Panneau blanc avec inscription bleue 'LABORATOIRE DE BIOLOGIE MEDICALE' fixé sur un mur extérieur, à côté de tuyaux verticaux et sous un lampadaire.
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Grève des labos d'analyses 2026 : comment gérer ses soins quand on a entre 16 et 25 ans

Grève des labos d'analyses le 4 mai 2026 : prise de sang annulée, IST, contraception ou suivi psy, comment gérer tes soins entre 16 et 25 ans ?

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Tu avais calé ton rendez-vous pour une prise de sang entre deux cours, et là, tu tombes sur la porte fermée. Pas d'affichage, pas de message sur le répondeur, juste un silence administratif qui te laisse avec ton ordonnance à la main. Le lundi 4 mai 2026, l'appel à la grève nationale lancé par l'intersyndicale CGT (FNIC), CFDT Santé-Sociaux, UNSA et CFTC a transformé cette scène en réalité pour des milliers de jeunes patients dans toute la France. Le préavis est reconductible, ce qui signifie que les perturbations pourraient durer plusieurs jours, voire plusieurs semaines.

Panneau blanc avec inscription bleue 'LABORATOIRE DE BIOLOGIE MEDICALE' fixé sur un mur extérieur, à côté de tuyaux verticaux et sous un lampadaire.
Panneau blanc avec inscription bleue 'LABORATOIRE DE BIOLOGIE MEDICALE' fixé sur un mur extérieur, à côté de tuyaux verticaux et sous un lampadaire. — (source)

Ce n'est pas une grève de médecins biologistes comme celle de l'automne 2024. Cette fois, ce sont les techniciens, les secrétaires, les coursiers et les préleveurs – ceux qui font tourner la machine au quotidien – qui ont débrayé. Et pour le jeune patient, le résultat est immédiat : rendez-vous annulé sans prévenir, résultats qui n'arrivent pas, stress de ne pas savoir si son traitement va être renouvelé à temps.

L'objectif de cet article n'est pas de prendre parti dans le conflit social, mais de te donner les clés pour naviguer dans ce chaos. Parce que quand t'as 18 ans, que tu dois renouveler ta pilule ou faire un test IST, la dernière chose dont t'as besoin, c'est de te heurter à une porte fermée sans plan B.

Prise de sang annulée, résultats en retard : que faire le lundi 4 mai ?

« On en a ras le bol » : le ras-le-bol des techniciens de laboratoire

Pour comprendre ce qui se passe, il faut écouter ceux qui sont en première ligne. Muriel Sutto, secrétaire générale CGT Synlab Sud-Ouest, résume le sentiment général : « On en a ras le bol. » Ce ne sont pas des grévistes professionnels. Ce sont des techniciens de laboratoire qui passent leur journée à prélever du sang, des secrétaires qui gèrent les rendez-vous, des coursiers qui transportent les échantillons. Des gens qui, d'habitude, travaillent dans l'ombre et ne font pas de vagues.

Patricia Miramont-Pouret, salariée de Biogroup BFC et déléguée CFDT avec 28 ans d'ancienneté, raconte avoir connu quatre fusions et de nombreuses suppressions de postes. Un samedi, elle s'est retrouvée seule avec une secrétaire, avec dix patients à prélever quinze minutes avant la fermeture de midi. « Trois à quatre minutes par personne, c'est impossible, le patient doit rester la priorité », témoigne-t-elle. Ces histoires ne sont pas des cas isolés : elles sont le quotidien d'un secteur en pleine mutation.

Le ras-le-bol est d'autant plus fort que les salariés ont l'impression de ne pas être entendus. Christine Pelletier, de la CFDT Santé-Sociaux 21, résume le sentiment général : « On est dans un contexte de rentabilité financière qui détruit notre métier. » Les techniciens ne demandent pas des fortunes, juste des salaires décents et des conditions de travail qui leur permettent de faire correctement leur boulot.

Affiche de la CGT appelant à la grève des laboratoires d'analyses médicales extra-hospitaliers le 4 mai 2026, avec un poing levé et des slogans sur les salaires et la santé.
Affiche de la CGT appelant à la grève des laboratoires d'analyses médicales extra-hospitaliers le 4 mai 2026, avec un poing levé et des slogans sur les salaires et la santé. — (source)

Fermetures en cascade et service minimum flou : comment savoir si ton labo est ouvert ?

