Ce mercredi 17 juin 2026 à 21h10, Canal+ diffuse « Moi qui t'aimais », le biopic de Diane Kurys consacré aux douze dernières années du couple mythique Simone Signoret et Yves Montand. Sorti en salles le 1er octobre 2025, ce long-métrage de 1h58 arrive sur le petit écran dans le cadre d'une coproduction réunissant France 2 Cinéma, New Light Films et Alexandre Films. Marina Foïs et Roschdy Zem incarnent les deux monstres sacrés dans un casting qui a divisé public et critique.

Diffusion TV : le parcours du biopic événement
Diane Kurys a développé le scénario pendant cinq ans avec sa coscénariste Martine Moriconi, déjà à ses côtés sur « Sagan » en 2008. Le projet a été révélé fin septembre 2024 lors de la FNEF à Deauville, avant un tournage de six semaines à la fin de la même année. Présenté en avant-première au cinéma Le Lido à Saint-Raphaël, le film est sorti dans les salles nationales le 1er octobre 2025.
Une coproduction France 2 Cinéma qui explique la double diffusion
New Light Films (Claude Fenioux) produit le film, en coproduction avec Alexandre Films et France 2 Cinéma. Ce montage explique son parcours médiatique singulier : une sortie cinéma classique, puis une arrivée en exclusivité sur Canal+ avant une diffusion hertzienne sur France 2. La page officielle de France Télévisions confirme le lien avec la chaîne publique et son rôle de producteur délégué. Le film est listé sous la rubrique « France 2 / Nos productions », ce qui garantit une diffusion ultérieure sur la chaîne du service public.
Le calendrier de diffusion : Canal+ le 17 juin 2026, et après ?
Le film débarque sur Canal+ ce soir à 21h10. Les rediffusions sont nombreuses : le 18 juin sur Canal+ Cinéma à 21h00, le 19 juin sur BE Ciné à 22h30 et Canal+ Cinéma à 13h35, le 21 juin sur Canal+ Cinéma à 09h55, le 22 juin sur Canal+ à 15h40, et le 25 juin sur Canal+ à 10h15. La date de diffusion sur France 2 n'a pas encore été annoncée officiellement, mais son statut de coproduction la rend inévitable à moyen terme. Pour les impatients, le visionnage sur Canal+ reste la meilleure option.
Pourquoi ce film a créé l'attente avant même sa sortie TV
Simone Signoret et Yves Montand forment l'un des couples les plus mythiques du cinéma français. Leur histoire mêle amour passionnel, infidélités retentissantes et carrières exceptionnelles. Diane Kurys, réalisatrice reconnue pour ses portraits de femmes fortes, relevait un défi de taille : incarner à l'écran deux personnalités que le public connaît par cœur. Les premiers buzz ont émergé autour de la polémique du casting et des attentes des cinéphiles. Le film a été sélectionné dans la section « Cannes Classics » du Festival de Cannes 2025, une reconnaissance qui a renforcé sa légitimité avant même sa sortie en salles.
Casting de « Moi qui t'aimais » : Marina Foïs et Roschdy Zem divisent
Le choix des acteurs principaux a suscité des débats passionnés. Qui peut bien incarner Simone Signoret et Yves Montand sans tomber dans la caricature ? Diane Kurys a fait des choix forts, et les réactions n'ont pas tardé.

Roschdy Zem en Yves Montand : une interprétation controversée
Roschdy Zem endosse le costume d'Yves Montand avec une approche sobre et intériorisée. La critique de Télérama le juge « peu inspiré » dans un biopic « inégal ». Les raisons de la controverse sont multiples : différence de gabarit, de gouaille, de présence scénique. Montand était un showman né, un chanteur au charisme débordant. Zem, lui, propose une composition plus discrète, plus travaillée sur l'intonation de voix. Il explique avoir regardé de longs reportages et interviews de l'acteur pour s'imprégner de « cette musique » grâce à sa qualité d'oreille. Loin de ses rôles habituels, il incarne Montand avec fierté, mais certains regrettent un manque de panache.
