Le 10 octobre 2025, la liste des 23 pour le Mondial 2026 tombe. Dans le salon feutré de la FFF, les journalistes scrutent chaque nom. Et là, stupéfaction : Jean-Philippe Mateta, attaquant de Crystal Palace, est convoqué. Personne ne l'attendait. Pas même les suiveurs les plus assidus de l'équipe de France. Didier Deschamps a choisi un joueur que Ouest-France décrit comme « tout droit débarqué des années 1980, maillot rentré dans le short ». Pour comprendre ce choix, il faut plonger dans une histoire de persévérance, d'échecs et de travail acharné — celle d'un garçon de Sevran devenu l'invité surprise des Bleus.

« Un ovni débarque à Clairefontaine » — la convocation qui change tout
L'annonce de la liste des 26 pour la Coupe du monde 2026 a provoqué une onde de choc dans le monde du football français. Alors que les noms de Kylian Mbappé, Antoine Griezmann ou Olivier Giroud étaient attendus, celui de Jean-Philippe Mateta a surgi comme un joker inattendu. Sur les réseaux sociaux, les réactions oscillent entre surprise et curiosité. « Mateta ? Vraiment ? » s'interroge un supporter. Pourtant, Deschamps a ses raisons, et elles tiennent autant au profil du joueur qu'à son état d'esprit.

Le décalage immédiat avec le vestiaire des stars
À son arrivée au centre d'entraînement de Clairefontaine, Mateta détonne immédiatement. Alors que ses coéquipiers arborent des tenues dernier cri, lui porte un survêtement hyper basique, presque anonyme. Pas de marque clinquante, pas de look étudié. Juste un maillot rentré dans le short, comme à l'ancienne. « C'est l'histoire d'un ovni », résume Ouest-France. « Un joueur qui semble tout droit débarqué des années 1980. »
Le bizutage traditionnel des nouveaux venus en équipe de France est un rituel codifié. Chaque néophyte doit chanter devant le groupe, et les choix sont souvent calibrés pour impressionner ou faire rire. Mateta, lui, a surpris tout le monde en entonnant « Les Champs-Élysées » de Joe Dassin. Pas un tube de rap, pas une démonstration de flow — une chanson populaire française des années 1970, simple et sincère. Ce choix n'est pas anodin. Il révèle un garçon qui ne cherche pas à jouer un rôle. Son survêtement basique, sa chanson hors du temps, tout chez lui respire l'authenticité. « Il s'en fout de tout, sauf du foot », résume un proche cité par Ouest-France.

Un profil qui détonne dans la vitrine médiatique des Bleus
Dans le vestiaire des Bleus, l'image compte. Les joueurs soignent leur présence sur les réseaux sociaux, leurs partenariats publicitaires, leur communication millimétrée. Mateta, lui, arrive sans rien de cela. Son compte Instagram est sobre, ses interviews rares et sans fioritures. « Il est assez atypique dans le star-system d'aujourd'hui », confie son avocat Paul Latouche à Ouest-France.
Ce décalage est précisément ce qui a séduit Deschamps. Le sélectionneur, connu pour valoriser l'état d'esprit et le travail collectif, voit en Mateta un profil complémentaire aux stars habituelles. Là où d'autres apportent du spectacle, lui apporte de la densité. Là où d'autres brillent sur les réseaux, lui brille dans la surface. Comme le souligne notre analyse des invités surprise en équipe de France, Deschamps a toujours aimé surprendre avec des profils atypiques — et Mateta s'inscrit parfaitement dans cette tradition.
La réaction émotionnelle d'un rêve de gosse
Quand son nom a été prononcé par Deschamps sur le plateau de Gilles Bouleau, les caméras de Canal+ ont capturé sa réaction : les yeux rivés sur l'écran, un grand sourire illuminant son visage. « C'est un rêve de gosse, et je ne sais pas comment l'expliquer, c'est fort, c'est très fort », a-t-il confié à La Chaîne L'Équipe. « Quand je me suis blessé, la seule chose qui me préoccupait, c'était ma date de retour sur le terrain. Quand j'ai su ma date de retour, dans ma tête, j'étais prêt. » Cette émotion brute, sans filtre, contraste avec le discours calibré des stars du ballon rond.