Le vrai problème, c'est l'absence d'information centralisée. Aucune liste publique des laboratoires ouverts ou fermés n'a été publiée par les syndicats ou les fédérations. Les grands groupes privés comme Biogroup, Cerba, Eurofins, Inovie, Synlab ou Unilabs n'ont pas non plus communiqué de carte des sites encore en activité.

Alors, comment savoir si ton labo est ouvert ? Trois réflexes à adopter :

  1. Appelle directement ton laboratoire habituel. C'est le plus fiable. Le standard, s'il est décroché, te dira si le site tourne au ralenti ou si le service minimum est assuré.
  2. Vérifie sur Doctolib ou les sites des grands groupes. Certains mettent à jour leurs créneaux en temps réel. Si plus aucun rendez-vous n'est proposé, c'est mauvais signe.
  3. Regarde les réseaux sociaux locaux. Les groupes Facebook de quartier et les comptes X des syndicats locaux sont souvent les premiers à relayer les fermetures.

Prenons l'exemple du Gers, rapporté par La Dépêche du Midi. Après la fusion des entités Synlab, les échantillons sont envoyés à Aire-sur-l'Adour, dans les Landes, ou en Gironde pour analyse. Les délais de résultats dépassent quatorze heures, même pour des analyses présentées comme urgentes. La notion même d'« urgence » a perdu sa substance dans cette organisation industrielle. Si ton labo est dans une zone rurale ou périurbaine, tu fais partie des premiers touchés.

Les pièges à éviter quand on cherche un labo ouvert

Premier piège : se fier aux horaires affichés sur Google Maps. Pendant la grève, les mises à jour ne sont pas systématiques. Tu risques de te déplacer pour rien. Deuxième piège : croire que tous les laboratoires d'une même enseigne sont dans le même état. Certains sites Biogroup peuvent être ouverts tandis que d'autres, à quelques kilomètres, sont fermés. La décision de faire grève ou non se prend souvent au niveau local.

Troisième piège : penser que « service minimum » veut dire « service normal ». Les laboratoires qui tournent au ralenti ne traitent que les urgences vitales. Les analyses de routine sont repoussées. Si tu arrives sans avoir appelé avant, tu risques de faire la queue pour rien.

IST, contraception, suivi psy : prioriser tes soins pendant la grève

Quand t'es entre 16 et 25 ans, les analyses médicales ne sont pas un luxe. Elles sont le sésame pour accéder à la contraception, au dépistage des infections sexuellement transmissibles, au renouvellement des traitements antidépresseurs ou au suivi d'une grossesse débutante. La grève ne fait pas de différence entre une analyse de routine et un examen vital. Mais toi, tu dois la faire.

L'objectif de cette section est de te donner une check-list mentale pour prioriser tes soins. Tous les examens ne se valent pas face à une grève. Certains peuvent attendre quelques jours. D'autres non.

Dépistage IST sans ordonnance : « Mon test IST » est-il accessible pendant la grève ?

Depuis septembre 2024, le dispositif « Mon test IST » permet aux jeunes de se faire dépister gratuitement pour le VIH, la chlamydia, la gonorrhée, la syphilis et l'hépatite B, sans ordonnance et sans rendez-vous. C'est pris en charge à 100 % par l'Assurance maladie, comme le rappelle le site de Cerballiance. Pendant la grève, ce service reste disponible dans les laboratoires ouverts, mais il n'est pas classé comme une urgence vitale par le service minimum.

Si tu as eu un rapport à risque, ne repousse pas le test. Appelle ton laboratoire en amont et précise qu'il s'agit d'un dépistage IST. Les techniciens, même en grève, savent que c'est prioritaire pour la santé publique individuelle. Et si ton labo habituel est fermé, les grandes enseignes comme Cerballiance ou Inovie ont des sites participants au dispositif – vérifie sur leur site avant de te déplacer.

Le piège, c'est de se dire « je le ferai la semaine prochaine ». Avec un préavis reconductible, la semaine prochaine, la grève pourrait être encore là. Mieux vaut anticiper. Et si tu es dans l'incertitude, sache que les centres de dépistage hospitaliers (CeGIDD) ne sont pas concernés par la grève. Tu peux t'y rendre sans rendez-vous dans la plupart des cas.

Pilule, antidépresseurs : comment renouveler son traitement sans prise de sang ?

