Le 2 juin 2025, la Confédération syndicale internationale (CSI) a publié la douzième édition de son Indice des droits, un rapport qui dresse un tableau sans précédent. La note moyenne mondiale chute à 2,78 sur 5, soit le pire score depuis le lancement de cet indicateur en 2014. 87 % des 151 pays étudiés violent le droit de grève, 80 % celui de négociation collective. La France n'est pas épargnée : elle passe de la note 1 (« violations sporadiques ») à la note 2 (« violations réitérées »). Ce basculement, unique dans l'histoire récente d'une démocratie occidentale, interroge directement la situation des jeunes, premières victimes de la dégradation des droits et de la précarité.

« Effondrement » mondial des droits des travailleurs : pourquoi le rapport CSI 2025 cible aussi la France
La CSI qualifie l'état des droits des travailleurs dans le monde de « chute libre » et d'« effondrement ». La note moyenne mondiale atteint 2,78 sur 5, un plancher historique. Seuls sept pays sur 151 obtiennent la meilleure note, contre dix-huit il y a dix ans. L'Europe et les Amériques, longtemps considérées comme des bastions de protection sociale, enregistrent leurs pires résultats depuis le lancement de l'indice.
La « chute libre » en chiffres : 87 % des pays violent le droit de grève
Le rapport de la CSI, qui s'appuie sur 97 indicateurs issus des conventions de l'Organisation internationale du travail (OIT), révèle une explosion des violations dans toutes les régions du monde. En Asie et en Amérique, la répression syndicale s'intensifie. Mais le basculement le plus inquiétant concerne l'Europe. L'Italie, par exemple, passe de la note 1 à la note 2 après une série de mesures restreignant le droit de grève et le dialogue social. 52 % des pays refusent désormais l'accès à la justice aux travailleurs, un chiffre qui illustre l'ampleur du recul.
Cette crise n'est pas un phénomène lointain, cantonné aux régimes autoritaires. Elle gagne du terrain dans les démocraties occidentales, où les droits fondamentaux sont de plus en plus contournés. La concentration du pouvoir économique entre les mains de quelques-uns, combinée à la montée de l'autoritarisme et de l'extrême droite, crée un climat répressif qui affecte directement les travailleurs. La CSI dénonce une « véritable offensive mondiale contre la démocratie et les syndicats », comme le rapporte l'UNSA.
De la note 1 à la note 2 : le glissement français vers les « violations réitérées »
La France était classée note 1 depuis le début de l'indice. En 2025, elle bascule à 2. Les indicateurs spécifiques sont éloquents : près de quatre conventions collectives sur dix sont imposées unilatéralement par les employeurs, sans représentation syndicale. 40,2 % des conventions d'entreprise sont adoptées par « référendum patronal », un mécanisme qui concerne 172 000 petites et moyennes entreprises et 4,5 millions de salariés, selon les données de la CGT.
Le rapport pointe également la judiciarisation du dialogue social. Plus de 1000 dirigeants et membres de la CGT ont fait l'objet de poursuites pénales et de mesures disciplinaires pour leur rôle dans les manifestations contre la réforme des retraites. La CSI dénonce aussi des délais d'attente importants dans les tribunaux et des limites imposées à l'indemnisation des licenciements abusifs.
Pourtant, la France conserve un socle théorique de protection : CDI, SMIC, sécurité sociale. Ce décalage entre le droit écrit et la réalité du terrain est au cœur de la « crise systémique » que décrit le rapport. Comme le souligne l'UNSA, qui relaie l'alerte, la France n'est plus un modèle. Elle rejoint la majorité des pays européens en dégradation.
Les mécanismes du contournement : comment la France a glissé
Le passage de la note 1 à la note 2 ne s'est pas fait en un jour. Les réformes successives du Code du travail, notamment les lois Travail de 2016 et les ordonnances Macron de 2017, ont progressivement affaibli le rôle des syndicats dans les PME. Le « référendum patronal » permet à l'employeur de soumettre un accord directement aux salariés sans passer par les représentants syndicaux. En 2025, ce mécanisme concerne 40,2 % des accords d'entreprise, soit 172 000 PME et 4,5 millions de salariés.
