Poignée de main entre deux cadres dirigeants d'EDF et TotalEnergies lors de la signature du contrat.
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Contrat nucléaire EDF-TotalEnergies : l’impact sur votre facture

Le contrat nucléaire EDF-TotalEnergies de 400 MW sur 12 ans transforme le modèle énergétique français : il sécurise l'avenir des raffineries et data centers, mais fait grimper les prix pour les ménages.

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Le 27 mars 2026, EDF et TotalEnergies ont signé un contrat d’allocation de production nucléaire (CAPN) de douze ans, un accord qui va redessiner les règles du jeu énergétique français. Ce partenariat prévoit la fourniture de 400 MW d’électricité nucléaire aux sites industriels du géant pétrolier à partir de janvier 2028. Derrière les chiffres techniques se cache une transformation profonde du modèle énergétique français, avec des conséquences directes sur le porte-monnaie des ménages et l’avenir industriel du pays.

Poignée de main entre deux cadres dirigeants d'EDF et TotalEnergies lors de la signature du contrat.
Poignée de main entre deux cadres dirigeants d'EDF et TotalEnergies lors de la signature du contrat. — (source)

400 mégawatts, 12 ans, un réacteur… tout comprendre au contrat géant EDF-TotalEnergies

Le contrat signé entre les deux géants français n’est pas un simple accord commercial. C’est un mécanisme inédit qui lie pour douze ans le premier producteur d’électricité nucléaire au monde et le leader français des hydrocarbures. Les chiffres donnent le vertige : 400 MW de puissance réservée, soit l’équivalent de la consommation d’une ville de 400 000 habitants. Pourtant, rapporté aux 61,4 GW du parc nucléaire français, ce volume représente moins d’un demi-réacteur.

Le dispositif s’appelle CAPN, pour « contrat d’allocation de production nucléaire ». Concrètement, EDF s’engage à réserver une partie de la puissance de ses réacteurs à TotalEnergies, plutôt que de vendre cette électricité sur le marché de gros. Le contrat démarre le 1er janvier 2028 et court jusqu’en 2040. TotalEnergies bénéficie ainsi d’un prix convenu à l’avance, en échange de quoi il partage une partie des risques liés à la production des réacteurs.

Quatre tours de refroidissement d'une centrale nucléaire rejetant de la vapeur.
Quatre tours de refroidissement d'une centrale nucléaire rejetant de la vapeur. — (source)

Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, parle d’un « accord gagnant-gagnant, fruit d’un dialogue constructif avec EDF ». Son homologue Bernard Fontana y voit un engagement « au service de la souveraineté énergétique et industrielle ». Les deux patrons savent que cet accord dépasse le cadre commercial : il s’agit d’un signal politique fort pour l’industrie française.

60 % des besoins des raffineries de Normandie, Donges et Feyzin : qui est concerné ?

Le contrat couvre 60 % des besoins électriques des sites de raffinage et de chimie de TotalEnergies en France. Cinq sites sont directement concernés. La raffinerie de Normandie, la plus grande de France avec une capacité de traitement de 12 millions de tonnes par an. La raffinerie de Donges, en Loire-Atlantique, qui alimente tout l’Ouest en carburants. Celle de Feyzin, dans le Rhône, spécialisée dans les produits pétrochimiques. La bioraffinerie de La Mède, dans les Bouches-du-Rhône, qui produit des biocarburants. Et le site pétrochimique de Carling Saint-Avold, en Moselle, centre européen des résines d’hydrocarbures.

Ces installations sont extrêmement énergivores. Le raffinage du pétrole nécessite des températures élevées, des compresseurs puissants, des pompes et des systèmes de séparation qui tournent 24 heures sur 24. Une raffinerie de taille moyenne consomme autant d’électricité qu’une ville de 50 000 habitants. Sans électricité garantie, ces sites s’arrêtent. Et quand ils s’arrêtent, c’est toute la chaîne d’approvisionnement en carburants qui est menacée.

400 MW, c’est minuscule pour EDF mais vital pour ces usines. Le contrat leur offre une visibilité sur douze ans, ce qui leur permet d’investir dans leur modernisation sans craindre une flambée des prix de l’énergie.

Un « contrat d’allocation de production nucléaire » (CAPN) : comment ça marche ?