C'est l'angoisse numéro un des jeunes patients : « Mon ordonnance de pilule expire dans trois jours, je n'ai pas le résultat de ma prise de sang, est-ce que je vais me retrouver sans contraception ? » La réponse est non, si tu sais comment t'y prendre.

Première étape : contacte ton médecin traitant par téléphone ou par téléconsultation. Il peut délivrer une ordonnance de prolongation d'un mois sans analyse, surtout pour les traitements stabilisés comme la contraception orale ou les antidépresseurs de première ligne. Les médecins sont habitués à ce genre de situation et la plupart ont des créneaux de téléconsultation disponibles rapidement.

Deuxième étape : si ton traitement nécessite un dosage sanguin impératif (lithium, anticoagulants, certains antipsychotiques), ces examens sont classés « prioritaires » par les laboratoires qui appliquent le service minimum. Insiste au téléphone et demande à être pris en charge. Si le labo est fermé, ton pharmacien peut délivrer une boîte en urgence sur présentation de l'ordonnance originale. C'est la loi : en cas d'urgence vitale ou de risque d'interruption de traitement, le pharmacien a le droit de délivrer une boîte sans ordonnance renouvelée.

Pour les antidépresseurs, ne fais jamais l'impasse. L'arrêt brutal d'un traitement peut provoquer des effets de sevrage et une rechute. Si tu es en panique, appelle ton médecin ou le 15. Il y a toujours une solution.

Suivi de grossesse, bilan pré-opératoire : les examens qui ne peuvent pas attendre

Certains examens sont catégorisés comme « urgents » par les syndicats eux-mêmes. Les voici :

  • Bêta-HCG et bilan de grossesse : toxoplasmose, glycémie, sérologies. Si tu viens d'apprendre ta grossesse ou si tu es à un stade précoce, ne laisse pas traîner. Le suivi du premier trimestre est crucial pour détecter d'éventuelles complications.
  • Bilan pré-opératoire : hémostase, groupe sanguin, numération formule sanguine. Si tu dois te faire opérer dans les jours qui viennent, c'est bloquant sans ces résultats. Les chirurgiens annulent les interventions si le bilan n'est pas fait.
  • Suivi de pathologies chroniques lourdes : diabète avec insulinothérapie, VIH, cancer sous chimiothérapie. Ces patients sont prioritaires partout. Les syndicats ont été clairs : personne ne laissera un patient diabétique sans surveillance glycémique.

Pour ces examens, le patient doit insister au téléphone et demander à être pris en charge dans le cadre du service minimum. Si le laboratoire de ville est totalement fermé, le médecin prescripteur peut orienter vers un laboratoire hospitalier. Les hôpitaux ne sont pas concernés par cet appel à la grève, qui touche uniquement les labos de ville extra-hospitaliers.

Pourquoi les techniciens de labo ont débrayé : salaires bas, cadences infernales

Après le « comment faire face », vient le « pourquoi ils font ça ». Parce que ceux qui prélèvent ton sang, qui étiquettent tes tubes, qui les envoient au labo central, ne sont pas des grévistes par plaisir. Ils gagnent souvent le SMIC, ils subissent des cadences impossibles et ils voient leur métier se transformer en chaîne de production industrielle.

3 % d'augmentation en deux ans, les trois quarts au SMIC : le compte n'y est pas

La dernière revalorisation salariale dans le secteur date de janvier 2024 : 3 % d'augmentation. Une hausse immédiatement « mangée » par l'inflation, qui a dépassé les 5 % sur la même période. Résultat : les trois quarts des salariés – agents d'entretien, coursiers, secrétaires, assistants administratifs – sont payés au SMIC ou juste quelques euros au-dessus.

Le chiffre qui fait mal, c'est celui des grilles conventionnelles. Huit coefficients de la grille salariale du secteur sont situés en dessous du SMIC. Une aberration juridique et comptable que les syndicats dénoncent depuis des années. Comment un secteur qui pèse 10 milliards d'euros peut-il avoir des salariés payés moins que le minimum légal ? La réponse tient en un mot : la financiarisation.

« De l'atelier artisanal à l'usine » : mobilités imposées et pression industrielle

Murielle Morand, de la FNIC CGT, résume la situation : « On est passé de l'atelier artisanal à l'usine, avec une organisation industrielle de la chaîne d'analyses. » Concrètement, ça signifie quoi ? Les salariés subissent des « mobilités imposées » : travailler dans un laboratoire le matin, dans un autre l'après-midi, avec des trajets non rémunérés. Les suppressions de postes après chaque fusion sont systématiques. Les cadences deviennent impossibles à tenir.

