Grande brasserie parisienne avec terrasse bondée en journée, serveurs en tablier blanc, verres de vin sur des nappes à carreaux, lumière naturelle filtrée par l'auvent
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Restauration 2025 : +1% de fréquentation, la fin du « plaisir resto » pour les jeunes ?

Avec seulement +1% de fréquentation en 2025, le restaurant traditionnel vacille : inflation, désamour des 18-30 ans, dark kitchens et boulangeries redessinent le marché. Découvrez pourquoi les jeunes boudent les restaurants et quelles alternatives émergent.

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+1% de fréquentation : les jeunes boudent-ils vraiment les restaurants en 2025 ?

128 milliards d'euros de chiffre d'affaires, une progression de 4,3 % en apparence flatteuse. Pourtant, derrière ces chiffres se cache une réalité bien plus sombre pour le secteur de la restauration en France. L'étude du cabinet Gira Conseil, relayée par Le Figaro, révèle que la fréquentation n'a augmenté que de 1 % en 2025, soit la progression la plus faible depuis la période post-Covid. Cette stagnation interroge : comment un marché en croissance peut-il donner l'impression d'être en crise ? La réponse tient en deux mots : inflation et saturation. Les prix ont flambé, les clients se font rares, et les restaurants traditionnels subissent une concurrence féroce des boulangeries, dark kitchens et autres formats de snacking. Le secteur vit une « année de bascule », selon Bernard Boutboul, directeur du cabinet Gira Conseil.

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Pourquoi la fréquentation stagne malgré un chiffre d'affaires record ?

Le paradoxe est frappant. D'un côté, le marché de la restauration hors domicile affiche un chiffre d'affaires record de 128 milliards d'euros en 2025, en hausse de 4,3 % par rapport à l'année précédente. De l'autre, la fréquentation plafonne à +1 %, un niveau qui n'avait pas été observé depuis les années les plus noires de la pandémie. Cette croissance en trompe-l'œil s'explique presque intégralement par l'inflation des prix, et non par une augmentation réelle du nombre de clients.

La répartition des parts de marché en dit long sur les mutations en cours. La restauration commerciale (chaînes, groupes, indépendants, bars-brasseries) pèse 58,7 % du total. Viennent ensuite les commerces alimentaires alternatifs (boulangeries, stations-service, offres de snacking des grandes surfaces) avec 19,8 %, puis la restauration collective avec 17,3 %. La restauration hôtelière (3,9 %) et automatique (0,2 %) ferment la marche. Le constat est clair : le repas assis traditionnel perd du terrain face à des formats plus rapides et moins chers.

Ce que révèle « l'année de bascule » selon Bernard Boutboul

Bernard Boutboul ne mâche pas ses mots. Pour lui, 2025 n'est ni une année de crise ni une année de reprise : « C'est une année de bascule très importante, et même de sélection naturelle. » Les chiffres de son étude parlent d'eux-mêmes. Au sein de la restauration hors domicile, le service à table ne capte plus que 44 % du chiffre d'affaires, contre 56 % pour la vente au comptoir. La bascule est nette : les clients préfèrent manger debout, vite et moins cher.

Le cabinet note également que le marché compte désormais plus de 415 500 points de vente, soit une croissance de 2,1 % des établissements. Mais cette augmentation de l'offre ne profite pas à tout le monde. Dans un marché polarisé, 60 % des acteurs surperforment avec une hausse de fréquentation de 8 à 15 %, tandis que 40 % vacillent, accusant des baisses allant de -10 à -30 %. « Il y a 100 restaurants qui ferment par an, et 130 qui ouvrent », précise Boutboul. Le problème, c'est que les nouveaux entrants sont rarement des restaurants traditionnels : ce sont des boulangeries, des dark kitchens, des food courts.

25 fermetures par jour : le triste record des défaillances

Le chiffre donne le vertige. Selon les données de l'UMIH (Union des métiers et des industries de l'hôtellerie) et de la Banque de France, 25 restaurants ferment chaque jour en France. Sur le seul deuxième trimestre 2024, 2 182 procédures de dépôt de bilan ont été recensées dans la restauration traditionnelle. Les défaillances ont bondi de 17 % par rapport à l'époque pré-Covid.

