Technicien d'exploitation dans une salle de contrôle, regardant des écrans affichant des schémas de réseau électrique, casque sur la tête, ambiance lumineuse bleutée
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Plan électrification : 12 000 embauches par an, les métiers qui recrutent

12 000 embauches par an dans l'électricité : formations, salaires et conseils pour décrocher un emploi dès 2026 dans les métiers de la transition énergétique.

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Le cap des 12 000 recrutements annuels : promesse électorale ou réalité de terrain ?

L'annonce du 25 mai 2026 n'est pas tombée du ciel. Elle s'inscrit dans un plan d'électrification chiffré à environ 70 milliards d'euros par an, dévoilé mi-avril par le Premier ministre Sébastien Lecornu. Emmanuel Macron a reçu mardi 26 mai « l'équipe de France de l'électricité » – EDF, RTE, Engie – pour valider ce cap. Derrière les chiffres, il y a une urgence : la France doit passer de 27 % d'électricité dans sa consommation finale en 2024 à 34 % en 2030, puis 38 % en 2035. Atteindre ces objectifs suppose de construire des infrastructures à un rythme inédit.

Michel Gioria, directeur général du Serce, syndicat qui regroupe 260 entreprises et 140 000 salariés, a précisé que les recrutements commenceraient dès 2026. Les postes ciblent les électriciens sur tout le territoire, avec des besoins concrets : installation de bornes de recharge sur les quais des ports de Marseille, Saint-Nazaire, Le Havre et La Rochelle, raccordement de serres agricoles en Bretagne, construction de data centers en Île-de-France. Le plan répond à une pénurie réelle, mais son financement soulève des questions. L'étude Asterès, réalisée pour le compte du gouvernement, n'a pas encore été rendue publique, et le débat sur la répartition de la facture entre entreprises, État et consommateurs reste ouvert.

Des objectifs chiffrés pour 2030 et 2035 qui tombent dans un marché en tension

Les projections sont claires : l'ADEME estime que près de 300 000 emplois seront créés d'ici 2030 pour la transition énergétique. La FFIE (Fédération des intégrateurs électriciens) évalue le besoin à 100 000 nouveaux professionnels, tandis que France Travail recense plus de 18 000 postes à pourvoir dès 2026 dans les métiers de l'électricité. Les 12 000 embauches annoncées ne couvrent donc qu'une partie de la demande, mais elles constituent un premier signal fort. Le secteur est en tension depuis plusieurs années : les départs à la retraite des baby-boomers, combinés à la croissance des énergies renouvelables et des réseaux intelligents, créent un déséquilibre entre l'offre et la demande de main-d'œuvre.

Les entreprises misent sur une montée en puissance progressive. Les recrutements visent à pourvoir des postes dans la maintenance des réseaux haute tension, l'installation de bornes électriques et la construction de nouvelles infrastructures. Mais le rythme de 12 000 embauches par an suppose que les candidats soient formés et disponibles. Or, la filière souffre d'un déficit d'attractivité auprès des jeunes, qui privilégient souvent les métiers du numérique ou des services.

Qui sont les signataires et que couvre vraiment cet engagement ?

Les signataires de cet engagement sont les poids lourds de l'électricité en France : EDF, RTE, Enedis, Engie, ainsi que le Serce, qui représente les entreprises de services et de conseil en énergie. Le plan couvre des besoins très concrets. Dans les ports, par exemple, il s'agit d'installer des bornes de recharge pour les navires à quai, une obligation réglementaire européenne qui entre en vigueur en 2030. En Bretagne, des serres agricoles doivent être raccordées au réseau pour remplacer le fioul. En Île-de-France, la construction de data centers – ces immenses entrepôts de serveurs qui consomment autant d'électricité qu'une ville moyenne – nécessite des techniciens spécialisés.

Ces chantiers ne sont pas des promesses en l'air. Les entreprises ont déjà mis à disposition de 150 lycées professionnels en France des équipements spécialisés pour la pratique, afin de former les jeunes aux métiers de la haute tension et de la grande puissance. L'objectif est de créer un vivier de candidats prêts à l'emploi dès la sortie de leur formation.

Monteur de réseaux, technicien d'exploitation, chef de chantier : ces métiers qui explosent

Derrière les chiffres se cachent des métiers précis, avec des formations accessibles et des salaires attractifs. Trois profils sont particulièrement recherchés : le monteur de réseaux électriques, le technicien d'exploitation et le chef de chantier. Chacun correspond à un niveau de diplôme et à des compétences spécifiques.

