Distribution d'aide humanitaire dans un camp de déplacés au Soudan du Sud, avec un travailleur de l'ONG GOAL.
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Au Soudan du Sud, 1,9 million de déplacés menacés par le manque de financements humanitaires

Au Soudan du Sud, près de 2 millions de déplacés menacés par un manque critique de financements humanitaires, alors que le retrait des États-Unis et l’afflux de réfugiés depuis le Soudan aggravent une crise déjà marquée par la faim…

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Le 25 février 2026, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a lancé un avertissement qui devrait faire l’effet d’un électrochoc dans les capitales des pays donateurs. Près de 2 millions de personnes déplacées au Soudan du Sud voient leur survie directement menacée par « l’insuffisance critique des financements humanitaires ». Derrière ce constat factuel se cache une mécanique implacable : le retrait des grands donateurs, l’afflux continu de réfugiés depuis le Soudan voisin et l’intensification des violences locales créent une tempête parfaite pour le plus jeune État du monde, indépendant depuis 2011. 

Distribution d'aide humanitaire dans un camp de déplacés au Soudan du Sud, avec un travailleur de l'ONG GOAL.
Distribution d'aide humanitaire dans un camp de déplacés au Soudan du Sud, avec un travailleur de l'ONG GOAL. — (source)

Près de 2 millions de vies suspendues au déficit de 29 millions de dollars

Le chiffre est simple, mais ses conséquences sont terrifiantes. L’OIM chiffre le déficit de son plan d’intervention 2026 à 29 millions de dollars. Ce trou budgétaire, qui pourrait sembler modeste à l’échelle des budgets humanitaires mondiaux, condamne pourtant près de 2 millions de déplacés à une détérioration accélérée de leurs conditions de vie. L’alerte survient à un moment précis : les réserves des agences humanitaires sont épuisées, les programmes déjà réduits, et les besoins continuent d’augmenter. 

Des déplacés font la queue pour obtenir de l'eau potable dans un camp au Soudan du Sud.
Des déplacés font la queue pour obtenir de l'eau potable dans un camp au Soudan du Sud. — (source)

L’alerte de l’OIM : Ugochi Daniels prévient que le « manque compromet les progrès »

Ugochi Daniels, directrice générale adjointe des opérations de l’OIM, n’a pas mâché ses mots. « Le Soudan du Sud supporte un fardeau extraordinaire », a-t-elle déclaré, avant de préciser que ce manque de financements « risque de compromettre les progrès vers des solutions durables ». Cette formulation n’est pas anodine. L’agence onusienne ne parle pas seulement de survie immédiate — distribution de nourriture, accès à l’eau potable, soins d’urgence. Elle évoque la capacité à sortir les déplacés de l’urgence chronique : relogement, retour volontaire, réinsertion économique. Autant de programmes qui nécessitent des investissements pluriannuels, et non des financements au compte-gouttes. 

Vue d'un camp de déplacés au Soudan du Sud, où les abris précaires témoignent de l'urgence humanitaire.
Vue d'un camp de déplacés au Soudan du Sud, où les abris précaires témoignent de l'urgence humanitaire. — (source)

Le plan d’intervention 2026 de l’OIM pour le Soudan du Sud prévoyait des opérations couvrant l’abri d’urgence, l’eau et l’assainissement, la protection des groupes vulnérables et l’assistance aux migrants de retour. Sans les 29 millions manquants, une grande partie de ces activités s’arrête ou se réduit à la portion congrue.

L’engrenage régional : l’afflux de 1,3 million de réfugiés depuis la guerre au Soudan

Pour comprendre l’ampleur de la crise, il faut regarder au-delà des frontières du Soudan du Sud. Depuis avril 2023, la guerre civile au Soudan a provoqué un exode massif. L’OIM estime à plus de 1,3 million le nombre de personnes ayant franchi la frontière pour se réfugier au Soudan du Sud. Parmi elles, environ 900 000 sont des Sud-Soudanais qui avaient fui leur pays pendant la guerre civile précédente et qui se retrouvent aujourd’hui rapatriés de force dans un pays toujours instable. 

Distribution d'aide humanitaire du HCR dans une zone rurale du Soudan du Sud.
Distribution d'aide humanitaire du HCR dans une zone rurale du Soudan du Sud. — (source)

Ces nouveaux arrivants exercent une « pression immense » sur des communautés frontalières déjà parmi les plus pauvres de la planète. La ville de Renk, dans l’État du Haut-Nil, est devenue le symbole de cet engorgement. Point d’entrée principal des réfugiés soudanais, ses infrastructures — écoles, centres de santé, points d’eau — sont submergées. Les habitants locaux, qui vivent dans une pauvreté extrême depuis l’indépendance, doivent partager leurs ressources déjà insuffisantes avec des dizaines de milliers de nouveaux arrivants.