Ce constat est le symbole le plus parlant d'un marché qui implose sous son propre poids. La reprise tant attendue après la pandémie n'a jamais eu lieu. Les restaurateurs qui avaient tenu bon grâce aux prêts garantis par l'État se retrouvent aujourd'hui étranglés par le remboursement de ces dettes, conjugué à la flambée des coûts et à la baisse de fréquentation. La Dépêche rapportait en août 2025 une baisse de fréquentation de 20 à 30 % depuis l'été précédent dans certains établissements. Les terrasses, autrefois bondées, restent à moitié vides.

17 € le repas, 72 € par an : comment les 18-30 ans dépensent-ils au restaurant ?

Si la fréquentation stagne globalement, c'est chez les jeunes que le décrochage est le plus spectaculaire. L'étude Joko 2024, qui a analysé les transactions bancaires de 700 000 Français de 18 à 64 ans, dessine un portrait sans appel. Les 18-26 ans ne consacrent plus que 72 € par an aux repas au restaurant, contre 95 € pour les 36-45 ans. Pire, ils ne sortent manger dehors que 4,6 fois par an en moyenne.

Pour comprendre ce désamour, il faut regarder l'évolution du budget des jeunes. Entre la hausse du loyer, des transports et des frais d'inscription, l'addition est vite salée. Avec un Smic qui progresse moins vite que l'inflation — comme le montre notre analyse du Smic 2026 et son impact sur les jeunes —, le restaurant devient un luxe que beaucoup ne peuvent plus s'offrir régulièrement.

Pourquoi les jeunes délaissent le service à table au profit du fast-food

Les chiffres de Joko sont éloquents. Le fast-food capte 80 % des dépenses de restauration des 18-26 ans. Le service à table ne représente plus que 11 % de leurs sorties. L'écart est colossal. Pour un jeune actif ou étudiant, dépenser 19 € en moyenne pour un repas assis (le panier moyen national) équivaut à près de deux heures de travail au Smic. Le calcul est vite fait.

Cette génération a grandi avec Deliveroo, Uber Eats et les dark kitchens. Elle n'a pas le réflexe « restaurant » de ses aînés. Quand elle sort, c'est pour un burger, un poké bowl ou un kebab, rarement pour un menu entrée-plat-dessert dans une brasserie. Le restaurant classique est devenu un acte exceptionnel, réservé aux anniversaires ou aux grandes occasions, pas un loisir courant.

Du loisir courant au plaisir planifié : la dépense réfléchie

Les données d'Ohmyseason confirment cette tendance lourde. En six ans, la fréquentation des restaurants traditionnels a chuté de 9 %. Le prix d'un repas a bondi de 22 % en trois ans. Un habitué interrogé par le site explique être passé d'une sortie hebdomadaire à une sortie « toutes les trois semaines ». La sortie au resto devient une dépense réfléchie, presque planifiée, glisse du loisir courant au plaisir occasionnel.

Le réflexe « je n'ai pas le temps de cuisiner, je vais au resto » a disparu. Il a été remplacé par le snacking ou le fait-maison. Les témoignages recueillis par La Dépêche montrent des clients qui partagent un dessert à deux, ne prennent plus de café ou commandent un seul verre de vin au lieu d'une bouteille. Chaque petit plus est désormais soumis à un arbitrage budgétaire serré.

Dark kitchens, boulangeries et télétravail : qui cannibalise le restaurant traditionnel ?

Le restaurant traditionnel n'est pas seulement victime du pouvoir d'achat. Il est cannibalisé par de nouveaux formats et modes de vie. Trois phénomènes conjugués expliquent sa dégringolade : l'essor du télétravail, la diversification des boulangeries et la prolifération des dark kitchens.

Le Monde, dans une enquête publiée en mars 2025, a donné la parole à Eddy Zouari, ex-patron d'une brasserie porte de Clichy à Paris. Son témoignage illustre parfaitement la mécanique de cette crise. « L'essor du télétravail a tué le déjeuner d'affaires et le lunch rapide », explique-t-il. Ses clients, qui travaillaient dans les tours du quartier, ne viennent plus. Ils « se rabattent sur des formules à 12 euros à la boulangerie ». Les marges sur le café, le dessert et le vin — les petits plus qui faisaient la différence — se sont effondrées.

Le syndrome Eddy Zouari : quand le télétravail vide les cantines de bureau

Le cas d'Eddy Zouari n'est pas isolé. Partout en France, les brasseries de quartier situées à proximité des zones d'activité souffrent. Avec la généralisation du télétravail, les bureaux se vident plusieurs jours par semaine. Les cantines d'entreprise tournent au ralenti. Les restaurants qui vivaient du déjeuner des actifs perdent une partie essentielle de leur chiffre d'affaires.