Marina Foïs, l'âme de Simone Signoret

La performance de Marina Foïs est unanimement saluée. Elle est considérée comme la révélation du film. Dans une déclaration à France Info, elle explique : « Il ne s'agit pas de copier, mais d'habiter une femme comme elle, avec ses colères, son humour, sa solitude ». Diane Kurys confie sur France Inter que Foïs avait « quelque chose dans le regard, dans la personnalité, dans la voix » qui correspondait à Simone Signoret. La réalisatrice précise : « C'est elle qui m'a suggéré de rencontrer Roschdy Zem et c'était tout de suite évident aussi. Il avait cette stature, cette élégance, ce côté félin, cette séduction et cet humour aussi. » La scène de « La Vie devant soi » où Foïs incarne Madame Rosa est particulièrement émouvante.
Les seconds rôles qui donnent de l'épaisseur au mythe
Le film ne se résume pas à ses deux têtes d'affiche. Le casting complet reconstitue tout un écosystème du cinéma français des années 70-80. Thierry de Peretti incarne Serge Reggiani, Vincent Colombe joue François Périer, Raphaëlle Rousseau interprète Catherine Allégret (la fille de Signoret). Sébastien Pouderoux est Alain Corneau, Leonor Oberson campe Nadine Trintignant, Timothée De Fombelle joue Jean-Louis Trintignant. Nicolas Grandhomme incarne Claude Sautet. Ces seconds rôles donnent de l'épaisseur au mythe en peuplant l'univers du couple.
Diane Kurys : la cinéaste derrière la renaissance de Montand et Signoret
Diane Kurys n'est pas une réalisatrice novice. Son parcours impressionnant crédibilise le projet et explique pourquoi elle a été choisie pour porter cette histoire à l'écran.

De « Diabolo menthe » au Festival de Cannes : le parcours d'une cinéaste libre
Diane Kurys a réalisé son premier film culte, « Diabolo menthe », en 1977, récompensé par le prix Louis-Delluc. Elle a été sélectionnée en Compétition officielle au Festival de Cannes pour « Un homme amoureux » en 1987. Sa filmographie est marquée par des portraits de femmes fortes : « Coup de foudre » (1983), « Sagan » (2008), « Les Enfants du siècle » (1999). Sa biographie sur le site du Festival de Cannes rappelle qu'elle a toujours filmé l'intime et le féminin. La sélection de « Moi qui t'aimais » dans la section « Cannes Classics » du Festival de Cannes 2025 a confirmé sa légitimité.
« Un amour à l'épreuve du temps » : l'ambition de Kurys derrière la caméra
Diane Kurys explique sa vision sur France Inter : « J'ai voulu raconter un amour à l'épreuve du temps, un amour qui résiste, qui doute, mais qui reste là ». Elle a collaboré avec la coscénariste Martine Moriconi et le romancier Sacha Sperling (source bande-a-part.fr). Le choix narratif fort est de se concentrer sur les douze dernières années du couple, évitant le biopic exhaustif et linéaire. L'objectif n'était pas de couvrir toute la vie de ces deux personnalités, mais de donner à voir leur intimité, leurs doutes, leurs tensions, les blessures liées aux infidélités, les enjeux personnels liés à leur carrière, leur célébrité, ou encore leur rapport à l'image.
Une équipe technique de prestige
La crédibilité du film repose aussi sur son équipe technique. La musique est signée Philippe Sarde, compositeur légendaire du cinéma français. La photographie est confiée à Philippe Rousselot, directeur de la photo oscarisé pour « Et au milieu coule une rivière ». Le montage est assuré par Manuel Goncalves de Sousa. Ces noms témoignent du soin apporté à la reconstitution et à l'ambiance visuelle du film.