La CSI note que la négociation collective est « en état de siège » dans les petites et moyennes entreprises françaises. Les employeurs peuvent imposer des conditions de travail sans contre-pouvoir syndical. Ce contournement systématique des droits est l'une des raisons principales du déclassement français dans l'indice.
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742 000 jeunes au chômage : la jeunesse française paie-t-elle le prix de la dérégulation ?
Le rapport CSI alerte sur l'effondrement mondial, mais quel est l'impact concret en France pour les moins de 30 ans ? Les chiffres de l'Insee, publiés en février 2026, sont édifiants. Fin 2025, 21,5 % des 15-24 ans sont au chômage, soit 742 000 jeunes, 126 000 de plus en un an. La France est le pays de l'Union européenne où la proportion de 15-24 ans au chômage a le plus augmenté en 2025.
21,5 % de chômage chez les moins de 25 ans : le plus fort recul de l'UE
Le taux de chômage des 15-24 ans bondit de 2,8 points sur un an, quand celui des 25-49 ans reste stable à 6,9 %. Le ministre de l'Économie Roland Lescure reconnaît un « vrai défi », comme le rapporte Le Monde. La France est désormais au-dessus de la moyenne européenne, qui s'établit à 14,7 % en décembre 2025, selon Touteleurope.eu. Le décrochage par rapport aux voisins directs est frappant : l'Allemagne affiche 6,8 %, les Pays-Bas 9,2 %. La France, avec 18,1 %, se situe dans le peloton de queue des pays développés.
Ce n'est pas un accident conjoncturel. C'est la traduction statistique de la dégradation des droits pointée par la CSI. La précarisation des jeunes n'est pas un effet secondaire : elle est le résultat direct de la dérégulation du marché du travail et du contournement des protections collectives.
NEET, CDD, alternance : les trois cercles de la précarité des 15-29 ans
Au-delà du chômage, la situation des jeunes est marquée par une triple précarité. 12,9 % des 15-29 ans sont NEET (ni emploi, ni formation), soit environ 1,5 million de jeunes. Le taux d'emploi en CDD et intérim atteint 6,6 %, en hausse de 0,2 point. Le taux d'emploi en alternance, souvent présenté comme la solution miracle, recule de 0,2 point à 2,3 %, selon les données Insee.
Le « modèle français de l'alternance » ne suffit pas à endiguer la vague de précarité. Les jeunes sont pris dans un système où les CDD courts et l'intérim remplacent les embauches stables. La part des NEET augmente de 0,4 point, signe que la formation initiale ne parvient plus à absorber les flux. Le taux d'emploi des 15-24 ans recule de 0,3 point à 34,3 %, un niveau historiquement bas.
Le paradoxe français : un chômage jeune qui explose malgré les dispositifs
La France dispose pourtant de nombreux dispositifs censés favoriser l'emploi des jeunes : contrats aidés, alternance, emplois francs, garantie jeunes. Mais ces outils peinent à enrayer la tendance. Le taux de chômage des 15-24 ans a bondi de 2,8 points en un an, alors que la moyenne européenne n'augmente que de 0,5 point. La France est le seul pays de l'UE où la hausse est aussi brutale.
Le problème est structurel. Les jeunes sont les premiers à subir la flexibilité du marché du travail. Les CDD courts, l'intérim et les stages non rémunérés se multiplient, tandis que les embauches en CDI se raréfient. Le taux d'emploi en CDI des 15-24 ans recule de 0,5 point, signe que la stabilité de l'emploi s'éloigne pour toute une génération.