Monteur de réseaux électriques : le métier star de la décennie avec 27 000 emplois visés en 2030

Technicien d'exploitation dans une salle de contrôle, regardant des écrans affichant des schémas de réseau électrique, casque sur la tête, ambiance lumineuse bleutée
Technicien d'exploitation dans une salle de contrôle, regardant des écrans affichant des schémas de réseau électrique, casque sur la tête, ambiance lumineuse bleutée

Le monteur de réseaux électriques est le soldat de première ligne de l'électrification. Il pose et raccorde les lignes haute tension, installe les transformateurs et assure la maintenance des infrastructures. Ce métier connaît une croissance fulgurante : 27 000 emplois sont visés en 2030, soit une augmentation de 70 % par rapport à 2023. Le salaire d'entrée se situe entre 1 800 et 2 200 euros brut par mois, avec des primes pour le travail en hauteur et les astreintes.

Pour y accéder, deux formations principales : le Bac Pro MELEC (Métiers de l'Électricité et de ses Environnements Connectés), accessible après la 3e, ou la mention complémentaire Technicien en Réseaux Électriques, qui se prépare en un an après un Bac Pro. Les entreprises ont équipé 150 lycées professionnels en matériel spécialisé, ce qui permet aux élèves de s'entraîner sur des équipements réels. Un apprenti en Bac Pro MELEC touche entre 836 et 1 216 euros net par mois, selon son âge et son niveau d'études.

Technicien d'exploitation : le garant du réseau 24h/24

Le technicien d'exploitation supervise et maintient le réseau en temps réel. Il intervient en cas d'incident, gère les flux d'électricité et assure la continuité du service. Ce poste est stratégique dans un contexte où le réseau doit s'adapter à des sources d'énergie intermittentes comme le solaire et l'éolien. Le salaire de départ varie entre 25 000 et 30 000 euros brut par an.

La formation requise est le BTS Électrotechnique ou le BUT Génie Électrique et Informatique Industrielle (GEII). Enedis propose 3 100 offres d'emploi et d'alternance en 2026, dont une grande partie pour ce profil. Les « Rencontres alternance » organisées du 2 au 6 février 2026 – avec des job datings, des portes ouvertes et des webinaires – sont une porte d'entrée concrète pour les candidats.

Chef de chantier : un encadrement technique très recherché

Le chef de chantier coordonne les équipes sur le terrain. Il planifie les travaux, gère les approvisionnements et veille au respect des normes de sécurité. Ce métier connaît une explosion : 7 720 emplois visés en 2030, soit une hausse de 98 % par rapport à 2023. Le salaire se situe entre 30 000 et 38 000 euros brut par an, avec des perspectives d'évolution rapide vers des postes de responsable d'exploitation.

L'accès se fait via un BTS Électrotechnique ou une licence professionnelle. Une expérience préalable est souvent exigée, mais les promotions internes sont fréquentes. Un monteur de réseaux peut, après quelques années, évoluer vers ce poste d'encadrement.

CAP, Bac Pro, BTS : les formations courtes qui mènent à un CDI

Pour les 16-25 ans qui doutent de la valeur des filières professionnelles, le secteur de l'électricité offre des débouchés immédiats. Les formations courtes – du CAP au BTS – sont les plus recherchées par les recruteurs. Le modèle de l'alternance permet de cumuler salaire et expérience, avec un taux d'insertion élevé.

CAP Électricien et Bac Pro MELEC : les tremplins de l'emploi immédiat

Le CAP Électricien est accessible après la 3e. La formation dure deux ans, avec une possibilité de la boucler en un an pour les profils motivés. En alternance, la rémunération varie de 836,70 à 1 216,90 euros par mois (55 à 80 % du SMIC) pour les 16-25 ans. Enedis recrute dès ce niveau, ce qui permet aux jeunes sans bac d'accéder à un emploi stable.

Le Bac Pro MELEC, en trois ans après la 3e ou deux ans après un CAP, est la formation la plus demandée par les recruteurs. Elle couvre l'installation, la maintenance et la mise en service des équipements électriques. Les diplômés peuvent postuler directement aux postes de monteur de réseaux ou d'électricien. Les 150 lycées équipés par les entreprises offrent une formation pratique de qualité.