De Sevran au National : les fondations d'un travailleur
Jean-Philippe Mateta n'a pas eu de chemin tracé d'avance. Né le 28 juin 1997 à Sevran, en Seine-Saint-Denis, il grandit dans le quartier Cité Basse, où le city stade des « Trois tours » devient son terrain de jeu favori. Son père, footballeur originaire de République démocratique du Congo, arrive en France à 23 ans et transmet à son fils l'amour du ballon rond.

Les débuts sans centre de formation
Les débuts sont modestes. Mateta joue à l'Olympique de Sevran, puis au FC Sevran, dans les catégories débutants, poussins et benjamins. À 15-16 ans, il rejoint la Jeanne d'Arc de Drancy, où il évolue avec les moins de 15 ans puis les moins de 17 ans. Mais jamais il n'intègre un grand centre de formation. « Le fait de ne pas avoir été pris par un grand centre de formation ne l'a pas affecté, au contraire, il s'est dit qu'il réussirait sans ça », raconte Saloum Coulibaly, son entraîneur à Drancy, dans les colonnes de Ouest-France.
Son entraîneur à Sevran, Tama Dramé, vante son sang-froid précoce : « Je me rappelle d'un match à Villepinte dans un derby, il avait 10 ans. Il y avait égalité, et ce jour-là il y a un penalty à tirer à la dernière minute. D'habitude, ce n'était pas lui le tireur, mais Loïc, son cousin, qui était très fort lui aussi. Mais Jean-Philippe me dit qu'il veut tirer. Il prend le ballon et met tranquillement le penalty puis rigole. »
La révélation en National : 11 buts en 22 matchs
En janvier 2016, Mateta signe son premier contrat professionnel avec La Berrichonne de Châteauroux, alors en National (troisième division). La saison 2015-2016 est celle de la révélation : 22 matchs, 11 buts. Il termine champion de France de National en 2017, avec un titre acquis dans la douleur. Son entraîneur de l'époque, Bruno Allègre, se souvient : « On n'avait ni le premier ni le deuxième choix. » Mateta n'était pas un prodige repéré par les recruteurs des grands clubs. Il était simplement un attaquant efficace, qui marquait dans toutes les positions. « Il allait vite, avait un excellent jeu de tête, marquait dans à peu près toutes les positions », confirme Coulibaly.
Le gâchis lyonnais : 86 minutes pour douter
En septembre 2016, Mateta réalise son rêve : il signe à l'Olympique Lyonnais pour 2 millions d'euros, avec 3 millions supplémentaires de bonus possibles et 20 % de plus-value à la revente pour Châteauroux. Mais l'arrivée dans le Rhône tourne au cauchemar. Il ne joue que 86 minutes en Ligue 1, coincé derrière des attaquants établis comme Alexandre Lacazette. Le profil de Mateta, jugé trop brut, trop « old school » pour le jeu moderne de l'OL, ne convainc pas. Ce passage est le premier vrai coup d'arrêt de sa carrière. « Il a dû douter », confie un proche. Mais au lieu de baisser les bras, Mateta accepte un prêt au Havre, en Ligue 2. Ce choix va tout changer.
Les années allemandes : Mayence, l'école de la persévérance
Au Havre, Mateta explose. Avec 17 buts en championnat, il termine deuxième meilleur buteur de Ligue 2 lors de la saison 2017-2018. Son entraîneur, Oswald Tanchot, ne tarit pas d'éloges : « On peut même parler de boulimique de travail. Il avait une certaine confiance en lui, mais sans arrogance. » Cette performance attire l'attention du FSV Mayence 05, club de Bundesliga. En juillet 2018, Mateta s'engage en Allemagne pour 8 millions d'euros, le transfert le plus cher de l'histoire du club.
Un rendement insuffisant qui aurait pu tout briser
À Mayence, les statistiques sont modestes. En 2019-2020, il marque 7 buts en 37 matchs toutes compétitions confondues. En 2020-2021, il inscrit 10 buts en 38 matchs. Des chiffres honorables pour un attaquant de deuxième zone, mais insuffisants pour prétendre à l'équipe de France. Pourtant, Mateta ne lâche rien. Son coéquipier à Mayence, Gaëtan Bussmann, raconte : « Il avait les gènes du buteur. Il a aussi pris du muscle et aimait travailler après les séances. » Cette éthique de travail, cette obstination à s'améliorer dans l'ombre, va faire la différence.