Un employé d'EDF en tenue de sécurité devant une structure industrielle circulaire rouge.
Un employé d'EDF en tenue de sécurité devant une structure industrielle circulaire rouge. — (source)

Le CAPN n’est pas un contrat d’achat d’électricité classique. Dans un contrat standard, le fournisseur achète l’électricité sur le marché de gros et la revend à son client avec une marge. Ici, le mécanisme est différent. EDF alloue à TotalEnergies une quote-part de la puissance de son parc nucléaire. Cela signifie que TotalEnergies achète non pas de l’électricité déjà produite, mais un droit de tirage sur la production future des réacteurs.

Ce système présente un avantage majeur : il lisse les risques. Si un réacteur est à l’arrêt pour maintenance, le volume alloué est réduit proportionnellement. TotalEnergies partage donc les aléas de production, mais en contrepartie, il bénéficie d’un prix plus bas que le marché de gros. C’est ce que Patrick Pouyanné appelle un accord « gagnant-gagnant ».

Pour Bernard Fontana, le CAPN est un outil stratégique. Il permet à EDF de sécuriser ses recettes commerciales sur le long terme, ce qui est crucial alors que le groupe doit investir 460 milliards d’euros d’ici 2040 pour relancer le nucléaire. « EDF apporte aux sites concernés la visibilité à long terme nécessaire à leur pérennité », explique le PDG.

Pourquoi EDF signe des contrats longue durée : le casse-tête des 460 milliards d’euros d’investissements

EDF n’a pas le choix. Le groupe public doit financer un programme nucléaire colossal : six EPR2, la maintenance des 56 réacteurs existants, le démantèlement des plus anciens. La Cour des comptes estime les besoins à 460 milliards d’euros entre 2025 et 2040. Un chiffre qui donne le tournis, surtout quand on sait qu’EDF porte déjà une dette financière nette de 54,3 milliards d’euros.

Tours de refroidissement d'une centrale nucléaire et éoliennes dans un paysage, symbole de l'électricité bas-carbone.
Tours de refroidissement d'une centrale nucléaire et éoliennes dans un paysage, symbole de l'électricité bas-carbone. — (source)

Le problème est simple : comment investir autant tout en restant crédible auprès des agences de notation ? EDF n’est plus coté en Bourse depuis 2023, mais il emprunte encore sur les marchés financiers. Si sa note est dégradée, le coût de sa dette explose, et ce sont les contribuables qui paient.

Les CAPN sont la réponse de Bernard Fontana à ce dilemme. En signant des contrats longue durée avec des industriels, EDF verrouille à l’avance ses revenus. Il sait exactement combien il va gagner pendant dix, douze ou dix-huit ans. Cette prévisibilité rassure les banques et les investisseurs. Le PDG l’a dit lui-même dans une note interne révélée par Les Échos : « Nos activités ne génèrent pas les cash-flows nécessaires pour couvrir l’intégralité de nos investissements. » Les CAPN sont donc une bouée financière.

De l’ARENH à 42 € au VNU à 70 € : la fin du nucléaire « pas cher » pour tout le monde ?

Pendant des années, le nucléaire français a été vendu à prix cassé. Le mécanisme de l’ARENH (Accès Régulé à l’Électricité Nucléaire Historique) permettait aux fournisseurs alternatifs d’acheter le nucléaire à 42 € le MWh, un prix fixe, bien en dessous du marché. Ce système a pris fin le 31 décembre 2025. Depuis janvier 2026, il a été remplacé par le VNU (Versement Nucléaire Universel), dont le prix de référence tourne autour de 70 € le MWh.

La différence est énorme. 42 € contre 70 €, c’est une augmentation de 66 %. Pour les industriels, cela signifie que l’électricité nucléaire n’est plus une rente. Pour les ménages, c’est la fin du « nucléaire pas cher » qui a longtemps protégé leur pouvoir d’achat.

Enseigne d'EDF avec son logo emblématique sous un ciel ensoleillé.
Enseigne d'EDF avec son logo emblématique sous un ciel ensoleillé. — (source)

Le VNU est un mécanisme plus complexe que l’ARENH. Il ne garantit plus un prix fixe à tous les fournisseurs. Il sert de référence pour calculer la contribution d’EDF au budget de l’État, mais les prix réels sont désormais négociés contrat par contrat. Les CAPN s’inscrivent dans cette nouvelle logique : chaque industriel négocie son propre tarif, en fonction de ses besoins et des risques qu’il accepte de partager.

