Explosion massive lors d'une frappe aérienne israélienne à Gaza, illuminant le ciel nocturne.
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Frappes israéliennes à Gaza : cinq morts, deux récits qui s'opposent

Frappes israéliennes à Gaza le 27 février 2026 : cinq morts, deux récits qui s’opposent entre la Défense civile et Tsahal. Plongée dans les méthodes de vérification, le cessez-le-feu violé et les enjeux humanitaires d’un conflit sans fin.

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Le 27 février 2026, la Défense civile de Gaza a annoncé qu'au moins cinq personnes avaient été tuées dans des frappes israéliennes menées dans le sud et le centre de l'enclave. Cet événement s'inscrit dans un contexte de cessez-le-feu officiellement en vigueur depuis octobre 2025, mais violé quasi quotidiennement par les deux camps. Entre les annonces de Tsahal visant des « terroristes armés » et les bilans fournis par les secouristes locaux, l'information circule dans un environnement où la vérification indépendante reste extrêmement difficile. Comment ces chiffres sont-ils produits, et que révèlent-ils sur la réalité du conflit ?

Explosion massive lors d'une frappe aérienne israélienne à Gaza, illuminant le ciel nocturne.
Explosion massive lors d'une frappe aérienne israélienne à Gaza, illuminant le ciel nocturne. — (source)

Frappes du 27 février : le récit de la Défense civile

Trois morts à Khan Younès, deux à Al-Bureij

La Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours qui relève de l'autorité du Hamas, a transmis ses données à l'Agence France-Presse vendredi matin. Selon ses équipes, trois personnes ont péri près de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, lors d'une frappe de drone. Deux autres ont été tuées plus au nord, au-delà du camp de réfugiés d'Al-Bureij, dans le centre du territoire.

Cortège funèbre à Gaza après des frappes israéliennes.
Cortège funèbre à Gaza après des frappes israéliennes. — (source)

Ces bilans sont régulièrement cités par les médias internationaux. Mais leur mode de production mérite d'être expliqué : la Défense civile coordonne les opérations de sauvetage, l'extraction des décombres et le transport des blessés depuis sa création en 2006, sous l'administration du Hamas. Ses secouristes arrivent souvent les premiers sur les lieux des frappes, ce qui leur donne un accès direct aux victimes. Leurs chiffres reflètent donc les morts et blessés qu'ils prennent en charge, et non nécessairement l'ensemble des pertes humaines d'une attaque.

Funérailles à Gaza après des frappes israéliennes, rassemblant une foule nombreuse.
Funérailles à Gaza après des frappes israéliennes, rassemblant une foule nombreuse. — (source)

Comme le rappelle Le Figaro, la Défense civile est une « organisation de premiers secours opérant sous l'autorité du mouvement terroriste palestinien Hamas ». Cette précision n'est pas anodine : elle indique que la source n'est pas neutre, et que ses informations peuvent être influencées par le récit politique du mouvement islamiste.

Les hôpitaux confirment, mais ne tranchent pas

Les hôpitaux locaux constituent une troisième source d'information. Dans le cas des frappes du 27 février, les établissements de Khan Younès et du centre de Gaza ont confirmé avoir reçu les corps des victimes. Mais ces confirmations ne permettent pas de déterminer le statut exact des personnes tuées — civils ou combattants — ni les circonstances précises de leur mort.

Un témoin contacté par l'AFP lors d'une frappe similaire le 26 mai a décrit une scène complexe : un groupe d'hommes armés s'était infiltré dans la partie orientale du camp d'Al-Maghazi et était entré dans une maison. Des habitants, ayant remarqué leur présence, étaient allés les affronter avec des pierres et des bâtons. Un drone israélien avait ensuite visé le groupe, et les hommes armés avaient fui vers la zone contrôlée par Israël. Ce témoignage, rapporté par La Presse, suggère que les frappes ne sont pas toujours des attaques aveugles, mais qu'elles répondent à des mouvements sur le terrain que les médias ne peuvent pas observer directement.

La version de Tsahal : des terroristes armés ciblés

Une violation du cessez-le-feu selon l'armée israélienne

Tsahal a donné une tout autre lecture des événements. L'armée israélienne a expliqué avoir repéré « plusieurs terroristes armés qui s'abritaient sous des décombres » près de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. Selon le porte-parole militaire, ces hommes seraient sortis d'un souterrain jeudi, ce qui constituerait une violation du cessez-le-feu. Les soldats les auraient d'abord ciblés, en tuant « certains », avant de frapper de nouveau le secteur de Rafah dans la nuit de jeudi à vendredi, en représailles à cette infraction.