Dans le Gers, les prélèvements réalisés dans le département sont acheminés vers Aire-sur-l'Adour ou la Gironde pour analyse. Les délais explosent. La notion d'urgence vitale, pourtant centrale dans un service de santé, a perdu toute substance. Un patient qui a besoin d'un résultat dans l'heure pour une suspicion d'embolie pulmonaire doit attendre quatorze heures. C'est ça, la réalité de la « logistique industrielle » appliquée à la santé.

Groupe de grévistes portant des gilets rouges avec le logo FO posant devant l'entrée du laboratoire Cerballiance à Carcassonne, certains tenant des parapluies et un document.
Groupe de grévistes portant des gilets rouges avec le logo FO posant devant l'entrée du laboratoire Cerballiance à Carcassonne, certains tenant des parapluies et un document. — (source)

Suppressions de postes : « On n'a plus le temps pour le patient »

Le témoignage de Patricia Miramont-Pouret, déjà cité, mérite qu'on s'y attarde. « En 28 ans j'ai connu quatre fusions et de nombreuses suppressions de postes. Un quart d'heure avant la fermeture de midi, il me restait 10 patients à prélever. 3 à 4 minutes par personne, c'est impossible, le patient doit rester la priorité. »

Ce qu'elle décrit, c'est la dégradation du lien entre le soignant et le patient. Le jeune qui vient pour une prise de sang ne demande pas une consultation d'une heure. Mais il a le droit à un accueil correct, à une explication sur le déroulement du prélèvement, à un suivi si le résultat est anormal. Avec des cadences de quatre minutes par patient, ce lien disparaît. Le technicien devient un automate. Et le patient, un numéro de tube.

Muriel Sutto, de la CGT Synlab Sud-Ouest, ajoute : « Les travailleurs n'en peuvent plus. » Ce n'est pas une formule. C'est le constat d'un métier qui s'est dégradé année après année, fusion après fusion, sans que personne ne s'en émeuve.

Six groupes, 23 % de rentabilité, 10 milliards d'euros : les chiffres qui expliquent la crise

Derrière les témoignages individuels, il y a une mécanique économique implacable. Le marché de la biologie médicale française pèse 10 milliards d'euros. 80 % de cette somme – 8 milliards – vient de la Sécurité sociale, c'est-à-dire de l'argent public, des cotisations des actifs et des impôts. Pourtant, ce secteur est contrôlé à 62 % par six groupes privés adossés à des fonds d'investissement.

Comment six géants ont avalé 62 % des laboratoires français en quatre ans

Les six groupes sont Biogroup, Cerba Healthcare, Eurofins, Inovie, Synlab et Unilabs. En quatre ans, le nombre de laboratoires employeurs est passé de 426 en 2020 à 273 en 2024. C'est une hémorragie de petites structures indépendantes, rachetées une à une par des mastodontes.

Le rapport sénatorial Jomier-Imbert-Henno, publié en septembre 2024 sous le titre « Financiarisation de l'offre de soins : une OPA sur la santé ? », détaille le mécanisme. Les rachats sont souvent adossés à des fonds d'investissement qui exigent des rendements annuels à deux chiffres. Pour y parvenir, les nouveaux propriétaires imposent une pression sur la masse salariale : moins de personnel, plus de cadences, des salaires au plus bas. Le résultat, c'est la grève du 4 mai.

80 % d'argent public, des marges à 23 % : le paradoxe de la financiarisation

Le chiffre qui fait réfléchir, c'est le taux de rentabilité du secteur : 23 % en 2021. C'est énorme, surtout pour un secteur où 80 % des recettes viennent de l'argent public. Il n'existe aucun mécanisme public de contrôle des marges. Les groupes peuvent fixer leurs prix – dans la limite des tarifs remboursés par la Sécu – et empocher la différence.

Ève Rescanières, secrétaire générale de la fédération CFDT Santé-Sociaux, pose la question qui fâche : « La biologie médicale est une offre de soins, elle ne doit pas devenir un produit financier. » Comment un secteur massivement financé par les cotisations sociales peut-il générer des profits aussi élevés tout en maintenant une partie de ses effectifs sous le SMIC ? C'est le paradoxe de la financiarisation : l'argent public sert à rémunérer des actionnaires, pas à améliorer les conditions de travail des soignants.

