Femme assise au bord d'un lit, les mains croisées sur les genoux, regard doux mais préoccupé, chambre calme et lumineuse, plan moyen de 3/4, intention éditoriale : montrer la détresse silencieuse et l'isolement ressenti par les femmes souffrant de vaginisme, ton intime et vulnérable
Sexualité

Vaginisme : causes, symptômes et solutions pour une sexualité épanouie

Vaginisme : causes physiques et psychologiques, symptômes, errance médicale et solutions concrètes (kinésithérapie, dilatateurs, thérapie). Témoignages et conseils pour une sexualité apaisée, sans injonction à la pénétration.

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Le vaginisme touche des centaines de milliers de femmes en France, mais reste l’un des troubles sexuels les plus méconnus et les moins diagnostiqués. Cette contraction involontaire des muscles du périnée rend la pénétration douloureuse ou impossible, et pourtant, le silence qui l’entoure est assourdissant. Entre tabous culturels, errance médicale et idées reçues, les femmes concernées mettent en moyenne cinq ans avant d’obtenir un diagnostic clair. Comprendre ce trouble, ses mécanismes et les solutions qui existent est la première étape vers une sexualité apaisée.

Femme assise au bord d'un lit, les mains croisées sur les genoux, regard doux mais préoccupé, chambre calme et lumineuse, plan moyen de 3/4, intention éditoriale : montrer la détresse silencieuse et l'isolement ressenti par les femmes souffrant de vaginisme, ton intime et vulnérable
Femme assise au bord d'un lit, les mains croisées sur les genoux, regard doux mais préoccupé, chambre calme et lumineuse, plan moyen de 3/4, intention éditoriale : montrer la détresse silencieuse et l'isolement ressenti par les femmes souffrant de vaginisme, ton intime et vulnérable

Dénoncer le silence : pourquoi le vaginisme reste un trouble méconnu

Le paradoxe est frappant. D’un côté, le vaginisme est un trouble fréquent qui représente entre 6 et 15 % des consultations en sexologie. De l’autre, il reste largement invisible dans le discours public et médical. Ce silence n’a rien d’anodin : il s’inscrit dans un tabou culturel plus large autour de la douleur féminine et de la sexualité.

En Afrique comme ailleurs, les questions liées à la sexualité féminine demeurent un sujet délicat, entravé par des pesanteurs sociales, religieuses ou culturelles. Un article de BBC News Afrique rappelle que la « frigidité », terme stigmatisant souvent utilisé à mauvais escient, toucherait une femme sur deux dans le monde. Ce chiffre, bien qu’imprécis, révèle l’ampleur d’un phénomène que personne ne nomme vraiment.

Le vaginisme souffre du même sort. Le manque d’information est le premier obstacle au diagnostic et à la guérison. Beaucoup de femmes ignorent que leur douleur a un nom, qu’elle est reconnue médicalement et qu’il existe des traitements efficaces. Elles se croient seules, anormales, ou pire, responsables de ce qui leur arrive.

1 % des femmes en France : un chiffre très en dessous de la réalité

Selon le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), environ 1 % des femmes en âge de procréer en France souffriraient de vaginisme. Ce chiffre officiel est pourtant considéré comme une sous-estimation massive par les spécialistes.

Pourquoi un tel écart ? La honte d’abord. Beaucoup de femmes n’osent pas consulter pour une douleur qu’elles jugent honteuse ou qu’elles croient normale. L’errance médicale ensuite : faute de formation suffisante, de nombreux médecins généralistes et même gynécologues ne reconnaissent pas les symptômes et prescrivent des traitements inadaptés, voire culpabilisants. Enfin, l’absence de diagnostic formel : le vaginisme n’est pas une maladie que l’on détecte par une prise de sang ou une imagerie. Il se diagnostique par l’écoute du patient et l’examen clinique, deux étapes qui demandent du temps et de la sensibilité.

Le CNGOF lui-même reconnaît que le nombre réel de femmes concernées est probablement beaucoup plus élevé. Les consultations tardives, souvent après des années de souffrance silencieuse, confirment cette hypothèse. Comme nous le verrons plus loin, le parcours de Morgane, qui a attendu cinq ans avant d’obtenir un diagnostic, est loin d’être un cas isolé.

« C’est dans la tête » : l’idée reçue qui blesse autant que la douleur

L’idée reçue la plus tenace et la plus destructrice est celle qui réduit le vaginisme à un problème purement psychologique. « C’est le stress », « c’est dans ta tête », « tu n’as qu’à te détendre » : ces phrases, des milliers de femmes les ont entendues, parfois de la bouche même de leur médecin.

Le Dr Véronique Bonniaud, du CHU de Dijon, citée dans Le Figaro, insiste sur un point fondamental : « La première étape est la réappropriation de cette zone intime pour ne plus en faire un tabou. » Cette phrase résume à elle seule le chemin à parcourir. Car la contraction musculaire du vaginisme n’est pas un choix. Elle est involontaire, réflexe, aussi réelle qu’un clignement d’œil ou un sursaut quand on a peur.

Le problème, c’est que cette contraction est déclenchée par une anticipation anxieuse de la douleur. Le cerveau, conditionné par une expérience douloureuse antérieure, envoie un signal d’alarme aux muscles du périnée dès qu’une pénétration est envisagée. Ce n’est pas « dans la tête » au sens où la femme « inventerait » sa douleur. C’est dans le corps, dans un circuit neuronal et musculaire qui s’est emballé et qu’il faut rééduquer.

