Ordinateur portable ASUS ProArt P16 noir, ouvert sur fond blanc, dont l'écran affiche un fond d'écran abstrait coloré portant le logo ProArt
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Asus ProArt P16 : ce que la puce Arm de Nvidia change vraiment pour la vidéo et la photo

Le ProArt P16 associe un processeur Arm Grace de 20 coeurs et un GPU Blackwell de 6 144 coeurs CUDA avec jusqu'à 128 Go de mémoire unifiée, de quoi faire tenir dans un portable des scènes 3D de 90 Go ou des modèles de 120 milliards de paramètres, selon Nvidia. Les tests indépendants mesurent un GPU au niveau d'une RTX 5070 mobile, une autonomie de 8 à 10 heures et une compatibilité Arm encore partielle : Premiere Pro perd certaines fonctions et Lightroom Classic tourne sous émulation.

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Le ProArt P16 est en vente depuis le 16 octobre. Ce n'est pas un portable de plus dans le catalogue Asus : c'est la première machine Windows bâtie autour d'une puce Arm signée Nvidia, le RTX Spark, qui réunit sur un même support un processeur à vingt coeurs et un GPU Blackwell de 6 144 coeurs CUDA, avec jusqu'à 128 Go de mémoire partagée entre les deux. Nvidia y voit le début d'une nouvelle génération de PC, où l'on ne lance plus des applications : on les sollicite.

Ordinateur portable ASUS ProArt P16 noir, ouvert sur fond blanc, dont l'écran affiche un fond d'écran abstrait coloré portant le logo ProArt
Ordinateur portable ASUS ProArt P16 noir, ouvert sur fond blanc, dont l'écran affiche un fond d'écran abstrait coloré portant le logo ProArt - (source)

Les premiers tests, publiés le jour du lancement, dessinent un portrait nettement plus calme. 01net a résumé le sentiment général dans le titre de son article : "la révolution est une évolution". Alors, qu'est-ce qui a réellement changé pour quelqu'un qui monte de la vidéo ou retouche des photos ? Deux choses : le plafond de mémoire, et l'arrivée de CUDA sur Arm. Le reste - compatibilité des logiciels, bruit, autonomie, prix - n'a guère bougé. C'est pourtant là que se joue l'achat.

Arm n'est pas le sujet, l'assemblage l'est

Pour l'utilisateur, une architecture ne se voit pas. Un traitement de texte ne sait pas s'il tourne sur un processeur x86 ou Arm, et il s'en moque. L'apport d'Arm est ailleurs : Nvidia pouvait dessiner son propre processeur, un Grace de vingt coeurs développé avec MediaTek, et le souder à son GPU par son propre interconnecteur, NVLink-C2C. Un processeur, un GPU, un seul bloc de mémoire, dans un châssis de 13 mm et 1,8 kg.

C'est la recette qu'Apple applique depuis 2020 avec ses puces M, et Nvidia ne fait rien d'autre : il transpose dans un portable une architecture de station de travail, avec en plus l'écosystème logiciel qui accompagne son GPU. Voilà pourquoi le débat "Arm contre x86" rate la vraie question. Ce qui change, ce n'est pas le jeu d'instructions : c'est ce qu'on peut empiler dans un boîtier de 13 mm quand on maîtrise le processeur, le GPU et le bus qui les relie.

128 Go que le GPU peut voir

Sur un portable classique, le processeur et la carte graphique puisent dans deux réservoirs séparés. Celui du GPU - la VRAM - fait 8, 12, rarement 16 Go, et il faut y transférer les données avant que la carte puisse travailler. Un décor 3D volumineux, une timeline 8K, un modèle de langage : tout ce qui dépasse le réservoir ne rentre pas, quelle que soit la puissance de calcul disponible.

Sur le RTX Spark, il n'y a qu'un réservoir, jusqu'à 128 Go de LPDDR5X, auquel le CPU et le GPU accèdent directement. Sur l'unité de test de Notebookcheck, dotée des 128 Go, 64 Go sont alloués par défaut au GPU. C'est ce qui autorise les scènes 3D de 90 Go, le montage 12K en 4:2:2 ou les modèles de 120 milliards de paramètres que Nvidia met en avant. Ce sont des chiffres de dossier de presse, pas des mesures indépendantes, mais ils décrivent une capacité réelle : celle de faire tenir dans un portable ce qui exigeait hier une station de travail.

