaire de longue durée, qui travaille pourtant à temps plein pendant plusieurs mois, ne peut donc pas compter sur la prime d'activité pour compléter ses revenus.
La piste qui fâche : pourquoi la Cour veut supprimer la prime aux apprentis

La proposition la plus polémique du rapport concerne les apprentis. La Cour des comptes préconise purement et simplement de ne plus leur verser la prime d'activité, ainsi qu'aux cumul emploi-retraite. L'économie immédiate est de 300 millions d'euros par an.
L'argument du Sénat : « La prime va aux apprentis les mieux lotis, pas aux plus pauvres »
Le sénateur Arnaud Bazin (LR), rapporteur spécial de la commission des finances, a été auditionné le 10 juin 2026. Il a approuvé sans réserve la critique de la Cour. Selon lui, la prime « ne s'adresse qu'aux apprentis qui touchent plus de 78 % du Smic, donc elle va à ceux qui sont les mieux lotis ». L'argument est implacable : les apprentis bénéficient déjà d'une rémunération conventionnelle en forte hausse, d'une prise en charge des frais de formation, et d'un contrat qui les protège. La prime d'activité devient un doublon.
Le dilemme est réel. Un apprenti en grande ville, qui doit payer un loyer et des transports, a peut-être besoin de cette prime. Mais statistiquement, ce sont les CDD à temps partiel et les étudiants salariés qui sont plus pauvres. Le choix politique est clair : mieux vaut aider un livreur Uber ou un caissier à 15 heures par semaine qu'un apprenti en BTS qui gagne déjà 78 % du SMIC.
300 millions d'économies : le prix de la confiance dans le contrat d'apprentissage
Sur le plan budgétaire, la suppression de la prime pour les apprentis rapporte 300 millions d'euros par an. C'est environ 2,7 % du coût total de la prime d'activité (11 milliards). Ce n'est pas énorme, mais c'est un signal politique fort. L'argent économisé pourrait être redéployé sur les jeunes en emploi non qualifié, ceux qui en ont vraiment besoin.
La mesure est une opération de « recentrage » sur les « vrais pauvres », pour reprendre l'expression des magistrats de la Cour. Elle s'accompagne de la suppression pour les cumul emploi-retraite, souvent des seniors, ce qui élargit le panel des perdants mais renforce la logique de ciblage.
La grande idée de la Cour : un bonus dès la première heure travaillée

Pour que la critique de la Cour ne soit pas qu'un coup de rabot, le rapport propose une contrepartie positive : une modification radicale du mode de calcul de la prime. L'économiste Antoine Bozio et la Cour suggèrent de verser le bonus individuel dès le premier euro de salaire.
Le scandale du seuil : travailler 15 heures par semaine ne rapporte presque rien en aide
Actuellement, la bonification individuelle (jusqu'à 181,19 euros par mois maximum en 2024) ne se déclenche qu'à partir de 50 % du SMIC, soit environ 687,35 euros. En dessous de ce seuil, le travailleur ne touche que le forfait de base, ou rien du tout. Le résultat est absurde : un jeune qui gagne 600 euros net par mois (environ 15 heures par semaine au SMIC) est éligible au forfait de base, mais sa bonification individuelle est quasi nulle.
Le système actuel récompense ceux qui sont déjà aux 35 heures, pas ceux qui galèrent à se faire une place sur le marché du travail. C'est un effet désincitatif inversé : plus tu travailles peu, moins la prime t'aide à t'en sortir. Le seuil des 50 % du SMIC crée un « trou » dans l'aide, exactement là où les travailleurs sont les plus précaires.
900 millions pour les temps partiels : qui va gagner, qui va perdre ?
Le bonus au premier euro a un coût : 900 millions d'euros supplémentaires. Comment financer cette mesure ? En réduisant la bonification pour les hauts revenus (le barème par le haut) et en supprimant la prime pour les apprentis (300 millions d'économies). C'est un jeu à somme quasi nulle pour l'État, mais un grand chambardement pour les bénéficiaires.
Les gagnants sont clairs : les étudiants salariés, les intérimaires, les livreurs, les aides à domicile, tous ceux qui travaillent à temps partiel subi. Les perdants : les apprentis, qui perdent une aide précieuse. L'arbitrage politique est brutal. La Cour assume ce choix : mieux vaut aider ceux qui ont le moins que ceux qui ont déjà un bon contrat.
Simulation : ce que la réforme changerait vraiment pour votre porte-monnaie
Pour comprendre l'impact concret de la réforme, rien ne vaut des simulations chiffrées. Les cas types ci-dessous sont construits à partir des barèmes DREES et des projections de la Cour.
Cas n°1 : alternant à 1 300 €, une perte de 200 € par mois dans le viseur
Prenons un alternant seul, avec un salaire net de 1 300 euros par mois, logé chez ses parents. Aujourd'hui, avec le forfait de base (638 euros) diminué en fonction de son salaire, plus la bonification individuelle, il touche environ 150 à 200 euros de prime d'activité par mois. Dans le scénario Cour des comptes — suppression pour les alternants —, il perd tout. Calcul de la perte annuelle : 200 euros x 12 mois = 2 400 euros.
