Jeune femme assise à une table de cuisine, comptant des pièces de monnaie et des billets, un carnet de comptes ouvert devant elle, expression préoccupée, vue en plongée sur la table
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1 748 euros par mois : le vrai poids des dépenses des 18-25 ans en 2026

En 2026, les 18-25 ans dépensent en moyenne 1 748 euros par mois, dont 65 % en charges contraintes comme le logement et les assurances.

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Le 30 juin 2026, Le Figaro publiait une analyse sobrement intitulée « La consommation des ménages français expliquée en trois graphiques ». Le diagnostic qu'elle pose est implacable : la croissance de la consommation plafonne à 0,9 % par an depuis 2008, et les ménages n'ont jamais été aussi frileux. Mais derrière les moyennes nationales se cache une réalité bien plus tranchée : celle des 18-25 ans, qui consacrent 65 % de leurs revenus à des dépenses contraintes, contre seulement 25 % pour les retraités. Ce gouffre générationnel raconte une histoire que les courbes macroéconomiques ne disent pas.

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Quand le logement a avalé un quart du budget

Pour comprendre pourquoi les jeunes d'aujourd'hui paient un si lourd tribut, il faut remonter le fil de soixante ans de consommation. En 1964, le panier type d'un ménage français ressemblait à celui d'une société industrielle en pleine expansion : l'alimentation occupait la première place, l'habillement pesait encore lourd, et le logement n'était qu'un poste parmi d'autres. En 2024, la photographie est radicalement différente.

Le site notre-environnement.gouv.fr détaille cette transformation à l'aide des comptes nationaux de l'Insee. En 2024, la dépense de consommation atteignait environ 22 300 euros par habitant. Le logement, le chauffage et l'éclairage représentaient à eux seuls plus du quart de ce total, soit 424 milliards d'euros — près de 6 200 euros par habitant. L'alimentation, elle, n'en représentait plus que 16 %, loin derrière.

Ce basculement n'est pas un simple rééquilibrage statistique. C'est le résultat d'une mécanique économique bien connue, la loi d'Engel inversée : plus une société s'enrichit, moins la part de la nourriture pèse dans le budget, libérant de l'argent pour d'autres postes. Sauf que, dans le cas français, cet argent libéré a été aspiré par un seul trou noir : le logement.

De 38 % à 16 % : l'alimentation détrônée en soixante ans

Le rapport « 50 ans de consommation » publié par economie.gouv.fr retrace cette évolution avec une précision d'orfèvre. En 1960, l'alimentation représentait 38 % du budget des ménages. En 2007, elle était tombée à 25 %. En 2024, le chiffre avoisine les 16 %. Cette chute vertigineuse n'a rien d'une anomalie française : elle suit la trajectoire de toutes les économies développées.

Ce qui est plus frappant, c'est la vitesse à laquelle ce transfert s'est opéré. Les Trente Glorieuses ont vu la consommation par personne tripler en volume, avec une croissance annuelle de 4,1 %. Depuis 1974, le rythme est tombé à 1,5 % par an. L'alimentation a perdu son trône de premier poste de dépense au profit du logement dès les années 1980. En clair, ce que les Français ont économisé en nourriture, ils l'ont dépensé en loyers et en factures d'énergie.

Ce mouvement a eu un effet pervers : il a masqué la hausse réelle du coût du logement. Pendant des décennies, les économistes ont observé cette substitution sans s'alarmer, y voyant le signe d'une société qui s'enrichit et se tertiarise. Personne n'imaginait que le logement deviendrait un jour un facteur de paupérisation pour toute une génération.

424 milliards d'euros pour se loger : la pierre devenue poids n°1

Le graphique « Dépense de consommation des ménages par fonction » de l'Insee, reproduit sur notre-environnement.gouv.fr, montre une bascule spectaculaire : le logement est passé d'environ 10 % du budget en 1960 à plus de 26 % aujourd'hui. En valeur absolue, cela représente 424 milliards d'euros en 2024, dont 70 % correspondent à des loyers réels ou imputés.