Pourquoi les caisses de l’aide humanitaire se vident-elles ?

La question que tout le monde pose, mais que peu osent formuler clairement : comment en est-on arrivé là ? La réponse tient en un mot : désengagement. Les grands donateurs, États-Unis en tête, ont réduit leurs contributions de manière drastique, transformant une crise gérable en catastrophe annoncée. 

Des personnes déplacées rassemblées avec leurs bagages près d'un camion jaune dans une zone poussiéreuse du Soudan du Sud.
Des personnes déplacées rassemblées avec leurs bagages près d'un camion jaune dans une zone poussiéreuse du Soudan du Sud. — (source)

Le retour de Trump et la cure d’austérité sur l’aide étrangère américaine

Les États-Unis étaient, de loin, le premier contributeur des agences onusiennes. Depuis le retour de Donald Trump au pouvoir en janvier 2025, l’aide étrangère américaine a subi des coupes sans précédent. Ce désengagement unilatéral crée un trou béant dans les budgets des organisations internationales. Le Soudan du Sud, pays parmi les plus dépendants de l’aide internationale — l’État fournit à peine 1 % du budget humanitaire national —, est en première ligne de cette cure d’austérité.

La logique est implacable : quand le premier donateur réduit sa part de 40, 50 ou 60 %, les autres pays ne compensent pas. Certains suivent même le mouvement, prétextant la nécessité de prioriser leurs propres budgets nationaux. Le résultat est une chute libre des financements disponibles pour des crises jugées « secondaires » dans l’agenda médiatique mondial. 

Carte politique du Soudan du Sud avec les États et régions en français.
Carte politique du Soudan du Sud avec les États et régions en français. — (source)

2025, année record du désengagement : le plan à 1,7 milliard financé à moins de 41 %

Les chiffres d’Oxfam, publiés en décembre 2025, donnent la mesure du désastre. En 2025, les donateurs ont fourni le niveau d’aide le plus bas jamais enregistré depuis la création du Soudan du Sud en 2011. Le Plan de réponse humanitaire, qui nécessitait 1,7 milliard de dollars, n’était financé qu’à 41 % à un mois de la fin de l’année. 

Manifestation de déplacés au Soudan du Sud réclamant la fin des violences et une aide humanitaire accrue.
Manifestation de déplacés au Soudan du Sud réclamant la fin des violences et une aide humanitaire accrue. — (source)

Les conséquences sont immédiates et mesurables. Presque 6 millions de personnes — près de la moitié de la population — souffraient déjà de faim aiguë. Les distributions alimentaires ont été réduites, les cliniques mobiles ont cessé leurs tournées, les programmes de nutrition pour les enfants ont été suspendus dans plusieurs régions.

Oxfam forcée de réduire ses opérations de 70 % : « Ces coupes sont catastrophiques »

Shabnam Baloch, directrice pays d’Oxfam au Soudan du Sud, a résumé la situation en une phrase : « Ces coupes sont catastrophiques pour des millions de personnes aux prises avec une faim et des maladies extrêmes. » L’organisation a dû réduire ses opérations de 70 % à Renk, le principal point d’entrée des réfugiés soudanais. Sans nouveau financement, Oxfam planifiait une fermeture complète de ses activités pour février 2026.

Ce n’est pas un cas isolé. La plupart des ONG internationales présentes sur le terrain ont annoncé des réductions similaires. Les programmes d’eau et d’assainissement, pourtant essentiels pour prévenir les épidémies de choléra qui frappent régulièrement le pays, sont parmi les premiers touchés. 

Des femmes sud-soudanaises vêtues de tenues colorées se réconfortent mutuellement dans un camp de déplacés.
Des femmes sud-soudanaises vêtues de tenues colorées se réconfortent mutuellement dans un camp de déplacés. — (source)

« Nous avons peur de ne plus voir l’aide que nous avions avant » : le cri de Maria

Derrière les chiffres et les déclarations officielles, il y a des vies. Des femmes, des hommes, des enfants qui voient leur quotidien se dégrader jour après jour, sans comprendre pourquoi l’aide qui arrivait avant se tarit soudainement.

