Deux diplomates en costume se serrant la main devant un drapeau français et algérien, salle de réunion officielle, lumière neutre
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OQTF et Algérie : le dégel diplomatique change-t-il la donne ?

La visite du ministre algérien à Paris relance la coopération sur les OQTF, avec 150 laissez-passer délivrés en quatre mois.

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La visite du ministre algérien de l’Intérieur à Paris ce lundi 1er juin 2026 marque la première rencontre au sommet depuis la crise de l’été 2024. Entre 150 laissez-passer consulaires délivrés en quatre mois et 51 000 interpellations en 2025, le chemin vers une résolution des OQTF reste semé d’obstacles. L’accord de 1968, le Sahara occidental et les intérêts économiques des deux pays compliquent une équation que Laurent Nuñez tente de résoudre par le dialogue plutôt que par l’affrontement.

Palais de L'Elysée (ENG:Elysée Palace)
Palais de L'Elysée (ENG:Elysée Palace) — Eric Pouhier / CC BY-SA 2.5 / (source)

Saïd Sayoud à Paris : un signal diplomatique fort après deux ans de glaciation

L’arrivée de Saïd Sayoud dans la capitale française n’a rien d’une visite de routine. C’est la première fois qu’un membre du gouvernement algérien foule le sol français depuis l’été 2024, lorsque Paris a reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Cette décision avait provoqué une crise diplomatique majeure, gelant toute coopération consulaire et sécuritaire entre les deux pays.

Laurent Nuñez, locataire de la place Beauvau, avait annoncé lui-même cette visite le 16 mai dans les colonnes de La Tribune Dimanche. Il y voyait un « signal très positif » et affirmait qu’« une coopération sécuritaire se réinstaure progressivement ». Derrière ces mots, c’est tout un changement de ton qui s’opère : après deux ans de bras de fer, la France tend la main.

Logo du Ministère de l'Intérieur en septembre 2024
Logo du Ministère de l'Intérieur en septembre 2024 — CLF21 / CC0 / (source)

Le ministre algérien n’arrive pas seul. Une importante délégation l’accompagne, comprenant des cadres du ministère de l’Intérieur, des responsables de la police et des renseignements généraux, comme le rapporte le quotidien El Watan cité par Le Monde. Les discussions prévues couvrent la lutte contre la criminalité organisée, les flux migratoires et les questions de sécurité civile. Mais au cœur de l’agenda, une question domine : celle des OQTF.

Pourquoi l’arrivée de Saïd Sayoud est un « signal très positif » pour Laurent Nuñez

Nuñez ne cache pas sa satisfaction. Lors de son interview à La Tribune Dimanche, il a précisé que son homologue algérien serait reçu « dans quelques jours » et que les relations sécuritaires « n’existaient plus » avant son propre déplacement à Alger en février 2026. Ce voyage, organisé à l’invitation de Sayoud, a ouvert une brèche dans le mur de glace diplomatique.

Le ministre français insiste sur le caractère concret du dégel : « On en est à 150 laissez-passer consulaires délivrés depuis le début de l’année, et surtout depuis ma visite. Il n’y en avait pas eu entre le 1er janvier et la date de ma visite, mi-février », a-t-il déclaré le 19 mai sur BFM-TV et RMC. Ces 150 documents permettent l’exécution d’OQTF, après des mois de zéro absolu.

Sayoud devrait également être reçu par Emmanuel Macron durant son séjour. Les réunions de travail s’annoncent denses, avec des enjeux qui dépassent la simple question migratoire : la coopération antiterroriste, gelée depuis 2024, est sur la table.

La bascule Retailleau-Nuñez : de la menace sur les visas à la main tendue

Pour comprendre le chemin parcouru, il faut revenir à l’ère Bruno Retailleau. En mars 2025, alors ministre de l’Intérieur, Retailleau avait brandi la menace d’une « riposte graduée » après le refus catégorique de l’Algérie d’accueillir une liste d’environ 60 ressortissants sous OQTF. La première étape de cette escalade devait être la suspension de l’accord de 2007 sur la réciprocité des visas pour les détenteurs de passeports diplomatiques.