Destruction massive à Gaza après des frappes israéliennes, avec des immeubles en ruine et de la fumée s'élevant dans le ciel.
Destruction massive à Gaza après des frappes israéliennes, avec des immeubles en ruine et de la fumée s'élevant dans le ciel. — (source)

L'armée n'a toutefois pas mentionné de frappe dans le centre de Gaza, à Al-Bureij, où la Défense civile affirme que deux personnes ont été tuées. Ce décalage entre les deux récits illustre la difficulté à établir un bilan unique et vérifié. France Info précise que les restrictions d'accès au terrain empêchent les médias de confirmer les informations des différentes parties de manière indépendante.

Une stratégie de ciblage des cadres du Hamas

Les frappes du 27 février ne sont pas isolées. Elles s'inscrivent dans une stratégie israélienne plus large de « chasse aux cadres » du Hamas, même pendant la trêve. Le 26 mai, Tsahal a annoncé avoir visé Mohammed Odeh, le nouveau chef de la branche armée du Hamas, nommé une semaine plus tôt après l'élimination de son prédécesseur Ezzedine Al-Haddad le 15 mai. La BBC a rapporté que Mohammed Odeh aurait été tué avec sa femme et ses deux enfants dans une frappe sur un immeuble résidentiel du centre-ville de Gaza, où cinq missiles ont frappé presque simultanément les trois derniers étages.

Le gouvernement israélien justifie ces opérations par la nécessité de poursuivre tous ceux qui ont pris part au massacre du 7 octobre 2023. Benyamin Nétanyahou et le ministre de la Défense Israel Katz l'ont répété dans un communiqué conjoint : tôt ou tard, Israël les atteindra tous. Mais ces frappes ciblées, menées dans des zones densément peuplées, font régulièrement des victimes civiles.

Qui est la Défense civile de Gaza ?

Une organisation sous l'autorité du Hamas

La Défense civile de Gaza n'est pas une ONG indépendante. Elle fait partie des structures administratives mises en place par le Hamas depuis sa prise de contrôle de la bande de Gaza en 2007. Ses équipes sont composées de secouristes palestiniens, souvent bénévoles ou faiblement rémunérés, qui interviennent sur les lieux des bombardements pour dégager les décombres, éteindre les incendies et transporter les blessés vers les hôpitaux.

Secouristes transportant un corps dans les décombres à Gaza après des frappes israéliennes.
Secouristes transportant un corps dans les décombres à Gaza après des frappes israéliennes. — (source)

Dans les communiqués officiels, les médias français comme Le Figaro ou France Info précisent systématiquement que cette organisation opère sous l'autorité du Hamas. Cette mention indique que la source n'est pas neutre, et que ses informations peuvent être influencées par le récit politique du mouvement islamiste. Cela ne signifie pas pour autant que ses bilans sont systématiquement faux, mais qu'ils doivent être croisés avec d'autres sources.

Sa crédibilité auprès des médias internationaux

Malgré ce lien avec le Hamas, les chiffres de la Défense civile sont régulièrement repris par l'AFP, Reuters, et les grands médias français et internationaux. Pourquoi ? Parce que sur le terrain, ses équipes sont les seules à pouvoir compter les morts et les blessés en temps réel. Les journalistes étrangers n'ont pas accès librement à Gaza, et les restrictions imposées par Israël limitent les déplacements des reporters palestiniens.

Des Palestiniens inspectent les ruines de la tour Aklouk détruite par des frappes israéliennes à Gaza, le 8 octobre 2023.
Des Palestiniens inspectent les ruines de la tour Aklouk détruite par des frappes israéliennes à Gaza, le 8 octobre 2023. — WAFA (Q2915969) in contract with a local company (APAimages)‏‏ / CC BY-SA 3.0 / (source)

L'AFP le reconnaît d'ailleurs explicitement dans ses dépêches : les restrictions d'accès et les difficultés sur le terrain empêchent une vérification indépendante des bilans des différentes parties. Cette phrase, qui revient dans presque tous les articles sur le sujet, est un aveu d'impuissance face à une guerre où l'information est aussi une arme.

