L'acteur Mel Gibson a affirmé sur le podcast de Joe Rogan que l'ivermectine guérit le cancer, provoquant une explosion des prescriptions. Une étude du JAMA Network Open confirme que les prescriptions de ces antiparasitaires ont doublé chez les patients cancéreux aux États-Unis.
L'étincelle virale : « trois amis guéris du cancer » par l'ivermectine
Le 9 janvier 2025, Mel Gibson s'installe face à Joe Rogan dans le studio du podcast le plus écouté au monde. L'ambiance est décontractée, presque complice. Rogan, connu pour ses positions hétérodoxes sur la santé, tend une perche à son invité : « Tu as parlé de quelque chose d'intéressant concernant le cancer. » Gibson saisit l'occasion. Il raconte une histoire personnelle, sans preuve, sans nom de médecin, sans dossier médical. Pourtant, la force de son récit suffit à enclencher une mécanique de désinformation à grande échelle.
« J'ai trois amis au stade 4 » : la déclaration choc de Mel Gibson
Gibson évoque des amis proches, tous diagnostiqués au stade 4, le plus avancé du cancer. « Ils étaient plutôt mal en point », dit-il. Puis il livre sa conclusion : « Les trois sont guéris désormais. » Quand Rogan lui demande ce qu'ils ont pris, Gibson répond sans hésiter : « Ivermectine, Fenbendazole. » Joe Rogan renforce l'affirmation en ajoutant : « Il y a plein de trucs qui marchent et qu'on ne nous dit pas. » L'échange dure à peine deux minutes, mais il est coupé, monté, repartagé sur TikTok, Instagram et YouTube. En 48 heures, les hashtags #ivermectin et #cancertruth cumulent des millions de vues. Le problème ? Aucune de ces affirmations ne repose sur des essais cliniques humains. Elles s'appuient uniquement sur le témoignage non vérifié d'une célébrité.

Ivermectine et Fenbendazole : deux antiparasitaires sans validation clinique contre le cancer
L'ivermectine n'est pas un inconnu en médecine humaine. Ce médicament antiparasitaire, découvert dans les années 1970, a valu le Prix Nobel de médecine 2015 à ses découvreurs. Il est utilisé contre la gale, l'onchocercose (cécité des rivières) et d'autres parasitoses tropicales. Son efficacité contre le cancer, en revanche, n'a jamais été démontrée chez l'humain par des essais cliniques contrôlés. Quelques études précliniques sur des cellules en laboratoire ou sur des souris ont montré des effets cytotoxiques, mais cela ne constitue en rien une preuve d'efficacité thérapeutique.
Le fenbendazole, lui, est un antiparasitaire vétérinaire. Commercialisé sous le nom Panacur, il est destiné aux chiens et aux chats pour traiter les vers intestinaux. Il n'est pas approuvé pour un usage humain. Aucune étude clinique de phase II ou III n'a évalué son efficacité contre le cancer. Pourtant, sur les forums français de la Ligue contre le cancer, des patients demandent désormais des posologies. « On voit des gens qui veulent acheter du Panacur en pharmacie vétérinaire pour le prendre eux-mêmes », témoigne un modérateur du site. La frontière entre l'espoir légitime et la mise en danger est franchie.
La viralité en chiffres : de l'extrait audio aux millions de vues
L'extrait du podcast, d'une durée de deux minutes, a été visionné plus de 15 millions de fois sur TikTok en une semaine. Sur YouTube, les versions republiées cumulent 8 millions de vues supplémentaires. Les plateformes sociales, conçues pour maximiser l'engagement, amplifient le message sans aucun filtre scientifique. Un simple clic suffit à propager l'information à des milliers de personnes. Les algorithmes, qui favorisent les contenus émotionnels, transforment une anecdote non vérifiée en vérité apparente pour des millions d'utilisateurs.

L'effet « Joe Rogan » et les réseaux sociaux : la mécanique de la désinformation santé instantanée
Un simple témoignage ne suffit pas à créer une pandémie de désinformation. Il faut un amplificateur. Joe Rogan en est un, et de taille. Son podcast, diffusé sans filtre ni modération scientifique, crée un biais de confiance puissant. L'auditeur passe deux heures en compagnie de l'animateur et de son invité. Il les écoute dans sa voiture, pendant son jogging, dans son salon. Le format long crée une intimité artificielle, une impression de vérité brute qui dépasse celle d'un article de journal ou d'une vidéo TikTok de trente secondes.