L'apprentissage allemand : se renforcer dans l'ombre
Mayence n'a peut-être pas révélé Mateta au monde, mais le club lui a offert un cadre pour progresser. La Bundesliga, réputée pour son intensité physique, a forgé son corps. Il a gagné en puissance, en expérience du jeu européen. « C'était dur de défendre sur lui », confirme Bussmann. Le site officiel de Crystal Palace résume bien cette période : « Mateta's rise to one of the Premier League's standout forwards has been years in the making – and no stint was more important in the 28-year-old's footballing development than a four-year stay at Mainz 05. » En janvier 2021, Crystal Palace le recrute en prêt, avant de lever l'option d'achat à l'été 2022. Mais en Angleterre, le début est poussif. Jusqu'à l'arrivée d'un entraîneur autrichien qui va tout changer.
Le premier hat-trick en Bundesliga
Le 5 avril 2019, Mateta inscrit son premier hat-trick en senior lors d'une victoire 5-0 contre le SC Fribourg. Ce match reste un moment fort de son passage en Allemagne, la preuve que le potentiel était là, même s'il manquait de régularité. Ce soir-là, il a montré ce dont il était capable quand tout s'alignait.
Le déclic Glasner : comment un entraîneur autrichien a transformé un « flop » en machine à buts
Oliver Glasner débarque à Crystal Palace en mars 2024, en remplacement de Roy Hodgson. Le technicien autrichien, passé par Wolfsburg et Francfort, a une réputation de bâtisseur. Mais personne n'imagine l'impact qu'il va avoir sur Mateta.
Avant / après : les chiffres édifiants d'une renaissance
Les chiffres parlent d'eux-mêmes, comme le rapporte Sky Sports. Avant l'arrivée de Glasner, Mateta avait inscrit 11 buts en 80 matchs de Premier League. Après l'arrivée de Glasner, il en marque 23 en seulement 37 matchs. Le ratio est hallucinant : un but tous les 80 minutes sous Glasner, contre un toutes les 305 minutes avant. Pour mesurer l'ampleur de la transformation, voici un tableau comparatif basé sur les données de Sky Sports :
| Indicateur | Avant Glasner | Après Glasner |
|---|---|---|
| Buts en Premier League | 11 | 23 |
| Matchs joués | 80 | 37 |
| Ratio buts / match | 0,14 | 0,62 |
| Minutes par but | 305 | 80 |
| Grosses occasions par 90 min | 0,8 | 2,4 |
Sur les 16 derniers matchs de la saison 2023-2024, Mateta marque 13 buts. Une cadence de champion du monde. « Il est devenu un autre joueur », résume Glasner dans Sky Sports.
La clé tactique : « rester dans l'axe »
Le secret de cette métamorphose est tactique. Avant Glasner, Mateta avait tendance à dézoner sur les ailes, à décrocher pour participer au jeu. Sous Glasner, il reste dans l'axe, près de la surface. « Il reçoit trois fois plus de grosses occasions par 90 minutes », note Sky Sports. Ce changement de positionnement a décuplé son efficacité. Au lieu de courir après le ballon, Mateta attend les bons centres. Au lieu de dribbler, il finit. C'est le retour à un football d'avant-centre pur, presque « old school » — et ça marche.
Un palmarès qui parle
Depuis l'arrivée de Glasner, Mateta a remporté la FA Cup et le Community Shield en 2025, puis l'UEFA Conference League en 2026, où il a marqué le but vainqueur en finale. Il est également devenu le troisième Français à inscrire plusieurs hat-tricks en Premier League, après Thierry Henry (8) et Nicolas Anelka (3). Son premier hat-trick à Palace, contre Aston Villa, était le premier du club en neuf ans.
Ce qui rend Mateta « old school » : un avant-centre à l'ancienne à l'heure du foot total
Avec son 1,92 m et ses 88 kg, Mateta impose une présence physique rare. Son jeu de tête, sa puissance dans les duels, sa capacité à garder le ballon dos au but en font un pivot redoutable. Thierry Henry, qui l'a entraîné aux JO 2024, le décrit comme « old-fashioned », un compliment dans sa bouche.