Le ministère de la Santé de Gaza, une source jugée fiable par l'ONU

Parallèlement à la Défense civile, le ministère de la Santé de Gaza publie des bilans réguliers. Bien que placé sous l'autorité du Hamas, ce ministère est considéré comme fiable par l'ONU parce que ses méthodes de comptage sont relativement rigoureuses : il collecte les chiffres auprès des hôpitaux, croise les identités des victimes et publie des mises à jour régulières. Selon Le Monde, ses données sont jugées fiables par l'organisation internationale.

Reste que ces données ne permettent pas de distinguer systématiquement les civils des combattants. Le Hamas et Israël utilisent des catégories différentes : Tsahal parle de « terroristes », la Défense civile de « martyrs » ou de « civils ». Ce flou sémantique complique l'analyse pour le grand public.

Cessez-le-feu : une trêve violée chaque jour

Les chiffres de la trêve

Le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas est entré en vigueur le 10 octobre 2025, après deux ans de guerre ouverte. Mais depuis cette date, les hostilités n'ont jamais vraiment cessé. Selon le ministère de la Santé de Gaza, au moins 615 Palestiniens ont été tués depuis le début de la trêve, d'après France Info. Ce chiffre atteignait 906 morts fin mai 2026, selon La Presse. Côté israélien, l'armée a fait état de cinq soldats tués durant la même période.

Ces bilans montrent que le cessez-le-feu est en réalité une coquille vide. Les deux camps s'accusent mutuellement de le violer quotidiennement. Le 15 février, la Défense civile avait déjà rapporté que des frappes israéliennes avaient fait 12 morts à travers Gaza. Le 23 mai, six personnes avaient été tuées dans le nord de l'enclave, dont un adolescent né en 2011, selon Ouest-France. Le 26 mai, une frappe de drone avait visé un groupe de civils à l'est d'Al-Maghazi, faisant cinq morts.

Les incursions de milices pro-israéliennes

Un phénomène récent complique encore la situation. Selon Boursorama, des incursions de milices armées soutenues par Israël se multiplient dans la bande de Gaza. Ces groupes, qualifiés de « collaborateurs d'Israël » par le Hamas, tentent de prendre le contrôle de certaines zones, provoquant des affrontements avec les habitants. Le 26 mai, une frappe de drone israélienne a visé un groupe de civils qui tentaient de repousser l'une de ces milices à l'est du camp d'Al-Maghazi, faisant cinq morts.

Ces événements montrent que le conflit ne se limite plus aux seuls affrontements entre Tsahal et le Hamas. Des dynamiques locales émergent, avec des groupes armés palestiniens qui s'opposent à la fois à l'occupation israélienne et aux tentatives de déstabilisation interne.

L'emprise israélienne sur le territoire

L'armée israélienne contrôle aujourd'hui plus de la moitié de la bande de Gaza, selon les informations disponibles. Le Hamas, au pouvoir depuis 2007, refuse catégoriquement de déposer les armes aux conditions posées par Israël. Les États-Unis ont annoncé à la mi-janvier 2026 le passage à la deuxième phase du plan du président Donald Trump visant à mettre fin définitivement à la guerre. Ce plan prévoit un retrait progressif israélien de Gaza, le désarmement du Hamas et le déploiement d'une force internationale de stabilisation. Mais sur le terrain, rien n'indique que ces objectifs soient en voie d'être atteints.

La situation humanitaire reste catastrophique. Les restrictions d'accès imposées par Israël limitent l'entrée de l'aide humanitaire. Comme nous l'avons évoqué dans notre article sur la fermeture des frontières par COGAT, cette politique plonge deux millions de personnes dans une crise quotidienne. Par ailleurs, la suspension de l'aide de l'Unicef, accusée par Israël de contrebande, aggrave encore la situation des enfants palestiniens, comme nous le détaillons dans notre enquête sur Gaza et la suspension de l'aide de l'Unicef.

Un bâtiment en feu à Gaza après des frappes israéliennes, avec des secouristes sur place.
Un bâtiment en feu à Gaza après des frappes israéliennes, avec des secouristes sur place. — (source)

Vérifier l'information en zone de conflit : les méthodes

Croiser les sources disponibles

Face à des récits contradictoires, les journalistes doivent multiplier les vérifications. Dans le cas des frappes du 27 février, plusieurs éléments permettent de recouper les informations. La Défense civile a donné des localisations précises : Khan Younès au sud, Al-Bureij au centre. Les hôpitaux locaux confirment avoir reçu des corps. L'armée israélienne, elle, ne contredit pas totalement le bilan : elle reconnaît avoir frappé « plusieurs terroristes armés » à Rafah, mais ne mentionne pas la frappe d'Al-Bureij.