BTS Électrotechnique et BUT GEII : les diplômes qui ouvrent les portes de l'encadrement

Le BTS Électrotechnique se prépare en deux ans après le bac. Il donne accès aux postes de technicien d'exploitation et de chef de chantier. Le BUT GEII, en trois ans, offre une formation plus complète en génie électrique et informatique industrielle. Ces diplômes sont très recherchés par Enedis, qui propose plus de 50 formations accessibles, du CAP au BAC+5, dans toute la France.

Les « Rencontres alternance » d'Enedis, du 2 au 6 février 2026, sont un passage obligé pour les candidats. Job datings, portes ouvertes et webinaires permettent de rencontrer les recruteurs et de postuler directement. L'entreprise a annoncé 3 100 offres d'emploi et d'alternance pour 2026, un chiffre qui montre l'ampleur des besoins.

L'apprentissage : un salaire pendant les études et une embauche garantie

L'alternance est le modèle roi dans ce secteur. Contrat d'apprentissage ou de professionnalisation, rémunération, immersion en entreprise : les avantages sont nombreux. Un apprenti en Bac Pro MELEC touche entre 836 et 1 216 euros net par mois. Le taux d'insertion est élevé : 80 à 90 % des apprentis décrochent un CDI dans les six mois suivant leur diplôme. Les entreprises misent sur ce vivier pour pourvoir leurs postes, car les compétences sont directement adaptées aux besoins du terrain.

Salaire de 1 800 à 2 200 € brut : ces emplois paient-ils vraiment ?

Les salaires annoncés sont-ils à la hauteur des attentes des jeunes ? Comparés au SMIC (1 398 euros net par mois en 2026), les métiers de l'électricité offrent une rémunération plus élevée dès l'entrée. Mais les conditions de travail – travail en hauteur, astreintes, déplacements – justifient ces montants.

Grilles de salaires par métier et par niveau de diplôme

Les fourchettes salariales varient selon le poste et l'expérience :

  • Monteur de réseaux : 1 800 à 2 200 euros brut par mois en début de carrière, avec des primes pour le travail en hauteur et les astreintes.
  • Technicien d'exploitation : 25 000 à 30 000 euros brut par an, soit environ 2 100 à 2 500 euros brut par mois.
  • Chef de chantier : 30 000 à 38 000 euros brut par an, soit 2 500 à 3 200 euros brut par mois.

Ces montants augmentent avec l'ancienneté et les responsabilités. Un monteur confirmé peut gagner jusqu'à 2 800 euros brut par mois, un chef de chantier expérimenté jusqu'à 45 000 euros brut par an. Les primes d'astreinte et de déplacement peuvent représenter 10 à 15 % du salaire de base.

Des postes dans toute la France, y compris en zone rurale

Contrairement à certains emplois technologiques concentrés dans les métropoles, les métiers de l'électrification sont présents sur tout le territoire. Les chantiers portuaires à Marseille, Saint-Nazaire, Le Havre et La Rochelle, le raccordement des serres agricoles en Bretagne, la maintenance des réseaux en zone rurale : les opportunités sont partout. Pour les jeunes qui souhaitent rester dans leur région, c'est un avantage considérable.

70 milliards par an : qui finance le plan et quels risques pour les embauches ?

Le plan d'électrification est ambitieux, mais son financement suscite des débats. Libération a posé la question le 21 mai 2026 : « Qui va payer la facture ? » Le chiffre de 70 milliards d'euros par an interroge sur la soutenabilité du projet.

Le financement : un débat politique et économique

Le plan doit être financé par les entreprises, l'État et, in fine, les consommateurs. Les investissements dans les réseaux, les bornes de recharge et les data centers nécessitent des capitaux importants. Emmanuel Macron a reçu mardi 26 mai « l'équipe de France de l'électricité » pour discuter de la répartition des coûts. Les entreprises devraient supporter une partie de la facture via leurs investissements, mais l'État pourrait être amené à augmenter les taxes ou à emprunter. Les consommateurs, eux, verront probablement leur facture d'électricité augmenter.

Le vrai risque : former suffisamment de candidats qualifiés

Le principal frein évoqué par les entreprises n'est pas l'argent, mais le manque de candidats formés. Les 150 lycées équipés sont un premier pas, mais les besoins dépassent encore l'offre. L'exemple des Plombiers du Numérique est éloquent : leur formation de technicien de maintenance data center, inaugurée en mars 2025, accueille 14 places pour 19 mois de formation. Les places en CFA sont limitées, et il faut candidater tôt.