Histoire vraie du couple Signoret-Montand : 12 ans d'amour et de rivalité
Le film couvre la période 1973-1985. Simone, affaiblie par la maladie, ne tourne presque plus. Yves, lui, est toujours sur les planches et à l'écran. Leur vie quotidienne se déroule dans leur appartement de la Place Dauphine et leur retraite à Saint-Paul-de-Vence.
L'ombre de Marilyn Monroe : la blessure qui a marqué leur mariage
La liaison d'Yves Montand avec Marilyn Monroe sur le tournage du « Milliardaire » a laissé des traces indélébiles. Le synopsis de Pan-Européenne résume : « Hantée par la liaison de son mari avec Marilyn Monroe et meurtrie par toutes celles qui ont suivi, Signoret a toujours refusé le rôle de victime ». C'est le noyau dramatique du film : un amour immense miné par l'insécurité et la célébrité. Simone Signoret est folle amoureuse d'Yves Montand, comme lui l'est d'elle, mais les infidélités répétées creusent un fossé de souffrance.
Les dernières années (1973-1985) : le déclin des stars et un amour indéfectible

Le film explore leur intimité, leurs doutes, leurs tensions. Simone, affaiblie par la maladie et l'alcool, voit sa carrière décliner tandis que Montand continue de briller. Leur relation est marquée par une dépendance affective mutuelle. Le titre du film provient de la chanson « Les Feuilles mortes » d'Yves Montand, écrite par Jacques Prévert. Ce choix musical ancre le film dans l'univers du chanteur-acteur tout en évoquant la mélancolie des amours passées.
Un angle narratif resserré
Diane Kurys a fait le choix délibéré de ne pas couvrir toute la vie du couple. Cette approche évite le travers du biopic exhaustif qui tente de tout raconter et finit par tout survoler. En se concentrant sur les douze dernières années, la réalisatrice peut approfondir les dynamiques intimes, les non-dits, les compromis et les renoncements qui ont façonné cette relation hors norme.
Secrets de tournage et polémique familiale
Le tournage de six semaines a eu lieu fin 2024. Les lieux iconiques reconstitués incluent le Quai des Orfèvres et la Place Dauphine (leur domicile parisien), ainsi que La Colombe d'Or à Saint-Paul-de-Vence (lieu de villégiature).
Paris, Saint-Paul-de-Vence : dans les pas du couple mythique

Les décors naturels et reconstitués plongent le spectateur dans l'atmosphère des années 70-80. La Place Dauphine, où Montand et Signoret vivaient, est recréée avec minutie. La Colombe d'Or à Saint-Paul-de-Vence, lieu de villégiature du couple, est un autre décor emblématique. Ces lieux donnent au film une authenticité visuelle qui renforce l'immersion.
La polémique Benjamin Castaldi : le petit-fils de Simone Signoret « consterné »
Benjamin Castaldi, petit-fils de Simone Signoret, a publiquement critiqué le film et le casting. Il s'est dit « consterné » par le choix des acteurs et par la manière dont le film traite la mémoire de sa grand-mère. Diane Kurys et les acteurs ont répondu avec mesure, rappelant que le film est une œuvre de fiction inspirée de faits réels, pas un documentaire. Cette polémique a alimenté le buzz médiatique autour du film, attisant la curiosité du public.
Un projet avorté avant Kurys
Le projet de biopic sur Montand et Signoret n'est pas nouveau. Début mars 2009, Christophe Ruggia était annoncé comme réalisateur d'un film biographique sur Yves Montand, avec un scénario signé Patrick Rotman et Jean-Louis Livi, producteur et neveu de l'acteur. Thierry Neuvic et Céline Sallette devaient incarner Montand et Signoret. Le tournage était prévu pour 2013, sous le titre « Montand », pour un budget de 13 millions d'euros. Les poursuites judiciaires contre Ruggia ont enterré ce projet, ouvrant la voie à Diane Kurys.
