La mosquée Assalam à Nantes, lieu de la rencontre annuelle des Musulmans de l'Ouest annulée.
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Interdiction de la RAMO à Nantes : l'État muscle l'offensive contre les Frères musulmans

L'interdiction de la RAMO à Nantes, confirmée par le tribunal, marque une escalade dans la lutte gouvernementale contre l'entrisme des Frères musulmans.

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Le week-end du 23 au 24 mai 2026 devait marquer un temps fort pour la communauté musulmane de l'Ouest de la France. Il s'est transformé en bras de fer juridique et politique. La Rencontre annuelle des Musulmans de l'Ouest (RAMO), qui réunit chaque année près de 2000 fidèles à la mosquée Assalam de Nantes, a été interdite par la préfecture de Loire-Atlantique sur instruction directe du ministre de l'Intérieur. Une décision confirmée par le tribunal administratif, et saluée par le Premier ministre Sébastien Lecornu comme une étape décisive dans la lutte contre l'entrisme des Frères musulmans. Derrière l'interdiction d'un simple rassemblement religieux se dessine une offensive gouvernementale plus large, qui interroge sur l'équilibre entre fermeté républicaine et libertés publiques.

La mosquée Assalam à Nantes, lieu de la rencontre annuelle des Musulmans de l'Ouest annulée.
La mosquée Assalam à Nantes, lieu de la rencontre annuelle des Musulmans de l'Ouest annulée. — (source)

La RAMO interdite à la dernière minute : récit d'un week-end sous tension

L'annonce est tombée comme un coup de tonnerre dans le paysage associatif nantais. Le vendredi 22 mai 2026, alors que les derniers préparatifs s'achevaient, la préfecture de Loire-Atlantique a signé un arrêté interdisant la Rencontre annuelle des Musulmans de l'Ouest, prévue le lendemain. L'événement, qui se tient depuis quinze ans à la mosquée Assalam, devait accueillir des conférences, des prières collectives et des moments d'échange. À la place, ce sont les forces de l'ordre qui ont été déployées pour faire respecter l'interdiction.

Un arrêté préfectoral signé « à la demande du ministre de l'Intérieur »

Le préfet Fabrice Rigoulet-Roze a agi sur instruction expresse du ministère de l'Intérieur. L'arrêté précise que la décision a été prise « à la demande du ministre de l'Intérieur », une formulation rare qui souligne l'implication directe de l'exécutif dans ce dossier local. Le motif officiel invoqué ? La présence de « cadres dirigeants des Musulmans de France » qui seraient « susceptibles de tenir des propos constituant des infractions pénales » ou « portant atteinte à la dignité humaine, aux principes et valeurs de la République ».

Participants à la rencontre annuelle des Musulmans de l'Ouest s'embrassant après la confirmation de l'interdiction.
Participants à la rencontre annuelle des Musulmans de l'Ouest s'embrassant après la confirmation de l'interdiction. — (source)

La décision intervient en amont de l'événement, désorganisant complètement la logistique des organisateurs. Les bénévoles, les conférenciers et les participants potentiels ont été prévenus dans l'urgence. Certains avaient déjà fait plusieurs heures de route.

2000 personnes privées de rassemblement : la consternation des organisateurs

L'Association Islamique de l'Ouest de la France (AIOF), qui organise la RAMO, a immédiatement déposé un recours en référé-liberté devant le tribunal administratif de Nantes. Dans un communiqué publié après la confirmation de l'interdiction, l'association « prend acte » de la décision du juge mais « réaffirme son profond attachement à l'État de droit ». Elle annonce une « requête de fond » pour contester le bien-fondé même de l'interdiction, au-delà de l'urgence.

Emmanuel Macron serrant la main d'un représentant à l'entrée du ministère de l'Intérieur.
Emmanuel Macron serrant la main d'un représentant à l'entrée du ministère de l'Intérieur. — (source)

Le sentiment d'injustice est palpable. Pour les organisateurs, l'interdiction repose sur des hypothèses, pas sur des faits avérés. Aucun propos illicite n'avait été prononcé, aucun incident signalé lors des éditions précédentes. La présomption d'innocence semble mise de côté au profit d'une logique préventive.

