Vue aérienne d'un paysage industriel français avec une usine moderne, des toits solaires et une friche industrielle en arrière-plan, ciel nuageux, tons gris et bleus
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Choose France 2026 : le dernier sommet de Macron, l’industrie à l’arrêt

Alors que Macron tient son dernier sommet Choose France, l’industrie française montre des signes d’essoufflement : start-up solaire en faillite, fermetures d’usines en hausse, emplois précaires.

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Ce lundi 1er juin 2026, Emmanuel Macron reçoit 200 grands patrons étrangers au château de Versailles pour le neuvième et dernier sommet Choose France de son mandat. Les annonces s'annoncent « records », selon l'Élysée. Mais derrière la vitrine des 87 milliards d'euros d'investissements étrangers accumulés depuis 2018, la réalité industrielle française donne des signes d'essoufflement inquiétants. Entre une start-up solaire qui jette l'éponge et des fermetures d'usines qui repartent à la hausse, le bilan de la politique de réindustrialisation mérite un examen sans concession. 

Vue aérienne d'un paysage industriel français avec une usine moderne, des toits solaires et une friche industrielle en arrière-plan, ciel nuageux, tons gris et bleus
Vue aérienne d'un paysage industriel français avec une usine moderne, des toits solaires et une friche industrielle en arrière-plan, ciel nuageux, tons gris et bleus

Choose France 2026 : un dernier sommet sur fond de promesses en suspens

Le contraste est frappant. D'un côté, le chef de l'État parade à Versailles entouré de patrons internationaux, annonçant des investissements à plusieurs milliards. De l'autre, des entreprises françaises prometteuses s'éteignent faute de soutien. Cette dichotomie résume à elle seule le paradoxe de la politique industrielle des années Macron.

Le symbole Carbon : une pépite solaire qui s'éteint aux portes de Choose France

Carbon, start-up lyonnaise fondée en 2022, était devenue l'étendard de la renaissance industrielle tricolore. Spécialisée dans les panneaux solaires nouvelle génération, elle avait été invitée trois fois au sommet Choose France, en 2023, 2024 et 2025. Mais le 19 mai 2026, la direction a annoncé l'abandon de son projet d'usine géante à Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône. L'entreprise est placée en liquidation judiciaire.

Les raisons ? Un besoin de financement colossal, supérieur à 1 milliard d'euros, et une absence de volonté européenne de créer un marché intérieur capable de résister à la concurrence chinoise. Pékin domine le secteur photovoltaïque avec des coûts de production imbattables et des subventions massives. Carbon n'a pas trouvé les investisseurs nécessaires, et l'Union européenne n'a pas mis en place les barrières douanières ou les mécanismes de soutien qui auraient pu sauver la pépite.

Ce cas illustre le décalage entre le discours de l'Élysée, qui vante l'attractivité française, et la réalité d'un écosystème industriel qui peine à transformer les promesses en projets viables. Olivier Lluansi, expert à l'Institut Montaigne, résume la situation : « La réindustrialisation française ressemble de plus en plus à une promesse en suspens. » Sa note, publiée sur le site de l'Institut Montaigne, montre que la France a rouvert des usines entre 2021 et 2023 mais en ferme désormais plus qu'elle n'en crée.

Les 87 milliards de Macron : addition réelle ou esbroufe comptable ?

Emmanuel Macron aime le chiffre : 87 milliards d'euros d'investissements étrangers en France depuis le premier Choose France en 2018. Il l'a répété vendredi 29 mai lors d'une visite chez Vorwerk, le fabricant allemand du Thermomix, qui a investi 130 millions d'euros dans son usine d'Eure-et-Loir. « C'est des emplois créés. C'est de l'investissement qui se fait. C'est de la richesse qui se fait chez nous », a-t-il martelé devant les salariés, selon Le Figaro.

