Les droits différenciés pour les étudiants étrangers ne datent pas de cette rentrée. Le plan « Bienvenue en France » a été lancé en novembre 2018. Les droits différenciés sont appliqués depuis avril 2019. Jusqu'ici, les exonérations accordées par les universités en atténuaient largement l'effet. Un décret du 19 mai 2026 ne modifie pas leur montant, mais plafonne désormais les exonérations accordées par les établissements.

Dans les établissements publics relevant du ministère de l'Enseignement supérieur, les étudiants concernés paient 2 902 euros par an en licence et 3 950 euros en master. À titre de comparaison, les droits d'inscription nationaux s'élèvent à 178 euros et à 255 euros. Les ressortissants de l'Union européenne, de l'Espace économique européen et de la Suisse ne sont notamment pas soumis à ces tarifs différenciés.
Des exonérations désormais plafonnées
Depuis 2019, les universités pouvaient définir leurs propres critères d'exonération, en plus des cas prévus au niveau national. Selon Le Monde, environ 90 % des étudiants concernés étaient ainsi partiellement ou totalement exonérés. Le journal rapporte que, selon France Universités, une majorité d'universités refusait la majoration au nom de l'ouverture internationale et de l'humanisme.
Le décret plafonne la part des étudiants étrangers que chaque établissement peut exonérer : 30 % pour l'année universitaire 2026-2027, 25 % en 2027-2028, puis 20 % à terme. Certains étudiants sont exclus du calcul, notamment ceux couverts par des accords avec des établissements étrangers qui prévoient l'exonération des droits pour les étudiants français accueillis sur place. Les exonérations peuvent rester totales ou partielles.
Ces plafonds ne signifient donc pas que, dès cette rentrée, exactement 70 % des étudiants concernés paieront le plein tarif. Le résultat dépend notamment des exonérations accordées par chaque établissement, de leur montant et des situations exclues du plafond.
Les étudiants déjà exonérés sont protégés sous conditions
Les étudiants qui bénéficiaient d'une exonération en 2025-2026 la conservent jusqu'à la fin de leur cycle en cours - licence ou master - s'ils poursuivent une formation correspondante dans le même établissement. Ceux qui avaient obtenu une exonération pour 2026-2027 avant le 21 mai 2026, date d'entrée en vigueur du décret, la conservent également.
Le Monde a rapporté le cas d'une étudiante algérienne en première année, désignée sous le prénom de Lina, modifié à sa demande. L'université lui demandait près de 3 000 euros. Elle comptait utiliser ses économies pour s'installer et payer son loyer.

Une part du coût financée par l'État, sans garantie d'accessibilité
Le ministère de l'Enseignement supérieur affirme que les droits différenciés représentent "moins du tiers du coût réel de la formation". Cette présentation rappelle que les frais demandés aux étudiants ne couvrent pas le coût total de leurs études. Mais elle ne répond pas, à elle seule, à la question de leur capacité à payer : plusieurs milliers d'euros peuvent bouleverser le budget d'un étudiant qui doit aussi financer son logement et son installation.
La tension est d'autant plus visible que la France cherche à attirer des étudiants internationaux. Le plan "Bienvenue en France", lancé en 2018, affichait notamment l'objectif d'en accueillir 500 000 d'ici à 2027, rappelle Le Monde. Le plafonnement rend les tarifs différenciés plus effectifs, mais les éléments disponibles ne permettent pas encore d'en mesurer les effets sur les inscriptions ni sur les recettes.