Il s'appelle Matthieu Pigasse, il a 58 ans, et il veut devenir président de la République. Cette ambition, il l'a confiée à Alain Minc bien avant qu'Emmanuel Macron ne fasse la même confidence, cinq ans plus tard. Aujourd'hui, le banquier d'affaires multimillionnaire, propriétaire de médias et de festivals, sort de l'ombre et multiplie les déclarations pour s'imposer comme le candidat d'une gauche radicale « crédible ». Mais comment un homme qui conseille le Venezuela de Nicolas Maduro, pèse plusieurs centaines de millions d'euros et fréquente la Maison-Blanche peut-il incarner l'alternative à Emmanuel Macron ? Enquête sur un paradoxe vivant.

« Un jour, je serai président » – la confidence qui rattrape Macron
Le 31 mai 2026, Le Figaro publie une enquête au titre choc : « Je serai président ». L'article dévoile les coulisses d'une ambition qui couve depuis plus de vingt ans. Matthieu Pigasse, le banquier d'affaires que tout le monde décrit comme le « mécène de l'extrême gauche », n'a jamais caché son rêve. Mais ce qui frappe, c'est le parallèle troublant avec Emmanuel Macron. Les deux hommes ont prononcé exactement la même phrase, à cinq ans d'intervalle, dans le même bureau, face au même confident.
L'anecdote Minc : le serment secret des deux banquiers
Alain Minc, l'essayiste et conseiller des puissants, reçoit régulièrement dans son bureau de l'avenue George V. C'est là, selon un portrait de Vanity Fair publié en 2017, que Matthieu Pigasse lui a glissé : « Un jour, je ferai de la politique et je serai président de la République ». Cinq ans plus tard, Emmanuel Macron, alors simple banquier chez Rothschild, prononce la même phrase. Minc garde le secret jusqu'à ce que Vanity Fair révèle l'anecdote.

Cette confidence commune n'est pas une coïncidence. Pigasse et Macron se connaissent depuis longtemps. Ils se sont affrontés sur plusieurs terrains : la vente du journal Le Monde en 2010, la banque d'affaires avec Lazard d'un côté et Rothschild de l'autre, et plus tard la politique. Comme le racontait Capital dès 2014, leur rivalité est ancienne et multiforme. Pigasse, l'aîné de dix ans, a vu Macron réussir le saut en politique qu'il n'avait pas osé faire. Selon Marianne et Vanity Fair, cette jalousie supposée serait un moteur puissant pour le banquier de gauche.
Pourquoi maintenant ? Le moment choisi par Pigasse
Mai 2026 n'est pas un hasard. Pigasse choisit ce moment pour sortir du bois. Le 29 mai, il déclare au Parisien : « Je pense qu'il faut inventer une gauche radicale et unie, mais crédible ». Il conditionne son entrée en lice à une « forme de consensus » à gauche. Mais pourquoi maintenant ?
La gauche est fragmentée comme jamais. Jean-Luc Mélenchon s'éloigne, Raphaël Glucksmann peine à fédérer, le PS d'Olivier Faure est affaibli. La présidentielle de 2027 approche et aucun candidat naturel ne se dégage. Pigasse profite aussi d'une fenêtre médiatique ouverte par son contrat vénézuélien, qui le place sous les projecteurs. Il n'est plus seulement un « mécène de l'extrême gauche », comme le décrit Le Figaro. Il se pose en recours, en rassembleur potentiel.
Du même berceau (Rothschild, Lazard) à des destins opposés
Les similitudes biographiques entre les deux hommes sont frappantes. Tous deux sont énarques. Tous deux ont travaillé au Trésor. Tous deux ont été banquiers d'affaires stars : Pigasse chez Lazard, Macron chez Rothschild. Pigasse est devenu le plus jeune associé gérant de Lazard à 36 ans ; Macron, le plus jeune associé de Rothschild à 30 ans.

