Le 24 juin 2026, la terre a tremblé deux fois en 39 secondes au Venezuela, révélant au monde entier l'état de délabrement d'un pays déjà exsangue. Avec près de 3 000 morts, 50 000 disparus et des milliers de bâtiments réduits en poussière, le double séisme n'a pas seulement frappé la terre : il a pulvérisé les dernières illusions sur la solidité d'un système économique et social à l'agonie. Dans les barrios de Caracas, sur la côte de La Guaira et jusque dans les campagnes de Yaracuy, les Vénézuéliens redoutent aujourd'hui le retour des pénuries qui avaient déjà ravagé le pays entre 2016 et 2019. « J'ai peur qu'on connaisse à nouveau des pénuries », confie Doris Azuaje, habitante de la capitale, résumant l'angoisse de tout un peuple.

39 secondes et deux secousses : le jour où la terre a tremblé deux fois
Le 24 juin 2026 restera gravé dans la mémoire collective vénézuélienne comme le jour où le sous-sol du pays a libéré une violence inouïe. À 18h04 heure locale, alors que les familles s'apprêtent à dîner, un premier séisme de magnitude 7,2 secoue la région. Trente-neuf secondes plus tard, un second choc, plus puissant encore, de magnitude 7,5, achève ce que le premier avait commencé. L'enchaînement est quasi parfait : un foreshock suivi d'un mainshock qui pulvérise tous les records sismiques du pays depuis 1900.
7,2 puis 7,5 : l'enchaînement qui a tout changé
Les épicentres se situent dans la municipalité de Veroes, dans l'État de Yaracuy, à environ 200 kilomètres à l'ouest de Caracas. Le premier choc s'est produit à 20,3 kilomètres de profondeur, le second à seulement 10 kilomètres — une profondeur faible qui amplifie considérablement les dégâts en surface. La secousse a été ressentie jusqu'à Bogota, dans le nord du Brésil et aux Antilles. La faille de San Sebastián, l'une des plus actives de la région caraïbe, semble être la source des ruptures.
Le Venezuela se trouve à l'intersection de trois plaques tectoniques : sud-américaine, nord-américaine et caraïbe. Le pays possédait autrefois l'un des réseaux de surveillance sismique les plus denses d'Amérique latine. Aujourd'hui, ce réseau est lacunaire. Les chercheurs s'appuient principalement sur des données américaines et européennes pour cartographier l'activité tellurique. Cette dépendance illustre, à sa manière, l'effondrement plus large des capacités institutionnelles vénézuéliennes.
Près de 3 000 morts et 50 000 disparus : le bilan provisoire

Au 5 juillet 2026, le bilan officiel fait état de 2 954 morts, 16 592 blessés et environ 50 000 disparus selon les Nations Unies. Plus de 16 300 personnes ont perdu leur maison, et 28 300 autres vivent dans des logements rendus inhabitables. Plus de 130 répliques ont été enregistrées depuis le choc principal. Ces chiffres sont provisoires : les recherches se poursuivent, mais l'espoir de retrouver des survivants s'amenuise chaque jour.
Un homme de 43 ans, enseveli pendant huit jours dans la guérite de sécurité de l'immeuble où il travaillait à Catia La Mar, a été sauvé par des équipes venues de sept pays. Pendant plus de trois jours, les secouristes ont creusé à mains nues et avec des outils de fortune pour le libérer. Ce sauvetage, miraculeux, est devenu un symbole. Il rappelle aussi que sous chaque déblai, des milliers de familles attendent encore une réponse.
Barrios de Caracas menacent de s'effondrer : quand le séisme révèle l'état des infrastructures
Le séisme n'a pas créé la crise du logement au Venezuela : il l'a exposée au grand jour. Dans les barrios de Caracas, construits sur des pentes instables, souvent auto-construits sans aucune norme parasismique, la terre a tremblé sur des fondations qui n'attendaient que cela. Des quartiers entiers menacent aujourd'hui de s'effondrer, faute d'entretien, de contrôle technique et de matériaux adaptés.