Un style qui détonne dans le foot moderne
L'esthétique de Mateta est délibérément rétro. Maillot rentré dans le short, jeu en percussion, peu de dribbles superflus. « Il semble venu d'une autre époque », écrit Ouest-France. Dans un football où les attaquants modernes sont souvent des playmakers capables de tout faire, Mateta assume son rôle de finisseur axial. Ce décalage est aussi une force. Il surprend les défenseurs, habitués à des profils plus mobiles. « Il est complet, c'est dur de défendre sur lui », confirme Bussmann.
Pas qu'un joueur de tête : les chiffres qui contredisent les préjugés
Sky Sports révèle une statistique surprenante : seulement 3 de ses 34 buts en Premier League viennent de la tête. Le reste, ce sont des frappes du pied droit, des reprises, des déviations. Cette donnée casse l'image du simple pivot aérien. Mateta est un attaquant complet : pressing, déviations, jeu en profondeur. Sous Glasner, il a même montré une capacité à jouer en une touche, à remiser pour ses coéquipiers. Cette palette variée le rend imprévisible. Il peut marquer de la tête, du pied, sur coup franc, en contre-attaque. C'est ce qui a convaincu Deschamps de l'appeler.
Un joueur de surface efficace des deux pieds
Le Dauphiné Libéré souligne que Mateta n'est pas l'avant-centre qui tire le plus au but, mais qu'il est efficace des deux pieds, avec une belle palette à la finition. Sa capacité à prendre la profondeur dans le dos de la défense et à être à la réception des centres en fait un « joueur de surface » redoutable. Sous Glasner, 69,7 % de son xG (expected goals) de la saison 2024-2025 est venu dans la deuxième moitié de saison, preuve de son adaptation progressive au système.
Les Bleus ont-ils besoin d'un joueur « old school » ? Le précédent Gignac-Giroud
Le choix de Mateta par Deschamps s'inscrit dans une tradition française : celle des attaquants tardifs, révélés après 28 ans. André-Pierre Gignac, appelé à 30 ans pour l'Euro 2016, en est l'exemple le plus frappant. Olivier Giroud, lui, n'a connu sa première sélection qu'à 26 ans, avant de devenir le meilleur buteur de l'histoire des Bleus. Comme le rappelle notre article sur Kylian Mbappé égalant Giroud, la France a une longue tradition de buteurs révélés sur le tard. Mateta, à 28 ans, s'inscrit dans cette lignée.
Gignac, Giroud, Mateta : la lignée des attaquants tardifs en Bleu
Ces trois joueurs partagent plusieurs traits communs : un profil puissant, un état d'esprit irréprochable, et une carrière construite dans l'ombre avant l'explosion tardive. Gignac a connu des années difficiles à Marseille avant de briller en Ligue 1. Giroud a commencé en Ligue 2, à Tours, avant de rejoindre Montpellier. Mateta suit le même chemin. « Il n'a pas été un phénomène précoce, mais il a bossé », résume un proche. Cette persévérance est précisément ce que Deschamps recherche pour compléter son attaque.
Interrogé par Canal+, Mateta a lui-même cité Giroud comme modèle : « Olivier Giroud m'a beaucoup inspiré, j'ai beaucoup regardé ses matches en équipe de France et dans les clubs où il était… On va bosser fort pour rester le plus longtemps possible. » Les similitudes sont frappantes : sélectionnés tard (Giroud à 25 ans, Mateta à 28 ans), brillent à Londres, même taille (1,92 m), attaquants de pointe à l'aise dans les airs et au pied.
Les JO 2024 comme révélateur
La médaille d'argent aux Jeux olympiques de Paris 2024 a été un tournant. Sous les ordres de Thierry Henry, Mateta a montré son abattage et son état d'esprit collectif. Vice-capitaine de l'équipe olympique, il a porté le brassard quand Alexandre Lacazette n'était pas sur le terrain. Avec 5 buts, il a été le meilleur réalisateur de la sélection française aux JO, égalant Daniel Xuereb (1984). Il a notamment marqué un doublé en demi-finale contre l'Égypte et un penalty en finale contre l'Espagne.
Cette expérience a convaincu Deschamps que Mateta pouvait s'intégrer dans un collectif de haut niveau. « Il a prouvé qu'il savait jouer pour l'équipe », confie une source proche du staff des Bleus. Comme le souligne notre analyse sur la mission secrète de Khephren Thuram, le staff des Bleus scrute de près les profils capables de s'adapter à des rôles précis.