Maria, déplacée à Renk : des robinets à sec et des repas rationnés

Maria est une rapatriée du Soudan installée à Renk. Son témoignage, recueilli par Oxfam, donne un visage à la crise. « Peu d’organisations fonctionnent maintenant, contrairement à avant. L’assainissement et l’hygiène sont mauvais, de nombreux robinets ne fonctionnent plus. Les ménages minimisent le nombre de repas. » 

Femmes âgées déplacées dans un camp au Soudan du Sud, parmi les plus vulnérables face au manque de financements humanitaires.
Femmes âgées déplacées dans un camp au Soudan du Sud, parmi les plus vulnérables face au manque de financements humanitaires. — (source)

Ce récit transforme le chiffre « 1,9 million de déplacés » en réalité tangible. Maria ne parle pas de « déficit budgétaire » ou de « plan de réponse humanitaire ». Elle parle de robinets à sec, de repas sautés, de la peur de voir disparaître la dernière bouée de sauvetage. « Nous avons peur de ne plus voir l’aide que nous avions avant », confie-t-elle.

Dans les camps de déplacés autour de Renk, l’eau potable se fait rare. Les latrines débordent faute d’entretien. Les épidémies de diarrhée, déjà fréquentes, pourraient se transformer en flambées de choléra si la saison des pluies arrive sans que les systèmes d’assainissement aient été remis en état.

Dans les camps, l’école s’effondre avec les budgets

Les coupes budgétaires ne frappent pas seulement la nourriture et l’eau. L’éducation, pourtant essentielle pour offrir un avenir aux enfants déplacés, est elle aussi sacrifiée. L’Union européenne a débloqué 5,5 millions d’euros pour des programmes éducatifs destinés aux enfants déplacés — une somme dérisoire face aux besoins.

Dans les camps, les écoles fonctionnent au ralenti, quand elles ne ferment pas purement et simplement. Les enseignants, payés par les ONG, voient leurs contrats non renouvelés. Les salles de classe, souvent de simples tentes, se dégradent faute d’entretien. Des centaines de milliers d’enfants et d’adolescents se retrouvent sans aucune scolarisation, condamnés à une génération perdue.

Les armes bloquent l’aide : Human Rights Watch épingle les deux camps au Soudan du Sud

L’argent ne fait pas tout. Même si les budgets étaient intégralement financés, l’aide humanitaire ne pourrait pas atteindre ceux qui en ont besoin. Car au Soudan du Sud, la guerre continue, et les belligérants utilisent l’obstruction de l’aide comme une arme.

Human Rights Watch accuse les forces gouvernementales et rebelles de bloquer l’aide

Le 12 avril 2026, Human Rights Watch a publié un rapport accablant. L’armée sud-soudanaise (SSPDF) et les forces d’opposition (SPLA/IO) ordonnent aux civils d’évacuer des zones entières et entravent délibérément l’acheminement de l’aide humanitaire. Les deux camps sont responsables d’exécutions sommaires, de viols, de pillages et de destructions de biens civils.

Le rapport détaille des cas où des convois humanitaires ont été bloqués à des checkpoints, où des entrepôts ont été pillés par des soldats, où des travailleurs humanitaires ont été menacés. La crise humanitaire n’est pas un effet collatéral du conflit : c’est une arme de guerre, utilisée par les deux parties pour affaiblir leurs adversaires et contrôler les populations.

280 000 déplacés dans le Jonglei, frappe sur un hôpital MSF : la guerre oubliée

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Depuis fin 2025, au moins 280 000 personnes ont été déplacées dans le seul État du Jonglei, épicentre des affrontements entre l’armée loyale au président Salva Kiir et les milices favorables à son rival Riek Machar. Le 3 février 2026, une frappe gouvernementale a touché un hôpital de Médecins Sans Frontières à Lankien, tuant plusieurs patients et personnels soignants.

Le gouvernement a par ailleurs imposé des zones d’exclusion aérienne sur les territoires contrôlés par les rebelles, empêchant les livraisons par avion de nourriture et de médicaments. Cette mesure, officiellement justifiée par des raisons de sécurité, revient à affamer des populations entières. Le conflit sud-soudanais n’est donc pas terminé, comme certains voudraient le croire : il s’intensifie, et les civils en paient le prix.

Face au vide américain, la France et l’UE au pied du mur au Soudan du Sud

Le retrait américain laisse un vide que l’Europe tente de combler, sans y parvenir totalement. La France, en particulier, se trouve face à un dilemme : ses engagements sont réels, mais insuffisants face à l’ampleur des besoins.