Pourtant, leurs choix idéologiques divergent radicalement. Macron s'est positionné au centre, avec une ligne sociale-libérale assumée. Pigasse, lui, a choisi la gauche radicale, proche des insoumis et des anticapitalistes. Cette divergence n'est pas récente. Dès la vente du Monde en 2010, Macron conseillait la société des rédacteurs pour faire barrage au trio Bergé-Niel-Pigasse. Le futur président voyait déjà dans Pigasse un adversaire idéologique.
Le paradoxe Pigasse : banquier d'affaires, multimillionnaire et étendard de la gauche radicale
Comment concilier un métier de banquier d'affaires, des revenus qui le placent dans le 1 % des Français, et un positionnement politique radical ? C'est la question centrale que pose la candidature Pigasse. The Wall Street Journal le surnomme « banquier socialiste », une oxymore qui résume toute l'ambiguïté de son personnage.
De DSK à Maduro : l'itinéraire d'un banquier rose
Le parcours de Matthieu Pigasse est celui d'un homme de gauche qui n'a jamais quitté les circuits du pouvoir. En 1997, à sa sortie de l'ENA, il rejoint le cabinet de Dominique Strauss-Kahn, alors ministre de l'Économie. Il devient ensuite directeur adjoint du cabinet de Laurent Fabius. Ces années au cœur du pouvoir socialiste lui forgent un réseau politique solide.
En 2002, il rejoint Lazard Frères comme associé gérant. Il y conseille des gouvernements en crise : la Grèce pendant la tempête de la dette souveraine, puis le Venezuela d'Hugo Chávez. Il devient le banquier attitré de Caracas, un lien qui dure depuis quinze ans. En 2020, il quitte Lazard pour Centerview, une banque d'affaires américaine, où il dirige le bureau parisien.
Ses clients ne sont pas des entreprises ordinaires. Il a travaillé avec le Venezuela de Chávez puis de Maduro, avec la Grèce de Tsipras. Il connaît personnellement Delcy Rodríguez, la présidente intérimaire vénézuélienne, depuis quinze ans. Cette proximité avec des régimes contestés est à la fois une force et une faiblesse politique.

La fortune et l'étiquette « milliardaire » qu'il refuse
Interrogé par Linternaute, Pigasse refuse catégoriquement l'étiquette de « milliardaire ». Il se dit multimillionnaire, pas milliardaire. Mais ses participations dans Le Monde, Les Inrocks, Radio Nova, Mediawan, et les festivals comme Rock en Seine ou les Eurockéennes en font un acteur économique de premier plan.
Mediawan, le géant de l'audiovisuel qu'il a cofondé avec Pierre-Antoine Capton, pèse désormais deux milliards d'euros. Il est aussi membre du conseil d'administration de Deezer, du groupe Lucien Barrière et de Derichebourg. Difficile dans ces conditions d'incarner la lutte contre le capitalisme.
Le Nouvel Obs le surnomme « le banquier anti-Bolloré ». L'idée est séduisante : Pigasse serait le pendant de gauche du magnat breton, utilisant ses médias pour diffuser une ligne éditoriale progressiste. Mais le paradoxe saute aux yeux : sa radio Nova diffuse des humoristes comme Guillaume Meurice ou la sociologue Monique Pinçon-Charlot, qui appellent à « brûler l'Élysée au lance-flammes ». Le propriétaire est un banquier multimillionnaire. La contradiction est totale.
Un électorat jeune entre séduction et méfiance
Pigasse séduit une partie de la jeunesse par son côté transgressif. Il parle le langage des jeunes, fréquente les festivals, possède Nova, la radio branchée. Son combat culturel contre l'extrême droite et contre Bolloré lui attire des sympathies dans les milieux artistiques et militants.

Mais ses revenus et son métier créent un fossé. Comment un banquier d'affaires peut-il comprendre les galères des étudiants, des précaires, des travailleurs ? Cette question revient sans cesse dans les débats. Pigasse tente d'y répondre en se présentant comme un « banquier conseil » plutôt qu'un banquier d'affaires, une nuance qui ne convainc pas tout le monde.