Le modèle économique de la brasserie traditionnelle repose sur un équilibre fragile : un déjeuner rapide et abordable pour attirer les travailleurs, et un dîner plus gastronomique pour les clients du soir. Quand le déjeuner disparaît, c'est toute l'équation qui s'effondre. Les restaurateurs sont contraints d'augmenter leurs prix le soir pour compenser, ce qui éloigne encore plus les clients.

Comment la boulangerie est devenue le leader du déjeuner des actifs

Bernard Boutboul résume la situation en une phrase : « Aujourd'hui, le leader du déjeuner des actifs en France, c'est la boulangerie du coin, que vous soyez en milieu rural ou à Paris. » Les boulangeries ont massivement diversifié leur offre. Au-delà du sandwich classique, elles proposent désormais des petits plats cuisinés, des quiches, des pizzas, des salades composées.

Selon les données d'Ohmyseason, dans certaines zones, la partie restauration/snacking représente jusqu'à 40 % du chiffre d'affaires des boulangeries. Le sandwich de qualité à 8 €, la salade à 10 € ou la part de quiche ont remplacé le menu entrée-plat-dessert. Le client y gagne en temps, en fluidité et en budget. C'est une concurrence frontale et silencieuse qui grignote les parts de marché du restaurant traditionnel assis.

25 fermetures par jour : les jeunes du service payent-ils l'addition ?

Si les jeunes sont les premiers à déserter les restaurants en tant que clients, ils en sont aussi les principales victimes en tant que salariés. Le secteur de la restauration emploie massivement des 16-25 ans : serveurs, cuisiniers, plongeurs, livreurs. Dans un marché saturé où les marges se réduisent, la main-d'œuvre devient la variable d'ajustement.

Le paradoxe est cruel. Alors que le chômage des jeunes reste élevé — notre analyse du taux de chômage à 8,1% montre qu'ils sont les premiers touchés —, les emplois dans la restauration sont précaires, mal payés et usants. Les 25 fermetures quotidiennes de restaurants signifient 25 fois plus de jeunes qui perdent leur job du jour au lendemain.

CDD à la chaîne et turnover infernal : le visage précaire du service

Dans un restaurant qui lutte pour survivre, la première chose qui saute, ce sont les heures supplémentaires et les avantages. Les salariés subissent des horaires coupés, des plannings imprévisibles, des CDD à répétition. Le turnover est infernal : dans certaines enseignes, il dépasse 100 % par an. Les jeunes fuient le métier, usés par le rythme et les conditions.

Le salaire, même revalorisé au Smic, ne compense pas la pénibilité. Avec le Smic 2026 qui augmente de 34€ net par mois, le gain réel est quasi nul une fois l'inflation déduite. Les jeunes serveurs gagnent à peine de quoi se loger décemment, surtout dans les grandes villes où les loyers explosent.

Le piège de la flexibilité : temps partiel subi et absence de perspective

Beaucoup de jeunes sont attirés par la flexibilité des horaires dans la restauration. En réalité, ils se retrouvent coincés dans des temps partiels imposés, sans visibilité sur leurs plannings. Un étudiant qui accepte un contrat de 20 heures se voit souvent demander d'en faire 35, sans garantie de passer à temps plein. Un autre qui espérait travailler le week-end seulement se retrouve à enchaîner les services en semaine.

Dans un contexte de fermetures en série, la peur de perdre son emploi est permanente. Les serveurs enchaînent les extras sans contrat stable. Les cuisiniers des dark kitchens travaillent parfois sans aucune protection sociale, dans des conditions proches du travail au noir. Le plan resto ne profite pas aux salariés, il les use.

De la cantine à 5 € au food court : quelles alternatives pour les jeunes ?

Jeunes étudiants attablés dans une cantine lumineuse, plateaux-repas colorés, sourires, ambiance décontractée, grandes baies vitrées laissant entrer le soleil
Jeunes étudiants attablés dans une cantine lumineuse, plateaux-repas colorés, sourires, ambiance décontractée, grandes baies vitrées laissant entrer le soleil

Face à ce constat noir, des alternatives émergent. Le marché de la restauration n'est pas mort, il se transforme. De nouveaux modèles, souvent plus en phase avec les contraintes des jeunes, cartonnent. Ils prouvent que la demande existe, mais qu'elle s'exprime ailleurs que dans le restaurant traditionnel.