L’UE maintient son engagement : 106 millions d’euros pour l’aide humanitaire en 2025

L’Union européenne a alloué 106 millions d’euros au Soudan du Sud en 2025, ce qui en fait l’un des tout premiers donateurs. Ce montant couvre des programmes d’aide alimentaire, de nutrition, d’eau et d’assainissement, de protection et d’éducation. Pourtant, 10 millions de personnes — soit les deux tiers de la population — ont besoin d’assistance.

Le décalage entre l’effort maximal de l’UE et l’ampleur des besoins est frappant. Même en augmentant ses contributions de 50 %, l’Europe ne pourrait pas compenser le retrait américain. La situation illustre la dépendance structurelle du système humanitaire international envers les États-Unis, et la difficulté de trouver des relais lorsque Washington se désengage.

La réponse française : 188,5 millions d’euros pour la région depuis le début du conflit

Selon une réponse du Sénat datée de juin 2026, la France a mobilisé 188,5 millions d’euros d’aide humanitaire pour la région soudanaise depuis le début du conflit en avril 2023. Sur ce total, 61,5 millions ont été versés en 2025. La même année, 18,5 millions ont été alloués aux agences onusiennes (Programme alimentaire mondial, Haut-Commissariat pour les réfugiés, OCHA) et au Comité international de la Croix-Rouge.

En décembre 2025, la France a également contribué au pont aérien humanitaire de l’UE, envoyant 23,5 tonnes d’aliments thérapeutiques pour traiter la malnutrition aiguë sévère dans le Nord-Darfour. Ces chiffres montrent un engagement réel, mais posent une question : la France en fait-elle assez, ou s’agit-il d’une goutte d’eau dans le trou budgétaire laissé par les États-Unis ?

Le besoin de solutions durables : retour impossible ou exil permanent ?

Les recherches de l’Internal Displacement Monitoring Centre (IDMC) montrent que les déplacements répétés sont la norme au Soudan du Sud. Les familles fuient les inondations, puis les combats, puis le manque d’aide. Peut-on seulement retourner chez soi quand les inondations et les combats recommencent chaque année ?

L’OIM parle de « solutions durables », mais ces programmes nécessitent des investissements pluriannuels que les coupes actuelles rendent impossibles. Construire des logements, restaurer les moyens de subsistance, réhabiliter les infrastructures : tout cela coûte cher et prend du temps. Sans financement stable, les déplacés restent dans des camps précaires, dépendants d’une aide qui se réduit chaque mois.

825 000 enfants de moins de 5 ans menacés par la malnutrition : le vrai coût des coupes budgétaires

Les chiffres macroéconomiques cachent une réalité plus cruelle encore : ce sont les plus vulnérables qui paient le prix fort. Les enfants de moins de 5 ans, dont le développement dépend de l’accès à une alimentation suffisante et équilibrée, sont les premières victimes des coupes budgétaires.

La menace de la famine : 7,5 millions de personnes en insécurité alimentaire

Solidarités International tire la sonnette d’alarme : 7,5 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire élevée au Soudan du Sud. Le pays est l’un des trois au monde — avec Gaza et le Soudan — où le risque de famine est officiellement identifié par les agences onusiennes.

Les coupes budgétaires ont des conséquences directes et mesurables. Les distributions de nourriture sont supprimées dans plusieurs zones. Les cliniques mobiles, qui permettaient de dépister et traiter la malnutrition dans les villages reculés, ne roulent plus. Les stocks d’aliments thérapeutiques, ces pâtes nutritives qui sauvent la vie des enfants gravement malnutris, s’épuisent sans être renouvelés.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) estime que 825 000 enfants de moins de 5 ans devraient souffrir de malnutrition aiguë sévère en 2026 au Soudan. Un enfant atteint de malnutrition sévère a neuf fois plus de risques de mourir qu’un enfant bien nourri. Ceux qui survivent porteront les séquelles à vie : retard de croissance, développement cognitif altéré, système immunitaire affaibli.

Les déplacements répétés en hausse : impossible retour chez soi pour les familles

Le cycle est vicieux. Les familles fuient les inondations qui détruisent leurs récoltes et leurs maisons. Puis elles fuient les combats qui éclatent dans les zones où elles se sont réfugiées. Puis elles fuient le manque d’aide qui rend la survie impossible dans les camps surpeuplés.