58 870 bâtiments endommagés ou détruits : l'estimation de la NASA
Selon les données de la NASA, 58 870 bâtiments ont été endommagés ou détruits par le double séisme. Plus de 80 % de l'État de La Guaira est officiellement en état de crise. Ces chiffres donnent le vertige, mais ils cachent une réalité plus complexe : les logements les plus fragiles sont souvent ceux des quartiers les plus pauvres, ceux où les habitants n'ont pas les moyens de louer un appartement en dur ni de payer des ingénieurs pour vérifier la solidité des murs.

Les barrios de Caracas, accrochés aux collines qui entourent la capitale, sont construits avec des matériaux de récupération, sans fondations profondes. Les pentes instables sont un piège géologique que le séisme a déclenché. Aujourd'hui, des glissements de terrain menacent d'emporter des quartiers entiers, transformant une catastrophe ponctuelle en crise durable.
« Je vends des vêtements dans la rue, mon loyer est de 300 dollars » : le quotidien de Doris Azuaje
Doris Azuaje habite La Bombilla, un quartier populaire de Caracas. Elle vend des vêtements de manière informelle dans la rue. Avec son mari, elle gagne environ 1 000 dollars par mois. Leur loyer est de 300 dollars — une somme énorme pour un couple qui vit au jour le jour. Le séisme a détruit leur logement et une partie du stock de vêtements qu'elle comptait vendre pendant la saison des pluies.

Depuis le 24 juin, Doris est hébergée chez sa cousine, dans un deux-pièces déjà surpeuplé. Elle ne sait pas si elle pourra reconstruire, ni comment. Les matériaux de construction ont flambé depuis le séisme : le sac de ciment coûte désormais l'équivalent de 50 dollars, quand on en trouve. Sans aide extérieure, la reconstruction est impossible. « Avec ce séisme, j'ai peur qu'on connaisse à nouveau des pénuries », confie-t-elle, les yeux rivés sur les informations qui défilent à la télévision de sa cousine.
La colère contre les autorités locales
Dans les zones sinistrées, la colère monte. Les habitants de La Guaira, ville côtière au nord de Caracas, reprochent aux élus locaux leur absence et le manque de moyens pour organiser les secours. Les témoignages recueillis par les journalistes sur place décrivent des familles creusant les décombres à mains nues, sans équipement, sans soutien. « Beaucoup de secouristes sont repartis sans nous aider », raconte une mère de famille à Catia La Mar.
Cette colère s'ajoute à la défiance envers la mainmise des États-Unis sur le pétrole vénézuélien. Le pays, qui possède les plus grandes réserves prouvées de pétrole brut au monde, voit une partie de ses revenus pétroliers échapper à son contrôle via les sanctions et les mécanismes de redistribution imposés par Washington. Un ressentiment qui, dans le contexte du séisme, prend une dimension nouvelle : comment reconstruire quand les ressources du pays sont verrouillées ?
Pénuries alimentaires et médicaments : le spectre de 2018 resurgit
Le séisme a coupé les réseaux vitaux. Les routes sont fissurées, les ponts effondrés, les lignes électriques arrachées. Dans l'État de La Guaira, les communications sont en grande partie coupées depuis le 24 juin. L'eau potable est rationnée, l'essence introuvable, les hôpitaux de campagne manquent de matériel. Et dans ce chaos, les pénuries alimentaires, que le pays avait connues entre 2016 et 2019, menacent de revenir en force.
« Pénuries alimentaires généralisées, services de base effondrés » : le cri d'alarme de l'ONU

Le rapport des Nations Unies daté du 30 juin au 1er juillet 2026 est sans appel. Dans l'État de La Guaira, les « pénuries alimentaires généralisées », les « services de base effondrés » et les communications en grande partie coupées créent une situation humanitaire critique. Le Programme alimentaire mondial a lancé un appel de 50 millions de dollars pour nourrir 500 000 personnes pendant trois mois. Mais les fonds tardent à arriver, et les organisations humanitaires peinent à accéder aux zones les plus reculées.
Ces pénuries ne sont pas une surprise pour les Vénézuéliens. Entre 2016 et 2019, le pays avait déjà connu une grave crise alimentaire, avec des files d'attente de plusieurs heures pour un morceau de pain, des étals vides dans les supermarchés, et une malnutrition infantile qui avait explosé. Le séisme a tout empiré : les routes coupées empêchent l'approvisionnement, les entrepôts ont été endommagés, et la spéculation fait flamber les prix.