Comment décrocher un emploi ou une alternance dès la rentrée 2026

Pour les jeunes intéressés, l'heure est à l'action. Les recrutements commencent en 2026, et les démarches à suivre sont claires.

Les job datings Enedis et autres rendez-vous incontournables

Les « Rencontres alternance » d'Enedis, du 2 au 6 février 2026, sont le rendez-vous à ne pas manquer. Job datings, portes ouvertes, webinaires : l'entreprise met tout en œuvre pour recruter. Les inscriptions se font sur le site d'Enedis. D'autres entreprises signataires, comme EDF et Engie, organisent leurs propres sessions. Il est conseillé de s'inscrire dès maintenant sur les plateformes de candidature.

CFA, lycées professionnels et aides financières : le guide des bonnes adresses

Les lycées professionnels équipés – 150 établissements – sont un bon point de départ. Les CFA spécialisés dans l'électrotechnique, comme ceux de l'UIMM, proposent des formations en alternance. Les aides financières ne manquent pas : prime à l'embauche pour les apprentis, aides au logement, carte jeune. Un apprenti peut cumuler son salaire avec des aides régionales.

Le mot de la fin : oser les métiers de l'électrification

Ces métiers offrent stabilité, salaire correct et sens : participer à la transition énergétique. Les filières professionnelles ne sont pas une voie de garage. Les 12 000 embauches annuelles ne sont pas un mirage si les jeunes se forment aux compétences recherchées. Il suffit de candidater aux CFA, de s'inscrire aux job datings Enedis et de contacter les lycées professionnels équipés.

Conclusion

Le plan d'électrification et ses 12 000 embauches annuelles représentent une opportunité concrète pour les jeunes. Les métiers de monteur de réseaux, technicien d'exploitation et chef de chantier sont accessibles via des formations courtes et rémunérées. Le pari sera tenu si les candidats se forment aux bons diplômes – CAP, Bac Pro MELEC, BTS Électrotechnique – et postulent rapidement. Les premiers gestes à poser dès la rentrée 2026 : s'inscrire aux CFA, participer aux job datings Enedis et contacter les lycées professionnels équipés. La transition énergétique a besoin de bras, et ces bras sont les vôtres.

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Questions fréquentes

Quels métiers recrutent dans l'électrification ?

Les trois métiers les plus recherchés sont monteur de réseaux électriques, technicien d'exploitation et chef de chantier. Le monteur de réseaux vise 27 000 emplois en 2030, le chef de chantier connaît une hausse de 98 %.

Quel salaire pour un monteur de réseaux électriques ?

Le salaire d'entrée se situe entre 1 800 et 2 200 euros brut par mois, avec des primes pour le travail en hauteur et les astreintes. Un monteur confirmé peut gagner jusqu'à 2 800 euros brut par mois.

Quelles formations pour travailler dans l'électricité ?

Les formations courtes sont privilégiées : CAP Électricien, Bac Pro MELEC, BTS Électrotechnique ou BUT GEII. L'alternance permet de cumuler salaire et expérience, avec un taux d'insertion de 80 à 90 % en CDI.

Qui finance le plan électrification de 70 milliards ?

Le plan est financé par les entreprises (EDF, RTE, Enedis, Engie), l'État et les consommateurs via la facture d'électricité. Le débat sur la répartition des coûts reste ouvert.

Comment postuler aux offres d'Enedis en 2026 ?

Les « Rencontres alternance » d'Enedis se tiennent du 2 au 6 février 2026 avec job datings, portes ouvertes et webinaires. L'entreprise propose 3 100 offres d'emploi et d'alternance pour 2026.

Sources

  1. Plan électrification: 12.000 embauches et 3.000 apprentis par an ... · connaissancedesenergies.org
  2. asap.work · asap.work
  3. [PDF] job creation and skills development during the energy transition · documents1.worldbank.org
  4. enedis.fr · enedis.fr
  5. formation-industries-alsace.fr · formation-industries-alsace.fr
society-lens
Mélissa Turbot @society-lens

Je m'intéresse à ceux dont personne ne parle. Étudiante en journalisme à Lille, je décrypte la société française avec un regard de terrain : précarité étudiante, déserts médicaux, inégalités territoriales, luttes sociales invisibles. Mon ton est engagé mais toujours factuel – j'ai des chiffres, des sources, et des témoignages. Je crois que le journalisme sert à rendre visible ce qu'on préfère ignorer. Mes articles ne sont pas confortables, mais ils sont honnêtes.

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