Johanna Rolland, maire de Nantes, dénonce une « privation de liberté »

La maire socialiste de Nantes, Johanna Rolland, a pris position publiquement contre l'interdiction. Dans une déclaration relayée par les médias locaux, elle a estimé que cette décision « prive des milliers de citoyennes et citoyens de confession musulmane d'un temps de rencontre, de partage et de spiritualité ». Une prise de position qui place l'élue locale en opposition directe avec le gouvernement, pourtant du même camp politique.

Ce clivage illustre les tensions que suscite la stratégie sécuritaire du gouvernement Lecornu. Même à gauche, l'unanimité n'est pas de mise. Certains élus locaux redoutent les conséquences sociales d'une approche perçue comme stigmatisante.

« Problème d'entrisme » et « atteinte aux valeurs » : la mécanique juridique de l'interdiction

Pour comprendre cette interdiction, il faut décortiquer les arguments précis avancés par le gouvernement. Ils ne relèvent pas d'une menace terroriste immédiate, comme ce fut le cas pour la RAMF au Bourget en avril, mais d'une logique préventive fondée sur la notion d'« entrisme » des Frères musulmans.

« Susceptibles de tenir des propos » : la présomption de culpabilité au cœur du débat

Le motif central de l'arrêté préfectoral est la « présence de cadres dirigeants des Musulmans de France susceptibles de tenir des propos constituant des infractions pénales ». Cette formulation repose sur une logique de risque potentiel, non sur des faits établis. Aucun discours n'avait été prononcé, aucun contenu diffusé. L'interdiction est donc préventive.

Rassemblement de partisans des Frères musulmans en Égypte, agitant des drapeaux égyptiens.
Rassemblement de partisans des Frères musulmans en Égypte, agitant des drapeaux égyptiens. — (source)

Cette approche est contestée par les associations de défense des droits humains et une partie de la doctrine juridique. Interdire un rassemblement sur la seule base de ce qui pourrait être dit, c'est inverser la charge de la preuve. C'est aussi s'arroger le droit de censurer des propos avant même qu'ils ne soient tenus. Un précédent jugé « très grave » par certains observateurs.

Lecornu salue « une étape importante dans la lutte contre l'entrisme des Frères musulmans »

Sur le réseau X, le Premier ministre Sébastien Lecornu a rapidement réagi. Il qualifie l'interdiction « d'étape importante dans la lutte contre l'entrisme des Frères musulmans ». Et d'ajouter : « Face à l'islamisme politique, la République doit être ferme, précise et juridiquement irréprochable. »

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a confirmé la décision en évoquant des « propos susceptibles d'y être tenus [qui] sont de nature à porter atteinte aux principes et aux valeurs de la République ». L'exécutif assume donc un cadrage politique fort : il ne s'agit pas d'une simple mesure de police administrative, mais d'un acte politique délibéré.

Quels sont les liens réels entre la RAMO et la mouvance Frères musulmans ?

Reste à savoir sur quels éléments concrets se fonde cette accusation. Le gouvernement désigne par « Frères musulmans » un réseau d'influence transnational, plus qu'une organisation criminelle formelle. Des études, comme celles menées par l'ISGAP, documentent une stratégie d'« entrisme » visant à infiltrer les institutions occidentales via des associations cultuelles et culturelles.

Maquette du Dôme du Rocher présentée lors d'une exposition islamique.
Maquette du Dôme du Rocher présentée lors d'une exposition islamique. — (source)

Mais dans le cas de la RAMO, les liens précis sont flous. L'événement est organisé par l'AIOF, une association locale. La présence de cadres des Musulmans de France, fédération nationale, ne prouve pas en soi une appartenance à la mouvance Frères musulmans. Le débat reste ouvert entre les accusations politiques et les éléments factuels disponibles.

Le Bourget, Nantes, et après ? L'offensive s'étend à tout le territoire

L'interdiction de la RAMO n'est pas un événement isolé. Elle s'inscrit dans une série d'actions gouvernementales qui dessinent une stratégie cohérente de lutte contre ce que l'exécutif appelle « l'islamisme politique ». Deux autres dossiers, traités quasi simultanément, confirment cette tendance.

Avril 2026 : une interdiction de la RAMF annulée par la justice… deux heures avant le début

Le 2 avril 2026, la préfecture de police de Paris interdit la Rencontre annuelle des Musulmans de France (RAMF), prévue au parc des expositions du Bourget. Motif invoqué : un « risque terroriste majeur », lié à un attentat déjoué contre une banque américaine à Paris et au contexte international tendu. La préfecture évoque aussi le risque de « petits groupes d'extrême droite » venant perturber l'événement.

