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Pauvreté record : 9,8 millions de Français, le rude réveil des 18-25 ans

Avec 15,4 % de pauvreté, un record historique en France, les 18-25 ans sont en première ligne : travailleurs précaires, étudiants survivant avec moins de 100 € par mois, et un filet de sécurité percé par des réformes.

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Le 9 juillet 2026, l'Insee a publié son rapport annuel sur les revenus. Le constat est sans appel : le taux de pauvreté en France métropolitaine a atteint 15,4 % en 2024, soit le niveau le plus élevé jamais mesuré depuis le début de la série statistique en 1996. Derrière ce chiffre stable en apparence se cache une réalité explosive. Près de 9,8 millions de personnes vivent désormais sous le seuil de pauvreté, fixé à 1 337 euros par mois pour une personne seule. Et ce sont les jeunes, les travailleurs précaires et les familles monoparentales qui paient le plus lourd tribut.

Écrans affichant le logo de l'Insee, source des données sur le taux de pauvreté.
Écrans affichant le logo de l'Insee, source des données sur le taux de pauvreté. — (source)

Le seuil historique de l'Insee : 15,4 % de pauvres en 2024

L'Institut national de la statistique a dévoilé ses chiffres avec une formulation qui pourrait sembler rassurante : la stabilité. Le taux de pauvreté n'a pas augmenté entre 2023 et 2024. Il est resté à 15,4 %. Mais cette stabilité est en réalité un record absolu. Jamais depuis 1996, année où l'indicateur a été créé, le taux n'avait atteint un tel sommet. Entre 2022 et 2023, il avait déjà bondi de 0,9 point. Il n'est pas redescendu depuis.

Comparaison du taux de pauvreté en France et dans l'Union européenne, selon l'Insee.
Comparaison du taux de pauvreté en France et dans l'Union européenne, selon l'Insee. — (source)

Une mécanique d'immobilisme social

Ce qui frappe dans l'analyse de l'Insee, c'est la mécanique de l'immobilisme. Les niveaux de vie des plus modestes se sont redressés, grâce à une situation du marché du travail « assez bien orientée », aux revalorisations du Smic, des pensions de retraite et des prestations sociales, alors que l'inflation ralentissait. Mais les niveaux de vie du milieu de l'échelle ont également progressé, à la même vitesse. Résultat : le bas de l'échelle n'a pas rattrapé son retard. Il est resté là où il était, c'est-à-dire sous le seuil de pauvreté.

Les inégalités, elles, ont continué de se creuser. L'Insee note une progression des plus hauts revenus, ce qui a porté les inégalités à « un niveau historiquement élevé ». Le collectif Alerte, qui réunit 37 associations de lutte contre la précarité, a réagi dans un communiqué cinglant : « Une stabilité statistique n'est pas une victoire sociale. »

1 337 euros par mois : ce que ce seuil dit de la France

Hausse de la pauvreté en France : 1,4 million de pauvres supplémentaires en 20 ans, selon Libération.
Hausse de la pauvreté en France : 1,4 million de pauvres supplémentaires en 20 ans, selon Libération. — (source)

Le seuil de pauvreté est fixé à 60 % du niveau de vie médian. Concrètement, cela signifie qu'une personne seule est considérée comme pauvre si ses revenus mensuels sont inférieurs à 1 337 euros. Ce chiffre n'est pas arbitraire. Il correspond à la moitié supérieure de ce que gagnent les Français. Le niveau de vie médian s'établit à 2 228 euros par mois pour une personne seule.

Mais ce seuil a ses limites. Il s'agit de pauvreté monétaire, c'est-à-dire mesurée uniquement en termes de revenus. Il ne tient pas compte des différences de coût de la vie selon les territoires, ni des situations de surendettement ou de privation matérielle. Des millions de personnes vivent juste au-dessus de ce seuil, dans une vulnérabilité extrême. Un loyer qui augmente, une facture imprévue, et elles basculent.

L'Insee elle-même le reconnaît : les prestations sociales réduisent le taux de pauvreté de 6,9 points. Sans elles, le taux atteindrait 22,3 %. Ce filet de sécurité fonctionne donc, mais il n'a pas suffi à empêcher le record historique. La stagnation des bas revenus face à une inflation persistante a verrouillé ce plafond.

Chômeurs et familles monoparentales : les oubliés du plein-emploi

Les chiffres de l'Insee confirment une réalité implacable. Les chômeurs sont les plus touchés, avec un taux de pauvreté de 36,1 %. Viennent ensuite les familles monoparentales, à 34 %. Ces deux catégories concentrent l'essentiel de la précarité.

