Deux secousses de 30 secondes d'intervalle ont frappé le Venezuela le 24 juin 2026. Elles ont tué au moins 6 438 personnes et blessé plus de 86 358. Le chiffre ne cesse de grimper.

Le bilan ne cesse de s'alourdir
Le 11 juillet, Jorge Rodriguez, président de l'Assemblée nationale, annonçait un bilan de 4 333 morts et 16 740 blessés. Un mois plus tard, le 17 août, le décompte atteint 6 438 morts et 86 358 blessés ou hospitalisés. Plus de 16 300 personnes ont perdu leur toit, et 28 300 autres occupent des habitations devenues inhabitables. Des milliers de personnes restent portées disparues — les estimations oscillent entre 1 579, selon un gouverneur, et 41 300, selon une base de données alimentée par la population.
La cause : deux séismes jumeaux, de magnitude 7.2 puis 7.5, survenus à 30 secondes d'intervalle le 24 juin. Le premier à 18h04 heure locale, le second juste après. Les épicentres se situaient près d'Yaracuy et au large de La Guaira. Ce sont les plus puissants séismes au Venezuela depuis 1900. Plus de 1 115 répliques ont été enregistrées d'ici le 8 juillet, et les sismologues préviennent qu'elles pourraient se poursuivre trois à six mois.
La Guaira, ville fantôme
L'état de La Guaira a été dévasté. 80 % des bâtiments se sont effondrés. À l'échelle nationale, près de 200 immeubles ont été rasés. L'aéroport international Simón Bolívar est fermé jusqu'à nouvel ordre. 38 hôpitaux ont été endommagés, réduisant drastiquement leur capacité — l'hôpital Rafael Medina Jiménez est passé de 108 à 35 lits.

Les dégâts économiques sont colossaux. La Banque mondiale les estime à 19,6 milliards de dollars. L'ONU, elle, chiffre les dégâts directs sur le logement et les infrastructures à 37 milliards. Seulement 16,5 % des décombres ont été enlevés au 3 août.
Les gens aident les gens
Face à l'ampleur du désastre, les initiatives citoyennes ont surgi spontanément. Au parc Ali-Primera de Caracas, un camp s'est installé sans ordre ni système. Des affiches de personnes disparues ornent les tentes. Des dons affluent — repas chauds, tentes, matelas, couvertures, jouets pour les enfants. L'armée elle-même reconnaît la situation : « Il n'y a pas de système. Les gens s'installent où ils peuvent. »
Des étudiants universitaires et des bénévoles forment des chaînes humaines pour décharger les camions de matériel. Depuis la France, six membres de l'association Solife de Vienne se sont rendus au Venezuela pour participer aux recherches de survivants. Le Secours populaire et le Secours catholique ont lancé des opérations de solidarité. Le pays lui-même organise sa réponse — les secours au Venezuela ne datent pas d'hier. Comme le rapporte Le Monde, « ce sont les gens qui aident les gens, et ça a toujours été comme ça ».
L'aide internationale afflue, mais le pays était déjà à genoux
L'Union européenne a activé son Mécanisme de protection civile. Huit États membres — République tchèque, Espagne, Italie, France, Luxembourg, Allemagne, Portugal et Pays-Bas — ont déployé plus de 520 secouristes. Bruxelles a débloqué 20 millions d'euros d'aide humanitaire.

La France a envoyé 85 secouristes sur place, qui ont travaillé à la recherche et au déblaiement jusqu'au 4 juillet. Puis 44 tonnes d'aide humanitaire ont été livrées via la Guadeloupe : 38 tonnes d'aide d'urgence et 6 tonnes collectées auprès de la population de Martinique. La cargaison comprenait des abris, des lampes solaires et des kits d'hygiène.
Mais cette intervention arrive sur un terrain déjà miné. Avant les séismes, 8 millions de Vénézuéliens avaient déjà besoin d'aide humanitaire. Les tremblements de terre en ont ajouté 1,4 million. Le total approche désormais les 9 millions de personnes.
Un système de santé au bord de l'effondrement
Les séismes ont mis en lumière une situation économique et sociale catastrophique. Le système national d'eau potable est gravement compromis dans au moins sept états, créant un risque de maladies hydriques et respiratoires. Dans les zones les plus touchées, il manque un agent de santé pour 1 700 personnes. Plus de 20 hôpitaux font face à des pénuries sévères de fournitures. L'air, dans les zones de décombres, est devenu malsain.
Des écoles ont été transformées en abris. La nourriture, l'eau et les médicaments manquent. Dans le country club devenu hôpital de fortune, les médecins improvisent sous des tentes ce qu'ils ne peuvent plus faire dans des structures détruites. Plus de 100 répliques ont été enregistrées depuis le 28 juin, continuant de semer la panique et de freiner les opérations de secours.
Malgré le chaos, des miracles se produisent. Le 28 juin, un nourrisson a été retrouvé vivant sous les décombres. Moises, 11 ans, a été sauvé par une équipe colombienne après avoir été enseveli sous trois mètres de gravats — sa mère et sa sœur ont péri. Un autre enfant de 11 ans, Rodriguez, a été sorti vivant par une équipe mexicaine. « Les efforts de sauvetage et de récupération se poursuivent », a déclaré Delcy Rodriguez, présidente par intérim. « Nous gardons toujours l'espoir. »