Le besoin tactique : un pivot axial
Depuis la retraite d'Olivier Giroud, la France cherche un « joueur d'appui » capable de conserver le ballon dos au but et de faire jouer les autres. Marcus Thuram n'a pas réussi à endosser ce costume. Mateta, par sa puissance et son gabarit, peut remplir ce rôle. Le Dauphiné Libéré note que sa capacité à jouer dos au but et à conserver le ballon sous pression est un atout dont la France est privée depuis le départ de Giroud. Dans un rôle de remplaçant de luxe, son aisance dans le jeu aérien doit l'aider à peser en fin de match, comme le souligne L'Équipe.
« Quand tu bosses, tout devient possible » : la philosophie d'un acharné
La citation qui donne son titre à cet article résume à elle seule la philosophie de Mateta. « Quand tu bosses, tout devient possible », répète-t-il à ses proches. Ce n'est pas un slogan marketing, c'est le récit de sa vie.
Oswald Tanchot : « On peut parler de boulimique de travail »
Oswald Tanchot, son entraîneur au Havre, confirme : « On peut parler de boulimique de travail. Il avait une certaine confiance en lui, mais sans arrogance. » Cette éthique ne date pas de la Premier League. Elle est constitutive du joueur depuis ses débuts à Sevran. Tanchot se souvient d'un joueur qui arrivait toujours le premier à l'entraînement et repartait le dernier. « Il aimait travailler après les séances », confirme Bussmann à Mayence. Cette obsession du travail a forgé son caractère. Son avocat, Paul Latouche, ajoute : « Il est assez atypique dans le star-system d'aujourd'hui. » Mateta ne cherche pas la lumière. Il cherche à marquer des buts.
L'anti-star qui séduit les jeunes
Dans un monde du football saturé d'images et de hype, le chemin de Mateta offre une alternative crédible aux jeunes générations. Il prouve qu'on peut arriver par le travail, sans avoir été un phénomène précoce ni un influenceur. Pour les 16-25 ans, Mateta est une preuve vivante que la persévérance paie. Il n'a pas eu de centre de formation, pas de contrat juteux à 18 ans, pas de sélection en équipe de France jeunes. Il a simplement bossé, match après match, année après année.
Comme il l'a dit en conférence de presse : « Je suis quelqu'un de très ambitieux et quand j'ai une idée derrière la tête, je vais au bout. » Cette détermination, couplée à son humilité, en fait un modèle pour ceux qui doutent de leur potentiel. Dans un football où les réseaux sociaux et la hype précèdent souvent les performances, Mateta rappelle que le terrain reste le seul juge de paix.
Un message qui résonne
Le message de Mateta est simple : le talent ne suffit pas. Il faut du travail, de la patience et de la résilience. « If you didn't fight, you didn't play », disait-il à L'Équipe, en parlant de son enfance à Sevran. Cette mentalité de combattant, il l'a gardée toute sa carrière. Elle lui a permis de rebondir après l'échec lyonnais, de persévérer à Mayence malgré des statistiques modestes, et de saisir sa chance à Crystal Palace quand Glasner est arrivé.
Conclusion : Mateta, ou le foot comme long chemin de croix
Le parcours de Jean-Philippe Mateta est un roman d'apprentissage. De Sevran à Clairefontaine, en passant par Châteauroux, Lyon, Le Havre, Mayence et Crystal Palace, chaque étape a été une leçon. Les échecs l'ont renforcé, les doutes l'ont aiguillonné. Aujourd'hui, il est l'invité surprise des Bleus pour le Mondial 2026. Son profil « old school », son maillot rentré dans le short, sa chanson « Les Champs-Élysées » — tout cela fait de lui un personnage unique dans le paysage du football français.
Mais au-delà de l'anecdote, c'est un message qu'il porte : le travail de l'ombre finit toujours par payer, même quand on n'est pas un prodige précoce. « Quand tu bosses, tout devient possible » n'est pas une formule vide. C'est l'histoire vraie d'un gamin de Sevran devenu international français, à force de persévérance et d'abnégation. Et si les Bleus ont besoin de ce message, c'est peut-être la meilleure raison de l'avoir dans le groupe.