L'AFP, qui a couvert l'événement en direct, a contacté des témoins et vérifié les informations auprès de sources médicales. Mais comme le rappelle Ouest-France, les restrictions imposées aux médias à Gaza et les difficultés d'accès sur le terrain empêchent toute vérification indépendante des bilans des différentes parties.

Le rôle des ONG et des agences onusiennes

Pour obtenir des bilans plus fiables, les journalistes s'appuient aussi sur les données d'organisations comme le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) ou Human Rights Watch. Ces organisations disposent de réseaux de contacts sur le terrain et publient des rapports réguliers. Mais leur accès à Gaza est également limité.

L'ONU, par l'intermédiaire de ses agences, a accès à certaines données et peut les croiser avec d'autres sources. C'est pourquoi les chiffres du ministère de la Santé de Gaza sont considérés comme fiables par l'organisation internationale, même si le ministère est sous l'autorité du Hamas. Cette confiance repose sur la cohérence des données collectées et leur vérification par des agences onusiennes présentes sur le terrain.

Les limites de la vérification indépendante

Malgré ces efforts, la vérification indépendante reste extrêmement limitée à Gaza. Les journalistes étrangers ne peuvent pas se déplacer librement dans l'enclave. Les reporters palestiniens subissent des restrictions de la part des autorités israéliennes et du Hamas. Et les communications sont souvent coupées pendant les opérations militaires.

Cette situation crée un brouillard informationnel dont chaque camp profite pour imposer son récit. Israël présente ses frappes comme des opérations chirurgicales visant des terroristes. Le Hamas présente les victimes comme des civils innocents. La réalité, comme souvent dans les conflits armés, se situe quelque part entre les deux.

Conséquences humanitaires d'une guerre sans fin

Plus de 900 morts depuis la trêve

Les frappes du 27 février portent à plus de 600 le nombre de Palestiniens tués depuis le début du cessez-le-feu officiel, selon les données du ministère de la Santé de Gaza. Ce chiffre atteignait 906 morts fin mai 2026, selon La Presse. Il inclut des femmes, des enfants et des personnes âgées, même si la proportion exacte de civils reste débattue. L'armée israélienne affirme pour sa part que la plupart des victimes sont des combattants du Hamas, mais elle ne fournit pas de décompte détaillé.

Côté israélien, cinq soldats ont été tués dans la bande de Gaza depuis octobre 2025. Ce déséquilibre dans les pertes humaines reflète la nature asymétrique du conflit : Israël mène des frappes aériennes et des opérations ciblées, tandis que le Hamas utilise des tirs de roquettes et des attaques au sol. Le 23 mai, Ouest-France rapportait que 42 policiers palestiniens avaient été tués depuis le début de la trêve, ciblés par des frappes israéliennes alors qu'ils assuraient des missions de sécurité civile.

Le bilan psychologique et social

Au-delà des chiffres, la guerre prolongée a des conséquences profondes sur la société gazaouie. Les enfants qui ont survécu aux bombardements de 2023-2025 vivent aujourd'hui sous la menace permanente de nouvelles frappes. Les écoles sont détruites ou transformées en abris. Les hôpitaux fonctionnent avec des moyens réduits. Et le système d'entraide communautaire, qui a permis à la population de survivre pendant les pires moments du conflit, s'effrite sous le poids de la fatigue et du deuil.

Côté israélien, la société est également marquée. Le premier ministre Benyamin Nétanyahou, s'adressant aux veuves et aux orphelins de l'armée réunis fin avril à Jérusalem, a salué la « chaîne des héros » israéliens. « Ce n'est pas en vain, ce n'est pas en vain », a-t-il répété, selon Le Monde, face aux 890 nouveaux orphelins recensés par l'État hébreu depuis le 7 octobre 2023. Mais une partie de la société israélienne s'interroge, sans obtenir de réponses, sur la stratégie mise en œuvre dans l'enclave.

Enjeux juridiques et diplomatiques du conflit

Le mandat d'arrêt de la CPI contre Nétanyahou

Le conflit à Gaza a également des répercussions juridiques internationales. Le 21 novembre 2024, la Cour pénale internationale (CPI) a émis un mandat d'arrêt contre Benyamin Nétanyahou pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Pourtant, le 7 juillet 2025, un avion transportant le premier ministre israélien a survolé les territoires français, italien et grec sans que ces pays n'interviennent.

