Ahmad Vahidi s'adressant à la presse avec l'emblème de l'Iran en arrière-plan.
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Suspecté de plusieurs attentats, Ahmad Vahidi, le nouveau chef des gardiens de la révolution iraniens

Après 125 jours de silence, Ahmad Vahidi, le nouveau chef des Gardiens de la révolution, réapparaît aux funérailles de Khamenei.

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L'apparition qui révèle le nouveau maître de Téhéran

Cent vingt-cinq jours de silence. Puis, soudain, une silhouette en uniforme apparaît devant le cercueil de l'ayatollah Ali Khamenei, exposé à la grande mosquée Mosalla de Téhéran. Ahmad Vahidi, 68 ans, n'avait pas été vu en public depuis sa nomination à la tête des Gardiens de la révolution islamique le 28 février 2026. Ce 3 juillet, il a brisé son mutisme dans des circonstances que rien n'aurait pu rendre plus dramatiques.

Ahmad Vahidi s'adressant à la presse avec l'emblème de l'Iran en arrière-plan.
Ahmad Vahidi s'adressant à la presse avec l'emblème de l'Iran en arrière-plan. — (source)

La guerre entre Téhéran, Jérusalem et Washington, déclenchée fin février, a déjà emporté plusieurs figures majeures du régime. Le Guide suprême Khamenei lui-même a été tué par une frappe israélo-américaine. Le prédécesseur de Vahidi, Mohammad Pakpour, est mort au premier jour du conflit. Dans ce contexte, l'apparition du nouveau commandant en chef des Gardiens n'est pas un simple fait divers : c'est un message politique adressé à l'Iran et au monde.

125 jours sans une apparition publique : le silence stratégique d'un commandant en guerre

Pourquoi Vahidi s'est-il terré pendant quatre mois ? Les hypothèses sont nombreuses, mais une certitude émerge : ce silence était une arme. En temps de guerre, chaque déplacement d'un haut dirigeant iranien peut être repéré, ciblé, anéanti. Les frappes israéliennes et américaines ont décapité une partie de l'appareil militaire iranien. Vahidi a choisi de ne pas offrir de cible.

Ahmad Vahidi, l'un des nouveaux visages du régime iranien.
Ahmad Vahidi, l'un des nouveaux visages du régime iranien. — (source)

Mais le calcul va plus loin. Ces 125 jours ont permis à Vahidi de consolider son pouvoir en interne. La purge des éléments jugés peu fiables au sein des Gardiens a commencé dès mars. Des commandants régionaux ont été remplacés, des unités entières réorganisées. Le nouveau chef a aussi dû gérer la transition brutale après la mort de Khamenei, dont l'autorité tenait le régime depuis 1989. Sans Guide suprême, qui commande réellement ? Vahidi semble avoir choisi de répondre par les actes plutôt que par les discours.

Le silence, dans la culture militaire iranienne, n'est pas un signe de faiblesse. Il peut être lu comme une démonstration de discipline et de maîtrise. Vahidi a laissé ses adversaires spéculer, douter, s'interroger. Pendant ce temps, il tissait sa toile.

Funérailles et fanatisme : le cercueil du Guide suprême comme première scène

La scène du 3 juillet à la mosquée Mosalla est chargée de symboles. Vahidi n'a pas prononcé un mot. Il s'est tenu près du cercueil de Khamenei, le visage fermé, le regard fixe. Puis il a salué les dignitaires présents, serré des mains, échangé des regards entendus. Aucun discours, aucune déclaration à la presse. Mais le message était limpide : me voici.

Ahmad Vahidi, nouveau commandant des Gardiens de la Révolution, dans une scène théâtrale ou cinématographique.
Ahmad Vahidi, nouveau commandant des Gardiens de la Révolution, dans une scène théâtrale ou cinématographique. — (source)

En apparaissant aux funérailles de celui qui a fait de lui l'un des piliers du régime, Vahidi se pose en héritier. Il n'est pas seulement le chef des Gardiens : il est le gardien de la révolution, le continuateur de l'œuvre de Khamenei. Cette apparition scelle son statut de nouveau maître de l'armée idéologique iranienne.