Joe Rogan, un amplificateur de masse à 13 millions d'auditeurs
Joe Rogan n'en est pas à son premier dérapage. Pendant la pandémie de Covid-19, il avait déjà invité des médecins controversés et relayé des traitements non validés comme l'hydroxychloroquine. La plateforme Spotify, qui héberge le podcast en exclusivité, avait été contrainte d'ajouter des avertissements sur certains épisodes. Mais le mal était fait. Avec 13 millions d'auditeurs par épisode, Rogan dispose d'une portée comparable à celle d'une grande chaîne de télévision, sans le cadre déontologique qui l'accompagne. Quand il approuve une affirmation, ses fans la répètent. Quand il hoche la tête devant une déclaration douteuse, celle-ci gagne en crédibilité.
TikTok, Instagram, YouTube : 81 % des « remèdes miracles » contre le cancer sont faux
Une étude britannique relayée par Pourquoi Docteur a analysé les contenus liés au cancer sur TikTok. Le verdict est sans appel : 81 % des remèdes vantés sont faux ou non prouvés scientifiquement. La plateforme, utilisée par 28 millions de Français, devient un terrain de jeu idéal pour la désinformation. Les algorithmes favorisent les contenus émotionnels, les témoignages personnels, les récits de « guérison miraculeuse ». Un extrait de Mel Gibson sur Joe Rogan coche toutes les cases : une célébrité, une histoire touchante, une promesse d'espoir. Les hashtags #ivermectin et #cancertruth se propagent sans modération efficace. TikTok a bien mis en place des systèmes de vérification, mais ils peinent à suivre le rythme de la viralité.
78 % des 18-35 ans cherchent leur santé sur les réseaux : le terreau fertile de la désinformation
Un chiffre donne le vertige : 78 % des jeunes adultes (18-35 ans) déclarent obtenir leurs informations santé principalement via les réseaux sociaux. C'est ce que révèle une enquête citée par Pourquoi Docteur. TikTok, Instagram, YouTube deviennent les premiers prescripteurs de santé pour toute une génération. Le problème est double. D'abord, l'algorithme ne fait pas la différence entre un oncologue reconnu et un influenceur inconnu. Ensuite, la recommandation d'une célébrité crée une chambre d'écho : plus on regarde ce type de contenu, plus on en reçoit. Pour un jeune adulte inquiet pour sa santé ou celle d'un proche, distinguer le vrai du faux devient un parcours du combattant.
Pendant ce temps, la recherche médicale progresse sur des voies bien plus solides. Les vaccins ARNm personnalisés contre le cancer entrent en phase de déploiement au Royaume-Uni, avec une injection qui dure soixante secondes. Mais ces avancées réelles peinent à rivaliser avec le storytelling d'un acteur hollywoodien.
L'étude JAMA Network Open qui donne le vertige : des prescriptions doublées en six mois
Les anecdotes, aussi virales soient-elles, ne constituent pas une preuve scientifique. Mais elles laissent des traces mesurables. L'étude publiée le 2 mai 2026 dans le JAMA Network Open apporte des chiffres qui donnent le vertige. Les chercheurs ont analysé les bases de données de prescriptions américaines sur la période janvier-juillet 2025, et les ont comparées à la même période en 2024. Le résultat est sans équivoque : l'apparition de Mel Gibson sur Joe Rogan a provoqué une augmentation massive des prescriptions d'ivermectine et de benzimidazole chez les patients atteints de cancer.
Un bond de 250 % des prescriptions chez les patients cancéreux aux États-Unis
Le taux de prescription d'ivermectine et de benzimidazole a doublé entre janvier et juillet 2025 par rapport à 2024. Mais chez les patients ayant un diagnostic de cancer, l'augmentation est encore plus frappante : 2,5 fois plus élevée. Le lien temporel est clair : la courbe des prescriptions grimpe brutalement dans les jours suivant la diffusion du podcast, le 9 janvier 2025. « Nos résultats confirment l'influence potentielle des célébrités sur les comportements de santé », écrivent les auteurs de l'étude dans Scientific American. Ils ajoutent que cette influence « gagne du terrain lorsque la confiance institutionnelle s'érode ». Autrement dit, plus les patients se méfient du système de santé conventionnel, plus ils sont vulnérables aux promesses des célébrités.