Allemagne (6,8 %) vs France (18,1 %) : ce qui sépare leurs marchés du travail
Le chiffre du chômage des jeunes est le révélateur le plus visible de la « crise systémique » française. La comparaison européenne est implacable. Allemagne : 6,8 %. Pays-Bas : 9,2 %. France : 18,1 %. Pourquoi un tel écart ? Le rapport CSI note que les deux pays étaient au même niveau de notation il y a quelques années. Aujourd'hui, l'Allemagne conserve la note 1, la France est à 2.
L'alternance « à l'allemande » : une protection qui coûte cher aux entreprises ?
Le système dual allemand repose sur une alternance mieux rémunérée, encadrée par des branches professionnelles puissantes. Le CDI reste la norme, même pour les jeunes. Les entreprises supportent un coût de formation élevé, mais récupèrent une main-d'œuvre qualifiée et fidélisée. En France, l'alternance est souvent utilisée comme main-d'œuvre précaire à bas coût, sans perspective d'embauche stable.
Le trade-off est réel : les entreprises allemandes investissent dans la formation, les françaises dans la flexibilité. Mais le résultat est sans appel. Le taux de chômage des jeunes en Allemagne est trois fois inférieur à celui de la France. Le modèle allemand n'est pas parfait, mais il offre une protection que la France peine à garantir.
Suède et Espagne : des modèles opposés face à la crise des droits
Éviter le biais pro-allemand impose de regarder les autres extrêmes. L'Espagne (23,4 %) et la Suède (23,6 %) ont des taux encore pires que la France, mais pour des raisons très différentes. L'Espagne souffre d'un dualisme historique du marché du travail, où les CDD coexistent avec une protection minimale. La Suède, en revanche, est pionnière dans la protection des travailleurs des plateformes : une loi récente encadre les droits des livreurs.
Cela montre qu'un fort taux de chômage des jeunes n'est pas une fatalité. La protection légale peut progresser indépendamment de la conjoncture. La France, avec ses 18,1 %, est dans une position médiane, mais sa trajectoire est inquiétante : elle est le seul pays de l'UE où le taux a le plus augmenté en 2025.
Les leçons de la comparaison européenne
La comparaison avec l'Allemagne, les Pays-Bas, l'Espagne et la Suède révèle des différences structurelles profondes. En Allemagne, le système de formation dual garantit une transition fluide entre l'école et l'emploi. Aux Pays-Bas, le travail à temps partiel est très développé, ce qui réduit le chômage des jeunes mais augmente la précarité. En Espagne, le dualisme du marché du travail crée une fracture générationnelle. En Suède, la protection sociale reste forte malgré un taux de chômage élevé.
La France cumule les inconvénients : un système de formation insuffisamment connecté au marché du travail, un recours massif aux contrats précaires, et une protection sociale qui s'érode. La « crise systémique » décrite par la CSI trouve ici une traduction concrète.
56 % des livreurs sautent un repas : l'enquête choc de Human Rights Watch sur l'ubérisation en France
Human Rights Watch a publié en avril 2026 une enquête qui illustre la « crise systémique » dans une France connectée. 56 % des travailleurs des plateformes (Uber Eats, Deliveroo) déclarent avoir passé une journée entière sans repas faute d'argent. Le salaire moyen tombe sous les 4 euros de l'heure après déduction des frais, très loin du SMIC à 11,65 euros, selon le rapport de HRW.
63 heures par semaine pour moins de 1000 € : le quotidien des livreurs parisiens
L'étude Santé-Course, menée par l'IRD et l'INED en mars 2026 auprès de 1000 livreurs parisiens et bordelais, dresse un portrait accablant. 99 % sont des hommes, 99 % sont nés à l'étranger (Afrique de l'Ouest, Asie), deux tiers sont sans titre de séjour. Ils travaillent 63 heures par semaine pour moins de 1000 euros nets par mois. 32 % n'ont aucune couverture santé, selon les données relayées par Touteleurope.eu. Près d'un sur deux a connu au moins une journée sans repas.

Ces chiffres sont un cas d'école de violation quasi-systémique des droits fondamentaux au cœur du système juridique français. Les livreurs sont exclus du droit du travail classique, sans protection contre les accidents, sans congés payés, sans assurance chômage. Le statut d'indépendant fictif permet aux plateformes de contourner toutes les obligations sociales.