Les funérailles du Guide suprême, qui s'étendent sur six jours, sont l'occasion pour le régime de montrer qu'il tient encore debout. La présence de Vahidi, aux côtés des autres dirigeants survivants, est un message de continuité. Mais pour ceux qui connaissent son histoire, cette image a une résonance plus inquiétante. L'homme qui se tient près du cercueil est celui que plusieurs gouvernements accusent d'avoir organisé des attentats ayant tué des centaines de personnes.

De Shiraz à Beyrouth : l'ascension d'un pilier de la Force Qods

Ahmad Vahidi est né le 27 juin 1958 à Shiraz, dans le centre de l'Iran. Son nom de naissance, Vahid Shahcheraghi, a été changé après la révolution islamique, comme pour de nombreux cadres du nouveau régime. Étudiant en génie électronique à l'université, il rejoint les Gardiens de la révolution dès leur fondation en 1980. Il a alors 22 ans.

Ahmad Vahidi en uniforme des Gardiens de la révolution.
Ahmad Vahidi en uniforme des Gardiens de la révolution. — (source)

La guerre Iran-Irak, qui dure de 1980 à 1988, est le creuset où se forgent les carrières militaires iraniennes. Vahidi y gravit rapidement les échelons. Il devient directeur adjoint du renseignement militaire des Gardiens en 1985, puis directeur en 1988. Mais c'est à l'étranger qu'il va véritablement faire ses preuves.

Ingénieur électronique, co-fondateur des Gardiens et architecte du Hezbollah libanais

En 1982, en pleine guerre civile libanaise, Vahidi se rend à Beyrouth. Il participe activement à la fondation du Hezbollah, le parti de Dieu. Ce mouvement chiite libanais, soutenu par l'Iran, deviendra l'un des proxies les plus efficaces de Téhéran. Vahidi ne se contente pas d'observer : il contribue à structurer l'organisation, à former ses cadres, à établir ses réseaux.

Ahmad Vahidi, nouveau commandant des Gardiens de la révolution, devant le drapeau iranien.
Ahmad Vahidi, nouveau commandant des Gardiens de la révolution, devant le drapeau iranien. — (source)

Ce séjour au Liban est fondateur à plusieurs titres. Il permet à Vahidi de tisser des liens personnels avec les futurs dirigeants du Hezbollah, des relations qui dureront des décennies. Il lui donne aussi une expérience directe du terrorisme comme outil politique. Les attentats du 23 octobre 1983, qui visent les forces américaines et françaises à Beyrouth, portent sa marque.

Vahidi n'est pas un bureaucrate de bureau. C'est un homme de terrain, capable de planifier des opérations complexes et de coordonner des réseaux transnationaux. Cette expertise, il va la mettre au service de la Force Al-Qods, dont il devient le fondateur et le premier commandant.

1988-1997 : la création du Quds Force, machine à exporter la révolution

En 1988, avec le soutien direct de Khamenei, Vahidi consolide les unités éparses des Gardiens pour fonder la Force Al-Qods, la branche des opérations extérieures. Il en est le premier commandant. Sous sa direction, cette unité d'élite déploie ses premiers réseaux à l'international.

Le premier déploiement majeur de la Force Qods a lieu en Bosnie, pendant la guerre des Balkans. Vahidi y envoie des conseillers militaires et des armes pour soutenir les musulmans bosniaques. Mais c'est au Soudan qu'il noue une alliance plus trouble : avec Al-Qaida, le réseau d'Oussama ben Laden. Les documents déclassifiés montrent que Vahidi a établi une coopération tactique avec les djihadistes dans les années 1990, échangeant armes et renseignements.

Vahidi commande la Force Qods jusqu'en 1997. Il pose les bases opérationnelles que son successeur, Qassem Soleimani, industrialisera à partir des années 2000. Soleimani deviendra une figure célèbre, presque mythique, du régime iranien. Mais c'est Vahidi qui a bâti la machine.