Cette augmentation n'est pas une simple conséquence de la loi d'Engel. Elle traduit une hausse des coûts absolus du logement — prix de l'immobilier, loyers, charges énergétiques — qui comprime mécaniquement tous les autres postes de dépense. Quand le loyer absorbe un tiers du revenu, il reste moins pour se nourrir, s'habiller, se soigner ou se divertir. Et quand ce loyer augmente de 5 % par an alors que les salaires stagnent, l'effet de ciseau devient brutal.

C'est le premier des trois graphiques clés de l'analyse du Figaro : il montre que la structure de consommation des Français a été durablement déformée par le poids du logement, et que cette déformation s'accélère depuis les années 2000.

+0,2 % de croissance en 2026 : pourquoi les Français serrent la ceinture

Si la tendance historique explique le cadre, elle ne dit pas tout de la situation présente. Depuis 2022, un phénomène nouveau est apparu : l'atonie chronique de la consommation couplée à une envolée de l'épargne de précaution. En 2026, la consommation des ménages ne devrait progresser que de 0,2 %, selon l'Insee. C'est très loin des 2,2 % de croissance annuelle enregistrés avant la crise financière de 2008.

Le Flash conjoncture du Trésor publié en décembre 2025 dresse un tableau préoccupant : après un recul de 0,3 % au premier trimestre, la consommation n'a progressé que de 0,1 % aux deuxième et troisième trimestres. Les ménages jugent plus que jamais opportun d'épargner, avec un solde record à 45 — contre une moyenne historique de 19. En clair, ils préfèrent mettre de côté plutôt que de dépenser, par peur de l'avenir.

Confiance à 84, taux d'épargne au zénith : le syndrome de la peur de dépenser

L'indice de confiance des ménages, mesuré par l'Insee, est tombé à 84 en juin 2026, bien en dessous de la moyenne de long terme (100). Parallèlement, le taux d'épargne reste élevé, à 17,9 % en 2025, selon l'Insee Première n°2110. Ce paradoxe — des ménages qui épargnent massivement alors que leur pouvoir d'achat baisse — s'explique par un réflexe de survie économique.

Les Français anticipent des jours difficiles. Le chômage pourrait remonter, les prix pourraient repartir à la hausse, les taux d'intérêt pourraient rester élevés. Dans ce contexte, l'épargne devient une bouée de sauvetage, pas un luxe. Même les bonnes nouvelles, comme la baisse des prix des carburants — le gazole a dévissé de 10 centimes en juin, atteignant son plus bas depuis février — ne suffisent pas à relancer la machine à consommer. Comme le montre notre article sur la baisse des carburants, la frilosité ambiante persiste malgré les signaux positifs sur les prix.

Ce comportement d'épargne massive est un frein direct à la relance de la consommation. Même lorsque les prix se calment, les ménages ne se précipitent pas pour dépenser. Ils préfèrent conserver un matelas de sécurité, au cas où.

Alimentaire +1,5 %, habillement -2,8 % : le tri gagnant-perdant des courses

Le détail des dépenses 2025 fourni par l'Insee révèle une hiérarchie implacable. L'alimentaire redémarre légèrement (+1,5 %), signe que les besoins de base sont préservés. Les ménages continuent de se nourrir, même s'ils modifient leurs habitudes — on y reviendra. En revanche, l'habillement chute de 2,8 %, et les meubles baissent pour la quatrième année consécutive (-1,1 %).

Cette photographie dessine une logique de renoncement contraint. Les ménages arbitrent en faveur de l'essentiel — se nourrir, se loger, se chauffer — et sacrifient le non-essentiel : textile, équipement, loisirs. Les transports sont quasi stables (-0,1 %), l'énergie atone malgré la baisse des prix. Seul l'alimentaire tire son épingle du jeu, mais pour combien de temps ?