Plateformes : la directive européenne peut-elle mettre fin au « faux salariat » ?
Une proposition de loi a été déposée le 1er mai 2026 par des parlementaires de gauche pour requalifier les travailleurs des plateformes en salariés, comme le rapporte RFI. La France doit transposer une directive européenne de 2024 encadrant ce statut. Mais le blocage politique est réel. Deliveroo a quitté le marché australien plutôt que d'appliquer un salaire minimum. La Cour de cassation a confirmé le 9 juillet 2025 que la relation Uber-chauffeurs relève d'une prestation de services, pas d'un lien de subordination.
La question du statut est un test grandeur nature pour la crédibilité du discours français sur les droits sociaux. Si la France ne parvient pas à protéger les 70 000 à 100 000 livreurs présents sur son territoire, comment peut-elle prétendre défendre les droits des travailleurs dans le monde ? Une plainte pénale pour « traite d'êtres humains » a d'ailleurs été déposée contre Deliveroo et Uber Eats en avril 2026, comme le mentionne l'étude Santé-Course relayée par Touteleurope.eu.
L'ubérisation comme révélateur de la crise systémique
L'enquête de Human Rights Watch et l'étude Santé-Course mettent en lumière un phénomène qui dépasse le simple cas des livreurs. L'ubérisation est le symptôme le plus visible d'une dérégulation plus large du marché du travail. Le statut d'indépendant fictif permet aux entreprises de contourner le droit du travail, les cotisations sociales et les protections syndicales.
Les livreurs sont les premiers concernés, mais le phénomène s'étend à d'autres secteurs : ménage, livraison de courses, services à la personne. La France compte environ 5,5 millions de travailleurs des plateformes, selon les estimations de la directive européenne. Leur situation est un test pour la crédibilité du modèle social français.
« Référendum patronal » et conventions imposées : les failles du dialogue social à la française
Revenons à l'analyse structurelle permise par le rapport CSI. Comment en est-on arrivé à une note de 2, synonyme de « violations réitérées » ? Le rapport pointe deux mécanismes spécifiques à la France : le contournement de la négociation collective et la judiciarisation du dialogue social.
40,2 % des accords d'entreprise adoptés sans les syndicats
Le mécanisme du « référendum patronal » dénoncé par la CGT permet à l'employeur de proposer un accord directement aux salariés, court-circuitant les syndicats. 40,2 % des accords d'entreprise sont concernés, touchant 172 000 PME et 4,5 millions de salariés, selon les données de la CGT. Les réformes successives du Code du travail (lois Travail, ordonnances Macron) ont facilité ce contournement.
Le résultat est une négociation collective « en état de siège », selon les termes de la CSI. Les syndicats perdent leur rôle de représentation, les salariés sont isolés face à l'employeur. Le dialogue social, censé être un pilier du modèle français, devient une coquille vide.
Gel des allègements de cotisations : le dilemme du financement des droits sociaux
Le 31 mai 2026, le gouvernement annonce le gel des allègements de cotisations patronales, malgré la hausse du SMIC de 2,4 % prévue le 1er juin. Le patronat (Medef, CPME) dénonce une « double peine » au « pire moment pour les entreprises », comme le rapporte Le Monde. L'État cherche 6 milliards d'euros d'économies pour faire face au coût du conflit au Moyen-Orient.
Ce gel illustre le trade-off permanent : financer la protection sociale (Sécurité sociale, assurance chômage) ou alléger le coût du travail pour favoriser l'emploi. Les jeunes sont directement pris dans ce dilemme. Si les cotisations augmentent, le coût du travail monte et les embauches ralentissent. Si les allègements sont maintenus, la protection sociale s'affaiblit. Le gouvernement a choisi le gel, mais le débat est loin d'être clos.