Mais que cache ce total ? Les experts sont prudents. Le baromètre EY, cité par BFM TV, montre que la France a attiré 852 projets d'investissements étrangers en 2025, soit une baisse de 17 % par rapport à l'année précédente. Surtout, les créations pures de sites industriels ont chuté de 15 %, passant à 354. La France attire surtout des extensions de sites existants, pas de nouvelles usines.

Les économistes préfèrent parler de « tendance à l'amélioration » plutôt que de réindustrialisation. Les 87 milliards additionnent des projets annoncés sur plusieurs années, sans toujours distinguer ce qui a réellement été investi de ce qui reste à concrétiser. Sur 230 projets recensés depuis 2018, le ministère de l'Économie admet que 11 ont été abandonnés. Mais le coût d'opportunité pour les filières et les territoires concernés est bien plus lourd que ce chiffre ne le laisse entendre.

Le paradoxe des records : la France première en Europe, mais stagnante

Emmanuel Macron l'a rappelé lors de sa visite chez Vorwerk : « Cela fait maintenant sept années consécutives que la France est le pays d'Europe qui attire le plus d'investissements étrangers. » Le classement EY confirme cette donnée. Pourtant, la balance commerciale française reste déficitaire, et le poids de l'industrie dans le PIB stagne sous la barre des 10 %.

Ce paradoxe interroge. Attirer des investissements est une chose, transformer cette attractivité en réindustrialisation durable en est une autre. Les projets annoncés à Versailles sont souvent des extensions de sites existants ou des centres de recherche, pas des usines de production de masse. Le différentiel avec l'Allemagne, où l'industrie pèse près de 20 % du PIB, reste abyssal.

Pourquoi la réindustrialisation française patine : chiffres et réalités

Les données officielles dessinent un paradoxe difficile à ignorer. Depuis 2017, 120 000 emplois industriels nets ont été créés, une performance inédite depuis les années 1970. Pourtant, le poids de l'industrie dans le produit intérieur brut stagne sous la barre des 10 %, contre 15 % en moyenne dans l'Union européenne et près de 20 % en Allemagne.

120 000 emplois nets : le vrai bilan de la parenthèse enchantée (2017-2023)

L'embellie post-Covid a été réelle. Le plan France Relance, les relocalisations liées aux tensions sur les chaînes d'approvisionnement, et les premiers effets de Choose France ont créé une dynamique positive. Entre 2021 et 2023, la France a ouvert plus d'usines qu'elle n'en a fermé, une première depuis des décennies. 

Plan serré sur les mains d'un ouvrier ajustant une pièce métallique sur une machine-outil dans un atelier, étincelles légères, éclairage industriel jaune, visage concentré en arrière-plan flou
Plan serré sur les mains d'un ouvrier ajustant une pièce métallique sur une machine-outil dans un atelier, étincelles légères, éclairage industriel jaune, visage concentré en arrière-plan flou

Mais la qualité de ces emplois mérite d'être examinée. Une partie significative des créations relève de l'intérim ou des contrats courts, notamment dans la logistique et l'assemblage. Les CDI dans l'industrie lourde restent rares. Pour les moins de 30 ans, l'accès à un emploi stable dans le secteur reste un parcours semé d'obstacles, malgré l'essor de l'apprentissage qui a dépassé le million de contrats fin 2025, selon l'enquête Crit-Job 2026.

2024-2026 : le coup d'arrêt. Pourquoi les usines ferment plus qu'elles n'ouvrent

L'inversion de tendance est nette depuis 2024. En 2025, on comptait 261 ouvertures d'usines pour 242 fermetures, soit un solde positif de seulement 19 sites. Un chiffre dérisoire comparé à la parenthèse 2021-2023. Et les premiers mois de 2026 confirment le retournement.

Plusieurs facteurs expliquent ce coup d'arrêt. L'explosion des coûts de l'énergie après la guerre en Ukraine a frappé de plein fouet les industries lourdes : chimie, métallurgie, papeterie. La concurrence chinoise, soutenue par des subventions massives, écrase les filières solaires, textiles et électroniques. L'Inflation Reduction Act américain détourne vers les États-Unis des investissements qui auraient pu venir en Europe. Enfin, l'incertitude politique en France et le durcissement des normes environnementales pèsent sur les décisions d'implantation.