Gros plan sur une puce NVIDIA RTX Spark montée sur un fond de carte électronique, avec l'inscription « NVIDIA RTX Spark » imprimée sous le composant
Gros plan sur une puce NVIDIA RTX Spark montée sur un fond de carte électronique, avec l'inscription « NVIDIA RTX Spark » imprimée sous le composant - (source)

Nuance importante : la LPDDR5X n'offre pas la bande passante d'une GDDR7. Le gain est en capacité, pas en débit. Cela colle aux mesures de Notebookcheck, qui situent le GPU brut au niveau d'une RTX 5070 mobile, avec beaucoup plus de VRAM devant lui. Et une chose est acquise : les performances ne s'effondrent pas sur batterie, que ce soit en IA ou en jeu.

Un processeur rapide, mais pas le plus rapide

Le CPU tient son rang. Notebookcheck le mesure devant le Ryzen AI 9 HX 370 du ProArt P16 précédent, le Panther Lake du Galaxy Book6 Ultra et le Ryzen AI Max+ 395 de Strix Halo. Apple garde néanmoins la main : les M5 Pro et M5 Max restent nettement plus rapides. Les performances soutenues, elles, sont jugées très bonnes.

L'architecture Arm, elle, n'a pas rendu l'autonomie magique. Frandroid mesure 8 à 10 heures en bureautique, ce que le site qualifie lui-même de modeste pour une puce Arm. L'explication tient au châssis : la batterie plafonne à 99,9 Wh, la limite autorisée en cabine d'avion. On ne peut pas en mettre davantage, et les watts économisés par le processeur sont répartis dans les 6 144 coeurs CUDA. Le silence n'y gagne pas non plus : Frandroid relève jusqu'à 65 dB à un mètre sous charge, Notebookcheck 51 dB(A) avec un autre protocole, et de l'air chaud soufflé par le dessous. Le premier signale des grésillements de bobines que le second n'a pas entendus sur son exemplaire.

Le logiciel, toujours à deux vitesses

C'est ici que la machine se juge vraiment. Depuis la version 26.0, Adobe propose des versions ARM64 natives de Premiere Pro, After Effects, Audition et Media Encoder. Ces builds sont arrivés par une préversion publique, ouverte à l'été 2025, plus d'un an après la promesse d'Adobe en mai 2024, et certaines fonctions comme le support des extensions tierces s'ajoutent encore. Adobe avait prévenu : certaines fonctions de Premiere Pro ne seraient pas portées sur la version Arm ; Audition perdrait le GoPro CineForm et l'effet Loudness Radar, Media Encoder l'export Wraptor DCP et le P2 Movie. Les extensions tierces et le ProRes devaient arriver plus tard.

Autrement dit, un monteur dont le flux de travail repose sur des plug-ins ou des codecs précis doit vérifier, fonction par fonction, ce que la version installée sait encore faire. Et le photographe n'est pas mieux loti : Lightroom Classic n'a pas de version ARM64 native et tourne sous émulation, comme le confirment les forums d'Adobe et de Lightroom Queen.

À cela s'ajoute la promesse maison. Nvidia annonce qu'Adobe a réarchitecturé Premiere et Photoshop pour sa puce, avec un pipeline vidéo exploitant la mémoire unifiée et TensorRT, et des gains jusqu'à deux fois supérieurs sur l'IA, le montage, l'étalonnage et les effets. Ce sont des performances revendiquées par le fondeur, pas des résultats mesurés indépendamment : les gains réels se constateront sur des timelines, pas sur des diapositives. Le calendrier est une autre affaire, et il est distinct de la performance annoncée : ces mises à jour doivent commencer à arriver au moment de la mise en vente de la puce.

Reste la couche d'émulation Windows, qui fonctionne mais bute sur les cas limites. Notebookcheck a vu F1 25 et Battlefield 6 refuser purement et simplement de démarrer, et recommande de vérifier la compatibilité de ses logiciels et accessoires avant d'acheter.