Mais le tribunal administratif de Paris annule cette interdiction deux heures avant le début du rassemblement. Le juge estime que les éléments fournis par la préfecture « n'établissent pas la réalité du risque de contre-manifestations, ni que le rassemblement serait ciblé par des groupes d'extrême droite ». Il qualifie l'interdiction d'« atteinte manifeste au droit de réunion ».

La contradiction est frappante. À Paris, le juge a invalidé l'interdiction. À Nantes, il l'a confirmée. La différence tient aux arguments présentés : à Nantes, la préfecture a mis en avant la présence de cadres spécifiques et des antécédents de propos litigieux, ce qui a convaincu le tribunal.

Manifestation de soutien aux Frères musulmans avec des drapeaux verts et jordaniens.
Manifestation de soutien aux Frères musulmans avec des drapeaux verts et jordaniens. — (source)

Laurent Nuñez dévoile un nouveau projet de loi « entrisme et séparatisme »

Le même jour, le 2 avril 2026, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez annonce un nouveau projet de loi de lutte contre le séparatisme. Surnommé « séparatisme 2.0 » ou « loi entrisme et séparatisme », ce texte vise à compléter la loi de 2021. Il prévoit d'élargir les motifs de dissolution des associations, de renforcer le contrôle des accueils collectifs de mineurs, et d'interdire certaines publications jugées contraires aux valeurs républicaines.

Ce texte offre un cadre juridique renforcé pour ce type d'interdictions préventives. Il répond à une demande des préfectures qui, comme à Paris en avril, se sont heurtées à des décisions de justice défavorables faute de base légale suffisante.

Du CCIF à la Jeune Garde : un hiver sécuritaire pour les associations

L'offensive ne vise pas uniquement les cultes. Depuis la dissolution du CCIF (Collectif contre l'islamophobie en France) en 2021, le gouvernement a multiplié les procédures contre des associations perçues comme des vecteurs d'atteinte aux principes républicains. La reconstitution de la Jeune Garde, une organisation d'extrême gauche, a également été dans le viseur de l'exécutif.

Cette continuité dans l'action gouvernementale montre que la stratégie dépasse le simple cadre religieux. Elle s'inscrit dans une logique plus large de contrôle des associations et de lutte contre toutes les formes de « milices » ou de groupes perçus comme radicaux.

Procédure et contentieux : la justice administrative peut-elle encore freiner l'exécutif ?

Face à l'interdiction, l'AIOF a engagé une procédure d'urgence. Le tribunal administratif de Nantes a été saisi en référé-liberté, une procédure accélérée permettant de contester une atteinte grave à une liberté fondamentale. Mais le juge a confirmé l'arrêté préfectoral.

Le tribunal administratif de Nantes confirme l'arrêté préfectoral : quels arguments ?

Le juge des référés de Nantes a validé l'interdiction en retenant plusieurs éléments. Il a notamment pris en compte le contexte local, les antécédents des intervenants pressentis, et la nature des propos redoutés. Le tribunal a estimé que la préfecture avait suffisamment étayé son argumentation sur le risque de troubles à l'ordre public.

Contrairement au juge parisien, qui avait estimé que la préfecture n'avait pas établi la réalité du risque, le juge nantais a considéré que les éléments fournis étaient suffisants. Cette différence illustre la marge d'appréciation dont dispose chaque juge, et la possible évolution de la jurisprudence sécuritaire.

« Requête de fond » et Conseil d'État : les ultimes recours pour l'AIOF

L'AIOF ne compte pas en rester là. Elle annonce une « requête de fond », c'est-à-dire un recours qui ne porte pas sur l'urgence (comme le référé) mais sur le fond du dossier : l'interdiction elle-même était-elle légale ? Ce recours sera examiné dans plusieurs mois.

Ensuite, l'association peut se tourner vers le Conseil d'État, la plus haute juridiction administrative française. Et au-delà, vers la Cour européenne des droits de l'homme, si elle estime que ses libertés fondamentales ont été bafouées. Un parcours long et coûteux, mais que l'AIOF dit prête à mener.

Pourquoi la même interdiction a fonctionné à Nantes mais pas au Bourget

La comparaison entre les deux cas éclaire les ressorts de la justice administrative. À Paris, la préfecture a invoqué un risque terroriste général et des menaces d'extrême droite, sans preuves concrètes. Le juge a estimé que cela ne justifiait pas une interdiction totale.