Le verdict des économistes, rapporté par BFM TV, est sévère : la désindustrialisation n'a pas été enrayée, elle a seulement marqué une « pause » entre 2021 et 2023.

Le cas Michelin et Shell : quand les fleurons tricolores réduisent la voilure

Le 28 mai 2026, Michelin a annoncé un plan de 1 500 départs volontaires, ciblant principalement les cols blancs. La direction justifie cette décision par la nécessité de réduire les coûts en France et de simplifier l'organisation, comme le rapporte Le Monde. Ce plan intervient après plusieurs années de restructurations dans le groupe clermontois.

Ce n'est pas un cas isolé. Shell a annoncé vouloir céder son réseau de stations-service en France, suivant les traces de BP et ExxonMobil. La consommation de produits pétroliers est appelée à décliner, mais ces désengagements laissent des milliers d'emplois sur le carreau. La filière automobile, elle aussi, souffre : les ventes de voitures électriques peinent à décoller, et les constructeurs traditionnels tâtonnent sur leur stratégie d'électrification.

Échecs de Choose France : les promesses d'investissements non tenues

Carbon n'est pas un cas isolé. Plusieurs projets annoncés en grande pompe à Versailles peinent à se concrétiser, quand ils ne sont pas purement et simplement abandonnés. Le cas de Maped, qui a fermé sa dernière usine en France, illustre ce décalage entre les promesses de maintien de l'emploi industriel et la réalité des fermetures.

Le pari perdu des batteries : quand la France mise sur des start-up face au géant chinois

Les gigafactories de batteries électriques étaient présentées comme le fer de lance de la réindustrialisation française. Verkor, ACC (Automotive Cells Company), ProLogium : ces noms devaient incarner le retour de la France dans la course à l'industrie de pointe. Les annonces se sont multipliées lors des précédents Choose France.

Mais la montée en cadence est laborieuse. Pendant que les fabricants chinois produisent à bas coût et à grande échelle, les start-up européennes peinent à trouver les financements nécessaires pour industrialiser leurs technologies. Les aides d'État (crédit d'impôt recherche, subventions directes) ont été massives, mais leur efficacité est contestée. Certains experts estiment que l'argent public aurait été mieux employé à soutenir des PME innovantes plutôt que des méga-projets trop risqués.

« On m'a promis une usine, j'ai eu une fermeture » : le désarroi des territoires

Dans le Nord et en Lorraine, les annonces d'investissements se sont succédé sans que l'emploi ne revienne vraiment. Un jeune ouvrier de la région de Valenciennes raconte : « On nous a promis des centaines d'emplois avec l'arrivée d'une usine de batteries. Deux ans plus tard, le chantier est au point mort. Pendant ce temps, la fonderie d'à côté a fermé. »

Ce sentiment de promesses non tenues nourrit la défiance vis-à-vis du discours officiel. Les territoires historiquement industriels voient les investissements se concentrer dans quelques zones privilégiées, tandis que leurs bassins d'emploi continuent de se vider.

Le cas des 11 projets abandonnés : une goutte d'eau ou un iceberg ?

L'Élysée se défend en rappelant que seulement 11 projets sur 230 ont été abandonnés depuis 2018. Un chiffre qui semble faible, mais qui ne dit rien des retards, des réductions d'ampleur, ou des investissements qui n'atteignent jamais les montants annoncés. Le Parisien rapportait en mai 2025 que le taux d'exécution des projets Choose France était élevé, mais les experts restent prudents.

Un projet abandonné, c'est aussi un territoire qui a mobilisé des ressources, des collectivités qui ont investi dans des infrastructures, des habitants qui ont vu leurs espoirs déçus. Le coût d'opportunité est bien plus élevé que le simple chiffre des 11 abandons ne le suggère.