Sa stratégie pour 2027 : une candidature sous condition, entre union et rupture
Mai 2026 marque un tournant. Pigasse ne se contente plus de financer des causes ou de posséder des médias. Il entre dans l'arène politique. Sa stratégie est claire : se positionner comme le candidat de l'union des gauches, mais une union « crédible », loin des outrances de LFI.
« Une gauche radicale et unie, mais crédible » : le triptyque Pigasse
Au Parisien, Pigasse résume son projet en une formule : « une gauche radicale et unie, mais crédible ». Chaque mot compte. « Radicale » pour séduire l'électorat insoumis. « Unie » pour répondre à la fragmentation de la gauche. « Crédible » pour rassurer les électeurs modérés et les milieux économiques.
Cette crédibilité, il la construit sur plusieurs axes. D'abord, un programme chiffré, avec un livre de propositions à paraître à la rentrée 2026. Ensuite, une ligne européenne affirmée : il se dit « Européen convaincu », ce qui le distingue nettement de Mélenchon et de sa rupture avec l'UE. Enfin, une rupture avec l'antilibéralisme jugé trop radical de LFI.
Pigasse attaque aussi Raphaël Glucksmann, qu'il juge trop tiède, trop consensuel. Il veut incarner une gauche de combat, mais une gauche qui sait parler aux entreprises et aux marchés. Un équilibre instable.
Les rendez-vous qui comptent : Faure, Duflot, Liffré
Depuis plusieurs mois, Pigasse multiplie les rencontres. Il a vu Olivier Faure, le premier secrétaire du PS. Il a rencontré Cécile Duflot, ex-ministre d'EELV. Il a participé au rassemblement de la gauche « non-mélenchoniste » à Liffré, le 25 avril 2026. Il a dîné à l'Institut François-Mitterrand avec l'économiste Thomas Porcher.
Il compte aussi participer aux universités d'été du PS et de LFI. Son objectif : s'infiltrer dans tous les réseaux de la gauche, sans exception. Mais cette stratégie du « tous azimuts » comporte un risque. En voulant plaire à tout le monde, Pigasse pourrait ne convaincre personne.
Sa condition de « consensus » est un pari risqué. L'union de la gauche ne se décrète pas. Les partis sont divisés, les ego s'affrontent, les programmes s'opposent. Pigasse n'a pas de parti, pas d'appareil, pas de militants. Il a de l'argent et des médias. Est-ce suffisant ?
Un programme en préparation : quel contenu pour les jeunes ?
Le livre de propositions à paraître à la rentrée 2026 n'est pas encore détaillé. Mais on peut anticiper les grands axes : revenu universel, écologie, services publics. Pigasse veut séduire les jeunes avec des mesures fortes sur le pouvoir d'achat, le climat, l'emploi.
Il se démarque de Mélenchon sur l'Europe, mais aussi sur la question de la propriété. Là où les insoumis parlent de nationalisations, Pigasse évoque plutôt une régulation renforcée du capitalisme. Il veut taxer les superprofits, lutter contre l'évasion fiscale, mais sans casser l'outil de production.
Pour les jeunes, la question est simple : Pigasse est-il un allié ou un imposteur ? Sa fortune, ses réseaux, son métier de banquier créent une distance. Mais sa liberté de ton, son combat culturel, son anticonformisme séduisent. Le verdict des urnes tranchera.
Le contrat Venezuela : la polémique qui éclabousse sa candidature
C'est la polémique qui tombe au pire moment. En mai 2026, Le Monde, Le Figaro, Libération et RFI révèlent que Matthieu Pigasse, via Centerview, a décroché un contrat pour restructurer la dette du Venezuela. Le pays, dirigé par Nicolás Maduro, doit entre 170 et 200 milliards de dollars. Les commissions pour Pigasse sont estimées entre 10 et 20 millions d'euros.