Quand la course au rendement remplace la proximité avec le patient

La conséquence concrète pour le jeune patient, c'est la disparition du « labo du coin ». Les fusions suppriment les petites structures de proximité. Les échantillons voyagent sur des distances considérables, les délais s'allongent, le contact humain se perd. Le jeune qui doit jongler entre cours, petits boulots et rendez-vous médicaux subit cette logistique complexe. C'est le vrai coût caché de la financiarisation.

Le rapport sénatorial pointe l'absence de régulation publique des marges comme un angle mort de la politique de santé. Aucun mécanisme ne permet de vérifier que les 8 milliards d'euros d'argent public sont utilisés pour soigner, et non pour enrichir des actionnaires. La grève des laboratoires n'est pas qu'un conflit salarial : c'est le symptôme d'un système qui a perdu le nord.

Après la grève, un accord salarial signé… mais la grogne continue

La grève du 4 mai a été très suivie : 80 % de grévistes dans certaines entités, selon les syndicats. Et elle a porté ses fruits, au moins en partie. Un accord salarial a été signé entre les syndicats et le patronat, probablement en mai ou juin 2026. Mais tout n'est pas réglé, loin de là.

Un « oui, mais » de la CFDT : que contient vraiment l'accord salarial ?

Sur son site, la CFDT Santé-Sociaux annonce : « Accord salarial signé dans les laboratoires de biologie médicale ! La grève très suivie du 4 mai a porté ses fruits ! » Mais juste en dessous, elle ajoute : « Signature de l'accord salarial – OUI MAIS… » Ce « oui, mais » indique des réserves. Le contenu exact de l'accord n'a pas été rendu public dans son intégralité, mais on sait que la CFDT a conditionné sa signature à des garanties supplémentaires.

Les avancées existent, mais elles sont partielles. Le conflit social a obtenu une revalorisation, mais les causes profondes de la colère – concentration du secteur, pression sur les effectifs, absence de régulation des marges – restent intactes.

Biogroup Lorraine : la grève continue pour 780 salariés

Signe que le rapport de force local persiste, Force Ouvrière a lancé une grève spécifique chez Biogroup Lorraine à partir du 13 mai 2026. 80 % de grévistes sur 780 salariés, concernant 70 laboratoires répartis sur cinq départements. Valentine Costa, déléguée FO, explique : « Depuis que les laboratoires ont été rachetés par Biogroup il y a cinq ans, nous n'avons eu aucune augmentation générale ni d'accord sur les salaires lors des NAO. »

Les négociations ont été reportées au 21 mai. Les revendications portent sur une hausse salariale conséquente, alors que les précédentes négociations avaient abouti à une décision unilatérale de la direction, jugée insultante par les salariés. La grève chez Biogroup Lorraine montre que l'accord national n'a pas réglé les problèmes locaux.

Le patient et l'avenir : des changements durables dans les labos ?

Pour le jeune patient, la grève a révélé une vérité inconfortable : le système est fragile. L'accord salarial ne change pas la structure du marché. La concentration est toujours là, la pression sur les effectifs demeure, l'absence de régulation publique des marges persiste.

Les réflexes acquis pendant la grève – vérifier l'ouverture du labo, anticiper ses prélèvements, dialoguer avec son médecin – doivent devenir des habitudes. Parce que le prochain conflit social n'est pas loin. L'intersyndicale de la fonction publique a déjà appelé à une grève le 29 septembre 2026, un signe que le contexte social plus large reste tendu. Les services publics et les soins financés par l'argent public sont au cœur des tensions.

Ce que la grève des labos nous apprend sur notre système de santé

La grève des laboratoires de biologie médicale n'est pas un événement lointain, réservé aux « grands qui négocient dans des salles feutrées ». Elle impacte directement ta santé au quotidien, que tu aies 16 ou 25 ans.

Anticiper. Ne pas attendre la veille de la fin de ton ordonnance pour faire ta prise de sang. Si tu sais que ton traitement doit être renouvelé dans un mois, planifie l'analyse dès maintenant. La grève peut tomber n'importe quand, et les délais de rendez-vous s'allongent dès que le moindre grain de sable s'introduit dans la machine.

