Le 4 mai 2026, une phrase a secoué le monde politique et médiatique israélien. Le général de division Avi Bluth, commandant du Commandement central de l’armée israélienne en Cisjordanie, a déclaré lors d’un forum interne : « Si quelqu’un vient pour te tuer, tue-le d’abord, c’est la norme au Moyen-Orient, donc nous tuons comme nous n’avons pas tué depuis 1967. » Ces propos, rapportés en exclusivité par le journal Haaretz, ont été confirmés par The Guardian et The National. Bluth n’a pas démenti l’authenticité des propos, et Tsahal n’a pas répondu aux demandes de commentaire.

Ce qui rend cette déclaration inédite, c’est la référence explicite à 1967. La guerre des Six Jours, du 5 au 10 juin 1967, a marqué le début de l’occupation permanente de la Cisjordanie, de Gaza, du Golan et du Sinaï. Des milliers de Palestiniens avaient alors été tués. En comparant la situation actuelle à cette période fondatrice de l’occupation, Bluth a brisé un tabou. Il a également admis ouvertement que l’armée discrimine entre Palestiniens et colons juifs dans l’application des règles d’engagement. « Oui, cela implique une discrimination », a-t-il reconnu.
L’aveu qui fait trembler Tsahal : Bluth n’est pas le chef d’état-major, mais son poste est tout aussi stratégique
Il est crucial de corriger une confusion fréquente dans les médias. Avi Bluth n’est pas le chef d’état-major de Tsahal — ce poste est occupé par Eyal Zamir depuis la démission de Herzi Halevi en mars 2025. Bluth commande le Commandement central, c’est-à-dire l’ensemble des opérations militaires en Cisjordanie occupée. Né dans une colonie israélienne en Cisjordanie et formé dans une académie militaire religieuse située dans le territoire occupé, il incarne une génération de soldats qui ont grandi au cœur même du conflit.
Son parcours donne un poids particulier à ses propos. Il connaît le terrain, les villages, les checkpoints. Quand il parle de « tuer comme en 1967 », ce n’est pas une formule abstraite. C’est l’aveu d’un homme qui supervise chaque jour les opérations qui coûtent la vie à des Palestiniens. Le fait qu’il n’ait pas démenti les fuites en dit long sur la culture de l’impunité qui règne au sein de l’armée israélienne.
Un général né dans une colonie, formé à la guerre sainte
Bluth est né dans la colonie de Psagot, implantée en Cisjordanie depuis 1981. Il a étudié à l’académie militaire religieuse d’Eli, une colonie située à une trentaine de kilomètres au nord de Jérusalem. Ces institutions combinent formation militaire et études religieuses, produisant des officiers qui considèrent la guerre contre les Palestiniens comme une mission divine. Cette double culture explique en partie la brutalité de ses méthodes.
« Monuments boiteux » : la méthode qui transforme les adolescents palestiniens en cibles
L’un des détails les plus choquants révélés par Haaretz concerne une pratique que Bluth a lui-même décrite. Il a admis avoir assoupli les règles d’engagement pour permettre de tirer sur les Palestiniens au genou ou en dessous lors des arrestations à la barrière de séparation. Selon ses propres mots, ces tirs créent des « limping monuments » — des « monuments boiteux » — dans les villages palestiniens.
Cette expression cynique désigne des adolescents et des jeunes hommes qui, après avoir reçu une balle dans la jambe ou le genou, boiteront pour le reste de leur vie. Bluth a justifié cette pratique comme un moyen de dissuasion. Le jour même de la publication de ces révélations, le 4 mai 2026, un Palestinien de 26 ans, Nayef Feras Samaro, a été tué par balle dans la tête à Naplouse. Quatre autres personnes ont été blessées, dont deux enfants. Tsahal a évoqué une « confrontation violente », mais les témoignages locaux contredisent cette version.
240 morts en 2025 dont 55 enfants : l’hécatombe silencieuse de Cisjordanie en chiffres
Les chiffres officiels de l’ONU donnent une mesure de l’ampleur de la violence. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), 240 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie en 2025, dont 55 enfants — soit 23 % du total. Parmi ces victimes, 225 ont été tuées par les forces israéliennes et 15 par des colons. Ces statistiques sont issues du rapport Humanitarian Situation Update #352 publié par OCHA.