Profil type du patient tenté par l'ivermectine : hommes, Blancs, habitants du Sud des États-Unis
L'étude ne se contente pas de compter les prescriptions. Elle dresse aussi un profil démographique des patients concernés. Les hommes sont surreprésentés, de même que les Blancs et les habitants du Sud des États-Unis. Plusieurs facteurs expliquent cette répartition. Dans le Sud américain, la défiance envers les institutions médicales est historiquement plus forte. La couverture médiatique alternative y est plus présente, et la rhétorique complotiste anti-Big Pharma y trouve un terreau fertile. « On retrouve exactement les mêmes ressorts que pendant le Covid », analyse le professeur Mathieu Molimard, pharmacologue au CHU de Bordeaux, interrogé par BFMTV. « Mel Gibson remet les éléments habituels du complotisme : "si on ne vous propose pas ça, c'est parce qu'on est payés par Big Pharma". »
Les limites méthodologiques de l'étude : corrélation n'est pas causalité
Les auteurs de l'étude précisent que leurs résultats montrent une corrélation, pas nécessairement un lien de cause à effet direct. D'autres facteurs ont pu contribuer à l'augmentation des prescriptions, comme la couverture médiatique ultérieure ou les discussions sur les forums en ligne. Néanmoins, la coïncidence temporelle est frappante. La courbe des prescriptions suit exactement le pic de recherche Google pour « ivermectin cancer » après le podcast. Les chercheurs estiment que l'effet Gibson-Rogan a été le déclencheur principal, amplifié par les algorithmes des réseaux sociaux.
« Aucune preuve clinique chez l'Homme » : les oncologues français face à l'afflux de demandes
Si l'étude américaine documente le phénomène outre-Atlantique, la France n'est pas épargnée. Dès janvier 2025, les oncologues français constatent une recrudescence des questions sur l'ivermectine et le fenbendazole dans leurs consultations. Certains patients arrivent même avec des boîtes de Panacur achetées en pharmacie vétérinaire. La situation préoccupe les sociétés savantes, qui multiplient les mises en garde.
« Je vois 30 patients par jour, je n'ai jamais eu ce genre de cas » : le cri d'alarme du Dr Jérôme Barrière
Le Dr Jérôme Barrière, oncologue et membre de la Société française du Cancer, est catégorique dans les colonnes de BFMTV : « Aujourd'hui, il n'y a aucune preuve clinique chez l'Homme. Il faut raison garder. » Il ajoute : « Les risques, c'est que les gens se détournent de traitements réellement efficaces en essayant des molécules qui n'ont pas prouvé d'efficacité et perdent du temps. » Ce temps perdu, c'est celui pendant lequel une tumeur continue de progresser, pendant lequel une chimiothérapie ou une immunothérapie aurait pu agir. Le Dr Barrière insiste : « Je vois 30 personnes par jour et malheureusement, je n'ai jamais eu ce genre de cas. » Autrement dit, aucun de ses patients n'a guéri d'un cancer avec de l'ivermectine.
Retard de traitement, neurotoxicité, abandon de protocole : les risques réels pour les malades
Les risques ne se limitent pas à la perte de temps. L'ivermectine à haute dose peut provoquer des effets secondaires graves, notamment une neurotoxicité sévère. Des cas de vertiges, de confusion, de convulsions et de coma ont été rapportés dans la littérature médicale. Le fenbendazole, lui, n'a tout simplement pas été testé chez l'humain. Personne ne connaît sa toxicité à long terme.
Mais le danger le plus immédiat est l'abandon des traitements conventionnels. Un patient qui croit avoir trouvé un « remède miracle » peut arrêter sa chimiothérapie, sa radiothérapie ou son immunothérapie. Or, ces traitements, bien que lourds, ont prouvé leur efficacité par des essais cliniques rigoureux. Les abandonner pour un vermifuge pour chien, c'est réduire considérablement ses chances de survie. Sur les forums de la Ligue contre le cancer, des modérateurs signalent des messages de patients demandant comment se procurer du fenbendazole et à quelle dose le prendre. La désinformation n'est pas un concept abstrait : elle a des conséquences concrètes sur des vies humaines.