De Chávez à Maduro : 15 ans de liens avec Caracas
Pigasse ne découvre pas le Venezuela. Il conseille le pays depuis le début des années 2010. Il a travaillé avec Hugo Chávez, puis avec Nicolás Maduro. Il connaît Delcy Rodríguez, la présidente intérimaire, depuis quinze ans. Cette relation de long terme est à la fois un atout et un boulet.
Au Figaro, Pigasse justifie ce contrat : « Nous avons gagné ce mandat car nous avons une compréhension unique du pays ». Il a déjà géré la crise grecque pour Lazard ; il applique le même savoir-faire à Caracas. Mais le parallèle avec la Grèce est trompeur. La Grèce était un pays démocratique membre de l'UE. Le Venezuela est une dictature, sous sanctions américaines.
Un pactole de 10 à 20 millions d'euros : les enjeux financiers
Le contrat est « exceptionnel et polémique », selon Le Monde. La dette vénézuélienne est estimée entre 170 et 200 milliards de dollars. Les commissions pour Centerview pourraient atteindre 10 à 20 millions d'euros. Pigasse a remporté ce mandat face à Lazard, représenté par Thomas Lambert.
Le timing est désastreux pour un candidat qui se présente comme le défenseur des opprimés. Comment dénoncer le capitalisme tout en empocher des millions pour conseiller un régime dictatorial ? La question est posée par tous les médias.

L'invitation à la Maison-Blanche : un réseau à double tranchant
RFI et Libération révèlent un détail troublant. En janvier 2026, Pigasse a été invité à la Maison-Blanche pour une projection privée du documentaire « Melania », sur Melania Trump. Cette invitation lui a permis de se positionner pour décrocher le contrat vénézuélien. Il a été soutenu par Mauricio Claver-Carone, l'ancien envoyé spécial de Trump pour l'Amérique latine.
Le paradoxe est total. Le « banquier socialiste », comme le surnomme The Wall Street Journal, travaille avec l'administration Trump. Il fréquente la Maison-Blanche tout en finançant des médias qui appellent à brûler l'Élysée. Ce double jeu interroge sur sa sincérité politique.
L'empire médiatique et culturel : comment Pigasse fabrique son récit
Pigasse n'est pas qu'un candidat. Il est propriétaire d'un empire médiatique et culturel qui lui offre une caisse de résonance inégalée à gauche. Sa holding Combat Media détient Les Inrocks et Radio Nova. Il possède aussi des participations dans Le Monde, L'Obs, Courrier international, Télérama.
La holding Combat : un groupe de presse de gauche
Combat Media n'est pas un simple groupe de presse. C'est un outil politique. Pigasse l'utilise pour diffuser une ligne éditoriale radicale, anti-Bolloré, proche des causes de gauche. Ses médias sont engagés, parfois jusqu'à la polémique.
Radio Nova, par exemple, diffuse des humoristes comme Guillaume Meurice, qui appelle à « brûler l'Élysée au lance-flammes ». La sociologue Monique Pinçon-Charlot, régulièrement invitée, dénonce le capitalisme avec virulence. Le propriétaire de ces médias est un banquier multimillionnaire. La contradiction est assumée, presque revendiquée.
Des festivals pour conquérir la jeunesse
Pigasse est aussi actionnaire de plusieurs festivals : Rock en Seine, We Love Green, et président des Eurockéennes de Belfort. Ces événements sont des lieux de rencontre avec un public jeune, mais aussi des vitrines pour son réseau et sa générosité culturelle.
En finançant la culture, Pigasse construit une image de mécène. Il se pose en défenseur de la création contre la marchandisation. Mais cette posture est ambiguë. Mediawan, le géant de l'audiovisuel qu'il a cofondé, pèse deux milliards d'euros. Pigasse est à la fois le banquier et le mécène, le propriétaire et le contestataire.
Le banquier anti-Bolloré : une posture payante ?
Le Nouvel Obs le surnomme « le banquier anti-Bolloré ». L'idée est simple : Pigasse serait le pendant de gauche du magnat catholique conservateur. Là où Bolloré utilise ses médias pour diffuser une ligne réactionnaire, Pigasse utiliserait les siens pour promouvoir les causes progressistes.