L'exemple le plus frappant est celui de La Cop1ne, une cantine solidaire ouverte en novembre 2024 dans le 14e arrondissement de Paris. Gérée par l'association Cop1 (née pendant le Covid), elle propose des repas à prix cassés : 3 € l'entrée ou le dessert, 5 € le menu complet pour les étudiants et les moins de 26 ans. Pour les autres, comptez 10 € ou 14 €.

La Cop1ne : le pari gagnant de la cantine solidaire à 5 €

Le contexte est alarmant : en France, un étudiant sur cinq n'a pas les moyens de manger trois repas par jour. Le budget mensuel moyen d'un étudiant à Paris avoisine les 1 800 €, une somme qui ne laisse aucune marge pour les sorties au restaurant. La Cop1ne répond à ce besoin criant.

Le soir, environ 60 couverts sont servis, dont les trois quarts facturés à 5 €. Le modèle repose sur un savant équilibre entre subventions publiques, circuits courts et bénévolat. Les produits viennent directement de producteurs locaux, ce qui réduit les coûts intermédiaires. Ce modèle prouve qu'il existe une demande énorme pour une restauration saine, abordable et sociale, exactement à l'opposé du modèle saturé des restaurants qui augmentent leurs prix.

Pourquoi les food courts et halles gourmandes séduisent les jeunes

Les jeunes plébiscitent aussi les food courts et halles gourmandes. Le concept séduit par sa variété : cuisine japonaise, libanaise, française, italienne, le tout sous un même toit. Pas de réservation nécessaire, une addition mutualisée souvent moins élevée que dans un restaurant classique, une ambiance décontractée et instagrammable.

Ces espaces sont devenus les nouveaux temples du plaisir resto accessible. Ils concurrencent directement la cantine d'entreprise et le restaurant traditionnel. Le client compose son assiette selon son budget et ses envies, sans contrainte de service. C'est la victoire du choix et du prix maîtrisé sur le menu imposé et la note surprise.

Le retour en grâce du fait-maison

Paradoxalement, la crise du restaurant traditionnel s'accompagne d'un retour en grâce de la cuisine maison. Face au prix du panier moyen au resto (19 €), le repas fait maison revient à environ 4-5 €. Ce n'est plus une corvée, c'est un acte militant, économique et même viral.

Les influenceurs cuisine cartonnent sur TikTok et Instagram avec des recettes simples et économiques. La génération Z redécouvre le plaisir de cuisiner, pour des raisons budgétaires mais aussi de bien-être. Le restaurant doit désormais justifier sa différence de prix face à un repas maison de qualité. Et pour beaucoup, la balance penche en faveur de la cuisine perso.

L'assiette qui rétrécit, la note qui gonfle : pourquoi les clients se sentent piégés

Le client paie plus cher, mais il a l'impression d'en avoir moins. C'est le point de rupture psychologique qui explique la stagnation de la fréquentation. Les restaurateurs sont pris en étau entre l'explosion de leurs coûts et la résistance des clients à payer plus.

Ohmyseason le montre clairement : le prix d'un repas a bondi de 22 % en trois ans. L'exemple le plus frappant est celui de l'entrecôte, passée de 17 € le kilo à 24 €, soit une augmentation de 41 %. Le beurre, l'huile, l'énergie : tout a flambé. Le restaurateur qui répercute ces hausses sur ses prix perd des clients. Celui qui rogne sur ses marges met la clé sous la porte.

Pourquoi le menu à 15 € est devenu un mythe

Le menu à 15 € entrée-plat-dessert, autrefois standard dans les brasseries de quartier, est devenu une rareté. Pour proposer ce prix, il faudrait que le restaurateur travaille à perte ou utilise des produits de qualité médiocre. La réalité des coûts ne le permet plus.

Le coût de l'énergie a explosé. Une cuisine professionnelle consomme énormément d'électricité et de gaz. Les matières premières suivent la même trajectoire. Le restaurateur est pris en étau : soit il répercute et perd des clients, soit il rogne sur sa marge et met la clé sous la porte. Beaucoup choisissent la première option, quitte à voir leur salle se vider.