Retailleau envisageait même de remettre en cause l’accord de 1968, ce texte fondateur qui régit la circulation et le séjour des Algériens en France. Mais cette ligne dure n’a jamais été activée. Les menaces sont restées des menaces, et la coopération consulaire s’est complètement arrêtée.

Nuñez a opéré un virage à 180 degrés. Dans une déclaration au Figaro, il a taclé sans les nommer les partisans de l’affrontement : « Ceux qui ne cherchent que l’affrontement avec l’Algérie ne pensent pas à l’intérêt de la France, mais à leur intérêt électoral. » Une phrase qui résume le nouveau paradigme : plutôt que la confrontation, le dialogue.

L’impuissance en chiffres : 51 000 arrestations pour 2 500 éloignements

Au-delà des postures politiques, les chiffres dessinent un constat implacable. La machine administrative française produit des OQTF à un rythme soutenu, mais leur exécution reste un gouffre. Le Figaro, dans une enquête du 18 mai 2026, détaille l’ampleur du phénomène.

Entre 2019 et 2025, toutes nationalités confondues, environ 900 000 OQTF ont été prononcées. Le taux d’exécution moyen ? Sous la barre des 10 %. Pour les Algériens, le constat est encore plus frappant : 51 000 clandestins algériens ont été interpellés en 2025, mais seulement 2 539 éloignements ont été réalisés sur l’ensemble de l’année.

Ce déséquilibre nourrit un sentiment d’impuissance d’État. Les préfets prononcent, les policiers interpellent, mais sans laissez-passer consulaire algérien, les OQTF restent lettre morte. Et le cycle — interpellation, rétention, remise en liberté — se répète.

Moins de 10 % d’OQTF exécutées : la chronique d’un échec annoncé

Les Algériens ne sont pas les seuls concernés, mais ils occupent une place à part dans les statistiques. Le taux d’exécution des OQTF, toutes nationalités confondues, stagne à un niveau alarmant depuis des années. Derrière ce chiffre, c’est toute la crédibilité de la politique d’immigration française qui est en jeu.

Le Figaro souligne un autre indicateur : dans les prisons françaises, les Algériens représentent un étranger sur cinq. Dans les centres de rétention administrative, ils sont quatre sur dix. Ces ratios illustrent l’impasse : faute de pouvoir expulser, l’État se retrouve à gérer une population qui reste sur le territoire, sans droits et sans perspective.

Gros plan sur des menottes en métal autour de poignets, mains d'une personne assise sur un banc en bois dans un centre de rétention, éclairage froid et institutionnel
Gros plan sur des menottes en métal autour de poignets, mains d'une personne assise sur un banc en bois dans un centre de rétention, éclairage froid et institutionnel

Les 2 539 éloignements de 2025, bien que modestes, marquent une légère reprise après le zéro de la période Retailleau. Mais rapportés aux 51 000 interpellations, ils donnent la mesure du chemin à parcourir. En 2024, 3 000 Algériens avaient été expulsés, un chiffre déjà faible mais qui paraît aujourd’hui lointain.

Le profil des 650 000 Algériens en situation régulière : une communauté sous pression

L’autre face du miroir, c’est la communauté algérienne légalement installée en France. Avec 649 991 titres de séjour valides en 2024, les Algériens sont la première nationalité étrangère en situation régulière, représentant 16 % de l’ensemble des étrangers en France, selon les données du ministère de l’Intérieur rapportées par visa-algerie.com.

Ces 650 000 personnes — étudiants, travailleurs, familles — vivent dans l’ombre des statistiques d’interpellation et d’expulsion. Les 33 754 arrestations de ressortissants algériens en 2024, en hausse de 6 % par rapport à 2023, jettent une suspicion injuste sur l’ensemble de la communauté.

Pourtant, la majorité des Algériens de France sont parfaitement intégrés, contribuent à l’économie et respectent les lois. Mais le débat public, focalisé sur les chiffres de la délinquance et de l’immigration irrégulière, tend à les amalgamer. Cette tension permanente est un des ressorts de la crise.

Accord de 1968 et liste des 60 : les deux verrous du blocage algérien

Pourquoi l’Algérie refuse-t-elle d’exécuter les OQTF ? La réponse est double : un verrou juridique historique, l’accord de 1968, et un affront politique, la liste des 60 refusée en mars 2025.