Bernard Fontana face à la dette de 54 milliards : sécuriser les recettes pour financer les nouveaux réacteurs

Bernard Fontana est un homme sous pression. Nommé PDG en mai 2025, il doit à la fois relancer le nucléaire et assainir les comptes d’EDF. La dette de 54,3 milliards d’euros pèse comme une épée de Damoclès. Chaque point de taux d’intérêt supplémentaire coûte des centaines de millions au groupe.

Les CAPN sont sa solution miracle. En signant des contrats longue durée, il transforme des recettes futures incertaines en revenus garantis. Les banques et les agences de notation voient d’un bon œil cette stratégie : elle réduit le risque commercial d’EDF et améliore sa capacité d’emprunt.

Mais cette stratégie a un coût. En réservant une partie de sa production à des industriels à des prix négociés, EDF réduit les volumes disponibles sur le marché de gros. Moins d’offre signifie des prix plus élevés pour les autres acheteurs, dont les fournisseurs d’électricité pour les particuliers. C’est le début d’un jeu à somme nulle où chaque contrat signé avec un industriel est un volume de moins pour le marché grand public.

TotalEnergies, géant pétrolier, se branche sur le nucléaire : greenwashing ou pivot stratégique ?

Pourquoi une compagnie pétrolière et gazière signe-t-elle un contrat nucléaire de douze ans ? La question mérite d’être posée. TotalEnergies reste avant tout un producteur d’hydrocarbures. En 2025, le groupe a encore réalisé l’essentiel de ses bénéfices grâce au pétrole et au gaz. Pourtant, il s’engage aujourd’hui sur le nucléaire français.

Enseigne de TotalEnergies devant des immeubles modernes.
Enseigne de TotalEnergies devant des immeubles modernes. — (source)

La réponse tient en deux mots : compétitivité et sécurisation. Le raffinage et la pétrochimie sont des activités qui consomment énormément d’électricité. Pour rester compétitives face aux raffineries du Moyen-Orient ou d’Asie, les usines françaises ont besoin d’une électricité à prix stable et bas-carbone. Le nucléaire français répond parfaitement à ce besoin.

Mais il y a aussi une dimension stratégique. En verrouillant 60 % de ses besoins électriques sur douze ans, TotalEnergies se protège contre la volatilité des marchés de l’énergie. Plus besoin de craindre une flambée des prix du gaz ou du charbon : le nucléaire assure une base stable. C’est un avantage concurrentiel énorme dans un secteur où l’énergie représente 30 à 40 % des coûts de production.

Carburants, chimie et data centers : pourquoi le groupe de Patrick Pouyanné a besoin de 400 MW garantis

Les 400 MW du contrat ne serviront pas seulement à faire tourner les raffineries. TotalEnergies développe aussi une branche numérique avec des data centers, et ces installations sont très gourmandes en électricité. Un data center de taille moyenne consomme autant qu’une petite ville. Avec l’essor de l’intelligence artificielle et du cloud, les besoins explosent.

Le raffinage, lui, est un procédé continu. Une raffinerie tourne 365 jours par an, 24 heures sur 24. La moindre coupure d’électricité peut provoquer un arrêt complet, coûteux et dangereux. Avoir une électricité garantie par le nucléaire, c’est s’assurer que les pompes, les compresseurs et les colonnes de distillation ne s’arrêtent jamais.

La pétrochimie ajoute une couche de complexité. Le site de Carling, par exemple, produit des résines et des polymères qui entrent dans la fabrication de plastiques, de peintures et d’adhésifs. Ces procédés nécessitent des températures et des pressions précises, maintenues grâce à l’électricité. Sans elle, la production s’arrête et les clients se tournent vers des concurrents étrangers.

Tours de refroidissement d'une centrale nucléaire derrière un pont sur une rivière.
Tours de refroidissement d'une centrale nucléaire derrière un pont sur une rivière. — (source)

Comment concilier vente d’éolien aux États-Unis et achat de nucléaire en France ?

La contradiction saute aux yeux. En février 2026, TotalEnergies a annoncé la vente de 4 GW de parcs éoliens aux États-Unis, pour un montant d’un milliard de dollars. Quelques semaines plus tard, le groupe signe un contrat nucléaire en France. Comment expliquer ce mouvement apparemment contradictoire ?

La réponse est économique. L’éolien américain n’est plus rentable pour TotalEnergies. Les subventions fédérales diminuent, les coûts de maintenance augmentent, et les prix de l’électricité sur le marché américain sont trop bas pour justifier les investissements. Vendre ces actifs permet de dégager des liquidités pour investir ailleurs.