L’IDMC montre que les déplacements multiples sont la norme au Soudan du Sud. Chaque nouveau déplacement épuise un peu plus les ressources des familles, qui vendent leurs derniers biens pour survivre. Sans abri, sans eau potable, sans soins, les jeunes enfants paient le prix fort de l’indifférence internationale. Le manque de financement humanitaire condamne une génération entière à la survie, sans perspective d’avenir.

Conclusion : de l’alerte de l’OIM à la responsabilité des donateurs, le compte à rebours des déplacés

L’alerte lancée par l’OIM le 25 février 2026 aurait dû être un électrochoc. Elle dénonçait un triple abandon : financier, avec le retrait américain et l’insuffisance des contributions européennes ; sécuritaire, avec l’obstruction délibérée de l’aide par les belligérants ; politique, avec l’indifférence quasi générale de la communauté internationale. 

Le Soudan du Sud, plus jeune État du monde, indépendant depuis 2011

Près de cinq mois plus tard, la situation n’a fait qu’empirer. Les 1,9 million de déplacés basculent chaque jour un peu plus dans le pire. Sans un réengagement massif des États-Unis — hypothèse peu probable à court terme — ou un plan de rattrapage européen et français à la hauteur de l’urgence, la famine est désormais une question de mois, pas d’années.

Le paradoxe est cruel : sauver des vies coûte moins cher que de reconstruire après une famine. Les 29 millions de dollars qui manquent à l’OIM représentent une fraction de ce que coûterait une opération de sauvetage d’urgence si la famine se déclarait. Mais encore faut-il vouloir regarder la crise en face. Le Soudan du Sud, pays oublié des médias et des diplomaties, attend que le monde se souvienne de son existence.

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Questions fréquentes

Pourquoi l'aide humanitaire manque au Soudan du Sud ?

Le manque de financements humanitaires au Soudan du Sud est dû au désengagement des grands donateurs, notamment les États-Unis qui ont drastiquement réduit leurs contributions depuis le retour de Donald Trump au pouvoir. En 2025, le plan de réponse humanitaire de 1,7 milliard de dollars n'était financé qu'à 41 %, et l'OIM accuse un déficit de 29 millions de dollars pour son plan d'intervention 2026.

Combien de déplacés au Soudan du Sud en 2026 ?

Près de 2 millions de personnes sont déplacées au Soudan du Sud en 2026, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Ce chiffre inclut environ 1,3 million de réfugiés ayant fui la guerre au Soudan depuis avril 2023, dont 900 000 Sud-Soudanais rapatriés de force.

Qui bloque l'aide humanitaire au Soudan du Sud ?

Human Rights Watch accuse l'armée sud-soudanaise (SSPDF) et les forces d'opposition (SPLA/IO) de bloquer délibérément l'acheminement de l'aide humanitaire. Les deux camps ordonnent des évacuations forcées, pillent des entrepôts et menacent les travailleurs humanitaires, utilisant la crise comme une arme de guerre.

Quel est le risque de famine au Soudan du Sud ?

7,5 millions de personnes sont en situation d'insécurité alimentaire élevée, et le pays fait partie des trois zones au monde où le risque de famine est officiellement identifié par l'ONU. Le Programme alimentaire mondial estime que 825 000 enfants de moins de 5 ans devraient souffrir de malnutrition aiguë sévère en 2026.

Quels pays aident encore le Soudan du Sud ?

L'Union européenne a alloué 106 millions d'euros en 2025 au Soudan du Sud, et la France a mobilisé 188,5 millions d'euros pour la région depuis avril 2023. Cependant, ces contributions restent insuffisantes pour compenser le retrait américain, et les ONG comme Oxfam ont dû réduire leurs opérations de 70 %.

Sources

  1. Au Soudan du Sud, le manque de financements humanitaires menace la vie de 1,9 million de déplacés, selon des experts de l’ONU · lemonde.fr
  2. civil-protection-humanitarian-aid.ec.europa.eu · civil-protection-humanitarian-aid.ec.europa.eu
  3. Soudan | World Food Programme · fr.wfp.org
  4. franceinfo.fr · franceinfo.fr
  5. hrw.org · hrw.org
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Hugo Lambot @fact-checker

Étudiant en journalisme à Lille, je passe mes journées à vérifier ce qui circule sur les réseaux avant de le partager. Les fake news, c'est mon ennemi juré : je préfère un fait vérifié à un buzz facile. Mon rêve, c'est de bosser dans une cellule de fact-checking d'un grand média.

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