Ces deux éléments forment un mur que la diplomatie française tente de contourner, sans pouvoir le détruire.

Le bouclier de 1968 : quand l’histoire juridique empêche l’expulsion

Signé le 27 décembre 1968, l’accord franco-algérien régit la circulation, l’emploi et le séjour des ressortissants algériens en France. Il offre un statut dérogatoire par rapport au droit commun des étrangers. Par exemple, un Algérien ne peut pas demander une carte de séjour « visiteur » comme les autres étrangers, mais peut obtenir un certificat de résidence d’un an « visiteur » spécifique, comme le précise le site Service-Public.

Ce texte, voulu pour fluidifier les relations post-indépendance, est devenu un bouclier. Alger l’invoque systématiquement pour refuser les laissez-passer consulaires, arguant que ses ressortissants bénéficient d’un traitement particulier. Toute tentative de révision se heurte à un veto politique.

L’accord de 1968 n’est pas seulement un texte juridique : c’est un symbole de la relation bilatérale. Le remettre en cause, c’est rouvrir des blessures historiques. La France hésite à franchir ce pas, consciente des conséquences.

L’affront de la liste retoquée : comment Retailleau a tenté de forcer le destin

En mars 2025, la France transmet à Alger une liste d’environ 60 Algériens considérés comme « dangereux » ou en situation irrégulière. La réponse algérienne est cinglante : refus catégorique pour l’ensemble des noms.

C’est l’étincelle. Bruno Retailleau brandit alors la menace de dénonciation de l’accord de 2007 sur les visas diplomatiques, dont l’article 7 permet une dénonciation avec préavis de 90 jours, comme le rappelle La Croix. Il évoque aussi une possible remise en cause de l’accord de 1968.

Mais le rapport de force est asymétrique. La France a besoin de la coopération algérienne pour le contre-terrorisme et la stabilité régionale. Les menaces de Retailleau, jamais mises à exécution, ont surtout révélé la faiblesse de la position française.

Le prix du blocage : qui paie la rétention et l’impuissance d’État

Le coût du blocage est supporté par le contribuable français. Une journée de rétention administrative coûte environ 150 euros par personne. Sans laissez-passer, les personnes retenues sont libérées au bout de 90 jours maximum, mais le cycle — interpellation, rétention, remise en liberté — recommence.

Deux diplomates en costume se serrant la main devant un drapeau français et algérien, salle de réunion officielle, lumière neutre
Deux diplomates en costume se serrant la main devant un drapeau français et algérien, salle de réunion officielle, lumière neutre

Avec quatre personnes sur dix dans les centres de rétention de nationalité algérienne, la facture est lourde. À ce coût direct s’ajoutent les dépenses judiciaires, policières et administratives. L’impuissance d’État a un prix, et il est payé en silence.

La panoplie des leviers français : de la menace sur les visas au chantage économique

Face au blocage, Paris dispose de plusieurs outils. Visas, économie, coopération sécuritaire : chaque levier a un coût et un risque de représailles. La France hésite à les actionner, consciente que l’escalade pourrait se retourner contre elle.

L’accord de 2007 sur les visas : une arme diplomatique à double tranchant

L’accord de 2007 instaure une réciprocité des visas pour les détenteurs de passeports diplomatiques et de service. Le suspendre, comme l’envisageait Retailleau, reviendrait à traiter Alger comme un État non-coopératif. Symboliquement, ce serait un coup dur.

Mais cette option n’a pas été activée. Pourquoi ? Parce qu’elle fragiliserait les échanges officiels et les négociations en cours. Les diplomates, les hauts fonctionnaires et les militaires des deux pays ont besoin de circuler librement. Suspendre l’accord de 2007, c’est couper un fil essentiel.

La Croix rappelle que l’article 7 de cet accord permet une dénonciation avec un préavis de 90 jours. Un délai qui laisse une marge de manœuvre, mais qui expose aussi à des représailles.

Le rapport de force économique : pourquoi Paris n’ose pas franchir le Rubicon

Les intérêts économiques français en Algérie sont considérables. TotalEnergies, Orano, les secteurs automobile et céréalier : les entreprises françaises sont très présentes. Une escalade punitive mettrait en danger ces positions.