Le nucléaire français, en revanche, offre une stabilité que l’éolien ne peut pas garantir. Le vent ne souffle pas toujours, mais les réacteurs nucléaires produisent en continu. Pour un industriel qui a besoin d’une électricité garantie 365 jours par an, le choix est vite fait.

Certains y voient un simple calcul d’image. En signant avec EDF, TotalEnergies soigne sa réputation en France, où le nucléaire est perçu comme une énergie propre et souveraine. D’autres y voient un vrai pivot stratégique vers une énergie décarbonée et pilotable. La vérité est probablement entre les deux.

Votre facture d’électricité va-t-elle grimper ? L’impact concret sur les ménages et les 16-25 ans

C’est la question que tout le monde se pose. Ce contrat va-t-il faire grimper la facture des ménages ? La réponse est complexe, mais une chose est sûre : le modèle du « nucléaire pas cher pour tous » est en train de s’éteindre.

Pendant des années, l’ARENH a permis à tous les fournisseurs d’accéder au nucléaire à 42 € le MWh. Ce prix bas se répercutait sur les offres des fournisseurs alternatifs et, par ricochet, sur les tarifs réglementés. Aujourd’hui, ce mécanisme a disparu. Les plus gros volumes nucléaires partent dans des CAPN confidentiels, négociés de gré à gré avec les industriels.

Sur le marché restant, la rareté relative peut maintenir les prix de gros élevés. Moins d’offre signifie des prix plus hauts pour les fournisseurs qui n’ont pas signé de CAPN. Ces fournisseurs répercutent ensuite ces hausses sur leurs clients, y compris les particuliers.

Pour les 16-25 ans, qui commencent tout juste à souscrire leur premier contrat d’électricité, l’impact est direct. Les offres « indexées sur le marché » deviennent plus risquées. Les offres fixes sont plus chères. Et les offres « vertes » ne garantissent pas un prix stable.

Quand l’industrie paie moins cher, les particuliers paient-ils plus ? Le nouveau jeu des prix

L’effet de vase communicant est bien réel. Avant, l’ARENH offrait un prix bas à tous. Aujourd’hui, les industriels signent des CAPN à des prix négociés, probablement inférieurs au marché de gros. Pendant ce temps, les particuliers et les PME doivent se contenter des volumes restants, vendus aux prix du marché.

Ce déséquilibre est au cœur du débat sur la justice énergétique. Pourquoi les grandes entreprises auraient-elles droit à un nucléaire « pas cher » quand les ménages paient le prix fort ? La réponse des pouvoirs publics est que ces contrats préservent l’emploi industriel en France. Sans électricité compétitive, les raffineries et les usines chimiques délocaliseraient, et ce sont des milliers d’emplois qui disparaîtraient.

Logo tridimensionnel d'EDF sur fond blanc, éclairé par le soleil.
Logo tridimensionnel d'EDF sur fond blanc, éclairé par le soleil. — (source)

Reste que le système actuel favorise les gros consommateurs au détriment des petits. Les associations de consommateurs dénoncent un « deux poids, deux mesures » qui pénalise les ménages. Le gouvernement promet de surveiller les prix, mais sans mécanisme de régulation, difficile de garantir l’équité.

Premier abonnement électrique : comment ce contrat change la donne pour les jeunes actifs

Pour les jeunes qui signent leur premier contrat d’électricité, les règles du jeu ont changé. Fini le temps où l’on pouvait prendre n’importe quelle offre sans se poser de questions. Aujourd’hui, il faut savoir compter et anticiper.

Les offres « indexées sur le marché » sont les plus risquées. Leur prix varie chaque mois en fonction des cours de l’électricité. Avec la fin de l’ARENH et la multiplication des CAPN, le marché de gros devient plus volatil. Une offre indexée peut doubler en un an si les prix s’emballent.

Les offres fixes sont plus sûres, mais plus chères. Le fournisseur prend le risque de vous garantir un prix pendant un ou deux ans, et il vous le fait payer. Pour un jeune actif avec un budget serré, c’est souvent le meilleur choix.

Notre guide complet pour choisir son premier abonnement électrique vous aide à y voir plus clair. Il explique comment comparer les offres, repérer les pièges et négocier les meilleures conditions. Dans un marché où les prix deviennent imprévisibles, mieux vaut être informé.