Raoni Izaguirre : « nous y consacrons tout le temps qu'il faut » – les files d'attente de six heures
Raoni Izaguirre, 27 ans, habite à La Guaira. Depuis le séisme, il passe six heures par jour dans les files d'attente. Six heures pour obtenir cinq litres d'eau potable. Six heures pour faire le plein d'essence, quand la station-service n'est pas à sec. Six heures pour acheter de la farine, du riz, des haricots. « Nous y consacrons tout le temps qu'il faut », dit-il, sans amertume, comme une constatation. Le temps est devenu la seule ressource abondante dans un pays où tout manque.
Les points d'eau potable sont pris d'assaut dès l'aube. Les stations-service, quand elles sont approvisionnées, voient des files de voitures et de motos s'étendre sur plusieurs kilomètres. Les hôpitaux de campagne, installés à la hâte, manquent de gants, de seringues, d'antibiotiques. Les communications restent coupées dans de nombreuses zones, compliquant l'organisation des secours et la coordination des volontaires.
Hyperinflation à 629 % : pourquoi le dollar ne suffit plus

Le contexte économique est catastrophique. Le Fonds monétaire international prévoit une inflation annuelle de 548 % pour 2025 et de 629 % pour 2026. En 2018, l'inflation avait atteint 130 060 %. Le PIB du Venezuela s'est effondré de 47,6 % entre 2013 et 2018. Même les prix en dollars, qui semblaient stabiliser l'économie après la dollarisation partielle de 2019, augmentent désormais.
Ce phénomène est nouveau : jusqu'ici, les prix en dollars restaient relativement stables, permettant à ceux qui gagnaient des devises étrangères (via l'informel, les envois de fonds ou les activités liées au pétrole) de survivre. Aujourd'hui, même cette bouée de sauvetage se fissure. Le séisme a fait flamber les prix des produits de première nécessité : un sac de riz qui coûtait 5 dollars avant le 24 juin en vaut désormais 12. Une bouteille d'huile de cuisine est passée de 3 à 8 dollars. Pour des millions de Vénézuéliens qui vivent avec moins de 200 dollars par mois, cette inflation en dollars est une condamnation.
Survivre après le séisme : les jeunes Vénézuéliens inventent la solidarité de quartier
Face à l'effondrement des services publics et à l'absence de réponse coordonnée de l'État, ce sont les jeunes qui prennent les choses en main. Dans les quartiers sinistrés, ils organisent des brigades médicales, des cuisines collectives, des réseaux de troc. La solidarité de quartier devient la seule bouée de sauvetage.
Nataly Cardona, 24 ans : camper dans la rue et compter sur les voisins
Nataly Cardona a 24 ans. Elle habite un petit appartement à Caracas, dans un immeuble qui a perdu un mur entier lors du second séisme. Depuis le 24 juin, elle campe dans la rue, avec une dizaine de voisins. « Sans cela, je ne sais pas comment nous ferions », confie-t-elle. Les voisins se partagent la nourriture, l'eau, les tentes. Certains ont perdu leur logement, d'autres leurs moyens de transport. Tous sont dans l'incertitude la plus totale.
Nataly explique que les jeunes sont souvent les plus actifs dans l'organisation. Ce sont eux qui montent la garde la nuit, qui partent chercher de l'eau à l'aube, qui coordonnent les livraisons de vêtements et de couvertures. Une génération qui n'a connu que la crise a développé des réflexes de survie que les plus âgés n'ont pas toujours.
Aysmar López cuisine et livre des repas : « Je culpabilise de manger »
Aysmar López a transformé sa cuisine en cantine de quartier. Chaque jour, elle prépare des repas pour une quarantaine de personnes : des voisins, des familles sinistrées, des personnes âgées qui ne peuvent plus se déplacer. Elle achète les ingrédients sur les marchés informels, avec l'argent qu'elle reçoit de ses proches à l'étranger. « Je culpabilise de manger car, à chaque fois, je me dis qu'il y a quelqu'un qui n'a rien à manger », dit-elle, les yeux humides.