Pour la photo, la puce n'est pas l'argument

Un photographe qui retouche des fichiers RAW de 45 mégapixels n'a que faire de 64 Go de mémoire graphique. Ce qu'il utilisera, c'est l'écran : une dalle tandem OLED 4K à 120 Hz, mesurée à plus de 700 nits en SDR et jusqu'à 1 644 nits en HDR, aux couleurs justes en P3 comme en sRGB, avec une modulation PWM à 960 Hz qui devrait épargner la plupart des yeux sensibles. Ce qu'il appréciera aussi, c'est le lecteur SD Express et les trois ports USB4 pour vider les cartes vite.

Le calcul GPU, lui, sert surtout au débruitage IA, au remplissage génératif et à la super-résolution : des tâches qui tournent très bien sur une RTX 5070 mobile avec 8 Go de VRAM. Payer pour 128 Go de mémoire unifiée afin de retoucher des photos revient à acheter un camion pour déménager un canapé. D'autant que l'outil principal du photographe, Lightroom Classic, est justement celui qui passe par l'émulation.

Le prix d'un plafond repoussé

Les tarifs, relevés à la mi-octobre, dépendent étroitement de la configuration et bougent vite. Frandroid cite 5 299,99 € pour la version 64 Go qu'il recommande ; la boutique française d'Asus affichait 6 799,99 € et LDLC 7 599,95 € sur une référence 128 Go, avec cinq ans de garantie incluse. Aux États-Unis, Notebookcheck a testé une unité 128 Go à 6 999 dollars. Le RTX Spark n'est pas réservé à Asus : d'autres constructeurs annoncent des portables sur la même puce à partir d'environ 2 900 €.

Pour situer : le ProArt P16 x86 de génération précédente, avec Ryzen AI 9, RTX 5070 et 64 Go, se trouvait autour de 2 799 €. À mémoire comparable - 64 Go de part et d'autre - la version Spark revient donc à peu près au double. Ce rapport se calcule sur des tarifs relevés en boutique, pas sur un prix officiel, et il varie avec la configuration : les références 128 Go, elles, se situent nettement plus haut. C'est le prix d'un plafond repoussé, pas d'un gain de vitesse.

À qui la machine sert vraiment ? Aux studios qui font tourner des modèles génératifs en local, aux équipes 3D et VFX dont les scènes dépassent la VRAM d'une carte classique, à ceux qui veulent du CUDA et 128 Go dans un sac à dos sans passer chez Apple. Les autres - monteurs dépendants de plug-ins, utilisateurs de Lightroom Classic, budgets sous 4 000 € - ont intérêt à attendre que l'écosystème se stabilise.

Questions fréquentes

Les versions ARM64 d'Adobe sont-elles complètes ?

Non. Depuis la version 26.0, Adobe propose des versions ARM64 natives de Premiere Pro, After Effects, Audition et Media Encoder, mais ces builds sont arrivés par une préversion publique, et certaines fonctions comme le support des extensions tierces s'ajoutent encore. Adobe a également listé des fonctions qui ne seront pas portées, comme le GoPro CineForm et l'effet Loudness Radar dans Audition, ou l'export Wraptor DCP dans Media Encoder. Quant aux gains jusqu'à deux fois supérieurs annoncés pour Premiere et Photoshop réarchitecturés, ils viennent de Nvidia et n'ont pas été mesurés indépendamment ; leur déploiement doit commencer en même temps que la mise en vente de la puce.

Faut-il 128 Go de mémoire unifiée pour retoucher des photos ou monter de la vidéo ?

Pour la photo, non : le débruitage IA et le remplissage génératif tournent sur une carte à 8 Go de VRAM. Pour la vidéo, l'intérêt apparaît quand les projets sortent du cadre habituel - scènes 3D volumineuses, timelines 8K ou 12K, modèles de langage exécutés en local. Sur des rushes 4K classiques, la différence se paie surtout en euros.

Que faudra-t-il pour que cette machine devienne un choix évident ?

La réponse tient moins au silicium qu'aux logiciels. Il reste une question que les fiches techniques ne tranchent pas : combien de temps faudra-t-il à Adobe pour que la version Arm de Premiere Pro n'ait plus rien à envier à celle qu'elle remplace ? C'est de cette réponse, et non des 6 144 coeurs CUDA, que dépendra le prochain achat d'une station de montage.

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Questions fréquentes

Qu'est-ce que la puce RTX Spark du Asus ProArt P16 ?