Image de l'industrie chez les jeunes : entre attirance et désillusions

L'enquête Crit-Job 2026 livre un constat surprenant : 60 % des 16-25 ans ont une bonne opinion de l'industrie, 68 % la jugent innovante, et 60 % estiment qu'elle contribue positivement à l'économie française. Un retournement d'image pour un secteur longtemps perçu comme ringard et polluant.

« L'industrie, c'est l'avenir » : pourquoi les 18-25 ans changent de regard sur le secteur

Plusieurs facteurs expliquent ce regain d'attractivité. Les métiers de l'industrie sont désormais associés aux technologies de pointe : robotique, intelligence artificielle, data, impression 3D. Les jeunes y voient des perspectives de carrière plus stables et mieux rémunérées que dans les services, où la précarité est fréquente.

Le discours sur la souveraineté industrielle et l'écologie a également joué. Travailler dans une usine qui produit des panneaux solaires ou des batteries électriques donne un sens à son métier. Les « Journées Choose France », qui ont ouvert les portes de 111 sites industriels au public pour la première fois en 2026, ont contribué à cette réconciliation. L'apprentissage a connu un essor spectaculaire : plus d'un million de contrats fin 2025, dont une part croissante dans l'industrie.

Mais pourquoi les usines ne trouvent-elles personne ? Le grand décalage formation-emploi

Le paradoxe est criant. Alors que les jeunes regardent l'industrie d'un œil favorable, les tensions de recrutement atteignent des sommets. L'enquête Besoins en main-d'œuvre de France Travail, citée par BFM TV, révèle que plus d'un recrutement sur deux dans l'industrie est jugé difficile par les employeurs.

Les freins sont concrets. L'image de l'industrie reste marquée par les 3x8, le bruit, la pénibilité. Les salaires proposés aux débutants sont souvent inférieurs à ceux des services ou du BTP. Surtout, l'inadéquation entre les formations et les besoins des industriels est flagrante. Les jeunes sont formés au numérique mais pas à la maintenance industrielle, à la robotique mais pas à la soudure.

Les entreprises peinent à attirer les profils techniques dont elles ont besoin, et les jeunes hésitent à s'engager dans des filières où les conditions de travail restent exigeantes.

Les métiers en tension : soudeurs, chaudronniers, techniciens de maintenance

Les métiers les plus recherchés par l'industrie française sont paradoxalement les moins connus des jeunes. Soudeur, chaudronnier, technicien de maintenance industrielle, outilleur : ces professions peinent à recruter malgré des salaires parfois attractifs. Les formations existent, mais elles sont souvent méconnues des collégiens et des lycéens.

Les entreprises multiplient les initiatives pour attirer les jeunes : portes ouvertes, stages, contrats d'apprentissage. Mais le décalage persiste. Un responsable RH d'une usine de la région lyonnaise témoigne : « On propose des CDI à 2 200 euros net par mois pour des soudeurs qualifiés. On reçoit trois candidatures par an. »

Territoires gagnants et perdants de la réindustrialisation française

La géographie des 87 milliards d'euros d'investissements étrangers est très inégale. L'essentiel des flux se concentre dans les régions déjà industrialisées : Auvergne-Rhône-Alpes, Île-de-France, et les « vallées » dédiées comme la Vallée de la batterie dans les Hauts-de-France. Pendant ce temps, la Lorraine, la Bourgogne-Franche-Comté et le Centre-Val de Loire continuent de perdre des emplois industriels.

La vallée de la batterie : eldorado pour les jeunes du Nord ou mirage précaire ?

La Vallée de la batterie, dans les Hauts-de-France, concentre les espoirs de réindustrialisation de toute une région. Plusieurs gigafactories y sont en projet ou en construction. Les annonces d'emplois sont spectaculaires : plusieurs milliers de postes à la clé.

Mais la réalité est plus nuancée. Une partie des emplois promis sont des postes d'intérim sur des chantiers temporaires, pas des CDI stables. Un apprenti travaillant sur un site de production de batteries témoigne : « On nous promet des carrières, mais beaucoup de collègues sont en contrats courts. Dès que la production ralentit, ils sont remerciés. »

La question de la pérennité de ces emplois se pose avec acuité. Si les gigafactories peinent à monter en cadence face à la concurrence chinoise, les promesses d'embauche pourraient rapidement s'évaporer.