Infographie du rapport sur la pauvreté en France, avec données de l'Observatoire des inégalités.
Infographie du rapport sur la pauvreté en France, avec données de l'Observatoire des inégalités. — (source)

Ce qui frappe, c'est le contraste avec les retraités. Leur taux de pauvreté a diminué pour revenir à 10,4 %, soit le niveau des actifs. Ce basculement est historique. La pauvreté n'est plus un risque de fin de vie, mais un risque jeune et actif. Les retraités bénéficient de pensions revalorisées et d'un patrimoine souvent plus solide. Les actifs, eux, subissent la précarisation du marché du travail.

Les immigrés sont également surreprésentés, avec un taux de pauvreté de 32,8 %. La combinaison de difficultés d'accès à l'emploi stable, de discriminations et de moindres droits sociaux aggrave leur situation. Ce constat pose une question centrale : pourquoi le plein-emploi affiché par le gouvernement ne protège-t-il pas les plus vulnérables ?

CDD, intérim, temps partiel : l'engrenage des 2,3 millions de travailleurs pauvres

Le paradoxe est frappant. L'Insee décrit une situation du marché du travail « assez bien orientée ». Le taux de chômage a reculé de 10,3 % en 2015 à 7,3 % en 2022. Pourtant, la pauvreté des actifs explose. Le rapport du Secours Catholique, « La fabrique des travailleurs pauvres », publié en 2026, apporte un éclairage crucial sur cette contradiction.

Le plein-emploi n'est plus un bouclier. Il peut même devenir un piège. L'emploi ne protège plus de la pauvreté quand il est précaire, mal rémunéré, ou à temps partiel subi. Le nombre de travailleurs pauvres atteint désormais 2,3 millions de personnes en France. Entre 2022 et 2023, 650 000 personnes ont basculé sous le seuil de pauvreté alors qu'elles exerçaient une activité professionnelle.

Évolution du niveau de vie des 10 % les plus pauvres en France, avant et après redistribution.
Évolution du niveau de vie des 10 % les plus pauvres en France, avant et après redistribution. — (source)

Quand avoir un emploi ne suffit plus

La mécanique de la précarisation est bien connue, mais elle s'accélère. L'intérim, le temps partiel subi, les CDD courts, l'auto-entrepreneuriat : autant de formes d'emploi qui ne permettent plus de vivre dignement. Le rapport du Secours Catholique montre que la baisse du chômage a coïncidé avec une hausse de la pauvreté active. Ce constat casse le récit selon lequel le plein-emploi protège.

Les causes sont multiples. L'inflation a rogné le pouvoir d'achat des bas salaires. La précarisation du travail a fragmenté les carrières et réduit l'accès aux droits sociaux. Les bas salaires persistent, même pour ceux qui travaillent à temps plein. Le Smic a été revalorisé, mais pas assez vite pour compenser la hausse des prix.

Le résultat est une France à deux vitesses. D'un côté, ceux qui bénéficient d'un emploi stable, de protections sociales et d'une progression salariale. De l'autre, ceux qui enchaînent les missions précaires, sans perspective d'évolution, et qui restent sous le seuil de pauvreté malgré leur travail.

Perception de la pauvreté : difficultés financières pour les dépenses courantes, selon une enquête.
Perception de la pauvreté : difficultés financières pour les dépenses courantes, selon une enquête. — (source)

La hausse du chômage frappe d'abord les moins de 25 ans

La situation des jeunes est particulièrement alarmante. Comme nous l'expliquions dans notre article sur le taux de chômage en France à 8,1 %, la hausse du chômage frappe d'abord les moins de 25 ans. Les jeunes en emploi précaire sont les premiers à perdre leur poste lorsque la conjoncture se dégrade.

L'absence d'ancienneté et de droits au chômage pleins les rend particulièrement vulnérables. Beaucoup n'ont pas accumulé suffisamment d'heures travaillées pour bénéficier d'une indemnisation correcte. Le système de « flexisécurité » à la française fonctionne surtout dans le sens de la flexibilité : les jeunes sont les premiers à être licenciés, et les derniers à être embauchés.

Cette précarité n'est pas sans conséquence sur leur santé mentale et leur capacité à se projeter dans l'avenir. L'incertitude permanente génère de l'anxiété, de la perte de confiance, et parfois du renoncement. Une génération entière risque de faire l'expérience de la pauvreté comme d'une fatalité, et non comme d'une étape transitoire.

