Le 17 avril 2026, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé que les boulangers-pâtissiers artisanaux et les artisans fleuristes peuvent ouvrir leur boutique le 1er mai 2026. L’instruction aux services de l’État limite la mesure aux indépendants et artisans. Les industriels sont exclus. La grande distribution et l’hôtellerie-restauration ne sont pas concernées.

Pourquoi le gouvernement a changé de méthode
La proposition de loi initiale, adoptée par le Sénat le 3 juillet 2025, visait à autoriser plus largement le travail le 1er mai. L’Assemblée nationale a adopté une motion de rejet le 10 avril 2026. Le gouvernement a décidé de ne pas convoquer la commission mixte paritaire. Travail le 1er mai : pourquoi le gouvernement a reculé détaille ce revirement.

Le 13 avril 2026, huit confédérations syndicales (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, Solidaires et FSU) ont adressé un courrier intersyndical demandant au Premier ministre de ne pas convoquer la commission mixte paritaire pour respecter la démocratie sociale et politique. Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a reçu les syndicats et annoncé le renvoi au dialogue social. Travail le 1er mai : un changement complet de méthode qui signe l’arrêt de mort de la réforme ? analyse cette rupture de procédure. Le gouvernement confie la suite à la négociation de branche.
1er mai travaillé : la règle pour les salariés
Le 1er mai est un jour obligatoirement chômé et payé (Code du travail, art. L.3133-4 et L.3133-3). L’employeur ne peut réduire le salaire. Les salariés payés à l’heure, à la journée ou au rendement reçoivent une indemnité équivalente à ce qu’ils auraient gagné.
Le salarié qui travaille ce jour bénéficie d’un doublement de sa rémunération : l’employeur verse le salaire et une indemnité égale (art. L.3133-6). Aucun repos compensateur obligatoire n’est prévu. L’autorisation d’ouvrir ne crée pas d’exonération : l’employeur supporte ce coût direct.

Aucun texte ne liste les dérogations pour les activités ne pouvant s’interrompre. Celui qui s’en prévaut doit le démontrer (Cass. crim. 14 mars 2006). Le non-respect des règles expose à une amende de 750 € par salarié concerné.
Les stagiaires
Les stagiaires ne perçoivent pas de salaire mais une gratification de stage. Le 1er mai est chômé et payé. S’ils travaillent, la gratification est due au double, car elle est liée à la présence effective sauf disposition contraire.
Opposition syndicale et suite institutionnelle
Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a déclaré le 29 avril 2026 qu’un projet de loi toucherait « 200 000 salariés au maximum » contre plusieurs millions initialement. Elle estime que c’est « toujours trop » et dénonce une « première brèche » visant à détricoter la journée historique. L’ensemble des confédérations s’y oppose.
Le Conseil des ministres du 29 avril a confirmé un projet de loi pour clarifier le cadre des boulangeries et fleuristes artisanaux. L’entrée en vigueur est visée en 2027, sous réserve d’adoption. La réflexion reste limitée aux commerces de proximité et renvoie à la négociation par branche, sans garantie de résultat à ce stade.