Et si l'usine ne revient pas : quelles alternatives pour les jeunes ruraux et périurbains ?

Pour les jeunes qui vivent dans les territoires où l'industrie ne revient pas, la question est existentielle. Faut-il quitter sa région pour trouver un emploi dans les pôles industriels, ou se tourner vers d'autres secteurs ?

Le télétravail offre une échappatoire pour les métiers du numérique, mais il est inaccessible à ceux qui n'ont pas les compétences ou l'équipement nécessaire. Les services à la personne, l'économie sociale et solidaire, l'agriculture de proximité, ou encore l'artisanat sont des alternatives crédibles, mais leur capacité à absorber les volumes d'emplois perdus dans l'industrie reste limitée.

Faut-il revoir à la baisse l'ambition du « tout industrie » ? Certains économistes plaident pour un modèle de développement plus diversifié, qui ne sacrifie pas les territoires ruraux sur l'autel de la compétitivité industrielle.

L'exemple de Saint-Nazaire : une renaissance à rebours

La renaissance de Saint-Nazaire, dans les Pays de la Loire, offre un contre-exemple intéressant. La ville portuaire a réussi à maintenir et même développer son tissu industriel grâce à une combinaison de facteurs : un secteur naval dynamique (les chantiers navals tournent à plein régime), une filière aéronautique solide, et des investissements dans les énergies marines renouvelables.

Ce cas, rapporté par Le Monde, montre qu'une réindustrialisation est possible, mais qu'elle nécessite des conditions spécifiques : une main-d'œuvre qualifiée, des infrastructures adaptées, et une volonté politique locale forte. Tous les territoires ne peuvent pas reproduire ce modèle.

Héritage de Macron pour les jeunes : quel avenir après Choose France ?

Le bilan des années Macron pour les 16-25 ans est celui d'une « semi-réindustrialisation » aux effets très inégaux. Le marché du travail s'est amélioré, avec une baisse du chômage des jeunes et une augmentation de l'apprentissage. Mais la qualité des emplois créés et leur localisation très inégale posent question.

Le retour de l'État stratège : quel cap pour l'industrie française après 2027 ?

Le prochain gouvernement devra trancher des choix lourds. Faut-il continuer à miser sur les méga-projets (batteries, hydrogène, semi-conducteurs) ou soutenir davantage le tissu de PME et d'ETI qui constituent l'essentiel de l'emploi industriel ? Faut-il baisser le coût de l'énergie pour les industries lourdes, quitte à alourdir la facture pour les particuliers ? Faut-il flécher la formation vers les métiers en tension, au risque de laisser de côté les filières moins porteuses ?

L'héritage de Macron, c'est aussi une dette publique qui contraint les marges de manœuvre. Le président a proposé d'étaler les remboursements de la dette Covid au niveau européen, mais les contraintes budgétaires restent fortes.

« Choose France » ou « Choose my life » : le dilemme des jeunes actifs en 2027

Pour les jeunes qui entrent sur le marché du travail, la question est personnelle. Faut-il miser sur une carrière dans l'industrie lourde, avec des salaires corrects mais des conditions de travail exigeantes et une localisation souvent contrainte ? Ou se tourner vers les services innovants, l'artisanat ou le numérique, qui offrent plus de flexibilité mais parfois moins de stabilité ?

Le « Choose France » peut-il devenir le « choose my life » pour la nouvelle génération ? La réponse dépend de la capacité des politiques publiques à offrir des alternatives crédibles dans tous les territoires, et pas seulement dans les zones gagnantes.