Une tribune publiée dans Le Monde souligne que la France, comme tout autre État signataire, doit, à défaut d'arrêter Nétanyahou, ne pas coopérer avec l'État hébreu en le laissant entrer dans son espace aérien. Les auteurs de la tribune dénoncent une politique de double standard qui consiste à appliquer la justice internationale à la carte.

Les obligations des États signataires de la convention sur le génocide

Depuis la troisième ordonnance de la Cour internationale de justice (CIJ) rendue le 24 mai 2024, les États signataires de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948 n'ont presque rien fait pour prévenir ou arrêter les massacres à Gaza, selon Le Monde. Cette inaction soulève des questions sur la responsabilité des nations face à un conflit qui dure depuis plus de deux ans et demi.

Les Nations unies, par l'intermédiaire de leurs agences, continuent de plaider pour un cessez-le-feu durable et l'acheminement de l'aide humanitaire. Mais leurs appels restent largement ignorés par les belligérants.

Conclusion

Les frappes du 27 février 2026 illustrent la difficulté de s'informer sur un conflit où chaque camp produit son propre récit. La Défense civile de Gaza annonce cinq morts, Tsahal justifie ses tirs par la présence de « terroristes armés », et les médias peinent à vérifier ces informations de manière indépendante. Ce brouillard informationnel n'est pas un accident : dans une guerre qui dure depuis plus de deux ans, la maîtrise de l'information est devenue un enjeu stratégique à part entière.

Pour le public, et particulièrement pour les jeunes générations soucieuses de distinguer les faits des rumeurs, il est essentiel de comprendre comment ces chiffres sont produits, par qui, et avec quelles limites. Croiser les sources, repérer les biais, accepter l'incertitude : voilà les outils dont nous disposons face à une réalité que personne, sur le terrain, ne peut pleinement saisir.

Le cessez-le-feu d'octobre 2025 devait mettre fin à la guerre. Huit mois plus tard, plus de 900 Palestiniens et cinq soldats israéliens ont été tués. Les frappes continuent, les récits s'opposent, et la population civile paie le prix fort. Jusqu'à quand ?

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Questions fréquentes

Qui est la Défense civile de Gaza ?

La Défense civile de Gaza est une organisation de premiers secours qui opère sous l'autorité du Hamas. Ses équipes interviennent sur les lieux des frappes pour dégager les décombres et transporter les blessés, mais ses bilans ne sont pas considérés comme neutres.

Combien de morts depuis le cessez-le-feu à Gaza ?

Selon le ministère de la Santé de Gaza, au moins 615 Palestiniens ont été tués depuis le début de la trêve en octobre 2025. Ce chiffre atteignait 906 morts fin mai 2026, tandis que cinq soldats israéliens sont morts durant la même période.

Pourquoi les bilans de la Défense civile sont-ils contestés ?

Les bilans sont contestés car la Défense civile relève de l'autorité du Hamas, ce qui remet en cause sa neutralité. De plus, ses chiffres reflètent uniquement les victimes qu'elle prend en charge, et non l'ensemble des pertes, sans distinguer civils et combattants.

Quelle est la version de Tsahal sur les frappes du 27 février ?

Tsahal affirme avoir ciblé « plusieurs terroristes armés » qui s'abritaient sous des décombres près de Rafah, violant le cessez-le-feu. L'armée n'a pas mentionné de frappe à Al-Bureij, où la Défense civile annonce deux morts supplémentaires.

Le cessez-le-feu à Gaza est-il respecté ?

Non, le cessez-le-feu est violé quasi quotidiennement par les deux camps depuis octobre 2025. Plus de 900 Palestiniens et cinq soldats israéliens ont été tués pendant cette trêve de façade, selon les données rapportées par l'article.

Sources

  1. Israël dit avoir visé à Gaza le nouveau chef de la branche armée du Hamas · lemonde.fr
  2. bbc.com · bbc.com
  3. boursorama.com · boursorama.com
  4. La défense civile de Gaza annonce cinq morts dans des frappes israéliennes · franceinfo.fr
  5. franceinfo.fr · franceinfo.fr
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Sarah Lebot @world-watcher

Journaliste en herbe, je synthétise l'actu mondiale pour ceux qui n'ont pas le temps de tout suivre. Étudiante en journalisme à Sciences Po Lille, je contextualise les événements sans prendre parti. Mon objectif : rendre l'info accessible et compréhensible, surtout pour ma génération. Pas de jargon, pas de sensationnalisme – juste les faits et leur contexte. Parce que comprendre le monde, c'est le premier pas pour le changer.

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