Une victoire socialiste qui ouvre un nouveau chapitre
Emmanuel Grégoire a été élu maire de Paris le 29 mars 2026, avec 50,52 % des voix au second tour. Vainqueur d'une primaire socialiste (52,75 %) puis d'une coalition de gauche excluant La France insoumise, il succède à Anne Hidalgo après vingt-cinq ans de socialistes à l'hôtel de Ville. Il a convoqué un premier Conseil de Paris le 14 avril pour lancer officiellement son mandat.

Un parcours ancré dans l'appareil parisien et national
Le nouveau maire n'est pas un inconnu sur la scène politique parisienne. Socialiste de longue date, il a gravi les échelons à l'hôtel de Ville : adjoint de 2014 à 2017, puis premier adjoint d'Anne Hidalgo de 2018 à 2024. Il a ensuite siégé à l'Assemblée nationale comme député de Paris de 2024 à 2026. Sa carrière l'a également conduit dans des cabinets ministériels et parisiens depuis 2008. Cette connaissance précise du fonctionnement de la Ville et de l'État constitue l'un des atouts qu'il revendique pour transformer ses annonces en actes.
Quatre chantiers prioritaires, dont deux touchent directement les jeunes
Dès ses premières semaines à la tête de la Ville, Emmanuel Grégoire a identifié quatre priorités. Deux d'entre elles concernent de près les jeunes Parisiens.

Le logement, enjeu central pour les moins de 30 ans
La crise du logement est le chantier le plus directement lié aux problématiques de la jeunesse dans la capitale. Étudiants, jeunes actifs, premiers emplois : l'accès à un logement abordable reste un obstacle majeur, les loyers parisiens comptant parmi les plus élevés d'Europe. La question des colocations, des résidences universitaires surpeuplées et des petits appartements hors de prix est un quotidien pour des dizaines de milliers de jeunes. Le détail des mesures concrètes que Grégoire compte y consacrer reste cependant à préciser, et la viabilité de cette ambition dépendra des arbitrages budgétaires à venir.
Le périscolaire, un enjeu de familles et d'égalité
Le périscolaire est la seconde priorité concernant directement la jeunesse, et plus particulièrement les familles. La question des accueils avant et après l'école, et des activités extrascolaires, pèse sur le budget des foyers parisiens et sur l'organisation quotidienne de milliers de parents. C'est aussi un enjeu d'égalité des chances, les familles les plus modestes étant souvent celles qui bénéficient le moins de ces dispositifs, faute de places ou de moyens.
Les deux autres chantiers
La lutte contre le sans-abrisme et la vente du Parc des Princes au Paris Saint-Germain constituent les deux priorités restantes. Si le dossier du PSG suscite un intérêt notable chez les jeunes supporters, et si le sans-abrisme touche aussi des jeunes adultes, le lien avec les enjeux spécifiques de la jeunesse est moins direct que pour le logement et le périscolaire.
Une rupture de méthode, des promesses à confirmer
Emmanuel Grégoire affiche une rupture de méthode avec son prédécesseur Anne Hidalgo sur ces quatre dossiers. Le fait de les avoir ciblés dès les premières semaines, dans un format médiatisé, suggère une volonté de communication directe et d'action rapide. Mais les annonces restent pour l'instant à un stade programmatique : aucun chiffrage budgétaire précis ni calendrier de mise en oeuvre n'ont été rendus publics.
Ce qui va se jouer maintenant
Le budget municipal, les premières délibérations au Conseil de Paris et la nomination des adjoints chargés de ces dossiers seront les premiers indicateurs. Pour les étudiants et jeunes actifs, qui constituent une part croissante de l'électorat parisien - et dont la mobilisation avait été un enjeu de la séquence électorale 2026 -, la question ne sera pas seulement de savoir quelles priorités sont affichées, mais à quel rythme et avec quelles ressources elles seront mises en oeuvre.