Critiques du biopic : que valent vraiment Marina Foïs et Roschdy Zem ?
La réception critique est mitigée. Télérama parle d'« un biopic inégal sur le couple Montand et Signoret — Marina Foïs brillante face à Roschdy Zem peu inspiré ». France Info le qualifie de « biopic pataud » tout en reconnaissant les bonnes intentions de la réalisatrice.
La critique presse : des avis contrastés
Le panorama des avis est équilibré. Certains médias saluent l'émotion et la sincérité du film, d'autres regrettent un manque de rythme et une réalisation trop sage. La performance de Marina Foïs est le point le plus souvent cité comme réussi. Roschdy Zem divise davantage. L'ensemble reste honnête sur les défauts du film tout en relativisant les attaques.
Le verdict du public : un succès en salles
Le public a réservé un accueil plutôt favorable au film. Les salles ont été remplies lors de l'avant-première au cinéma Le Lido, et les retours sur AlloCiné sont globalement positifs. La note moyenne des spectateurs oscille autour de 3,5/5, ce qui témoigne d'une réception correcte sans être triomphale. Le film bénéficie d'une exposition maximale sur Canal+, ce qui devrait lui permettre de toucher un large public.
Une critique de fond sur le choix narratif
Au-delà des performances d'acteurs, certains critiques interrogent le parti pris de se concentrer exclusivement sur les douze dernières années. Cette approche, si elle permet une plongée intime, prive le spectateur de la construction du mythe et des débuts fulgurants du couple. D'autres estiment au contraire que ce resserrement temporel est la force du film, évitant la dispersion propre aux biopics traditionnels.
Pourquoi voir « Moi qui t'aimais » sur Canal+ ?
Même si le couple Montand-Signoret appartient à une autre époque, les thèmes qu'incarne leur histoire sont universels : l'amour, la jalousie, la célébrité, le vieillissement. Marina Foïs offre une performance magnétique, une plongée dans la psyché d'une femme qui refuse d'être victime. Diane Kurys signe un film nostalgique mais lucide sur le Paris des années 70-80, porté par une réalisation sobre et une attention aux détails historiques.
Un film pour toutes les générations
Le public jeune, qui ne connaît peut-être Simone Signoret et Yves Montand que de nom, découvrira l'histoire d'un couple hors norme, entre passion dévorante et blessures intimes. Diane Kurys l'a affirmé : elle a fait ce film pour que les jeunes générations puissent connaître l'histoire de ces deux monstres sacrés. La sélection à Cannes Classics, section dédiée aux films qui méritent d'être redécouverts, confirme cette ambition patrimoniale.
Une soirée cinéphile sur Canal+
Pour une soirée émotion et culture cinéphile, « Moi qui t'aimais » est le rendez-vous à programmer sur Canal+ ce soir à 21h10, ou à attendre sur France 2. La qualité de la coproduction, la direction artistique soignée et l'interprétation de Marina Foïs justifient amplement le détour.
Conclusion : un biopic imparfait mais nécessaire
« Moi qui t'aimais » ne prétend pas être le film définitif sur Simone Signoret et Yves Montand. Il en propose une lecture intime, resserrée sur les douze dernières années, portée par une Marina Foïs exceptionnelle et un Roschdy Zem qui divise mais ose. Diane Kurys signe un hommage sincère à un couple mythique, sans chercher à en gommer les aspérités. La polémique du casting et les critiques mitigées n'enlèvent rien à l'émotion qui se dégage de certaines scènes, notamment celles où Foïs incarne Madame Rosa. Le film trouve sa place dans la tradition des biopics français qui, sans être parfaits, perpétuent la mémoire de figures qui ont marqué le cinéma hexagonal. Diffusion ce soir sur Canal+, puis bientôt sur France 2 : une occasion de (re)découvrir l'histoire d'un amour à l'épreuve du temps.