Les sociétés savantes françaises montent au créneau
Face à cette situation, la Société française du Cancer et l'Académie nationale de médecine ont publié des communiqués conjoints dès février 2025. Ils rappellent que l'ivermectine et le fenbendazole n'ont aucune place dans le traitement du cancer. Ils appellent les patients à ne pas modifier leur traitement sans avis médical. Des campagnes d'information sont lancées sur les réseaux sociaux, mais elles peinent à rivaliser avec la viralité des contenus complotistes. Pendant ce temps, la recherche médicale continue d'explorer des pistes prometteuses. Une greffe de moelle osseuse a permis de guérir un patient norvégien à la fois du cancer et du VIH. Ces avancées, obtenues par des méthodes rigoureuses, illustrent l'écart entre la science et les promesses faciles.
De Joe Tippens au National Cancer Institute : la longue histoire du mythe anti-cancer
L'histoire de l'ivermectine anticancer ne commence pas avec Mel Gibson. Elle remonte à 2019, avec un patient américain nommé Joe Tippens. Son récit, largement relayé sur les réseaux sociaux, a posé les bases du mythe que Gibson a ravivé six ans plus tard.
2019 : l'histoire de Joe Tippens, le point de départ du mythe du vermifuge anticancéreux
Joe Tippens est un homme d'affaires américain chez qui on a diagnostiqué un cancer du poumon au stade 4. Contre toute attente, il annonce en 2019 être en rémission. Il attribue cette guérison à la prise de fenbendazole, un vermifuge pour chien, associé à de la vitamine E et du curcuma. Son histoire est reprise par un vétérinaire canadien controversé, qui la diffuse sur YouTube, puis par un blog antivax. Le récit devient viral, malgré l'absence totale de preuve scientifique. Les oncologues américains tentent d'expliquer que la rémission de Tippens pourrait être due à son traitement conventionnel, ou à une coïncidence statistique. Mais le mal est fait. Le mythe du « vermifuge qui guérit le cancer » est né. Mel Gibson, six ans plus tard, ne fait que le replacer sous les projecteurs, avec l'amplification supplémentaire de Joe Rogan.
Février 2026 : le National Cancer Institute contraint d'étudier l'ivermectine sous pression politique
L'histoire prend un tournant inattendu en février 2026. Le National Cancer Institute (NCI), l'agence fédérale américaine de recherche sur le cancer, annonce qu'il va officiellement étudier l'ivermectine comme potentiel traitement anticancer. La décision fait suite à des pressions politiques du mouvement MAHA (Make America Healthy Again), lié à Robert F. Kennedy Jr., figure de la mouvance antivax et complotiste. Les scientifiques du NCI sont furieux. Certains qualifient cette décision de « grotesque » et de « gaspillage d'argent ». Il s'agit uniquement de recherche préclinique, sur des cellules ou des animaux, et non d'essais cliniques humains. Mais l'annonce, largement relayée par les médias complotistes, offre une caution trompeuse aux croyants. « Vous voyez, même le gouvernement étudie l'ivermectine », peut-on lire sur certains forums. La nuance entre recherche préclinique et traitement validé est perdue en chemin.
La différence fondamentale entre recherche préclinique et traitement validé
La décision du NCI illustre un problème récurrent dans la communication scientifique. La recherche préclinique, qui teste des molécules sur des cellules ou des animaux, est une étape nécessaire mais très préliminaire. Moins de 5 % des molécules prometteuses en laboratoire deviennent un jour des traitements approuvés chez l'humain. Les essais cliniques de phase I, II et III, qui durent des années, sont indispensables pour valider l'efficacité et la sécurité d'un médicament. En annonçant une « étude » sans préciser qu'il s'agit de recherche préclinique, le NCI a involontairement alimenté la désinformation. Les complotistes ont sauté sur l'occasion pour affirmer que « la science officielle » validait enfin leurs croyances.