58 soldats français à Beyrouth, 85 morts à Buenos Aires : les attentats qui le poursuivent

Si Ahmad Vahidi est aujourd'hui l'un des hommes les plus recherchés au monde, ce n'est pas pour ses talents d'administrateur. C'est parce que son nom est associé à deux des attentats les plus meurtriers de la fin du XXe siècle. Les enquêtes internationales le désignent comme l'un des commanditaires de ces attaques.

Portrait d'Ahmad Vahidi en tenue civile, 2022.
Portrait d'Ahmad Vahidi en tenue civile, 2022. — (source)

« Drakkar » 1983 : la pire perte de l'armée française depuis 1945

Le 23 octobre 1983, à Beyrouth, deux camions piégés explosent presque simultanément. Le premier vise le quartier général des Marines américains : 241 soldats américains meurent. Le second pulvérise l'immeuble Drakkar, qui abrite les parachutistes français : 58 soldats français sont tués. C'est la perte la plus lourde pour l'armée française en opération depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Vahidi, alors chef du renseignement des Gardiens, est cité par les enquêtes comme l'un des organisateurs de ces attentats. Les rescapés français décrivent une scène d'apocalypse : l'immeuble de six étages s'effondre en quelques secondes, ensevelissant les soldats sous les décombres. Aucun procès n'a jamais eu lieu. Les commanditaires n'ont jamais été jugés.

Pour la France, le nom de Vahidi reste associé à cette tragédie. Les familles des victimes attendent toujours des comptes. Mais l'homme qui a planifié l'attentat est devenu ministre de la Défense iranien, puis ministre de l'Intérieur, et désormais chef des Gardiens.

L'AMIA 1994 : l'architecte présumé de l'attentat antisémite le plus meurtrier après 1945

Le 18 juillet 1994, un fourgon piégé explose devant le siège de l'AMIA, la mutuelle juive de Buenos Aires. L'attentat fait 85 morts et plus de 300 blessés. C'est l'attaque antisémite la plus meurtrière depuis la Seconde Guerre mondiale.

À l'époque, Vahidi commande la Force Qods. Le procureur argentin Alberto Nisman, qui a enquêté sur l'attentat pendant des années, conclut en 2006 que l'attaque a été « discutée et adoptée par consensus au plus haut niveau du gouvernement iranien ». La justice argentine a émis des mandats d'arrêt contre neuf Iraniens, dont Vahidi.

En avril 2024, alors que Vahidi est ministre de l'Intérieur, l'Argentine renouvelle sa demande d'arrestation via Interpol. Vahidi se trouve alors au Sri Lanka, en visite officielle. Il rentre à Téhéran sans être inquiété. La souveraineté iranienne protège ses hauts dirigeants des poursuites internationales.

La notice rouge d'Interpol : l'impunité d'un haut dirigeant d'État

Depuis novembre 2007, Ahmad Vahidi est visé par une notice rouge d'Interpol à la demande de l'Argentine. Cette notice, qui demande l'arrestation provisoire de la personne en vue d'une extradition, n'a jamais été exécutée. Pourquoi ? Parce que Vahidi ne voyage que dans des pays qui ne l'extraderont pas, ou parce qu'il bénéficie de l'immunité diplomatique.

Le paradoxe est saisissant. Un homme recherché pour terrorisme devient ministre de la Défense en 2009, ministre de l'Intérieur en 2021, et commandant en chef des Gardiens en 2026. Chaque promotion est un pied de nez à la justice internationale. Les mandats d'arrêt, les notices rouges, les sanctions : rien n'entrave sa carrière.

Vahidi voyage-t-il encore ? Oui. En 2024, il s'est rendu au Pakistan et au Sri Lanka sans être arrêté. La coopération judiciaire internationale bute sur la souveraineté des États et sur l'absence de volonté politique. L'homme qui a planifié des attentats meurtriers continue de se déplacer librement, protégé par le régime qu'il sert.

