Illustration d'un smartphone affichant une application cartographique avec les interrupteurs localisation, Bluetooth et Wi-Fi activés, une épingle rouge sur la carte et une bulle indiquant les coordonnées GPS 37.7749° N, 122.4194° W
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Vos appareils vous suivent à la trace : ce que voiture, applis et objets connectés collectent vraiment

Les 25 marques de voitures connectées examinées par Mozilla en 2023 ont échoué à son test de confidentialité. Selon la CNIL, environ 30 % des applications utilisent la géolocalisation, parfois plusieurs fois par minute, et ces positions peuvent être revendues à des courtiers. Le 21 septembre 2026, Google a été sanctionné de 403 millions d'euros par l'autorité irlandaise pour utilisation des données de localisation à des fins publicitaires sans base légale.

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J'ai plus de 200 applis sur mon téléphone. Je les teste, je les compare, je les désinstalle. Et à chaque fois, c'est le même constat : même quand je ne touche à rien, ça parle en arrière-plan. Position, capteurs, identifiants. Nos appareils numériques n'attendent pas qu'on s'en serve pour envoyer des données.

Illustration d'un smartphone affichant une application cartographique avec les interrupteurs localisation, Bluetooth et Wi-Fi activés, une épingle rouge sur la carte et une bulle indiquant les coordonnées GPS 37.7749° N, 122.4194° W
Illustration d'un smartphone affichant une application cartographique avec les interrupteurs localisation, Bluetooth et Wi-Fi activés, une épingle rouge sur la carte et une bulle indiquant les coordonnées GPS 37.7749° N, 122.4194° W - (source)

La voiture connectée, la pire élève

L'exemple le plus brutal vient de l'automobile. Dans son guide Privacy Not Included de 2023, Mozilla a passé en revue 25 grandes marques de voitures connectées. Résultat : les 25 ont échoué au test de confidentialité, une première en sept ans d'existence du guide.

Concrètement, les chercheurs ont constaté que les données sont aspirées par les capteurs de la voiture, les micros, les caméras, mais aussi par les téléphones que l'on branche, par les applis du constructeur, les sites web, les concessionnaires et la télématique du véhicule. Et cette collecte ne reste pas dans la voiture. Elle peut être partagée ou revendue à des tiers.

Graphique promotionnel d'une voiture noire sur une route forestière avec des panneaux numériques superposés affichant la pente, la courbure, les limites de vitesse et le réglage des phares adaptatifs
Graphique promotionnel d'une voiture noire sur une route forestière avec des panneaux numériques superposés affichant la pente, la courbure, les limites de vitesse et le réglage des phares adaptatifs - (source)

C'est ça qui change tout avec le numérique embarqué : on n'achète plus seulement un moyen de transport, on roule avec un objet qui observe en continu.

Votre position, revendue plusieurs fois par minute

Sur smartphone, le tuyau principal, c'est la géolocalisation. Selon la CNIL, environ 30 % des applications utilisent la géolocalisation, parfois plusieurs fois par minute. Avec ces points répétés, on peut déduire vos lieux de vie et de travail, vos habitudes de déplacement, la fréquentation d'établissements de soins ou de lieux de culte.

Ces positions ne restent pas dans l'appli. Une enquête menée par Le Monde avec huit médias partenaires a eu accès à un échantillon commercial du courtier américain Datastream Group, qui contenait déjà les informations géolocalisées de plus de 47 millions de personnes. Les données étaient présentées comme anonymisées via l'identifiant publicitaire, mais avec les coordonnées GPS, une ré-identification ne prend que quelques minutes.

C'est le coeur du modèle : transformer des allers-retours en profils pour le ciblage publicitaire. Or la localisation, comme l'a rappelé l'autorité irlandaise dans une récente sanction, peut révéler une quantité importante d'informations sur une personne, y compris des données par nature privées. Faute de transparence, des utilisateurs ont pu ignorer que leurs déplacements servaient à deviner leurs centres d'intérêt ou à leur pousser des pubs.

Pour comprendre jusqu'où va cette chaîne de revente, le dossier FBI et données de localisation : comment vos applis revendent votre vie privée montre bien les mêmes mécanismes.

Derrière, il y a une industrie énorme. Le marché mondial des courtiers en données est estimé à 294,27 milliards de dollars en 2025, porté par la multiplication des points de contact numériques et l'IA, avec la publicité personnalisée en moteur principal. Vos trajets valent de l'argent. Beaucoup d'argent.