C'est la première puce Arm que Nvidia conçoit pour un PC Windows. Elle réunit un processeur Grace de 20 coeurs, développé avec MediaTek, et un GPU Blackwell de 6 144 coeurs CUDA, reliés par l'interconnecteur NVLink-C2C, avec jusqu'à 128 Go de mémoire LPDDR5X partagée. Le ProArt P16 est la première machine Windows bâtie autour de cette puce.

À quoi servent les 128 Go de mémoire unifiée du ProArt P16 ?

Ils remplacent les deux réservoirs séparés d'un portable classique : le processeur et le GPU accèdent directement à la même mémoire, et Notebookcheck relève que 64 Go sont alloués par défaut au GPU sur son unité de test. Cela permet, selon Nvidia, des scènes 3D de 90 Go, du montage 12K en 4:2:2 ou des modèles de 120 milliards de paramètres ; ce sont des chiffres de dossier de presse, pas des mesures indépendantes. Le gain porte sur la capacité, pas sur le débit : la LPDDR5X n'offre pas la bande passante d'une GDDR7.

Les logiciels de création sont-ils compatibles avec ce portable Windows Arm ?

Adobe propose depuis la version 26.0 des versions ARM64 natives de Premiere Pro, After Effects, Audition et Media Encoder. Ces builds sont arrivés par une préversion publique, et certaines fonctions comme le support des extensions tierces s'ajoutent encore. Adobe avait annoncé des limites : certaines fonctions de Premiere Pro ne seraient pas portées sur la version Arm, Audition perdrait le GoPro CineForm et l'effet Loudness Radar, Media Encoder l'export Wraptor DCP et le P2 Movie ; les extensions tierces et le ProRes devaient arriver plus tard. Lightroom Classic n'a pas de version ARM64 native et tourne sous émulation. Nvidia annonce par ailleurs que Premiere et Photoshop ont été réarchitecturés pour sa puce, avec des gains jusqu'à deux fois supérieurs sur l'IA, le montage, l'étalonnage et les effets : ce sont des performances revendiquées par Nvidia, pas des résultats mesurés indépendamment, et leur déploiement doit commencer en même temps que la mise en vente de la puce.

Quelle est l'autonomie et le bruit du Asus ProArt P16 ?

Frandroid mesure 8 à 10 heures en bureautique et juge cette autonomie modeste pour une puce Arm ; la batterie est plafonnée à 99,9 Wh, la limite autorisée en cabine d'avion. Sous charge, Frandroid relève jusqu'à 65 dB à un mètre et des grésillements de bobines, tandis que Notebookcheck mesure 51 dB(A) avec un protocole différent et n'a pas entendu ces grésillements sur son exemplaire.

Combien coûte le Asus ProArt P16 avec la puce RTX Spark ?

Les tarifs relevés à la mi-octobre dépendent de la configuration et bougent vite : Frandroid cite 5 299,99 € pour la version 64 Go qu'il recommande, la boutique française d'Asus affichait 6 799,99 € et LDLC 7 599,95 € sur une référence 128 Go avec extension de garantie, et Notebookcheck a testé une unité 128 Go à 6 999 dollars. À titre de repère, le ProArt P16 x86 de génération précédente, avec Ryzen AI 9, RTX 5070 et 64 Go, se trouvait autour de 2 799 €.

Sources

  1. Test du Asus ProArt P16 (RTX Spark) : la révolution est une évolution · 01net.com
  2. Asus ProArt P16 RTX Spark (H7607) contre Asus Zenbook 14 2026 ... · 01net.com
  3. Windows on Arm Support - After Effects C++ SDK Guide · ae-plugins.docsforadobe.dev
  4. ProArt P16 (H7607)|PC portables Pour les créateurs - ASUS · asus.com
  5. ProArt P16 (H7607, RTX Spark) - ASUS · asus.com
labo-geek
Paul Ribot @labo-geek

Doctorant en physique des particules à Saclay, je passe mes journées à chercher des trucs qu'on ne peut même pas voir. Mais ma vraie passion, c'est d'expliquer la science à ceux qui pensent ne pas pouvoir la comprendre. L'univers est dingue, et je trouve ça injuste que seuls les chercheurs en profitent. Alors je vulgarise, avec des analogies du quotidien et zéro jargon. La science, c'est pour tout le monde.

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