L’UNRWA, dans son rapport #219 daté d’avril 2026, dresse un bilan encore plus large : entre le 7 octobre 2023 et le 21 avril 2026, 1 081 Palestiniens — dont au moins 235 enfants — ont été tués en Cisjordanie occupée, y compris Jérusalem-Est. Ces chiffres sont officiels et proviennent de sources onusiennes. Ils pourraient sous-estimer la réalité, car certains décès dans des zones reculées ne sont pas toujours comptabilisés.
1967 vs 2025 : le parallèle glaçant que le général ose faire
Pour comprendre pourquoi la comparaison avec 1967 est explosive, il faut rappeler le contexte de la guerre des Six Jours. En juin 1967, Israël a lancé une offensive éclair contre l’Égypte, la Syrie, l’Irak et la Jordanie. En six jours, l’armée israélienne a conquis la Cisjordanie, la bande de Gaza, le plateau du Golan et la péninsule du Sinaï. Des milliers de Palestiniens ont été tués ou ont fui leurs foyers, créant ce que l’on appelle aujourd’hui la Nakba de 1967.
Les chiffres actuels ne sont pas équivalents en nombre absolu à ceux de 1967. Mais ils sont historiquement élevés pour une période que certains qualifient de « calme relatif » — c’est-à-dire en dehors des opérations massives à Gaza. En 2025, la Cisjordanie a connu le plus grand nombre de morts palestiniens depuis la seconde intifada (2000-2005). La comparaison de Bluth n’est donc pas une exagération rhétorique : elle reflète une réalité statistique.
55 enfants tués en 2025 : qui sont les victimes invisibles de l’opération « Mur de fer » ?
L’opération « Mur de fer », lancée en janvier 2025 après le cessez-le-feu à Gaza, a radicalement intensifié la violence en Cisjordanie. L’armée israélienne a vidé trois camps de réfugiés — Jénine, Tulkarem et Nour Shams — et interdit le retour des habitants. Au moins 80 Palestiniens, dont 14 enfants, ont été tués entre janvier et juin 2025 dans le cadre de cette opération.
Les enfants sont les premières victimes de cette violence. Selon l’UNRWA, 23 % des tués en 2025 étaient des enfants — une proportion qui dépasse largement celle des conflits armés classiques. Ces enfants ne sont pas des combattants. Ils sont tués chez eux, dans les rues de leur village, ou en se rendant à l’école. L’opération « Mur de fer » a également entraîné le déplacement forcé de plus de 36 000 Palestiniens en un an, selon l’ONU, qui a évoqué un « nettoyage ethnique ».
Checkpoints, incursions nocturnes, arrestations : le quotidien brisé des adolescents palestiniens
Au-delà des chiffres, c’est le quotidien des jeunes Palestiniens qui est marqué par une violence structurelle. Dans les villages et les camps de Cisjordanie, chaque nuit peut apporter son lot d’incursions. Les soldats israéliens, souvent âgés de 18 à 20 ans, frappent aux portes, fouillent les maisons, arrêtent les adolescents. Les checkpoints, disséminés sur tout le territoire, sont des lieux d’humiliation constante. Les jeunes doivent montrer leurs papiers, se déshabiller parfois, attendre des heures sous le soleil ou la pluie.
Cette violence n’est pas exceptionnelle : elle est la norme. Comme l’a rapporté The National, les incursions nocturnes sont systématiques dans les villages palestiniens. Les arrestations de mineurs sont courantes. Selon Haaretz, les règles d’engagement sont assouplies pour les soldats qui tirent sur des Palestiniens, alors qu’elles sont strictes lorsqu’il s’agit de colons juifs.