Le gouffre de la précarité étudiante

Si les travailleurs pauvres sont nombreux, les étudiants le sont encore plus. L'étude Linkee 2025, qui porte sur les bénéficiaires de l'aide alimentaire étudiante, dresse un tableau effroyable. 97 % des étudiants aidés vivent sous le seuil de pauvreté. Ce chiffre est une mitrailleuse de données.

L'étude révèle que 78 % des étudiants aidés disposent de moins de 100 euros par mois après paiement des charges fixes. 51 % ont moins de 50 euros. Ces chiffres donnent le vertige. Comment vivre, étudier, se soigner, se déplacer avec si peu ?

Sondage Ipsos/Secours populaire : 40 % des Français déclarent avoir connu une situation de pauvreté.
Sondage Ipsos/Secours populaire : 40 % des Français déclarent avoir connu une situation de pauvreté. — (source)

100 euros par mois pour vivre : l'équation insoluble du budget étudiant

L'effet ciseau est implacable. Les loyers flambent, surtout dans les grandes villes universitaires. Les APL stagnent, malgré des réformes successives qui ont souvent réduit leur montant. L'inflation alimentaire a frappé de plein fouet les budgets les plus serrés. Résultat : après avoir payé le loyer, les factures d'électricité, d'eau, et d'abonnement téléphonique, il ne reste quasiment rien.

Mettre en regard le montant d'un abonnement de transports en commun, d'un plein d'essence, ou même d'un simple ticket de cantine avec ce reste à vivre donne la mesure de l'absurdité de la situation. Un étudiant qui doit choisir entre acheter un manuel scolaire et manger un repas chaud n'est pas une exception. C'est la norme pour des milliers de jeunes.

L'étude Linkee montre que 8 étudiants sur 10 vivent avec moins de 100 euros par mois. Ce n'est pas de la précarité, c'est de la survie. Et cette survie passe de plus en plus souvent par l'aide alimentaire. Les associations comme Linkee, Cop1, ou Agoraés distribuent des colis et des repas, mais elles ne peuvent pas résoudre seules un problème structurel.

Abandon des études et mal-logement : le quotidien d'un étudiant sur quatre

Les conséquences de cette précarité sont dramatiques. 1 étudiant sur 10 a dormi dans la rue ou dans sa voiture durant les 12 derniers mois. Ce chiffre est un scandale silencieux. Il ne fait pas la une des journaux, mais il concerne des milliers de jeunes qui poursuivent leurs études dans des conditions indignes.

1 étudiant sur 4 abandonne ou envisage d'arrêter ses études faute de moyens. Ce n'est pas un choix. C'est une contrainte économique. Quand le loyer n'est plus payé, quand les factures s'accumulent, quand la faim devient une obsession quotidienne, il est impossible de se concentrer sur ses cours.

La santé mentale des étudiants est également en jeu. L'isolement, l'anxiété, la dépression sont des conséquences directes de la précarité. Les services de santé universitaires sont débordés. Les listes d'attente pour une consultation psychologique s'allongent. Le mal-être étudiant n'est pas un phénomène nouveau, mais son ampleur est inédite.

Évolution du taux de pauvreté en France de 1996 à 2021, infographie du Parisien.
Évolution du taux de pauvreté en France de 1996 à 2021, infographie du Parisien. — (source)

APL, RSA jeune : pourquoi le filet de sécurité est percé pour les 18-25 ans

Face à cette situation, on pourrait s'attendre à ce que les dispositifs publics protègent les plus vulnérables. Mais le filet de sécurité est troué. La réforme des APL et les conditions d'accès au RSA jeune créent des angles morts immenses.

Le constat est simple : les 18-25 ans sont les grands oubliés de la protection sociale française. Les allocations sont souvent conditionnées à une activité préalable, à une situation familiale particulière, ou à des ressources trop faibles pour être éligibles. Résultat : une génération entière se retrouve sans filet.

La réforme des APL : une économie pour l'État, une perte pour les étudiants

La réforme des APL, mise en place progressivement depuis 2020, visait à simplifier le système et à réaliser des économies budgétaires. Le calcul en temps réel des ressources a entraîné une baisse des allocations pour certains ménages. Les étudiants, souvent locataires de petits logements, ont été particulièrement touchés.

Le trade-off est clair : l'État a cherché à réduire ses dépenses, mais le transfert de charges sur les familles ou la précarité a aggravé la situation des jeunes locataires. Le décalage entre l'indexation des loyers, qui augmente chaque année, et le montant des APL, qui stagne ou diminue, est devenu intenable.