À Nantes, la préfecture a ciblé des personnes précises, avec des antécédents de propos litigieux. Le juge a considéré que le risque était suffisamment établi. La différence tient donc à la qualité des arguments présentés, et à la capacité de l'administration à démontrer un lien entre les intervenants et des infractions potentielles.

« On se sent ciblés » : le quotidien des jeunes musulmans face à la pression sécuritaire

Au-delà des débats juridiques, cette interdiction a un impact humain. Pour les jeunes musulmans de l'Ouest, la RAMO était bien plus qu'un simple rassemblement. C'était un repère annuel, un moment de retrouvailles et de partage.

15 ans de la RAMO : un repère annuel réduit au silence

Organisée depuis quinze ans à la mosquée Assalam, la RAMO rassemblait des milliers de fidèles venus de toute la région. Conférences sur l'islam et la société, prières collectives, moments d'échange entre générations : l'événement remplissait une fonction sociale importante pour une communauté souvent dispersée géographiquement.

Stand de livres arabes lors de la Rencontre annuelle des musulmans de France.
Stand de livres arabes lors de la Rencontre annuelle des musulmans de France. — (source)

L'interdiction brise ce rendez-vous structurant. Pour beaucoup, c'est un signal douloureux : leur pratique religieuse, leur besoin de se rassembler, est perçu comme une menace potentielle.

Jeunes participants : entre colère et résignation face à la « suspicion généralisée »

Dans les mosquées et les associations étudiantes de Nantes, les témoignages recueillis auprès de jeunes participants traduisent un mélange de colère et de lassitude. Beaucoup expriment un sentiment d'incompréhension : pourquoi un événement qui se déroule sans incident depuis quinze ans serait-il soudainement interdit ?

D'autres, plus résignés, évoquent une « suspicion généralisée » qui pèse sur leur quotidien. Chaque rassemblement, chaque conférence, chaque prière collective devient potentiellement suspect. Cette pression sécuritaire, disent-ils, finit par user le sentiment d'appartenance à la République.

La mairie de Nantes en porte-à-faux : un clivage politique local

La position de Johanna Rolland offre un contrepoint intéressant. En prenant la défense de la liberté de réunion contre le gouvernement, la maire socialiste de Nantes crée un espace de reconnaissance pour les jeunes musulmans. Tous ne les assimilent pas à une menace. Ce clivage politique local peut sembler anecdotique, mais il a son importance : il montre que le front républicain n'est pas uni, et que des voix s'élèvent pour défendre une approche plus nuancée.

« Ferme, précise et juridiquement irréprochable » : le pari risqué de la stratégie Lecornu-Nuñez

Reste à évaluer les conséquences de cette offensive. Le gouvernement mise sur la fermeté pour envoyer un signal fort à sa base électorale et dissuader les discours radicaux. Mais cette stratégie comporte des risques.

Une politique payante électoralement, mais à quel prix pour le lien social ?

Sur le plan politique, Lecornu et Nuñez cochent une case importante de leur logiciel : la lutte contre « l'islamisme politique » est un marqueur clair, qui séduit une partie de l'électorat. Chaque interdiction, chaque dissolution, chaque projet de loi renforce cette image de fermeté.

Maquette du Dôme du Rocher et des bâtiments adjacents lors d'une exposition.
Maquette du Dôme du Rocher et des bâtiments adjacents lors d'une exposition. — (source)

Mais le coût social est réel. La confiance d'une partie des citoyens envers l'État s'érode. Les recours judiciaires s'accumulent, mobilisant des ressources administratives et financières. Et surtout, le sentiment d'injustice partagé peut paradoxalement favoriser le repli identitaire et la réceptivité aux discours radicaux. Un effet boomerang bien documenté par les services de renseignement.

Contentieux, contestations et image internationale : les angles morts de l'offensive

Les coûts concrets de cette stratégie sont multiples. Les frais de justice pour l'État et les associations s'accumulent. Les forces de l'ordre sont mobilisées pour des opérations de maintien de l'ordre qui, sans interdiction, n'auraient peut-être pas été nécessaires. Les ONG de défense des droits humains suivent de près ces dossiers, et la couverture médiatique internationale (BBC, Le Monde) n'est pas toujours favorable.

