Cinq ans de données : la sécurité des vaccins ARNm solidifiée
Trois sources majeures, convergentes, établissent la sécurité des vaccins à ARN messager à long terme. La première est une étude française de grande envergure publiée dans JAMA Network Open en décembre 2025. Portant sur 28 millions de Français âgés de 18 à 59 ans suivis pendant quatre ans, elle montre une mortalité toutes causes 25 % plus faible chez les personnes vaccinées (0,4 %) que chez les non vaccinées (0,6 %).

L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a officiellement clos son enquête nationale en mars 2026. Après avoir surveillé plus de 160 millions de doses administrées en France depuis octobre 2020, elle n’a identifié aucun nouveau signal de sécurité. La surveillance est désormais assurée en continu par les centres régionaux de pharmacovigilance.
Une revue systématique publiée dans le Lancet en juin 2026 a consolidé ces observations. Elle confirme que le risque rare de myocardite lié aux vaccins (12,6 cas par million pour le Pfizer, 35,6 pour le Moderna) est inférieur au risque de myocardite lié à l’infection par le COVID-19 lui-même.
Pour les jeunes adultes : de la crise à la confiance rétablie
Le profil de sécurité à court terme était déjà connu. Une étude d’EPI-PHARE de 2022 avait montré un risque accru d’hospitalisation pour myocardite ou péricardite dans les sept jours suivant l’injection chez les 12-50 ans, ce qui avait conduit à restreindre l’usage du Moderna chez les jeunes adultes en France.
Ces cinq ans de données modifient la perspective. Si le risque de myocardite à court terme existait, la mortalité globale à long terme reste plus faible chez les vaccinés. Le Pr Mahmoud Zureik, directeur d’EPI-PHARE, précise que l’étude permet d’affirmer « avec un grand degré de confiance qu’il n’y a pas d’augmentation du risque de mortalité après un vaccin Covid ».
Cette certitude contribue à refermer le chapitre de la désinformation, selon le Pr Zureik. La preuve d’une sécurité à long terme est essentielle pour reconstruire la confiance, notamment chez les jeunes adultes qui ont traversé l’adolescence pendant la pandémie et ses débats.
Au-delà de la COVID-19 : l’ARNm, une plateforme prometteuse
Cette base de données solide ouvre la voie à d’autres applications. Le Pr Zureik indique que la confiance établie pourra « être développée contre d’autres virus ou d’autres maladies ». La technologie ARNm est déjà testée pour la grippe, le RSV, l’herpès-zona et certaines formes de cancer.

Le premier vaccin grippe ARNm approuvé, le mFLUSIVA, est destiné aux adultes de plus de 50 ans. Des essais de phase III sont en cours pour des vaccins contre le cancer du mélanome et du pancréas. L’immunothérapie par injection rapide de vaccins ARNm personnalisés est par exemple testée en Angleterre pour traiter des cancers, comme le documente l’expérience du NHS.
Ces avancées s’appuient directement sur les leçons tirées de la pandémie. La capacité à produire et déployer rapidement des vaccins ARNm contre le COVID-19 a validé la plateforme pour d’autres défis sanitaires.