L'homme qui a noyé « Femme, Vie, Liberté » dans le sang

Les crimes de Vahidi ne se limitent pas à l'étranger. À l'intérieur de l'Iran, son passage au ministère de l'Intérieur a laissé des traces indélébiles. C'est sous sa tutelle que la répression du mouvement « Femme, Vie, Liberté » a atteint des sommets de violence.

Ministre de l'Intérieur : le visage de la répression post-Mahsa Amini

Le 13 septembre 2022, Mahsa Amini, une jeune femme kurde de 22 ans, est arrêtée par la police des mœurs pour « port de voile inapproprié ». Elle meurt trois jours plus tard dans des circonstances troubles. Sa mort déclenche un mouvement de protestation d'une ampleur inédite en Iran.

Vahidi, alors ministre de l'Intérieur, supervise personnellement la répression. Les forces de sécurité tirent sur les manifestants, les arrestations se comptent par milliers. Plus de 500 personnes sont tuées, des milliers d'autres emprisonnées. Vahidi ne montre aucun signe de faiblesse. Il qualifie les appels à retirer le voile de « plan colonial » visant à affaiblir la République islamique.

La répression ne se limite pas à la violence physique. Vahidi ordonne la coupure d'Internet pour empêcher la coordination des manifestants et la diffusion des images. Les réseaux sociaux sont bloqués, les applications de messagerie chiffrées interdites. L'information est verrouillée.

Sanctions internationales : un paria sous embargo qui accède au sommet militaire

En octobre 2022, les États-Unis sanctionnent Vahidi pour « violations des droits humains, coupure d'Internet et violence contre les manifestants pacifiques ». L'Union européenne suit quelques mois plus tard. Ces sanctions gèlent ses avoirs éventuels et lui interdisent de voyager en Europe et aux États-Unis.

Mais ces mesures n'ont aucun effet sur sa carrière. Être sanctionné par l'Occident est presque un badge d'honneur dans le système iranien. Vahidi continue d'exercer ses fonctions, puis est promu à la tête des Gardiens. Les sanctions, censées isoler les responsables, n'ont fait que renforcer sa position.

La question se pose : à quoi servent les sanctions si elles n'empêchent pas un homme comme Vahidi d'accéder au sommet de l'appareil militaire iranien ? La réponse est amère : elles sont un outil de pression diplomatique, pas une solution miracle. Sans coopération des autres États, sans volonté politique de les faire respecter, les sanctions restent des symboles.

L'empire économique des Gardiens : qui paie la guerre de Vahidi ?

Derrière l'uniforme et les discours idéologiques, les Gardiens de la révolution sont aussi une machine économique. Ahmad Vahidi, en prenant leur tête, hérite d'un empire qui contrôle entre 20 et 30 % de l'économie iranienne. Comprendre cet aspect est essentiel pour saisir la véritable nature du régime.

Le Quds Force, une multinationale de l'ombre qui finance le chaos

La Force Qods, que Vahidi a fondée, n'est pas qu'une unité militaire. C'est aussi une banque offshore, un réseau de blanchiment d'argent et un service d'approvisionnement en armes qui contourne les sanctions internationales. Sous Vahidi, elle a établi des alliances avec des cartels de la drogue et des réseaux criminels pour financer ses proxies.

Le cas récent de la menace contre Goldman Sachs à Paris illustre cette mainmise financière. Une enquête a révélé que des réseaux liés aux Gardiens planifiaient des actions contre des institutions financières occidentales. L'affaire, qui a fait l'objet d'une enquête approfondie, montre que les Gardiens utilisent leur puissance économique pour déstabiliser leurs adversaires.

Le financement du terrorisme n'est pas un effet secondaire de l'activité des Gardiens : c'est l'un de leurs modèles économiques. Les armes, les explosifs, les faux papiers, les filières de passeurs : tout cela coûte de l'argent. Et cet argent, les Gardiens le trouvent dans les trafics les plus lucratifs.