La question du rapport qualité-prix se pose : est-ce une dépense efficace de capital politique et financier ? Les bénéfices électoraux à court terme justifient-ils les coûts sociaux à long terme ?

Radicalisation par l'exclusion : l'effet boomerang redouté par les services de renseignement

Le paradoxe sécuritaire le plus documenté est celui de la radicalisation par l'exclusion. En isolant des communautés, en créant un sentiment d'injustice partagé, on peut favoriser le repli identitaire et la réceptivité aux discours radicaux. Les services de renseignement eux-mêmes reconnaissent ce dilemme : la fermeté, sans filet d'inclusion, peut être contre-productive.

Qui paie pour cette radicalisation potentielle ? La société dans son ensemble. Les coûts humains, sociaux et financiers d'une radicalisation évitable pèsent sur tous, bien au-delà des cercles directement concernés.

Conclusion : liberté de croire, liberté de se réunir, le dilemme républicain

L'interdiction de la RAMO à Nantes illustre une tension centrale de la République française : comment lutter efficacement contre l'extrémisme sans sacrifier les libertés fondamentales qui fondent notre modèle démocratique ?

La stratégie Lecornu-Nuñez fait le pari que la fermeté préventive est le meilleur rempart contre l'islamisme politique. Mais ce pari comporte des risques : érosion du lien social, sentiment de stigmatisation, contentieux judiciaires, et paradoxalement, un possible renforcement des dynamiques de radicalisation.

Entre la protection de l'ordre public et la préservation des libertés, l'équilibre reste fragile. La question posée par cette interdiction dépasse le simple cadre de la RAMO : elle interroge notre capacité collective à conjuguer fermeté républicaine et inclusion, sécurité et confiance, dans une société où les communautés cherchent leur place.

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Questions fréquentes

Pourquoi la RAMO a-t-elle été interdite à Nantes ?

La Rencontre annuelle des Musulmans de l'Ouest (RAMO) a été interdite par la préfecture sur instruction du ministre de l'Intérieur. Le motif officiel est la présence de cadres des Musulmans de France susceptibles de tenir des propos constituant des infractions pénales ou portant atteinte aux valeurs de la République.

Quel est le lien entre la RAMO et les Frères musulmans ?

Le gouvernement accuse l'événement d'être lié à la mouvance des Frères musulmans via la présence de cadres des Musulmans de France. Cependant, les liens précis sont flous : l'événement est organisé par une association locale, l'AIOF, et aucune appartenance formelle n'est prouvée.

Le tribunal a-t-il validé l'interdiction de la RAMO ?

Oui, le tribunal administratif de Nantes a confirmé l'arrêté préfectoral. Le juge a estimé que la préfecture avait suffisamment étayé son argumentation sur le risque de troubles à l'ordre public, contrairement à l'interdiction de la RAMF au Bourget qui avait été annulée.

Quelles sont les conséquences de l'interdiction de la RAMO ?

L'interdiction a privé près de 2000 fidèles d'un rassemblement religieux et social annuel. Elle suscite un sentiment d'injustice et de stigmatisation chez les jeunes musulmans, et crée un clivage politique local, la maire de Nantes ayant dénoncé une privation de liberté.

Que prévoit le nouveau projet de loi entrisme et séparatisme ?

Annoncé par le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, ce texte vise à compléter la loi de 2021. Il prévoit d'élargir les motifs de dissolution des associations, de renforcer le contrôle des accueils collectifs de mineurs, et d'interdire certaines publications contraires aux valeurs républicaines.

Sources

  1. bbc.com · bbc.com
  2. [PDF] the muslim brotherhood's global threat hearing - Congress.gov · congress.gov
  3. france3-regions.franceinfo.fr · france3-regions.franceinfo.fr
  4. huffingtonpost.fr · huffingtonpost.fr
  5. [PDF] The Muslim Brotherhood's Strategic Entryism into Western Society · isgap.org
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Mélissa Turbot @society-lens

Je m'intéresse à ceux dont personne ne parle. Étudiante en journalisme à Lille, je décrypte la société française avec un regard de terrain : précarité étudiante, déserts médicaux, inégalités territoriales, luttes sociales invisibles. Mon ton est engagé mais toujours factuel – j'ai des chiffres, des sources, et des témoignages. Je crois que le journalisme sert à rendre visible ce qu'on préfère ignorer. Mes articles ne sont pas confortables, mais ils sont honnêtes.

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