C'est une claque pour le pouvoir d'achat étudiant. Mais l'argument de la Cour est implacable : cet alternant gagne déjà 78 % du SMIC. Il est en formation, son contrat est sécurisé, ses frais de formation sont pris en charge. Est-ce vraiment à lui que doit aller la solidarité nationale ?
Cas n°2 : étudiant à 800 €, le grand gagnant du nouveau système
Imaginons maintenant un étudiant en CDD à 20 heures par semaine, avec un salaire net de 800 euros par mois. Aujourd'hui, sa prime d'activité est faible : la bonification individuelle est quasi nulle car il est sous le seuil des 50 % du SMIC. Demain, avec le bonus dès le premier euro, il pourrait toucher 100 à 150 euros de plus par mois. Gain annuel net : 1 200 à 1 800 euros.
Le système devient progressif : plus tu es bas dans l'échelle des salaires, plus la prime est utile. C'est exactement l'effet de « ciblage » recherché par la Cour. L'étudiant qui galère avec un temps partiel devient la priorité.
Fusion avec la prime de Noël : les autres scénarios sur la table
D'autres pistes de réforme sont discutées au Sénat, sans avoir été retenues par la Cour. La fusion avec la prime de Noël, par exemple, permettrait un versement unique annualisé. Certains évoquent un crédit d'impôt immédiat, qui simplifierait le système. D'autres proposent une conditionnalité horaire : un nombre d'heures minimum pour toucher le bonus.
Chaque piste a un impact différent sur les jeunes. Les étudiants saisonniers, qui travaillent l'été, seraient avantagés par un versement annualisé. Les alternants réguliers, qui bossent toute l'année, préféreraient le système actuel. Le débat est ouvert.
Le calendrier politique : une réforme déjà sur les rails ou un simple avertissement ?
La Cour des comptes a publié son rapport. Et après ? L'audition au Sénat le 10 juin 2026, avec Sophie Thibault, Jean-Benoît Dujol (DGCS) et Constance Bensussan (CNAF), montre que le Parlement s'empare du sujet. Mais le Gouvernement vient de revaloriser la prime en avril 2026. Le Premier ministre Lecornu a multiplié les signaux d'apaisement. Peut-il lancer une réforme aussi brutale juste après ?
L'équation impossible de Lecornu : revaloriser la prime ou la réformer en profondeur ?
La contradiction politique est flagrante. En janvier 2026, Lecornu a lâché du lest avec une revalorisation de 50 euros pour 3 millions de ménages, afin de sauver son budget de la censure. En juin, la Cour des comptes affirme que cette revalorisation est inefficace si elle n'est pas accompagnée d'une réforme structurelle. Le Gouvernement est pris en tenaille entre les syndicats, qui veulent le statu quo, et la rue de Rivoli, qui exige des économies.
La question est insoluble. Si Lecornu suit la Cour, il mécontente les apprentis et les syndicats étudiants. S'il ignore le rapport, il passe pour un Premier ministre qui refuse de réformer un système inefficace. La pression monte à l'approche du Projet de Loi de Finances pour 2027.
Syndicats étudiants vs Cour des comptes : le match du pouvoir d'achat des alternants
Le front social est déjà mobilisé. L'Unef et la Fage ont manifesté leur attachement à la prime pour les alternants. Pour elles, c'est un élément clé de la rémunération globale des jeunes en formation. Supprimer la prime, c'est tuer l'attractivité de l'apprentissage. La Cour répond que c'est un effet d'aubaine : les apprentis auraient signé leur contrat même sans la prime.
Le débat est lancé. Ce bras de fer sera décisif dans la rédaction du prochain PLF. Si la réforme est repoussée, elle pourrait être intégrée au PLF 2027. Si elle est votée en urgence, un amendement au PLF 2026 actuel pourrait passer dès l'automne. Tout dépendra du rapport de force politique.
Conclusion : Prime d'activité, le grand chantier de la génération précaire
La Cour des comptes a posé un diagnostic implacable : 11 milliards d'euros mal dépensés, 1,8 milliard de non-recours, un effet désincitatif inversé. Mais la solution est un casse-tête. Couper les apprentis est injuste pour ceux qui se forment dans des branches peu valorisées. Augmenter le bonus pour les temps partiels coûte 900 millions d'euros. Et le Gouvernement est pris entre les syndicats et la rue de Rivoli.
Une certitude demeure : le système va bouger. La question n'est pas de savoir « si » la prime d'activité sera réformée, mais « à qui » elle profitera demain. Les apprentis perdront-ils leur bonus ? Les étudiants salariés gagneront-ils enfin une aide à la hauteur de leur précarité ? Le rendez-vous du prochain Projet de Loi de Finances, à l'automne 2026, sera décisif.
En attendant, les jeunes précaires peuvent vérifier leur éligibilité actuelle sur le simulateur de la Caf. Car si la réforme passe, les règles du jeu changeront radicalement. Et pour certains, le compte à rebours a déjà commencé.