La réduflation : quand la portion devient un argument de vente négatif

Pour survivre, certains restaurateurs ont recours à des astuces peu avouables : plats moins garnis, menus découverte plus chers, suppression des entrées gratuites (le pain, l'amuse-bouche), baisse de la qualité des produits (surgelés, plats industriels réchauffés). C'est ce qu'on appelle la réduflation.

Le consommateur perçoit cette perte de valeur. La Dépêche le montre : les clients ne prennent plus qu'un seul verre de vin, partagent un dessert, renoncent au café. La confiance est rompue. Le calcul est simple : « Je paie plus cher pour un service moins bon, je ne reviens pas. » Ce cercle vicieux alimente la baisse de fréquentation et pousse les établissements les plus fragiles vers la sortie.

Conclusion : Restauration 2025, la fin du mythe du « resto pour tous » ?

Le marché de la restauration n'est pas mort. Il vit une mutation accélérée, irréversible. Le véritable enjeu n'est pas de savoir si l'on mange encore dehors, mais comment et à quel prix. Devant nous se dessine une offre à deux vitesses.

D'un côté, la restauration rapide et solidaire pour le quotidien : food courts, cantines sociales, snacking. De l'autre, le restaurant expérientiel cher, réservé aux grandes occasions. Le milieu de gamme, lui, est satellisé. Les brasseries traditionnelles qui proposaient un repas correct à prix modéré disparaissent les unes après les autres.

Pour les jeunes de 16 à 30 ans, le plaisir resto n'a pas disparu. Mais il est devenu un calcul de fin de mois plutôt qu'un réflexe de début de semaine. Le modèle classique du restaurant abordable pour tous est en crise, mais la créativité du secteur n'est pas morte. Elle se déplace vers des formats plus rapides, solidaires ou ultra-qualitatifs. Le tourisme à Paris, avec ses 49,1 millions de visiteurs en 2025, ne suffit pas à inverser la tendance. La restauration française doit se réinventer. Elle n'a pas le choix.

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Questions fréquentes

Pourquoi la fréquentation des restaurants stagne en 2025 ?

La fréquentation n'a augmenté que de 1% en 2025, la plus faible hausse depuis le Covid. Cette stagnation s'explique par l'inflation des prix et la saturation du marché, avec une concurrence des boulangeries et dark kitchens.

Combien de restaurants ferment chaque jour en France ?

25 restaurants ferment chaque jour en France, selon l'UMIH et la Banque de France. Sur le seul deuxième trimestre 2024, 2.182 dépôts de bilan ont été recensés dans la restauration traditionnelle.

Quel est le budget resto annuel des 18-26 ans ?

Les 18-26 ans consacrent seulement 72€ par an aux repas au restaurant, contre 95€ pour les 36-45 ans. Ils ne sortent manger dehors que 4,6 fois par an en moyenne, et le fast-food capte 80% de leurs dépenses.

Comment le télétravail impacte-t-il les restaurants ?

Le télétravail a tué le déjeuner d'affaires et le lunch rapide dans les brasseries de quartier. Les clients des zones d'activité ne viennent plus, ce qui effondre les marges sur le café, le dessert et le vin.

Qu'est-ce que la cantine solidaire La Cop1ne propose ?

La Cop1ne, ouverte en novembre 2024 à Paris, propose des repas à 5€ le menu complet pour les étudiants et moins de 26 ans. Le soir, les trois quarts des 60 couverts sont facturés à ce prix, grâce à des subventions et circuits courts.

Sources

  1. Le marché de Wuhan, épicentre de la Covid-19 · pmc.ncbi.nlm.nih.gov
  2. france3-regions.franceinfo.fr · france3-regions.franceinfo.fr
  3. Le marché de la restauration en France en 2025 - Kapitol Immobilier · kapitol.fr
  4. Tendances du marché de la restauration - Kray&Co · kray.eu
  5. ladepeche.fr · ladepeche.fr
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Mélissa Turbot @society-lens

Je m'intéresse à ceux dont personne ne parle. Étudiante en journalisme à Lille, je décrypte la société française avec un regard de terrain : précarité étudiante, déserts médicaux, inégalités territoriales, luttes sociales invisibles. Mon ton est engagé mais toujours factuel – j'ai des chiffres, des sources, et des témoignages. Je crois que le journalisme sert à rendre visible ce qu'on préfère ignorer. Mes articles ne sont pas confortables, mais ils sont honnêtes.

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