Inversement, les 650 000 Algériens titulaires d’un titre de séjour en France sont des vecteurs économiques majeurs. Transferts de fonds, tourisme, commerce : leur contribution est significative. Une rupture brutale aurait des conséquences pour les deux pays.

Le chantage économique est une arme à double tranchant. Paris le sait et préfère la négociation à la confrontation.

150 laissez-passer en quatre mois : le fruit fragile du dialogue renoué

Depuis février 2026, Alger a délivré 150 laissez-passer consulaires. Ce chiffre, modeste au regard des 51 000 interpellations de 2025, est pourtant une avancée. Il casse le plafond de verre diplomatique.

De zéro à 150 : le signe que la coopération reprend

Franceinfo, dans une exclusivité du 18 mai 2026, révèle l’ampleur du changement. Entre avril 2025 et février 2026 — soit toute la période de tension sous Retailleau — zéro Algérien n’a été expulsé. Avant cela, au premier trimestre 2025, 500 retours avaient eu lieu.

Depuis le dégel initié par Nuñez, Alger a délivré 150 laissez-passer. Un chiffre qui reste marginal, mais qui montre que le dialogue porte ses fruits. « On en est à 150 depuis le début de l’année, et surtout depuis ma visite », se félicite Nuñez.

En 2024, 3 000 Algériens avaient été éloignés. En 2025, 2 539. Les 150 depuis février 2026 sont une goutte d’eau, mais une goutte d’eau après un désert.

Police, renseignements : une délégation algérienne pour sceller l’apaisement

La visite de Sayoud n’est pas symbolique. Le Monde précise qu’une « importante délégation, incluant des cadres du ministère et des responsables des services de police et des renseignements généraux » l’accompagne. L’enjeu n’est pas seulement l’OQTF, mais le rétablissement complet de la coopération antiterroriste et sécuritaire.

Cette coopération, gelée depuis 2024, est vitale pour les deux pays. La menace terroriste au Sahel, les trafics en Méditerranée, la criminalité organisée : aucun des deux États ne peut agir seul. La visite de Sayoud vise à sceller cet apaisement.

Étudiants, travailleurs, familles : le calvaire des invisibles sous OQTF

Derrière les chiffres et les négociations, il y a des vies. Des milliers d’Algériens vivent dans une zone grise juridique, sous le coup d’une OQTF mais sans pouvoir être expulsés. Leur quotidien est suspendu aux aléas d’une diplomatie qui les dépasse.

Une vie en suspens dans l’attente d’un laissez-passer

Le paradoxe est cruel : la personne reçoit une OQTF, mais ne peut être expulsée car l’Algérie refuse de délivrer le laissez-passer consulaire. Elle reste en France, sans droits, sans perspective, dans une attente indéfinie.

Les Algériens sont la première nationalité pour les OQTF exécutées, avec 2 999 en 2024. Mais ce chiffre ne reflète pas la masse de ceux qui attendent. Étudiants en fin de droits, travailleurs sans papiers, familles déboutées du droit d’asile : leur calvaire est celui de l’invisibilité.

Le quotidien est fait de contrôles au faciès, de menaces d’interpellation, de l’impossibilité de travailler légalement. Une vie en suspens, dans l’attente d’un document qui ne vient jamais.

Le poids du soupçon sur une communauté entière

Les statistiques d’interpellation (33 754 en 2024) et d’incarcération (un étranger sur cinq) créent un sentiment de stigmatisation chez les 650 000 titulaires de titres de séjour légaux. La suspicion pèse sur toute une communauté.

L’humoriste Smaïn, dans une vidéo poignante, résume ce tiraillement identitaire : « Je suis un Algérien de naissance et un Français de reconnaissance. » Une phrase qui dit tout de la double appartenance, et du poids du soupçon.

Sahara, Darmanin, le traité marocain : l’ombre portée de la visite

Le micro-problème des OQTF ne peut se comprendre sans le macro-contexte géopolitique. La crise diplomatique de l’été 2024, déclenchée par la reconnaissance française de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, est la cause profonde du blocage.

Pourquoi la crise de 2024 a tout changé

Le Monde rappelle que la crise entre Paris et Alger a « déclenché » à l’été 2024. Alger a vu dans la décision française une trahison et a gelé toute coopération consulaire et sécuritaire. Le blocage des OQTF n’est donc pas un simple désaccord technique sur l’immigration : c’est une rétorsion politique.