Cette tendance prépare le terrain pour le focus sur les jeunes, qui sont en première ligne de cette atonie. Car si les ménages dans leur ensemble serrent la ceinture, les 18-25 ans la serrent jusqu'à l'étouffement.

1 748 euros par mois et 65 % de revenus contraints : le fardeau des jeunes

Après avoir posé le cadre macroéconomique, plongeons dans le cœur du sujet : les jeunes. Les chiffres sont édifiants. Selon l'indice des dépenses contraintes publié par LesFurets en 2026, la moyenne nationale des dépenses contraintes s'élève à 1 186 euros par mois, soit 34 % des revenus. Mais chez les 18-24 ans, le chiffre explose à 1 748 euros par mois — 65 % de leurs revenus. C'est deux fois plus que la moyenne nationale, et presque trois fois plus que chez les retraités.

Cette différence n'est pas une anomalie statistique. Elle traduit une réalité sociale brutale : l'entrée dans l'autonomie financière est devenue un parcours du combattant pour les jeunes Français. Premier logement, première voiture, premières assurances — tout coûte plus cher qu'avant, et les salaires d'entrée ne suivent pas.

Retraités à 25 %, jeunes à 65 % : la France des inégalités face aux dépenses obligatoires

L'enquête LesFurets 2026, reprise par RMC, détaille cette fracture générationnelle. Les retraités consacrent en moyenne 857 euros par mois à leurs dépenses contraintes, soit 25 % de leurs revenus. Les 18-24 ans, eux, dépensent 1 748 euros par mois — 65 % de leurs revenus. L'écart est abyssal.

Comment expliquer un tel déséquilibre ? D'abord, les jeunes entrent dans l'autonomie financière à un moment où le coût du logement est au plus haut. Ensuite, ils doivent supporter des charges d'assurance élevées — les jeunes conducteurs paient des primes auto jusqu'à 50 % plus chères que les conducteurs expérimentés. Enfin, ils subissent de plein fouet la hausse des prix de l'énergie.

Pour les retraités, la situation est inverse : ils ont souvent remboursé leur crédit immobilier, leur logement est moins énergivore, et leurs besoins d'assurance sont moindres. Le résultat est une France à deux vitesses, où les plus âgés profitent d'une relative aisance budgétaire pendant que les plus jeunes s'épuisent à joindre les deux bouts.

Logement 681 €, assurances 97 €, gaz 118 € : décryptage d'un budget sous pression

Décomposons le budget moyen d'un jeune de 18-24 ans. Le logement est le premier poste : 681 euros par mois en moyenne nationale, 808 euros en Île-de-France. C'est plus que le salaire mensuel d'un étudiant ou d'un jeune actif au SMIC. Les assurances grimpent fortement : auto +6 % (97 euros par mois), habitation +12 % (74 euros), santé (113 euros). Le gaz et le chauffage passent de 106 à 118 euros en un an, selon les données LesFurets.

Ces charges sont incompressibles. On peut réduire son budget loisirs, ses vêtements, ses sorties. On peut même sauter un repas de temps en temps. Mais on ne peut pas ne pas payer son loyer, son assurance auto ou sa facture de gaz. Résultat : il ne reste quasiment aucune marge de manœuvre pour l'épargne ou les loisirs. Le taux d'épargne des jeunes est proche de zéro, quand il n'est pas négatif — certains puisent dans leurs économies ou s'endettent pour boucler les fins de mois.

Jeune homme dans un petit studio, regardant une facture d'électricité, assis sur le bord d'un lit défait, pièce modeste avec un radiateur, ambiance sobre, vue en plan américain
Jeune homme dans un petit studio, regardant une facture d'électricité, assis sur le bord d'un lit défait, pièce modeste avec un radiateur, ambiance sobre, vue en plan américain

Pour contextualiser la pression sur le poste énergie, notre article sur la taxe cachée des datacentres montre comment la hausse des coûts de l'électricité pèse sur les factures des ménages, y compris les plus jeunes.