Main basse sur le PIB iranien : le coût d'opportunité pour la population

Les Gardiens de la révolution contrôlent des secteurs entiers de l'économie iranienne : construction, pétrole, télécommunications, banques, contrebande. Ils possèdent des entreprises, des ports, des aéroports. Leur empire économique est évalué à plusieurs dizaines de milliards de dollars.

Pendant que l'économie civile s'effondre, l'empire des Gardiens prospère. L'inflation dépasse les 50 %, le chômage des jeunes frôle les 30 %, les pénuries de médicaments et de produits de première nécessité sont quotidiennes. Mais les Gardiens, eux, continuent d'importer des biens de luxe, de construire des complexes immobiliers, de financer des guerres à l'étranger.

Le véritable coût de la guerre de Vahidi est payé par la population iranienne. Chaque missile tiré, chaque proxy armé, chaque opération clandestine est financé par l'austérité imposée au peuple. Les sanctions internationales, censées frapper le régime, touchent d'abord les plus vulnérables. Les Gardiens, eux, ont les moyens de contourner les restrictions.

Vahidi, une menace directe pour la France et l'Europe ?

L'article 125 jours de silence de Vahidi n'est pas un simple fait divers iranien. Il a des implications directes pour la sécurité de la France et de l'Europe. L'homme qui vient de prendre la tête des Gardiens a déjà frappé le sol français à plusieurs reprises.

Du Drakkar (1983) aux cellules dormantes de 2026 : le spectre du Hezbollah en Europe

Vahidi a co-fondé le Hezbollah en 1982 et supervisé l'attentat du Drakkar en 1983. Aujourd'hui, le Hezbollah dispose de cellules dormantes en Europe : trafics de stupéfiants, financement illicite, planification d'attentats. La nomination de Vahidi peut être lue comme un signal : l'Iran re-protège ses réseaux terroristes historiques.

L'enquête sur la menace contre Goldman Sachs à Paris a révélé que des agents liés aux Gardiens opéraient sur le territoire français. Les services de renseignement européens surveillent de près ces réseaux, mais leur capacité d'action est limitée par les contraintes juridiques et politiques.

La guerre entre l'Iran et les États-Unis, qui se déroule actuellement au Moyen-Orient, pourrait avoir des répercussions en Europe. Les cellules dormantes du Hezbollah, activées sur ordre de Téhéran, pourraient passer à l'action. Vahidi, qui connaît chaque rouage de cette organisation, est l'homme qui peut donner l'ordre.

Nucléaire iranien, otages et influence au Liban : les trois dossiers chauds pour Paris

Sur le nucléaire, Vahidi a prévenu qu'Israël « tirerait son dernier souffle » en cas d'attaque contre les installations iraniennes. Cette menace, proférée alors qu'il était ministre de la Défense, prend une dimension nouvelle maintenant qu'il commande les Gardiens. La France, membre permanent du Conseil de sécurité, est directement concernée par la prolifération nucléaire.

Sur les otages français détenus en Iran, l'arrivée de Vahidi complique toute négociation. Plusieurs ressortissants français sont emprisonnés à Téhéran, utilisés comme monnaie d'échange dans les tractations diplomatiques. Vahidi, qui a supervisé la répression du mouvement « Femme, Vie, Liberté », n'est pas connu pour sa flexibilité.

Sur le Liban, Vahidi est chez lui. Il connaît chaque rouage du Hezbollah et du système politique libanais. La France, puissance historique au Liban, voit son influence directement menacée par la nomination de cet homme. Les relations entre Paris et Beyrouth, déjà complexes, pourraient se détériorer encore.

La rumeur de la mort de Netanyahu, qui a circulé sur X et a été rapidement démentie, illustre la guerre informationnelle que mène l'Iran. Cette intoxication montre que Téhéran utilise tous les moyens, y compris les fake news, pour déstabiliser ses adversaires.

Conclusion : Vahidi, le choix de la fuite en avant ?

Ahmad Vahidi n'est pas un homme nouveau dans le paysage iranien. Il est le produit d'un système qui a fait du terrorisme, de la répression et de l'économie de guerre les piliers de sa survie. En le nommant à la tête des Gardiens, le régime a choisi la continuité la plus dure.