Montres, enceintes, aspirateurs : tout remonte en ligne

Le téléphone et la voiture ne sont pas seuls. Selon la CNIL, l'usage d'un objet connecté génère une grande quantité de données qui peuvent être stockées sur Internet : informations de profil, données liées à l'environnement, localisation de l'utilisateur, fonctionnement de l'objet, messagerie intégrée.

Le problème pratique, c'est que beaucoup de fabricants n'ont pas de culture informatique. Résultat : failles de sécurité, mots de passe faibles, mises à jour abandonnées, serveurs mal protégés. Vous achetez un thermostat ou une caméra pour bébé, vous héritez d'un compte cloud, d'une appli qui demande trop d'autorisations et d'un flux permanent vers des serveurs que vous ne verrez jamais.

403 millions d'euros d'amende pour Google

Le droit commence à taper plus fort. Le 21 septembre 2026, la Commission de protection des données irlandaise, la DPC, a infligé à Google une amende de 403 millions d'euros. En cause : un traitement sans base légale des données de localisation utilisées pour le ciblage publicitaire.

C'est la quatrième plus lourde amende jamais prononcée par le régulateur irlandais, après six ans de procédure. Le message est clair : collecter la position pour faire de la pub ne peut pas reposer sur un consentement supposé ou noyé dans les réglages. Il faut une base légale réelle et une information compréhensible.

Ce qui marche vraiment pour limiter le suivi

Je ne vais pas vous promettre l'invisibilité totale. Ça n'existe pas tant que la voiture envoie ses télémesures et que des dizaines d'applis tournent en arrière-plan. Mais on peut sérieusement réduire l'exposition.

  1. Coupez la géolocalisation par défaut. Ne l'autorisez qu'en cours d'utilisation, et seulement pour les applis qui en ont vraiment besoin pour fonctionner, comme la navigation.
  2. Renouvelez votre identifiant publicitaire et activez la limitation du suivi publicitaire, comme le recommande la CNIL. Ça ne stoppe pas la collecte, mais ça casse la continuité du profil.
  3. Faites le tri dans vos applis comme je le fais dans mes 200 : supprimez celles qui ne servent plus, refusez l'accès aux contacts, au micro et aux photos quand ce n'est pas justifié.
  4. Pour les objets connectés, changez le mot de passe d'origine, activez les mises à jour, désactivez le partage de données d'usage quand l'option existe.

Le reste ne devrait pas reposer sur nous. Aux fabricants de collecter moins, de chiffrer mieux et de laisser des réglages simples et respectueux par défaut. Au droit, via le RGPD et des sanctions comme celle de la DPC, d'imposer une vraie base légale et une transparence vérifiable. Parce que tant que le suivi rapporte des milliards, ce n'est pas votre vigilance seule qui fera le poids.

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Questions fréquentes

Quelles données collectent les voitures connectées ?

Capteurs, micros, caméras, téléphones branchés, applis du constructeur, sites, concessionnaires et télématique. Selon Mozilla en 2023, les 25 marques testées ont échoué au test de confidentialité, et ces données peuvent être partagées ou revendues.

Combien d'applis utilisent la géolocalisation ?

Environ 30 % des applications selon la CNIL, parfois plusieurs fois par minute, ce qui permet de déduire lieux de vie, de travail et habitudes de déplacement.

Quel montant pour l'amende Google en 2026 ?

403 millions d'euros infligés par la DPC irlandaise le 21 septembre 2026 pour traitement sans base légale des données de localisation à des fins publicitaires.

Comment limiter le suivi de la localisation ?

Couper la géolocalisation par défaut, l'autoriser seulement en cours d'utilisation, renouveler l'identifiant publicitaire et activer la limitation du suivi publicitaire, comme le recommande la CNIL.

Sources

  1. Comment désactiver le pistage publicitaire sur iPhone et Android ? · 20minutes.fr
  2. Android : comment limiter le ciblage publicitaire sur votre mobile · blogdumoderateur.com
  3. Non-respect du RGPD : Google écope d’une amende de plus de 400 millions d’euros - ChannelNews · channelnews.fr
  4. Objets connectés : 10 conseils pour protéger ses données ... - CLCV · clcv.org
  5. Google : une nouvelle amende de 403 millions de dollars infligée en Europe · clubic.com
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Valentin Renbot @app-hunter

Je suis ce qu'on appelle un early adopter maladif. À 24 ans, je bosse comme testeur QA dans une startup fintech à Lyon, mais mon vrai hobby, c'est de traquer les applications obscures avant qu'elles ne deviennent virales. Mon téléphone ressemble à un champ de bataille numérique : 6 applications de to-do list, 4 navigateurs alternatifs, et au moins 12 apps que je teste « juste pour voir ». Mes amis m'appellent le « Google humain » parce que j'ai toujours une app à recommander.

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