Le dépistage de l’exposition au cadmium est remboursé par l’Assurance maladie depuis le 16 juin 2026. La décision de l’UNCAM du 28 avril 2026, publiée au Journal officiel le 2 juin 2026, ajoute les dosages à la nomenclature des actes de biologie médicale (actes NABM 1692 et 1693, cotés 110 B).

Qui peut bénéficier du dépistage ?
Le test doit être prescrit par un médecin. Il s’adresse à deux publics définis par les autorités.
Le premier regroupe les personnes « potentiellement surexposées du fait de leur lieu de résidence » lorsque le sol a été reconnu pollué par le cadmium par les autorités compétentes, selon le site Service-public.gouv.fr. La Haute Autorité de santé (HAS) préconise de cibler les sols dont la concentration dépasse 0,5 ou 1 mg/kg de matière sèche, avec une attention aux enfants de moins de 7 ans. Plus de 7 000 sites et sols potentiellement pollués sont recensés en France.
Le second public comprend les personnes déjà suivies pour une intoxication chronique au cadmium.
Le ministère de la Santé a indiqué mi-mai 2026 ne pas exclure les personnes vivant hors de ces sites et potentiellement surimprégnées, sans préciser les conditions de prise en charge. Pour obtenir la prescription, le patient consulte un médecin. Notre guide Rendez-vous médecin : préparer sa consultation et optimiser son remboursement donne les étapes utiles.
Combien coûte le test et comment se déroule-t-il ?
Chaque acte de dosage est tarifé 27,50 €. L’Assurance maladie rembourse 60 % de ce montant, la complémentaire santé prend le reste. Une participation forfaitaire de 2 € reste à la charge du patient pour chaque acte de biologie médicale, comme pour une consultation.
Le dépistage se fait en laboratoire de ville. En première intention, le laboratoire mesure la cadmiurie (dosage urinaire). Si le résultat est élevé, un dosage sanguin (cadmiémie) est prescrit en complément, dans les conditions fixées par la HAS. Les deux actes suivent les mêmes règles de remboursement.

Une imprégnation large, liée à l’alimentation
Le cadmium est un métal lourd classé cancérogène pour l’homme (cancer du poumon) et toxique pour les reins et les os. L’Anses a confirmé en mars 2026 une surexposition de la population française. Selon l’étude ESTEBAN de Santé publique France (données 2014-2016, publiée en 2021), 47,6 % des adultes de 18 à 60 ans dépassaient les valeurs sanitaires de référence, un chiffre repris par Vie-publique.fr.

L’alimentation est de loin la source majeure d’exposition : elle représente jusqu’à 98 % de l’imprégnation chez les non-fumeurs, selon l’Anses. Les sols agricoles contaminés par les engrais phosphatés expliquent en grande partie cette contamination des aliments.
Des critères ciblés, jugés trop restrictifs
La question écrite n° 15528 à l’Assemblée nationale conteste le caractère restrictif des critères. Elle estime que le remboursement conditionné au lieu de résidence sur sol pollué risque d’exclure des populations exposées par l’alimentation, alors que c’est la voie principale.
Le ministère a ouvert une porte pour les personnes hors sites surimprégnées, mais sans définir de procédure claire. Aucune réponse ministérielle à cette critique n’est disponible dans les sources actuelles. D’autres risques sanitaires font l’objet de prises en charge spécifiques, comme l’allergie au latex avec des alternatives remboursées Allergie au latex : alternatives aux préservatifs efficaces et remboursées.