De Netflix à UberEats : les 81 euros par mois qui plombent le budget

Si le logement et l'énergie sont les gros morceaux, un poste de dépense plus discret mérite l'attention : les abonnements numériques. À première vue, 59 à 64 euros par mois — c'est la fourchette dépensée par les 18-24 ans, selon l'étude 20 Minutes / Ipsos — peut sembler modeste comparé au loyer. Mais cumulé sur l'année, cela représente près de 800 euros, soit presque un mois de loyer.

Ce poste est à la fois un marqueur générationnel et une nouvelle forme de contrainte budgétaire. Les jeunes n'ont pas connu le monde sans abonnement : Netflix, Spotify, Prime Video, Disney+, Canal+ sont devenus des passages obligés de la vie connectée. Mais ces micro-paiements s'accumulent, et finissent par peser lourd.

77 % des 18-24 ans ont un abonnement vidéo, 66 % la musique

Les chiffres de l'étude Ipsos sont éloquents : 77 % des 18-24 ans ont un abonnement à un service de streaming vidéo (Netflix, Prime Video, Disney+), 66 % à un service de musique (Spotify, Apple Music), 40 % à un service e-commerce ou de livraison (Amazon Prime, UberEats). La dépense mensuelle moyenne se situe entre 59 et 64 euros, contre 54 euros pour la moyenne nationale.

Ces abonnements remplacent en partie les sorties « réelles » — bar, cinéma, restaurant — jugées trop chères par les jeunes. Mais ils créent une nouvelle forme de dépendance budgétaire. On ne « sort » plus, mais on « stream » chez soi. Le confort connecté devient une dépense aussi incontournable que le loyer ou l'assurance, sans en avoir le caractère vital.

La génération « intermittente » du streaming

L'enquête révèle un phénomène inédit : l'abonnement intermittent. 70 % des 18-24 ans ont déjà résilié un abonnement pour des raisons financières, et 41 % pratiquent la rotation — résilier, puis se réabonner quelques mois plus tard. Cette gymnastique mensuelle est révélatrice d'une fragilité budgétaire.

Parallèlement, le budget moyen des abonnements par foyer a baissé pour la première fois, passant de 49 euros en 2025 à 41 euros en 2026, selon l'étude Figaro / Submix BearingPoint. Le nombre d'abonnements est passé de 3,2 à 3. Les ménages, et particulièrement les jeunes, optimisent leur panier d'abonnements. Ils coupent ce qui est superflu, se concentrent sur l'essentiel — souvent Netflix (64 % des foyers) et Prime Video (46 %).

Mais cette optimisation a un coût psychologique. Chaque résiliation est un petit deuil numérique, une renonciation à un confort auquel on s'était habitué. La génération intermittente du streaming est aussi une génération qui apprend à vivre avec moins.

81 euros par mois perdus dans des abonnements inutiles

Le chiffre le plus frappant de l'étude LesFurets concerne les abonnements oubliés : 40 % des 18-24 ans conservent des abonnements qu'ils n'utilisent pas, contre seulement 13 % en moyenne nationale. Le coût total estimé de ces abonnements inutiles est de 81 euros par mois — soit près de 1 000 euros par an, partis en fumée.

Comment expliquer ce gaspillage ? Plusieurs causes : les offres d'essai gratuit qui ne sont pas résiliées à temps, la méconnaissance des démarches de résiliation, l'accumulation de micro-paiements qui passent inaperçus sur le relevé bancaire. Les jeunes, qui sont pourtant les plus à l'aise avec le numérique, sont aussi les plus vulnérables à ce type de piège.

Ce chiffre de 81 euros par mois est le troisième graphique clé de l'analyse : il montre que les jeunes perdent chaque mois l'équivalent d'un plein d'essence ou d'une dizaine de courses alimentaires dans des abonnements qu'ils ne regardent même pas. Une fuite budgétaire silencieuse, mais bien réelle.

