Un premier jour en tête
Moulin, le biopic de László Nemes consacré à Jean Moulin, est sorti en salles en France le mercredi 28 octobre 2026, avec un score honorable. Le film a enregistré 46 777 entrées lors de sa première journée, soit une moyenne de 33 entrées par séance (e/s) sur 470 écrans. Les avant-premières ont attiré 39 358 spectateurs, portant le cumul à 86 135 entrées ; Boxoffice Pro arrondit le premier jour à 46 700 entrées, mais c'est bien le chiffre non arrondi, additionné aux avant-premières, qui donne ce total.

Sur cette première journée, Moulin se place en tête des démarrages de la semaine, devant Le Fantôme de l'Opéra (22 200 entrées pour 12 e/s). Le classement des nouveautés reste inégal : Papa où t'es ? signe une moyenne de 52 e/s, la dixième meilleure de l'année, très au-dessus des 33 e/s de Moulin. En valeur absolue, Moulin devance aussi l'ouverture d'En Corps de Cédric Klapisch (35 000 entrées pour 24 e/s), mais le nombre d'écrans du film de Klapisch n'est pas précisé, ce qui empêche de comparer l'ampleur des deux sorties.
D'autres films, d'autres trajectoires
D'autres films récents offrent des points de comparaison, à commencer par ceux qui traitent de la Seconde Guerre mondiale. La Bataille de Gaulle : L'Âge de fer, sorti hors période scolaire en 2020, avait démarré avec 50 000 entrées pour 22 e/s. Plus modestement, Les Rayons et les Ombres (2021) avait ouvert à 21 000 entrées pour 20 e/s.
Un précédent plus rassurant pour Moulin : Notre Salut (2022), qui avait commencé à 26 000 entrées pour 33 e/s, exactement la même moyenne par séance. Le film a depuis cumulé plus de 700 000 entrées, signe qu'un bon départ peut se transformer en succès durable.
Eiffel (2021) illustre l'autre extrémité : 47 500 entrées le premier jour pour 23 e/s, et 1,5 million d'entrées au final. Le parallèle mérite d'être manié avec prudence : le premier jour d'Eiffel était légèrement supérieur à celui de Moulin (47 500 contre 46 777), mais avec une moyenne par séance bien plus faible (23 contre 33). Moulin a donc rempli ses salles plus intensément ; le nombre d'écrans d'Eiffel n'étant pas connu, on ne peut comparer l'ampleur des deux circuits. Rien ne garantit que Moulin suive la même pente : le contexte de sortie et l'accueil critique diffèrent.
Ce que les chiffres révèlent - et ne révèlent pas
La première place de Moulin dès son premier jour traduit un engouement initial, que les avant-premières confirment : celles-ci représentent près de la moitié du cumul (39 358 sur 86 135). Cela suggère une mobilisation forte en amont de la sortie officielle. La nature de cette mobilisation reste difficile à établir à partir des seuls chiffres : les avant-premières attirent souvent des spectateurs déjà convaincus, sans qu'on puisse en déduire un profil précis.
La moyenne par séance (33 e/s) est un bon indicateur de la demande réelle, mais elle ne garantit pas une longue carrière. Les critiques, le bouche-à-oreille et surtout la concurrence des autres sorties joueront un rôle déterminant.
Le Figaro relève une réception mitigée de la part de la presse, avec des réserves sur la dimension "muséale" du film. AlloCiné, qui a recensé 36 critiques, lui attribue 3,3 étoiles sur 5 : une note correcte, mais loin d'un coup de coeur unanime. D'autres titres sont plus favorables : Télérama salue la finesse du jeu de Gilles Lellouche, et Les Cahiers du Cinéma évoquent "une première heure au romanesque aussi sobre que le jeu de Gilles Lellouche". Marianne, pour sa part, juge le film "raté". Ce paysage critique partagé pèsera sans doute sur le bouche-à-oreille.
Jean Moulin et Klaus Barbie à l'écran
Moulin s'attaque à une figure emblématique de la Résistance française, Jean Moulin, et son incarnation par Gilles Lellouche place l'acteur au centre d'un rôle d'envergure. L'Obs souligne que Lellouche et Lars Eidinger "résistent avec talent à la muséification".

Le récit se construit autour du face-à-face entre Jean Moulin et Klaus Barbie, chef de la Gestapo de Lyon, ce dernier incarné par l'acteur allemand Lars Eidinger. László Nemes y déploie son style visuel intense.
Un avenir encore ouvert
Moulin démarre en tête ; sa carrière, elle, reste à écrire. Les semaines qui viennent diront si cet engouement se prolonge.