Pour un étudiant qui paie 500 euros de loyer, une APL de 150 euros ne suffit plus. Il doit trouver 350 euros par mois, soit l'équivalent d'un temps partiel, pour se loger. Quand on ajoute les factures, l'alimentation, les transports, le compte n'y est pas.

RSA sous conditions : les exclus du système

Le RSA jeune est un autre exemple de ce filet percé. Pour en bénéficier, il faut justifier d'une activité professionnelle de deux ans à temps plein au cours des trois dernières années. Cette condition exclut d'emblée les étudiants, les jeunes sans expérience professionnelle, les décrocheurs scolaires, et ceux qui ont enchaîné des petits boulots précaires.

L'arbitrage politique est clair : l'incitation au travail prime sur la protection sociale. Le « contrat d'engagement » qui accompagne le RSA impose des contreparties, mais laisse des milliers de jeunes sans aucune ressource. Le résultat est une génération entière sans filet de sécurité, livrée à elle-même.

Les associations réclament depuis des années un RSA jeune sans condition, ou du moins un accès facilité. Mais le gouvernement a jusqu'à présent résisté, arguant du coût budgétaire et du risque de désincitation au travail. Pendant ce temps, des milliers de jeunes basculent dans la pauvreté.

Linkee, Cop1, CROUS : les solutions concrètes qui émergent face à l'urgence

Face à la carence publique, des solutions concrètes émergent. Des associations comme Linkee, Cop1, Agoraés, et les CROUS tentent de répondre à l'urgence alimentaire et sociale des étudiants. Leur rôle est devenu central, mais leur modèle interroge.

Ces structures fonctionnent grâce aux dons, au bénévolat, et à des subventions. Elles distribuent des colis alimentaires, des repas chauds, des produits d'hygiène. Leur action est précieuse, mais elle ne peut pas remplacer une politique publique ambitieuse. Le risque est de faire reposer la solidarité sur le bénévolat et la charité, plutôt que sur des droits sociaux garantis.

Repas à 1 € et épiceries sociales : le rôle croissant de la solidarité

Le CROUS propose des repas à 1 euro pour les étudiants boursiers. C'est une mesure utile, mais insuffisante. Les files d'attente s'allongent devant les restaurants universitaires. Les associations comme Linkee organisent des distributions dans les campus, les gares, les quartiers étudiants.

Cop1, créée par des étudiants, a développé un réseau d'épiceries sociales et solidaires. Le principe est simple : les étudiants paient un prix réduit pour des produits de qualité, grâce à des partenariats avec des producteurs et des grandes surfaces. Agoraés, autre association, propose des colis alimentaires et un accompagnement social.

Ces initiatives sont louables, mais leur soutenabilité est fragile. Elles dépendent des dons, des subventions, et de l'engagement bénévole. Si la crise s'aggrave, elles risquent de ne pas pouvoir répondre à la demande. Le modèle charitable a ses limites.

FSL, bourses, complément santé : les droits méconnus à réclamer d'urgence

Au-delà de l'aide alimentaire, il existe des droits méconnus que les jeunes devraient réclamer d'urgence. Le Fonds de Solidarité Logement (FSL) peut aider en cas d'impayés de loyer ou de factures d'énergie. Le fonds d'urgence du CROUS permet d'obtenir une aide financière ponctuelle en cas de difficulté.

Le complément santé solidaire (CSS) offre une prise en charge des frais médicaux pour les plus modestes. Les bourses sur critères sociaux, bien que souvent insuffisantes, restent une ressource essentielle. L'aide psychologique, via les services de santé universitaires ou des dispositifs comme « Santé Psy Étudiant », est également accessible.

Le problème, c'est que beaucoup de jeunes ne connaissent pas ces dispositifs. Les démarches administratives sont complexes, décourageantes. Les plateformes comme « Mes Aides » ou le site service-public.fr centralisent les informations, mais encore faut-il savoir les utiliser. L'information est un droit, mais elle ne suffit pas.

La pauvreté s'enracine : une génération sacrifiée ou un modèle à reconstruire ?

Le diagnostic est posé. La pauvreté atteint des niveaux records, et les jeunes en sont les premières victimes. Mais ce constat ne doit pas conduire au fatalisme. La question qui se pose est celle de la responsabilité collective. Ce record de pauvreté est-il le symptôme d'un modèle social qui expire, ou le résultat d'arbitrages politiques réversibles ?

Le collectif Alerte a raison : une stabilité statistique n'est pas une victoire sociale. Elle est même un échec. La France, pays des droits de l'homme et de la protection sociale, ne peut pas accepter qu'un jeune sur quatre abandonne ses études faute de moyens, qu'un travailleur sur dix soit pauvre malgré son emploi, qu'un étudiant sur dix dorme dans sa voiture.