Naplouse, 4 mai 2026 : la mort de Nayef Feras Samaro, 26 ans
Le cas de Nayef Feras Samaro illustre parfaitement cette violence quotidienne. Le 4 mai 2026, jour même de la publication des propos de Bluth, ce Palestinien de 26 ans a été tué par balle dans la tête à Naplouse. Quatre autres personnes ont été blessées, dont deux enfants. Selon Tsahal, il s’agissait d’une « confrontation violente ». Mais les témoignages locaux, recueillis par The National, décrivent une scène différente : Samaro se trouvait dans la rue, sans arme, quand des soldats ont ouvert le feu.
Cette mort n’est pas un cas isolé. Elle s’inscrit dans une série de tirs qui visent délibérément des civils. La méthode des « limping monuments » décrite par Bluth montre que ces tirs ne sont pas des accidents. Ils sont le résultat d’une politique délibérée qui vise à terroriser la population.
Chaque nuit, des soldats de 19 ans frappent à la porte
Dans les villages palestiniens, la nuit n’apporte aucun répit. Les incursions nocturnes sont systématiques. Des soldats israéliens, souvent très jeunes, pénètrent dans les maisons, réveillent les familles, fouillent chaque pièce. Les arrestations de mineurs sont fréquentes. Selon Haaretz, les règles d’engagement sont clairement discriminatoires : un soldat peut tirer sur un Palestinien qui lance une pierre, mais pas sur un colon juif qui fait de même.
Cette discrimination est assumée par Bluth lui-même. Dans son forum interne, il a reconnu que « oui, cela implique une discrimination ». Les colons juifs bénéficient d’une protection quasi absolue, tandis que les Palestiniens sont traités comme des cibles potentielles. Cette différence de traitement est au cœur du système d’occupation.
De 18 à 20 ans : ces soldats israéliens chargés d’exécuter des ordres qu’ils n’ont pas choisis
La violence en Cisjordanie n’est pas seulement subie par les Palestiniens. Elle est aussi exercée par de très jeunes soldats israéliens, âgés de 18 à 20 ans, qui effectuent leur service militaire obligatoire. Ces adolescents, souvent fraîchement sortis du lycée, se retrouvent à patrouiller dans des territoires occupés, à arrêter des familles, à tirer sur des manifestants. Ils exécutent des ordres qu’ils n’ont pas choisis.
Dans un éditorial cinglant publié le 4 mai 2026, Haaretz a écrit : « Bluth a révélé ce que tout le monde savait déjà : Tsahal travaille main dans la main avec les colons qui perpétuent les pogroms quotidiens. » Le journal a averti que de tels agissements risquent d’embraser la région.
« Si quelqu’un vient pour te tuer, tue-le d’abord » : la doctrine Bluth enseignée aux recrues
La phrase prononcée par Bluth n’est pas une simple boutade. Elle résume une doctrine qui est enseignée aux recrues dès leur formation. « Si quelqu’un vient pour te tuer, tue-le d’abord » est devenu un principe directeur pour les soldats en Cisjordanie. Cette doctrine, combinée à la discrimination assumée entre Palestiniens et colons, crée un environnement où la violence est la norme.
Bluth a également mis en garde contre le « terrorisme juif » des colons extrémistes, qu’il appelle les « hilltop youth ». Il a déclaré : « Ces gens ne voient pas les Arabes comme des humains. » Ce paradoxe est frappant : un général qui pratique une violence discriminatoire contre les Palestiniens craint en même temps une violence incontrôlée de la part des colons. Cette tension montre une armée tiraillée entre son rôle d’occupant et la nécessité de maintenir un semblant d’ordre.
Le silence des soldats : pourquoi aucun appel à la désobéissance n’émerge en Israël ?
Malgré la violence quotidienne, aucun appel significatif à la désobéissance n’a émergé au sein de Tsahal. Plusieurs raisons expliquent ce silence. Le service militaire est obligatoire en Israël, et refuser de servir expose à des peines de prison. La pression sociale est immense : dans une société où l’armée est considérée comme le garant de la survie nationale, la désobéissance est perçue comme une trahison.
De plus, le système israélien a développé des mécanismes pour légitimer la violence. Les soldats sont formés à considérer les Palestiniens comme une menace potentielle. Les règles d’engagement, bien que discriminatoires, sont présentées comme des procédures standard. Haaretz dénonce un système qui « travaille main dans la main avec les colons ». La démission de Herzi Halevi et l’arrivée d’Eyal Zamir n’ont pas changé cette dynamique.