Ce sentiment de culpabilité est partagé par beaucoup. Manger est devenu un acte moralement ambigu : chaque repas pris est un repas qu'un autre n'aura pas. Aysmar insiste sur le fait que cuisiner pour les autres est aussi une façon de garder le moral. « Quand je cuisine, j'ai l'impression d'être utile. Ça m'empêche de pleurer. »
La Brigade Rose : quand une jeune médecin de 30 ans organise les secours

Kerlis Artigas, 30 ans, est médecin interniste. Après le séisme, elle a formé la « Brigade Rose », un réseau de volontaires qui distribue des médicaments et prodigue les premiers soins dans les zones sinistrées. Elle mobilise des volontaires via WhatsApp, coordonne les dons venus de l'étranger, établit des priorités en fonction des besoins. « Il n'y a pas d'ambulances, pas de service public, alors on fait avec ce qu'on a », explique-t-elle.
La Brigade Rose est typique des initiatives qui fleurissent dans tout le pays : spontanées, décentralisées, sans soutien institutionnel. Des groupes WhatsApp de quartier se sont formés pour organiser le covoiturage, le ramassage des déchets, la distribution de repas. Des réseaux de troc émergent : on échange un bidon d'essence contre de la farine, des vêtements contre des médicaments. Dans le country club devenu hôpital de fortune après le séisme, des médecins bénévoles opèrent sous des tentes avec du matériel de récupération. Cette débrouille collective montre une société qui refuse de plier, même quand tout semble perdu.
« J'ai peur qu'on connaisse à nouveau des pénuries » : la crainte d'un effondrement total
La phrase que Doris Azuaje a lancée à la journaliste Anne Vigna, dans un article du Monde publié le 5 juillet 2026, est devenue le cri de ralliement de tout un pays. « J'ai peur qu'on connaisse à nouveau des pénuries. » Cette peur est le sentiment dominant chez les Vénézuéliens, qui ont déjà vécu les pires heures de la crise entre 2016 et 2019.
Doris Azuaje : « avec ce séisme, j'ai peur qu'on connaisse à nouveau des pénuries »
Doris Azuaje se souvient des pénuries de 2018. Pas d'eau pendant des semaines. Des coupures d'électricité qui duraient 12 heures par jour. Des hôpitaux sans médicaments, des pharmacies sans aspirine. La faim, surtout, une faim qui rongeait les enfants et les vieux. « On pensait que c'était fini, que le pire était derrière nous », raconte-t-elle. « Et puis ce séisme est arrivé. »
Cette peur est partagée par beaucoup, notamment les jeunes qui n'ont connu que la crise. Pour eux, la vie au Venezuela a toujours été une lutte. Le séisme n'a fait qu'ajouter une couche de difficulté à un quotidien déjà fragile. La question qui revient sans cesse dans les conversations de rue est simple : comment allons-nous faire ?
L'exode qui s'accélère : quitter le Venezuela ou rester ?
Avant le séisme, plus de 7 millions de Vénézuéliens avaient déjà quitté le pays depuis 2014. Le double tremblement de terre risque d'accélérer cet exode. Les ONG comme Provea signalent une hausse des départs vers la Colombie, le Pérou et l'Europe. Les files d'attente aux postes-frontières s'allongent chaque jour.
Mais certains choisissent de rester. Par attachement au pays, par manque de moyens pour partir, ou parce que leurs compétences sont nécessaires sur place. Kerlis Artigas, la médecin de la Brigade Rose, a décidé de rester : « Si je pars, qui soignera les gens ? » D'autres, comme Raoni Izaguirre, n'ont tout simplement pas les moyens de payer un passeport, un visa, un billet d'avion. Pour eux, rester n'est pas un choix : c'est une contrainte.
Le paysage économique après le choc : reconstruction impossible sans aide
Reconstruire 58 870 bâtiments nécessiterait des milliards de dollars. Le Venezuela n'a pas cette somme. Les sanctions américaines et la mainmise des États-Unis sur le pétrole vénézuélien compliquent l'accès aux financements internationaux. Le FMI et l'ONU lancent des appels aux dons, mais les fonds tardent à arriver. L'hyperinflation rend tout achat de matériaux quasi impossible pour les particuliers.
La question de la reconstruction n'est pas seulement technique : elle est politique. Qui paiera ? Les compagnies pétrolières étrangères qui exploitent le brut vénézuélien ? Les organisations internationales ? L'État, qui n'a plus les moyens de ses ambitions ? Autant de questions sans réponse, alors que les Vénézuéliens continuent de camper dans les rues, sous des tentes de fortune, en attendant des jours meilleurs.