Le Sahara occidental est la ligne rouge de l’Algérie. En le reconnaissant comme marocain, Paris a rompu un équilibre qui durait depuis des décennies. Les conséquences se sont fait sentir immédiatement : zéro laissez-passer, zéro coopération.

Le dégel de 2026 : une normalisation sous conditions

La visite de Sayoud s’inscrit dans un mouvement plus large. La visite de Gérald Darmanin à Alger pour discuter du cas Gleizes, les discussions autour d’un traité avec le Maroc : la France marche sur un fil. Elle doit renforcer ses liens avec Rabat sans sacrifier complètement la relation avec Alger.

La gestion des OQTF est une variable d’ajustement dans cette équation complexe. Chaque laissez-passer délivré est un geste politique. Chaque refus est un message.

Conclusion : un succès tactique, un statu quo stratégique

La visite de Sayoud est un succès diplomatique indéniable. Le dialogue est renoué, les premiers laissez-passer sont délivrés, la coopération sécuritaire reprend. Mais elle ne résout pas le problème structurel des OQTF algériennes.

Le quotidien des jeunes sous OQTF ne changera que marginalement. Les 51 000 interpellations de 2025 montrent que le gouffre reste immense. Sans une négociation de fond sur le statut dérogatoire des Algériens, la question des OQTF demeurera une impuissance d’État chronique.

Le paradoxe est là : un succès tactique (dialogue renoué, 150 laissez-passer) mais un statu quo stratégique. Tant que l’accord de 1968 ne sera pas renégocié, la France restera prisonnière d’un système qui produit des OQTF sans pouvoir les exécuter. Et les Algériens, qu’ils soient en situation régulière ou irrégulière, continueront de payer le prix de cette impasse.

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Questions fréquentes

Pourquoi l'Algérie refuse-t-elle les OQTF ?

L'Algérie invoque principalement l'accord de 1968, qui offre un statut dérogatoire aux ressortissants algériens en France, et un refus politique après la reconnaissance française de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental en 2024. Ces deux éléments forment un verrou que la diplomatie française tente de contourner.

Combien de laissez-passer l'Algérie a-t-elle délivrés en 2026 ?

Depuis février 2026, l'Algérie a délivré 150 laissez-passer consulaires, après des mois de zéro absolu sous la période Retailleau. Ce chiffre modeste marque une reprise fragile du dialogue diplomatique.

Quel est le taux d'exécution des OQTF en France ?

Toutes nationalités confondues, le taux d'exécution des OQTF en France est inférieur à 10 %. Pour les Algériens en 2025, seuls 2 539 éloignements ont été réalisés sur 51 000 interpellations, illustrant un déséquilibre chronique.

Que change l'accord de 1968 pour les Algériens ?

Signé en 1968, cet accord régit la circulation et le séjour des Algériens en France avec un statut dérogatoire au droit commun. Il sert de bouclier à Alger pour refuser les laissez-passer consulaires, et toute tentative de révision se heurte à un veto politique.

Quel est le coût du blocage des OQTF pour la France ?

Le blocage coûte environ 150 euros par jour et par personne en rétention administrative. Avec quatre Algériens sur dix dans les centres de rétention, la facture est lourde, s'ajoutant aux dépenses judiciaires et policières.

Sources

  1. La question des OQTF, au cœur de la visite du ministre de l’intérieur algérien à Paris · lemonde.fr
  2. OQTF, immigration, sécurité... Laurent Nuñez se rendra en Algérie ... · 20minutes.fr
  3. franceinfo.fr · franceinfo.fr
  4. la-croix.com · la-croix.com
  5. Le Figaro - France : Toute l'actualité en France · lefigaro.fr
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Sarah Lebot @world-watcher

Journaliste en herbe, je synthétise l'actu mondiale pour ceux qui n'ont pas le temps de tout suivre. Étudiante en journalisme à Sciences Po Lille, je contextualise les événements sans prendre parti. Mon objectif : rendre l'info accessible et compréhensible, surtout pour ma génération. Pas de jargon, pas de sensationnalisme – juste les faits et leur contexte. Parce que comprendre le monde, c'est le premier pas pour le changer.

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