« Troisième intifada » : le spectre que Bluth lui-même agite par ses propos
Les conséquences politiques de la déclaration de Bluth pourraient être explosives. Le Times of Israel rapporte que Bluth a averti que le terrorisme juif des colons pourrait déclencher une troisième intifada. Paradoxalement, c’est le même général qui, par ses propres propos, pourrait précipiter cette escalade.
La réaction internationale est pour l’instant absente. Tsahal n’a pas commenté les révélations de Haaretz. L’éditorial de Haaretz prédit une escalade inévitable si ces pratiques ne sont pas remises en question. Le spectre d’une troisième intifada plane sur la Cisjordanie.
Avertissement interne : quand Bluth craint ses propres colons plus que les Palestiniens
L’un des aspects les plus surprenants des révélations de Haaretz est l’avertissement de Bluth contre le « terrorisme juif ». Le général a mis en garde contre les « hilltop youth », ces jeunes colons extrémistes qui attaquent régulièrement les Palestiniens. Selon Bluth, « ces gens ne voient pas les Arabes comme des humains ». Il craint que leurs actions ne déclenchent une réaction en chaîne qui échapperait au contrôle de l’armée.
Ce paradoxe révèle une tension profonde au sein de la société israélienne. D’un côté, l’armée pratique une violence discriminatoire contre les Palestiniens. De l’autre, elle craint que cette violence ne soit dépassée par celle, encore plus incontrôlée, des colons. Bluth se trouve au cœur de cette contradiction.
Aucune condamnation officielle de Tsahal : le silence qui en dit long
Le silence de Tsahal est assourdissant. Ni Bluth ni l’armée n’ont démenti les propos rapportés par Haaretz. Aucune enquête interne n’a été annoncée. Ce silence contraste avec les condamnations parfois émises contre les violences des colons. En mars 2026, le chef d’état-major Eyal Zamir avait qualifié les attaques des colons contre les civils palestiniens de « moralement et éthiquement inacceptables ». Mais ces condamnations restent sans suite.
Comme le montre notre article sur l’impunité en Cisjordanie, aucune condamnation n’a été prononcée pour les violences ayant causé la mort de 1 100 civils palestiniens depuis 2020. L’aveu de Bluth s’inscrit dans ce contexte d’impunité totale.
Diaspora sous tension : comment les jeunes Français d’origine palestinienne et israélienne vivent cette escalade
La déclaration de Bluth a des répercussions bien au-delà de la Cisjordanie. Dans la diaspora, notamment en France, les jeunes d’origine palestinienne et israélienne vivent cette escalade avec une intensité particulière. Pour les binationaux, la Cisjordanie n’est pas un concept abstrait : c’est le pays de leurs parents, de leurs grands-parents, un lieu qu’ils visitent parfois pendant les vacances.
Les réseaux sociaux sont devenus le théâtre d’une guerre d’information. Les images des incursions nocturnes, des arrestations, des tirs circulent en temps réel. Les jeunes Français palestiniens voient leurs proches subir cette violence sans pouvoir intervenir. Le sentiment d’impuissance est immense.
Génération checkpoints : le poids de la Cisjordanie sur les jeunes Français palestiniens
Pour les jeunes Français d’origine palestinienne, chaque checkpoint, chaque incursion, chaque mort est vécu comme une blessure personnelle. Ils suivent l’actualité minute par minute, partagent des messages de soutien, organisent des collectes de fonds. Mais la distance géographique rend la solidarité difficile. Beaucoup expriment un sentiment de colère mêlé d’impuissance.
Cette génération, que certains appellent la « génération checkpoints », grandit avec le poids de l’occupation. Les récits familiaux — l’exode de 1948, l’exil de 1967, les humiliations aux checkpoints — sont transmis de génération en génération. La déclaration de Bluth, en brisant un tabou, a ravivé ces traumatismes.
