L'Assurance maladie a détecté et stoppé 723 millions d'euros de fraudes en 2025. Thomas Fatôme, directeur général de la Cnam, a présenté ce bilan le 16 avril 2026. Le montant progresse de 15 % sur un an et dépasse de 31 % l'objectif COG fixé à 550 millions.

La Cnam estime ne détecter qu'environ un tiers de la fraude totale. Marc Scholler, directeur délégué de l'audit et de la lutte contre les fraudes, rappelle que la facture globale dépasse 2 milliards d'euros. Le record mesure donc surtout une meilleure détection, pas la fin de la fraude.
Les professionnels de santé concentrent 73,5 % des montants détectés (531,4 millions). Les assurés ne représentent que 15,8 % (115 millions). Les arrêts de travail des salariés pèsent 6,8 % du total, soit 49 millions.
Arrêts de travail : la fraude ciblée et les outils de contrôle
Les fraudes aux arrêts de travail atteignent 49 millions d'euros en 2025, en hausse de 16,7 %. Elles passent par 9 700 dossiers et constituent la première catégorie de fraude des assurés. Sur ce total, 34 millions proviennent de faux arrêts vendus sur Internet. Notre article Faux arrêts maladie : un homme vend 44 000 certificats sur Internet détaille ce trafic.

La Cnam a déployé 1 700 agents pour traquer ces escroqueries. Depuis juillet 2025, les arrêts de travail papier intègrent un hologramme et des bandes fluorescentes. La transmission dématérialisée e-AAT envoie directement le document à l'assurance. Ces outils durcissent la détection, comme le montre cette vidéo :
Le plan de 2026 renforce les contrôles sans faire de chaque salarié un suspect

Le gouvernement a présenté le 9 avril 2026 un plan contre les arrêts abusifs. Il crée un bouton d'alerte sur le site du ministère du Travail : un employeur peut signaler un arrêt qu'il juge suspect. Le plan prévoit aussi 740 000 actions de contrôle en 2026, soit 6 % de plus qu'en 2025, avec un ciblage des arrêts courts répétitifs signés par des médecins différents.
Ce renforcement ne transforme pas chaque arrêt en investigation. Entre 2024 et juin 2025, la Cnam a réalisé 680 000 contrôles pour environ 7 000 sanctions, soit 1 % des cas. La fraude aux arrêts reste marginale face au volume total des arrêts légitimes.
La hausse des arrêts maladie vient de la santé mentale, pas de la fraude
Un salarié du privé était absent 12 jours par an en 2012 pour raison de santé. En 2024, la moyenne est de 23,3 jours. Les dépenses d'indemnités journalières sont passées de 10,9 à 17,9 milliards d'euros. La fraude représente 0,22 % des prestations versées, loin du moteur de cette hausse.
La vraie cause est la santé mentale, surtout chez les jeunes. Les risques psychosociaux sont devenus la première cause des arrêts longs. Notre article Arrêts maladie des moins de 30 ans : chiffres, causes et burn-out donne les données sur ce phénomène.
Les contrôles ciblés doivent épargner les malades réels. La confiance entre salariés, employeurs et Assurance maladie reste l'enjeu.