19 contrats signés, d’ArcelorMittal à Data4 : le nucléaire d’EDF devient le moteur de la réindustrialisation

Le contrat avec TotalEnergies n’est pas un cas isolé. EDF a déjà signé 19 contrats de long terme, dont 14 CAPN. Parmi les signataires, on trouve des poids lourds de l’industrie française : Orano, Aluminium Dunkerque, Arkema, Kem One, ArcelorMittal (18 ans), et même l’opérateur de data centers Data4.

Cette stratégie de contractualisation massive répond à un objectif clair : réindustrialiser la France en utilisant le nucléaire comme levier. L’électricité bas-carbone et pilotable est un atout unique en Europe. Les industriels français peuvent produire avec une empreinte carbone bien inférieure à celle de leurs concurrents allemands ou polonais, qui dépendent encore du charbon et du gaz.

Pour l’État, l’enjeu est double. Il s’agit à la fois de préserver les emplois industriels existants et d’attirer de nouvelles activités, notamment dans les technologies vertes et le numérique. Le nucléaire français devient un argument de vente pour séduire les investisseurs étrangers.

Aluminium, acier, chimie : pourquoi les industries lourdes misent sur le CAPN

L’aluminium, l’acier, la chimie : ces industries sont les plus énergivores de toutes. Pour Aluminium Dunkerque, l’électricité représente 40 % des coûts de production. Sans un prix compétitif, l’usine ne peut pas rivaliser avec les producteurs chinois ou russes.

Le CAPN leur offre la visibilité nécessaire pour investir. En sachant exactement combien elles paieront leur électricité pendant dix ou quinze ans, ces entreprises peuvent planifier leurs investissements sans craindre une flambée des prix. C’est un changement radical par rapport à l’ancien système, où les prix pouvaient varier du simple au double en un an.

ArcelorMittal a signé un CAPN de 18 ans. C’est le plus long contrat jamais signé par EDF. Pour le géant de l’acier, c’est un signal fort : il croit dans l’avenir de la sidérurgie française et dans la compétitivité du nucléaire. L’usine de Dunkerque, l’une des plus grandes d’Europe, pourra ainsi continuer à produire de l’acier décarboné pour les marchés européens.

Pour les jeunes qui cherchent un avenir dans l’industrie, c’est une bonne nouvelle. Ces contrats préservent des milliers d’emplois directs et indirects. Ils créent aussi des besoins en compétences nouvelles : maintenance nucléaire, électrification des procédés, data centers.

Data centers et intelligence artificielle : l’atout nucléaire français pour attirer les géants du numérique

La France mise sur son électricité nucléaire pour attirer les géants du numérique. Google, Microsoft, Amazon cherchent désespérément des sites où installer leurs data centers, avec une électricité abondante, décarbonée et pilotable. Le nucléaire français coche toutes les cases.

L’opérateur Data4 a déjà signé un CAPN avec EDF. D’autres suivront. La France veut devenir la plaque tournante européenne de l’intelligence artificielle et du cloud. Pour cela, elle a besoin de data centers, et les data centers ont besoin d’électricité.

Un data center de taille moyenne consomme entre 10 et 50 MW. Les plus gros dépassent les 100 MW. Avec l’explosion de l’IA générative, les besoins augmentent de 20 à 30 % par an. Sans nucléaire, impossible de répondre à cette demande tout en respectant les objectifs climatiques.

L’avantage français est unique en Europe. L’Allemagne ferme ses centrales nucléaires et dépend du charbon et du gaz. L’Espagne mise sur les énergies renouvelables, mais elles sont intermittentes. La France, elle, dispose d’un parc nucléaire qui tourne 24 heures sur 24, 365 jours par an. C’est un argument imparable pour séduire les géants du numérique.

De la régulation au contrat de gré à gré : quelle ère pour l’énergie française ?

Ce contrat symbolise la fin du nucléaire « mutualisé » et le début d’une ère où l’électricité devient un levier industriel. Pendant des décennies, le nucléaire français était un bien commun, vendu à prix coûtant à tous les consommateurs. Aujourd’hui, il devient un produit d’appel, négocié contrat par contrat avec les industriels et les géants du numérique.

Le changement est radical. L’ARENH garantissait un accès égalitaire au nucléaire. Les CAPN créent un système à deux vitesses : ceux qui ont signé des contrats longue durée bénéficient de prix stables et compétitifs ; les autres, dont les particuliers, doivent se contenter des miettes du marché.