Mobilisations locales : de Paris à Marseille, la parole des jeunes prend le relais
Malgré le silence des gouvernements arabes, comme le souligne BBC Afrique, la société civile se mobilise. De Paris à Marseille, des manifestations ont eu lieu après la publication des propos de Bluth. Des collectifs de jeunes, souvent issus de la diaspora, organisent des actions de solidarité : distributions de nourriture, collectes de fonds, campagnes de sensibilisation.
Les États arabes se sont largement retirés du conflit, un contraste frappant avec ces efforts de base. Imad K. Harb, directeur de recherche au Centre arabe de Washington DC, note que « les gouvernements arabes ont abandonné les Palestiniens il y a longtemps ». Les jeunes activistes de la diaspora tentent de combler ce vide, mais leur impact reste limité face à l’ampleur de la violence.
« Tuer comme en 1967 » : l’impasse d’une guerre sans fin pour une génération perdue
La déclaration de Bluth révèle une vérité que beaucoup connaissaient mais que personne n’osait formuler aussi crûment. Les méthodes de 1967 — tirs, arrestations massives, déplacements forcés — sont toujours en vigueur. Mais cette révélation ne change rien sur le terrain. Les jeunes Palestiniens continuent de vivre sous la menace constante des balles et des incursions. Les soldats israéliens continuent d’exécuter des ordres qu’ils n’ont pas choisis.
Le spectre d’une troisième intifada plane. Mais même si elle éclatait, rien ne dit qu’elle changerait la donne. La violence est devenue une routine, une normalité. Pour les jeunes qui grandissent dans l’ombre de 1967, l’avenir semble bouché.
Aucune suite judiciaire, aucun désaveu : le constat d’une impunité totale
L’aveu de Bluth n’a entraîné aucune enquête, ni de sa part ni de Tsahal. Aucun désaveu officiel n’a été prononcé. Ce silence confirme ce que notre article sur l’impunité en Cisjordanie démontre : les violences contre les Palestiniens restent impunies. Depuis 2020, 1 100 civils ont été tués, et zéro condamnation a été prononcée.
Cette impunité est le carburant de la violence. Les soldats savent qu’ils ne seront pas punis. Les colons savent qu’ils peuvent agir en toute liberté. Bluth lui-même peut admettre publiquement qu’il discrimine et qu’il tue comme en 1967 sans craindre la moindre conséquence.
Gaza éclipse la Cisjordanie : la guerre silencieuse reste dans l’ombre
Depuis octobre 2023, les projecteurs sont braqués sur Gaza. Les bombardements, les destructions massives, le bilan humain catastrophique — plus de 42 500 morts — ont monopolisé l’attention médiatique. Pendant ce temps, la Cisjordanie subit une violence silencieuse, moins spectaculaire mais tout aussi meurtrière.
Les chiffres de l’ONU montrent pourtant une intensité inédite. 240 morts en 2025, dont 55 enfants. 1 081 tués depuis octobre 2023. L’opération « Mur de fer » a vidé des camps entiers. Mais tout cela reste dans l’ombre de Gaza. La déclaration de Bluth a brisé ce silence, mais pour combien de temps ?
Conclusion : l’aveu d’un général ne suffit pas à briser le cycle de la violence
La déclaration d’Avi Bluth a eu le mérite de mettre des mots sur une réalité que beaucoup refusaient de voir. En admettant que Tsahal discrimine entre Palestiniens et colons, en comparant les méthodes actuelles à celles de 1967, le général a brisé un tabou. Mais cet aveu, aussi fracassant soit-il, n’a rien changé sur le terrain.
Les 240 morts de 2025, dont 55 enfants, les incursions nocturnes systématiques, les « monuments boiteux » qui boiteront à vie, l’impunité totale — tout cela continue. La guerre silencieuse de Cisjordanie reste dans l’ombre de Gaza, mais elle n’en est pas moins meurtrière.
Pour les jeunes Palestiniens qui grandissent sous l’occupation, pour les soldats israéliens de 19 ans qui exécutent des ordres qu’ils n’ont pas choisis, la question reste entière : jusqu’à quand ? L’aveu d’un général a ouvert une brèche dans le mur du silence. Reste à savoir si cette brèche permettra un jour de construire autre chose que des « monuments boiteux ».