Connaître ses droits. Le dépistage IST gratuit sans ordonnance, c'est un droit acquis depuis septembre 2024. Trop de jeunes l'ignorent encore. Pendant la grève, ce service reste accessible dans les laboratoires ouverts. Ne te prive pas de ce droit sous prétexte que « c'est compliqué en ce moment ». C'est justement quand c'est compliqué qu'il faut le connaître.

Comprendre le système. Derrière un simple prélèvement sanguin, il y a des conditions de travail, une structure de marché et un choix de société. Les techniciens qui te reçoivent ne sont pas des robots : ils sont payés au SMIC, ils subissent des cadences imposées par des fonds d'investissement, et ils font grève parce que leur métier n'est plus tenable. Comprendre ça, c'est être un patient lucide, pas un consommateur passif.

Conclusion : les réflexes à garder après la grève

La grève du 4 mai a montré que le système peut se bloquer du jour au lendemain. L'accord salarial a apaisé les tensions sans régler les causes profondes. La concentration du secteur, l'absence de régulation publique des marges, la financiarisation de la santé : tout ça reste en place.

Pour le jeune patient, trois réflexes doivent devenir des habitudes. D'abord, anticiper ses analyses médicales en les programmant plusieurs semaines avant l'échéance de l'ordonnance. Ensuite, connaître ses droits, en particulier le dépistage IST gratuit sans ordonnance, qui reste accessible même en période de grève. Enfin, comprendre que derrière chaque tube de sang, il y a des techniciens qui défendent leur métier et leur dignité.

La prochaine fois que la porte de ton laboratoire sera fermée, tu sauras quoi faire. Tu auras vérifié l'ouverture par téléphone, tu auras contacté ton médecin pour une ordonnance de prolongation, et tu sauras quels examens ne peuvent pas attendre. Parce que dans un système de santé fragilisé par la financiarisation, le meilleur allié du patient, c'est sa propre lucidité.

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Questions fréquentes

Comment savoir si mon labo est ouvert pendant la grève ?

Appelle directement ton laboratoire habituel, vérifie les créneaux sur Doctolib ou les sites des grands groupes, et consulte les réseaux sociaux locaux comme les groupes Facebook de quartier. Ne te fie pas aux horaires Google Maps, car les mises à jour ne sont pas systématiques.

Puis-je faire un test IST gratuit sans ordonnance ?

Oui, depuis septembre 2024, le dispositif « Mon test IST » permet aux jeunes de se faire dépister gratuitement pour le VIH, la chlamydia et d'autres IST sans ordonnance, pris en charge à 100 %. Appelle le laboratoire avant pour vérifier qu'il est ouvert et précise qu'il s'agit d'un dépistage.

Comment renouveler ma pilule sans prise de sang ?

Contacte ton médecin par téléphone ou téléconsultation : il peut délivrer une ordonnance de prolongation d'un mois sans analyse. Si le labo est fermé, ton pharmacien peut délivrer une boîte en urgence sur présentation de l'ordonnance originale, notamment en cas de risque d'interruption de traitement.

Quels examens médicaux sont prioritaires pendant la grève ?

Les bilans de grossesse (bêta-HCG, toxoplasmose), les bilans pré-opératoires, et le suivi de pathologies chroniques lourdes (diabète, VIH, cancer) sont prioritaires. Insiste au téléphone pour être pris en charge dans le cadre du service minimum, ou demande à ton médecin de t'orienter vers un laboratoire hospitalier.

Pourquoi les techniciens de labo font-ils grève en 2026 ?

Ils dénoncent des salaires souvent au SMIC, des cadences impossibles après des fusions, et des suppressions de postes. Le secteur est contrôlé à 62 % par six groupes privés avec une rentabilité de 23 %, tandis que 80 % des recettes viennent de l'argent public, ce qui crée un paradoxe de financiarisation.

Sources

  1. cerballiance.fr · cerballiance.fr
  2. cnews.fr · cnews.fr
  3. force-ouvriere.fr · force-ouvriere.fr
  4. franceinfo.fr · franceinfo.fr
  5. ici.fr · ici.fr
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Sarah Imbot @street-voice

Originaire de Saint-Denis, je raconte la société française telle que je la vis : les quartiers, les galères du quotidien, mais aussi les solidarités qu'on ne montre jamais à la télé. Bénévole dans une asso d'aide aux devoirs, je crois au pouvoir des histoires de terrain.

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