Pour les 16-25 ans, le dilemme est réel. D’un côté, ces contrats préservent l’emploi industriel et attirent les investissements dans le numérique, créant des milliers de postes. De l’autre, ils risquent de faire grimper les factures d’électricité des ménages, dans un contexte où le pouvoir d’achat est déjà sous pression.

Conclusion : un nouveau modèle énergétique aux conséquences contrastées

La souveraineté énergétique a un coût. Ce contrat avec TotalEnergies en est l’illustration parfaite. Il garantit l’avenir de raffineries et d’usines chimiques qui font vivre des territoires entiers. Mais il réduit aussi les volumes de nucléaire disponibles pour le marché grand public, ce qui pèse sur les prix.

Pour les jeunes générations, le bilan est contrasté. D’un côté, les CAPN préservent des emplois industriels et attirent les data centers, créant des débouchés dans des secteurs porteurs. De l’autre, ils rendent le marché de l’électricité plus complexe et potentiellement plus coûteux pour les particuliers.

L’avenir dira si ce nouveau modèle est tenable. Pour l’instant, EDF continue de signer des CAPN, et les industriels se les arrachent. Le nucléaire français n’est plus une rente collective : il est devenu un outil de compétitivité et de réindustrialisation. Aux jeunes générations de décider si ce changement est une bonne ou une mauvaise nouvelle.

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Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un contrat CAPN d'EDF ?

Un CAPN (contrat d'allocation de production nucléaire) est un mécanisme où EDF réserve une partie de la puissance de ses réacteurs à un industriel pour plusieurs années. En échange d'un prix convenu à l'avance, l'industriel partage les risques de production, ce qui sécurise les recettes d'EDF.

Le contrat EDF-TotalEnergies fait-il grimper ma facture ?

Oui, indirectement. En réservant des volumes nucléaires à des industriels via des CAPN, EDF réduit l'offre sur le marché de gros, ce qui peut maintenir les prix élevés pour les fournisseurs des particuliers. La fin de l'ARENH à 42 €/MWh et son remplacement par le VNU à 70 €/MWh accentue aussi cette hausse.

Pourquoi TotalEnergies achète-t-il du nucléaire ?

TotalEnergies a besoin d'une électricité stable et bas-carbone pour ses raffineries et sites pétrochimiques, très énergivores. Le contrat couvre 60 % de leurs besoins électriques sur 12 ans, les protégeant de la volatilité des marchés et assurant leur compétitivité face à la concurrence étrangère.

Combien de CAPN EDF a-t-il déjà signés ?

EDF a signé 19 contrats de long terme, dont 14 CAPN, avec des industriels comme ArcelorMittal, Orano, Aluminium Dunkerque, Arkema ou l'opérateur de data centers Data4. Ces contrats visent à sécuriser les recettes d'EDF pour financer ses 460 milliards d'euros d'investissements nucléaires.

Quel est l'impact du CAPN sur les jeunes actifs ?

Pour les jeunes souscrivant leur premier abonnement, le marché devient plus volatil et les offres indexées plus risquées. Les offres fixes sont plus sûres mais plus chères. Le guide complet pour choisir son premier abonnement électrique aide à comparer et éviter les pièges dans ce nouveau contexte.

Sources

  1. EDF et TotalEnergies signent un contrat d’allocation de production nucléaire de douze ans · lemonde.fr
  2. boursorama.com / lefigaro.fr · boursorama.com / lefigaro.fr
  3. Contrat PPA d'achat d'électricité & gaz : comment ça marche ? · connaissancedesenergies.org
  4. connaissancedesenergies.org / vie-publique.fr · connaissancedesenergies.org / vie-publique.fr
  5. Marché de l'électricité en France — Wikipédia · fr.wikipedia.org
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Chloé Jabot @buzz-tracker

Je vis sur TikTok comme d'autres vivent sur Terre. À 22 ans, j'ai déjà prédit trois tendances virales avant qu'elles n'explosent – dont un challenge dance que j'ai vu naître dans un live à 3h du matin. Étudiante en communication digitale à Paris, je stage dans une agence qui surveille les réseaux sociaux pour des grandes marques. Mon feed For You est tellement bien calibré que mes amis m'envoient des screenshots pour savoir si c'est « encore tendance » ou « déjà cringe ».

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