Et en France ? Ce que la crise vénézuélienne dit de notre propre fragilité
Cette histoire se déroule à 8 000 kilomètres de Paris, mais elle n'est pas sans écho pour les jeunes Français. La précarité, l'effondrement des services publics, la dépendance aux réseaux de solidarité : ces réalités ne sont pas propres au Venezuela. Elles peuvent aussi toucher des pays riches en cas de choc majeur.
Des barrios aux banlieues : quand les infrastructures craquent
Les barrios de Caracas menacent de s'effondrer parce qu'ils ont été construits sans normes, sans contrôle, sans entretien. En France, le parc immobilier vieillit aussi : des immeubles entiers sont fragilisés par le manque d'entretien, des copropriétés sont en souffrance, des banlieues entières concentrent des logements énergivores et vétustes. Sans faire d'amalgame, la fragilité des infrastructures est une donnée commune.
Un séisme comme celui du Venezuela, s'il survenait en France, mettrait en lumière des fragilités que l'on préfère ignorer : le manque de rénovation, la concentration de logements précaires, l'absence de plans d'urgence adaptés aux quartiers les plus pauvres. La résilience face aux catastrophes dépend de la solidité des infrastructures publiques, et cette solidité n'est pas acquise.
La solidarité de quartier, une réponse universelle
Les initiatives vénézuéliennes — la Brigade Rose, les groupes WhatsApp, les cuisines collectives, le troc — trouvent des équivalents en France. Les épiceries solidaires, les réseaux d'entraide de quartier, les collectifs citoyens qui organisent des maraudes ou des distributions alimentaires : ces pratiques existent déjà, portées par la même logique de débrouille et de solidarité.
Dans les moments de crise, ce sont souvent les communautés locales qui prennent le relais des services publics défaillants. Au Venezuela comme en France, cette solidarité de proximité est précieuse, mais elle ne peut pas tout. Elle ne remplace ni les hôpitaux, ni les écoles, ni les routes.
Ce que le séisme vénézuélien nous apprend sur la précarité
Le Venezuela est un cas extrême, sans aucun doute. Mais la fragilité des systèmes — économique, social, énergétique — n'est jamais très loin. Pour un jeune Français, l'histoire vénézuélienne peut résonner avec ses propres angoisses : l'inflation qui rogne le pouvoir d'achat, la difficulté à se loger, l'incertitude climatique qui s'installe.
L'affaire des otages français au Venezuela, dont Julien Février a été libéré après 15 mois de détention, montre aussi combien les relations entre les deux pays sont complexes et tendues. Chaque crise vénézuélienne a des répercussions sur les ressortissants français et sur la perception que nous avons de ce pays, trop souvent réduit à ses clichés.
Conclusion : un pays à reconstruire, une jeunesse qui tient debout
Le séisme du 24 juin 2026 a révélé une situation catastrophique. Mais il a aussi montré une société qui refuse de baisser les bras, portée par sa jeunesse et par une solidarité de tous les instants.
Résilience au quotidien : « on n'a pas le choix, alors on invente »
Nataly Cardona, Aysmar López, Kerlis Artigas, Raoni Izaguirre : ces visages sont ceux d'une génération qui n'a connu que la crise et qui, pourtant, continue d'avancer. « On n'a pas le choix, alors on invente », résume l'une d'elles. Le séisme n'a pas brisé l'esprit de solidarité, au contraire. Les cuisines collectives, les brigades médicales, les files d'attente organisées : tout cela témoigne d'une capacité d'adaptation hors du commun.
Un avenir incertain, mais des leçons à retenir
Le Venezuela devra reconstruire ses infrastructures et son économie. Les milliards de dollars nécessaires ne sont pas au rendez-vous, les institutions sont affaiblies, l'émigration vide le pays de ses forces vives. Mais les initiatives citoyennes montrent que la société civile est prête à prendre le relais.
Pour le lecteur français, cette histoire est un rappel que la solidarité et l'organisation locale peuvent faire la différence face à l'effondrement. Le séisme a mis en lumière une situation catastrophique, mais aussi des hommes et des femmes qui refusent de baisser les bras. Et c'est peut-être, dans l'obscurité de cette catastrophe, la seule lumière qui compte.