Les conséquences du gel pour les jeunes et les entreprises
Le gel des allègements de cotisations a des conséquences directes sur l'emploi des jeunes. Les entreprises, notamment les PME, voient le coût du travail augmenter alors que le SMIC progresse de 2,4 %. Le patronat estime que cette mesure va « d'abord pénaliser des entreprises essentielles » des territoires employant de « très nombreux salariés faiblement qualifiés », selon la tribune publiée dans La Tribune Dimanche du 31 mai 2026.
Pour les jeunes, le risque est double : d'un côté, les embauches pourraient ralentir si les entreprises jugent le coût du travail trop élevé ; de l'autre, la protection sociale s'affaiblit si les allègements sont maintenus sans compensation. Le gouvernement a choisi le gel, mais les syndicats saluent cette mesure qui préserve le financement de la Sécurité sociale.
Entre loi, syndicats et mobilisation : les jeunes peuvent-ils reconquérir leurs droits ?
Face au constat du rapport CSI, aux chiffres du chômage et aux enquêtes sur l'ubérisation, existe-t-il des solutions ? Le propos ne doit pas être un catalogue d'incantations, mais une analyse réaliste des leviers disponibles et de leur efficacité pour les moins de 30 ans.
Proposition de loi, directive européenne : la voie législative est-elle crédible ?
La transposition de la directive européenne sur les plateformes est prévue pour 2026-2027. La proposition de loi PS pour requalifier les travailleurs des plateformes en salariés a été déposée le 1er mai 2026. Ces outils législatifs sont-ils à la hauteur d'une « crise systémique » ?
Le risque est le décalage entre l'ambition affichée et l'impuissance politique. Le gel des allègements de cotisations montre que les contraintes budgétaires l'emportent souvent sur les promesses sociales. La directive européenne elle-même est contestée par les plateformes, qui menacent de quitter le marché. Deliveroo a déjà quitté l'Australie plutôt que d'appliquer un salaire minimum.
Trade-off inévitable : protéger sans asphyxier, est-ce possible ?
La question centrale est : comment concilier un haut niveau de protection sociale (modèle français historique) avec un marché du travail qui intègre les jeunes (modèle allemand de l'alternance) sans précariser davantage ?
La France n'est pas un « mauvais élève » par essence. Mais les outils de contournement des droits se sont multipliés : référendum patronal, ubérisation, recours massif au CDD. La « crise systémique » est un révélateur. Les choix politiques à venir sur le financement de la protection sociale, le statut des plateformes et la formation détermineront si les 21,5 % de jeunes au chômage sont un plancher ou un pic.
Crise de l'ordre international : un monde en mutation
Le rôle des syndicats dans la reconquête des droits
Les syndicats ont un rôle à jouer dans la reconquête des droits, mais leur influence est affaiblie. Le taux de syndicalisation en France est parmi les plus bas d'Europe, autour de 8 %. Les jeunes sont peu syndiqués, ce qui réduit leur capacité à peser sur les négociations collectives.
Pourtant, des initiatives récentes montrent que la mobilisation peut porter ses fruits. La proposition de loi sur les plateformes, bien que bloquée, a été portée par des syndicats et des associations. La directive européenne, malgré ses limites, fixe un cadre protecteur. Le défi est de transformer ces avancées législatives en droits concrets pour les jeunes.
Conclusion
Au-delà du constat alarmiste, la « crise systémique » des droits des travailleurs révèle des choix de société, pas une fatalité. La directive européenne sur les plateformes, la proposition de loi pour requalifier les travailleurs et le rôle des syndicats sont des leviers réels, mais ils se heurtent à des contraintes économiques lourdes : compétitivité, déficit public, résistance des plateformes. L'enjeu pour les moins de 30 ans est central. Si la France ne parvient pas à protéger ses jeunes, à leur offrir des emplois stables et des droits effectifs, c'est tout son modèle social qui vacille. La note 2 de la CSI n'est pas une fin en soi. C'est un signal d'alarme. Reste à savoir si les décideurs politiques l'entendront avant que la note ne devienne 3.