Vêtements en berne, loisirs en chute libre : les sacrifices invisibles

Si les abonnements numériques sont une fuite, les vêtements et les loisirs sont des sacrifices assumés. Les données de l'Insee montrent que l'habillement a baissé de 2,8 % en 2025, et les meubles de 1,1 % pour la quatrième année consécutive. Ces chiffres ne sont pas un accident conjoncturel : ils s'inscrivent dans la durée.

Les jeunes diffèrent leurs achats d'équipement, réparent moins et renouvellent leur garde-robe au ralenti. C'est le signe d'un appauvrissement relatif, ou d'un changement de priorité radical : le logement passe avant tout.

-2,8 % pour l'habillement, -1,1 % pour les meubles : les signaux d'un renoncement durable

La baisse de l'habillement et des meubles n'est pas une simple réaction à l'inflation. Elle traduit un renoncement durable à des biens qui étaient autrefois considérés comme normaux. On ne change plus sa garde-robe chaque saison, on ne renouvelle plus son canapé tous les cinq ans. On répare, on rafistole, on fait durer.

Ce comportement a des conséquences sur l'ensemble de l'économie. Les commerces de vêtements ferment, les fabricants de meubles réduisent leur production, les emplois du secteur textile sont menacés. Mais pour les jeunes, c'est une question de survie budgétaire. Quand le loyer absorbe 65 % des revenus, il ne reste plus rien pour s'habiller ou meubler son appartement.

Même l'alimentation change de visage quand le budget se serre. Comme le montre notre article sur le record de consommation d'œufs en France, les Français se tournent vers des protéines moins chères lorsque leur pouvoir d'achat diminue. Les œufs, bon marché et polyvalents, deviennent un aliment de substitution.

Du bar au canapé : comment le loyer redessine la vie sociale

La conséquence la plus visible de cette pression budgétaire est le repli sur le domicile. Les sorties en ville — bars, restaurants, salles de sport, cinémas — reculent au profit des loisirs à domicile : streaming, jeux en ligne, apéros entre amis à la maison.

Les données sur l'abonnement intermittent confirment cette tendance : les jeunes préfèrent payer Netflix que sortir au cinéma. Le « money date » — un café ou un verre partagé, sans excès — remplace la tournée générale. La vie sociale se réinvente autour du canapé et de l'écran.

Cette évolution a un impact sur le tissu économique local. Les bars et restaurants peinent à attirer une clientèle jeune, les salles de sport voient leurs abonnements chuter, les commerces de proximité souffrent. La génération logement consomme moins, et elle consomme différemment : plus à domicile, plus en ligne, plus en mode « low cost ».

Entre épargne forcée et renoncement, la consommation cherche un nouveau souffle

La situation des jeunes Français n'est pas une anomalie passagère. Elle est le symptôme d'une tendance lourde qui touche l'ensemble de la société : la fin de la consommation facile. Depuis 2008, la consommation des ménages plafonne à 0,9 % de croissance par an, contre 2,2 % avant la crise. Les jeunes sont en première ligne de ce ralentissement structurel.

Pour comprendre cette mécanique, la vidéo « Qu'est-ce que le PIB ? » de Dessine-moi l'éco offre une introduction utile : 

0,9 % de croissance depuis 2008 : et si les jeunes anticipaient l'avenir de tous ?

Le Figaro le souligne dans son analyse : la consommation des ménages n'a pas renoué avec son rythme d'avant-crise. La croissance limitée à 0,9 % par an depuis 2008 est un plafond de verre que les politiques économiques n'arrivent pas à briser. La situation des jeunes — épargne de précaution, renoncement aux achats non essentiels, optimisation des abonnements — n'est pas une anomalie, mais l'antichambre de ce qui attend l'ensemble de la société.

Est-ce un déclassement générationnel ? Oui, si l'on considère que les jeunes d'aujourd'hui ont moins de pouvoir d'achat que leurs parents au même âge. Est-ce une adaptation structurelle à un monde aux ressources plus contraintes ? Oui aussi, si l'on considère que les modes de consommation évoluent vers plus de sobriété, plus de rationalité, plus de durabilité. La vérité est probablement entre les deux.