Stratégie nationale et responsabilité des plateformes : que fait la France contre les « médecines virales » ?
Face à l'ampleur du phénomène, les autorités sanitaires françaises tentent de réagir. Le 12 janvier 2026, le ministère de la Santé lance une « Stratégie nationale contre la désinformation en santé ». L'objectif est de coordonner les efforts de prévention, de formation, de régulation et d'information. Mais le chemin est semé d'embûches.
La « Stratégie nationale contre la désinformation en santé » dévoilée en janvier 2026
Annoncée sur le site info.gouv.fr, cette stratégie repose sur quatre axes principaux. Le premier est la prévention : informer le public sur les mécanismes de la désinformation et les réflexes à adopter. Le deuxième est la formation des professionnels de santé à la communication sur les réseaux sociaux. Le troisième est la régulation des plateformes, avec un renforcement des obligations de modération. Le quatrième est l'information, avec la création de contenus fiables et accessibles. Le timing de cette annonce, quelques jours après le passage de Mel Gibson chez Joe Rogan, n'est sans doute pas un hasard.
Podcasts et influenceurs : le vide juridique qui permet la propagation des « médecines virales »
Mais la stratégie gouvernementale se heurte à un obstacle de taille : le vide juridique entourant les podcasts et les influenceurs. Contrairement à TikTok ou Instagram, où la modération des contenus courts est techniquement possible (bien qu'imparfaite), le format natif du podcast (audio long, souvent sans transcription) rend la détection des infox beaucoup plus complexe. Un algorithme peut difficilement analyser deux heures de conversation pour identifier une déclaration mensongère. De plus, les plateformes comme Spotify invoquent souvent la liberté d'expression pour éviter de modérer leurs contenus. Le résultat est un angle mort réglementaire dans lequel prospèrent les « médecines virales ».
Le rôle des fact-checkers et des médias dans la lutte contre la désinformation
Des initiatives de fact-checking, comme celle des Surligneurs ou de Pourquoi Docteur, tentent de contrer la désinformation. Leur travail consiste à décortiquer les affirmations virales, à vérifier les sources et à publier des contre-arguments scientifiquement solides. Mais leur portée reste limitée face à la puissance des algorithmes. Un article de fact-checking bien documenté peut atteindre 50 000 lecteurs, tandis qu'une vidéo TikTok trompeuse en touche plusieurs millions. Le rapport de force est inégal. Les autorités sanitaires explorent donc des pistes plus radicales, comme l'obligation pour les plateformes de signaler les contenus médicaux non vérifiés, ou la création d'un label de fiabilité pour les comptes santé.
Conclusion : comment distinguer un espoir réel d'une fausse promesse sur les réseaux sociaux ?
Alors, comment faire la part des choses quand on est un patient ou un proche de patient, noyé sous un flot d'informations contradictoires ? La réponse est simple sur le papier, mais difficile à mettre en pratique : vérifier les sources, croiser les informations, et surtout, ne jamais se fier à un témoignage isolé, aussi convaincant soit-il.
Les autorités sanitaires françaises (ANSM, HAS, Sociétés savantes) jouent un rôle clé dans cette bataille. Leurs sites web, leurs comptes Twitter et leurs communiqués de presse sont des sources fiables. Les oncologues, les pharmacologues et les épidémiologistes sont les mieux placés pour évaluer l'efficacité d'un traitement. Si une information ne vient pas d'eux, elle doit être accueillie avec la plus grande prudence.
La science progresse, mais elle le fait de manière rigoureuse, sans avoir besoin de remèdes miracles. Les vaccins ARNm personnalisés représentent une avancée majeure dans le traitement du cancer, tout comme les thérapies ciblées. Le daraxonrasib, un traitement prometteur contre le cancer du pancréas, a doublé la survie des patients. Ces résultats, obtenus après des années de recherche et d'essais cliniques, sont autrement plus solides que l'anecdote d'un acteur sur un podcast.
En définitive, face à une information santé, un réflexe simple peut sauver des vies : se demander qui parle, sur quelle preuve il s'appuie, et quel intérêt il a à dire cela. Si la réponse est « une célébrité sur un podcast, sans preuve, pour faire le buzz », alors il est temps de fermer la vidéo et d'appeler son médecin.