La tentation du repli : quand les jeunes se détournent de l'industrie malgré son image positive

Malgré l'amélioration de l'image de l'industrie, une partie des jeunes continue de s'en détourner. Les raisons sont multiples : peur de la pénibilité, horaires contraignants, éloignement des centres-villes, manque de perspective d'évolution. Un jeune diplômé d'un BTS maintenance industrielle confie : « J'ai fait ce BTS parce que c'était le seul débouché dans ma région. Mais dès que j'ai pu, je suis parti dans l'informatique. »

Ce phénomène de « fuite des talents » est préoccupant pour les industriels, qui peinent à fidéliser leurs jeunes recrues. Les entreprises doivent repenser leurs conditions de travail et leurs offres salariales pour retenir les talents.

Conclusion : la réindustrialisation inachevée de Macron

Le neuvième Choose France sonne comme un dernier acte en demi-teinte. Emmanuel Macron peut se targuer d'avoir créé 120 000 emplois industriels et d'avoir fait de la France le pays le plus attractif d'Europe pour les investissements étrangers. Mais ces chiffres cachent une réalité plus dure : l'industrie ne pèse toujours que 9,5 % du PIB, les fermetures d'usines repartent à la hausse, et les promesses de réindustrialisation restent largement inachevées.

Pour les moins de 30 ans, le bilan est contrasté. L'industrie a retrouvé une image positive, l'apprentissage a explosé, et le chômage des jeunes a baissé. Mais les emplois créés sont souvent précaires, mal rémunérés ou mal localisés. Le rêve d'une France réindustrialisée, capable d'offrir des carrières stables et épanouissantes dans tous les territoires, reste à construire.

Le prochain président devra choisir : continuer sur la voie des méga-projets et des annonces spectaculaires, ou repenser en profondeur une politique industrielle qui profite à tous, pas seulement à ceux qui habitent près des zones gagnantes. L'avenir de toute une génération en dépend.

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Questions fréquentes

Combien d'emplois industriels créés sous Macron ?

Depuis 2017, 120 000 emplois industriels nets ont été créés en France, une performance inédite depuis les années 1970. Cependant, une partie significative de ces emplois relève de l'intérim ou de contrats courts.

Pourquoi la start-up Carbon a-t-elle fermé ?

Carbon, start-up lyonnaise de panneaux solaires, a été placée en liquidation judiciaire en mai 2026. Elle n'a pas trouvé le milliard d'euros de financement nécessaire et l'Union européenne n'a pas mis en place de barrières douanières face à la concurrence chinoise.

Quel bilan pour le sommet Choose France 2026 ?

Le neuvième et dernier sommet Choose France du mandat de Macron a eu lieu le 1er juin 2026 à Versailles. Malgré des annonces records, les fermetures d'usines repartent à la hausse et le poids de l'industrie stagne sous la barre des 10 % du PIB.

Pourquoi les jeunes fuient-ils l'industrie ?

Malgré une image positive (60 % des 16-25 ans ont une bonne opinion de l'industrie), les jeunes se détournent du secteur à cause de la pénibilité, des horaires contraignants, de l'éloignement des centres-villes et de salaires débutants souvent inférieurs à ceux des services.

Quels métiers industriels peinent à recruter ?

Les métiers les plus en tension sont soudeur, chaudronnier, technicien de maintenance industrielle et outilleur. Malgré des salaires attractifs (exemple : 2 200 € net pour un soudeur qualifié), les entreprises reçoivent très peu de candidatures par an.

Sources

  1. Pour Emmanuel Macron, un dernier Choose France sur fond de réindustrialisation en panne · lemonde.fr
  2. bfmtv.com · bfmtv.com
  3. bfmtv.com · bfmtv.com
  4. challenges.fr · challenges.fr
  5. crit-job.com · crit-job.com
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Sarah Lebot @world-watcher

Journaliste en herbe, je synthétise l'actu mondiale pour ceux qui n'ont pas le temps de tout suivre. Étudiante en journalisme à Sciences Po Lille, je contextualise les événements sans prendre parti. Mon objectif : rendre l'info accessible et compréhensible, surtout pour ma génération. Pas de jargon, pas de sensationnalisme – juste les faits et leur contexte. Parce que comprendre le monde, c'est le premier pas pour le changer.

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