Des pistes pour alléger le poids du logement et des abonnements

Plusieurs leviers existent pour desserrer l'étau qui pèse sur les jeunes. L'encadrement des loyers, déjà en place dans certaines grandes villes, pourrait être étendu et renforcé. La révision des aides au logement (APL) est régulièrement évoquée, avec des propositions pour les revaloriser ou les indexer sur l'inflation.

Du côté des abonnements, la loi sur la résiliation en un clic, adoptée en 2024, facilite déjà les démarches. Mais des progrès restent possibles : limitation des clauses de reconduction tacite, meilleure information sur les offres d'essai, création d'un droit à l'oubli pour les micro-paiements.

Ces mesures sont en débat, sans consensus politique clair. Mais elles montrent que le problème est identifié, et que des solutions existent.

Conclusion : une génération qui apprend à faire avec moins

L'avenir de la consommation des jeunes passe par un rééquilibrage entre dépenses contraintes et pouvoir de vivre. Car derrière les chiffres — 1 748 euros par mois, 65 % de revenus contraints, 81 euros d'abonnements inutiles — il y a des vies qui se construisent, des projets qui se diffèrent, et une génération qui apprend à faire avec moins.

La question n'est pas de savoir si les jeunes consommeront moins que leurs parents. C'est déjà le cas. La question est de savoir si la société saura leur offrir les conditions d'une vie digne, malgré le poids du logement, la pression des abonnements et la tentation du renoncement.

Les trois graphiques du Figaro racontent une même histoire : celle d'une génération prise en étau entre des coûts fixes qui explosent et des revenus qui stagnent. Les 18-25 ans d'aujourd'hui sont les cobayes d'un nouveau modèle économique où la consommation n'est plus un moteur, mais une contrainte. Reste à savoir si ce modèle est une transition douloureuse ou un état permanent.

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Questions fréquentes

Quel est le budget mensuel des 18-25 ans en 2026 ?

Selon l'article, les 18-25 ans dépensent en moyenne 1 748 euros par mois en dépenses contraintes, ce qui représente 65 % de leurs revenus. Ce chiffre est bien supérieur à la moyenne nationale de 1 186 euros par mois.

Pourquoi les jeunes dépensent-ils 65 % de leurs revenus ?

Les jeunes subissent un coût du logement très élevé (681 euros par mois en moyenne), des assurances auto et habitation plus chères, et une hausse des prix de l'énergie. Leurs salaires d'entrée ne suivent pas ces augmentations, ce qui comprime leur budget.

Combien coûtent les abonnements inutiles des jeunes ?

40 % des 18-24 ans conservent des abonnements qu'ils n'utilisent pas, pour un coût total estimé à 81 euros par mois. Cela représente près de 1 000 euros par an gaspillés, notamment en raison d'offres d'essai non résiliées.

Quel poste de dépense a le plus augmenté depuis 1960 ?

Le logement est passé d'environ 10 % du budget des ménages en 1960 à plus de 26 % aujourd'hui, soit 424 milliards d'euros en 2024. L'alimentation a chuté de 38 % à 16 % sur la même période.

Sources

  1. Consommation des Français: comment évoluent les dépenses? · notre-environnement.gouv.fr
  2. 20minutes.fr · 20minutes.fr
  3. 50 ans de consommation | economie.gouv.fr · economie.gouv.fr
  4. [PDF] la consommation, quels choix pour les ménages - Eduscol · eduscol.education.gouv.fr
  5. [PDF] Éducation financière - Eduscol · eduscol.education.gouv.fr
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Sarah Imbot @street-voice

Originaire de Saint-Denis, je raconte la société française telle que je la vis : les quartiers, les galères du quotidien, mais aussi les solidarités qu'on ne montre jamais à la télé. Bénévole dans une asso d'aide aux devoirs, je crois au pouvoir des histoires de terrain.

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