Mais cette continuité est-elle viable ? L'Iran est en guerre, son Guide suprême est mort, son économie est exsangue. Vahidi, l'homme des attentats historiques, le répresseur de l'intérieur, le chef de l'empire économique des Gardiens, doit maintenant naviguer dans des eaux que même Khamenei n'avait pas connues.

Les 125 jours de silence de Vahidi pourraient être le signe d'une prudence tactique. Mais ils pourraient aussi révéler une faiblesse : l'incapacité à prendre la parole, à rassurer, à mobiliser. Le nouveau chef des Gardiens est un homme de l'ombre, pas un tribun. Dans une guerre où l'information est une arme, ce silence pourrait être fatal.

L'Iran s'est choisi un chef à son image : dur, impitoyable, mais peut-être trop isolé pour survivre. Vahidi est le produit d'un régime qui a réussi à se maintenir pendant des décennies en jouant sur tous les tableaux. Mais la guerre actuelle, la mort de Khamenei, les sanctions et la colère populaire créent une équation que même le « dur des durs » pourrait ne pas résoudre.

La question n'est plus de savoir qui est Ahmad Vahidi. La question est de savoir jusqu'où il est prêt à aller pour défendre un système qui vacille. Et si, au bout du chemin, il reste quelque chose à défendre.

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Questions fréquentes

Qui est Ahmad Vahidi, nouveau chef des Gardiens ?

Ahmad Vahidi, 68 ans, a été nommé le 28 février 2026 à la tête des Gardiens de la révolution islamique. Ancien fondateur de la Force Al-Qods, il est recherché par Interpol pour son rôle présumé dans les attentats du Drakkar (1983) et de l'AMIA (1994).

Pourquoi Vahidi est-il resté silencieux 125 jours ?

Vahidi est resté sans apparition publique pendant 125 jours pour éviter d'être ciblé par des frappes israélo-américaines. Ce silence stratégique lui a aussi permis de consolider son pouvoir en interne en purgeant les éléments jugés peu fiables au sein des Gardiens.

Quels attentats sont liés à Ahmad Vahidi ?

Ahmad Vahidi est accusé d'avoir organisé l'attentat du Drakkar à Beyrouth en 1983 (58 soldats français tués) et celui de l'AMIA à Buenos Aires en 1994 (85 morts). Il est visé par une notice rouge d'Interpol depuis 2007.

Quel est le rôle de Vahidi dans la répression en Iran ?

En tant que ministre de l'Intérieur, Vahidi a supervisé la répression du mouvement 'Femme, Vie, Liberté' après la mort de Mahsa Amini en 2022. Plus de 500 personnes ont été tuées et des milliers arrêtées sous son autorité.

Quel empire économique contrôlent les Gardiens iraniens ?

Les Gardiens de la révolution contrôlent entre 20 et 30 % de l'économie iranienne, incluant la construction, le pétrole et les télécommunications. La Force Qods, fondée par Vahidi, finance ses opérations via des trafics et du blanchiment d'argent.

Sources

  1. [PDF] Iran's Foreign and Defense Policies - Congress.gov · congress.gov
  2. Guerre en Iran : Le chef des Gardiens de la révolution, Ahmad ... · 20minutes.fr
  3. bfmtv.com · bfmtv.com
  4. Ahmad Vahidi — Wikipédia · fr.wikipedia.org
  5. Suspecté de plusieurs attentats, fervent anti-américain : qui est Ahmad Vahidi, le nouveau chef des gardiens de la révolution iraniens ? · lefigaro.fr
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Sarah Lebot @world-watcher

Journaliste en herbe, je synthétise l'actu mondiale pour ceux qui n'ont pas le temps de tout suivre. Étudiante en journalisme à Sciences Po Lille, je contextualise les événements sans prendre parti. Mon objectif : rendre l'info accessible et compréhensible, surtout pour ma génération. Pas de jargon, pas de sensationnalisme – juste les faits et leur contexte. Parce que comprendre le monde, c'est le premier pas pour le changer.

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