Cette opposition est payante médiatiquement. Pigasse capitalise sur la gauche culturelle, sur les artistes, sur les militants. Mais est-ce suffisant pour exister politiquement ? Être l'anti-Bolloré, c'est une marque, pas un programme. La question reste ouverte.
Un vrai poids électoral ou un feu de paille médiatique ?
La candidature Pigasse fait du bruit. Mais pèse-t-elle vraiment dans les urnes ? Les sondages manquent pour le dire. Sa notoriété reste limitée, surtout chez les jeunes. Son électorat potentiel est difficile à cerner.
L'union impossible ? Le test des partis de gauche
Pigasse conditionne son entrée en lice à un « consensus » à gauche. Mais ce consensus est improbable. Le PS d'Olivier Faure est affaibli, divisé entre ses ailes sociale-libérale et radicale. EELV est fragmenté entre écologistes modérés et radicaux. LFI de Mélenchon est hostile à tout candidat qui n'est pas issu de ses rangs.
Pigasse n'a pas de parti, pas d'appareil, pas de militants. Son seul atout est sa liberté de ton et ses moyens financiers. Mais peut-il vraiment fédérer ? La question est posée. Beaucoup d'observateurs voient en lui un candidat de plus dans un paysage déjà surchargé.
Sondages et réalité : quel crédit chez les jeunes ?
Les données précises manquent. Mais on peut s'appuyer sur l'absence de sondages significatifs pour affirmer que sa candidature reste confidentielle. Sa notoriété est loin derrière celle de Glucksmann ou de Ruffin. Son image de « banquier qui fait du rap » séduit une frange, mais pas la majorité.
Pour les jeunes, Pigasse est un paradoxe. Il parle leur langage, fréquente leurs festivals, possède leurs médias. Mais il est aussi le banquier qui conseille Maduro et qui fréquente la Maison-Blanche. Cette contradiction est difficile à vendre.
Transfuge de classe ou usurpation ? Le précédent des banquiers de gauche
D'autres avant lui ont tenté de concilier la finance et la gauche. Éric Lombard, patron de la Caisse des Dépôts, est un ancien banquier, mais il n'a jamais été candidat. Pierre Moscovici, inspecteur des finances, est un homme de gauche, mais il n'est pas multimillionnaire.
Le seul vrai parallèle serait François Hollande, mais Hollande n'a jamais été banquier d'affaires. Pigasse est plus riche que tous ses prédécesseurs. Peut-on incarner la gauche radicale quand on appartient au 1 % ? La question est au cœur du débat.
Conclusion : l'histoire d'une revanche qui n'en finit pas
Matthieu Pigasse joue son va-tout. Il mise tout sur une candidature qui semble improbable, mais qui oblige la gauche à se repositionner. Sa rivalité avec Macron, née dans les couloirs de la banque d'affaires, trouve aujourd'hui son épilogue politique.
Ses atouts sont réels : des médias, un réseau, une détermination sans faille. Ses handicaps aussi : des conflits d'intérêts, une crédibilité contestée, un poids électoral incertain. Pigasse incarne les contradictions de la gauche contemporaine, partagée entre le besoin d'argent et de médias pour exister, et le rejet du capitalisme.
La vraie question pour les jeunes est simple : Pigasse est-il une solution ou un symptôme de plus de la crise de la représentation politique ? Son ambition, même improbable, force la gauche à s'interroger sur son rapport à l'argent, au pouvoir, et à la crédibilité. Comme le rappelle Marc Dugain dans son analyse des trois derniers présidents, la fonction présidentielle a été profondément fragilisée. Pigasse pourrait en être le prochain symbole.
Dans une gauche fracturée, où l'appel à rompre définitivement avec LFI se fait entendre, Pigasse tente une synthèse improbable. Son histoire n'est pas finie. Elle ne fait que commencer.