L'impact de la pauvreté sur les 18-25 ans n'est pas un épiphénomène. C'est un révélateur de l'érosion du modèle social français. L'essor des travailleurs pauvres et la précarisation des diplômés obligent à repenser le contrat entre générations et l'efficacité des filets de sécurité. La question n'est pas de savoir si l'on peut agir, mais si l'on veut le faire.

Les solutions existent. Elles passent par une revalorisation des aides, une simplification des démarches, un accès élargi au RSA jeune, une régulation des loyers, un renforcement des services publics. Mais elles nécessitent une volonté politique et des moyens budgétaires. Le choix est entre la résignation face à un record historique et la reconstruction d'un modèle social digne de ce nom. Comme nous le rappelions dans notre article sur la crise des droits des travailleurs, la France est devenue un mauvais élève pour ses jeunes. Il est temps d'inverser la tendance.

Conclusion : un record qui oblige à agir

Les chiffres publiés par l'Insee ce 9 juillet 2026 ne sont pas une simple statistique de plus. Ils racontent une histoire : celle d'un pays où la pauvreté s'enracine, où le travail ne protège plus, où les jeunes sont les premiers à tomber dans le vide. Avec 9,8 millions de personnes sous le seuil de pauvreté, la France n'a jamais connu une telle situation depuis le début des mesures en 1996.

Les travailleurs pauvres sont 2,3 millions. Les étudiants qui survivent avec moins de 100 euros par mois après leurs charges fixes sont des milliers. Les familles monoparentales et les chômeurs restent les catégories les plus durement frappées. Et les 18-25 ans, privés de filet de sécurité suffisant, paient le prix fort d'un système qui les a oubliés.

La question n'est plus de savoir si la situation est grave. Elle l'est. La question est de savoir ce que la société française choisit d'en faire. Les associations, les bénévoles, les collectifs citoyens ont montré qu'il est possible d'agir dans l'urgence. Mais l'urgence ne doit pas devenir une excuse pour renoncer à des réformes structurelles. Le record de pauvreté de 2024 n'est pas une fatalité. Il est le résultat de choix politiques. D'autres choix sont possibles.

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Questions fréquentes

Quel est le taux de pauvreté record en France en 2024 ?

Le taux de pauvreté a atteint 15,4 % en 2024, soit le niveau le plus élevé depuis 1996. Cela représente 9,8 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, fixé à 1 337 euros par mois pour une personne seule.

Combien de travailleurs pauvres en France ?

La France compte 2,3 millions de travailleurs pauvres. Entre 2022 et 2023, 650 000 personnes ont basculé sous le seuil de pauvreté malgré une activité professionnelle, souvent précaire ou à temps partiel subi.

Pourquoi les étudiants sont-ils si touchés par la pauvreté ?

Les étudiants subissent un effet ciseau entre la flambée des loyers et la stagnation des APL. L'étude Linkee 2025 révèle que 97 % des étudiants aidés vivent sous le seuil de pauvreté, et 78 % disposent de moins de 100 euros par mois après charges fixes.

Qui sont les plus touchés par la pauvreté en France ?

Les chômeurs sont les plus touchés (36,1 % de pauvreté), suivis des familles monoparentales (34 %) et des immigrés (32,8 %). Les 18-25 ans sont particulièrement vulnérables, privés d'un filet de sécurité suffisant.

Le RSA est-il accessible aux jeunes de moins de 25 ans ?

Non, le RSA jeune est très restrictif : il faut justifier de deux ans d'activité à temps plein sur les trois dernières années. Cette condition exclut la plupart des étudiants, des décrocheurs et des jeunes en emploi précaire, les laissant sans aucune ressource.

Sources

  1. Le taux de pauvreté en France métropolitaine a atteint en 2024 son niveau le plus élevé jamais mesuré, annonce l’Insee · lemonde.fr
  2. inegalites.fr · inegalites.fr
  3. insee.fr · insee.fr
  4. Le Monde - Toute l’actualité en continu · lemonde.fr
  5. Le Monde - Toute l’actualité en continu · lemonde.fr
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Hugo Lambot @fact-checker

Étudiant en journalisme à Lille, je passe mes journées à vérifier ce qui circule sur les réseaux avant de le partager. Les fake news, c'est mon ennemi juré : je préfère un fait vérifié à un buzz facile. Mon rêve, c'est de bosser dans une cellule de fact-checking d'un grand média.

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