Le corps en alerte : symptômes et mécanismes du vaginisme

Pour comprendre le vaginisme, il faut visualiser le cercle vicieux qui se met en place. Tout commence par une peur, consciente ou non, de la pénétration. Cette peur provoque une contraction involontaire des muscles du plancher pelvien, en particulier de l’élévateur de l’anus. Cette contraction rend la pénétration douloureuse, voire impossible. La douleur renforce la peur, qui elle-même intensifie la contraction lors de la tentative suivante. Le piège se referme.

Le périnée, cet ensemble de muscles qui soutient les organes pelviens, est normalement capable de se détendre et de se contracter. Chez une femme souffrant de vaginisme, le réflexe de contraction est devenu incontrôlable face à tout ce qui s’approche de l’entrée du vagin : doigt, tampon, spéculum, pénis.

Le DSM-5, le manuel diagnostique américain, regroupe d’ailleurs le vaginisme et la dyspareunie (rapports douloureux) sous une même catégorie : le trouble génito-pelvien / trouble de la pénétration (GPPPD). Cette classification médicale officialise ce que les patientes savent déjà : la douleur est bien réelle et reconnue.

Douleur brûlante, sensation de mur, impossibilité d’insérer un tampon : les signes qui ne trompent pas

Les symptômes du vaginisme sont précis et identifiables. La Cleveland Clinic en dresse une liste qui fait écho aux témoignages de nombreuses femmes. La douleur est souvent décrite comme une sensation de brûlure ou de picotement à l’entrée du vagin. Elle peut survenir dès la tentative de pénétration, que ce soit avec un doigt, un tampon ou lors d’un rapport sexuel.

Main féminine tenant un petit miroir de poche, reflet du bas-ventre et de l'intérieur des cuisses, femme assise sur une serviette au sol, pièce sobre et intime, vue en plongée proche, intention éditoriale : illustrer la phase de réappropriation du corps par l'auto-exploration visuelle, ton doux et thérapeutique
Main féminine tenant un petit miroir de poche, reflet du bas-ventre et de l'intérieur des cuisses, femme assise sur une serviette au sol, pièce sobre et intime, vue en plongée proche, intention éditoriale : illustrer la phase de réappropriation du corps par l'auto-exploration visuelle, ton doux et thérapeutique

La sensation de « mur » ou de « fermeture » est l’une des descriptions les plus fréquentes. Les patientes parlent d’une barrière infranchissable, comme si le vagin se refermait complètement. Cette sensation est la manifestation directe de la contraction musculaire involontaire.

L’impossibilité d’insérer un tampon est souvent le premier signe, dès l’adolescence. La jeune femme de 19 ans qui témoigne sur Madmoizelle raconte avoir ressenti une douleur intense dès sa première tentative à 15 ans. Elle n’a pas réussi. Morgane, dans Cosmopolitan, décrit la même expérience à 14 ans. Pour d’autres, le déclic se produit lors du premier rapport sexuel, qui se révèle impossible ou atrocement douloureux.

Vaginisme primaire vs. vaginisme secondaire : deux visages pour un même trouble

Le vaginisme se présente sous deux formes distinctes, comme le détaille le site ELSAN. Le vaginisme primaire concerne les femmes qui n’ont jamais réussi une pénétration, que ce soit avec un tampon, un doigt ou un partenaire. Il apparaît souvent dès les premiers contacts avec la sexualité et peut être lié à une éducation stricte, à une méconnaissance du corps ou à une appréhension du premier rapport.

Le vaginisme secondaire, lui, survient après une période de vie sexuelle normale. La femme a déjà eu des rapports sans difficulté, puis un jour, la douleur apparaît. Les causes sont alors plus faciles à identifier : un accouchement traumatique, une épisiotomie mal cicatrisée, une chirurgie pelvienne, un deuil ou un viol. Dans certains cas plus rares, une cause anatomique comme le syndrome de Rokitansky (absence congénitale de vagin) peut être en jeu.

Cette distinction est importante car elle oriente le traitement. Le vaginisme primaire demande souvent un travail plus long sur les représentations mentales et l’anxiété, tandis que le vaginisme secondaire nécessite de traiter le traumatisme physique ou psychologique à l’origine du déclenchement.

Cinq ans d’errance médicale : les raisons d’un diagnostic trop tardif

Le parcours d’une femme souffrant de vaginisme est souvent un chemin de croix médical. Le témoignage de Morgane, publié dans Cosmopolitan, illustre parfaitement cette réalité. À 14 ans, elle ne parvient pas à insérer un tampon. À 16 ans, sa première tentative de rapport est un échec douloureux. Pendant cinq ans, elle consulte médecin après médecin. On lui prescrit des traitements pour mycoses à répétition, on lui dit que c’est le stress, qu’elle est trop tendue.

Ces cinq années d’errance ne sont pas rares. Elles sont même la norme. Le coût humain est immense : perte d’estime de soi, sentiment de folie, éloignement du partenaire, dépenses médicales non remboursées. Le coût financier aussi : des consultations chez des spécialistes qui ne comprennent pas, des examens inutiles, parfois des arrêts de travail.

Cette section sert de pont entre la description du trouble et l’explication des causes. Elle montre que le problème n’est pas seulement médical, mais aussi systémique : le manque de formation des professionnels de santé sur les douleurs pelviennes féminines est un véritable scandale sanitaire.

« On m’a dit que c’était le stress » : le mépris médical ordinaire

L’histoire de Morgane est édifiante. À 16 ans, après un premier rapport impossible, elle consulte une gynécologue. La réponse tombe, cinglante : « C’est le stress, détendez-vous, prenez un verre de vin avant. » Elle repart avec une prescription de crème antifongique. Les années passent, les consultations s’enchaînent, les diagnostics fantaisistes aussi : mycoses chroniques, vaginite, « vous êtes trop serrée ».

Morgane raconte avoir entendu un nombre incalculable de fois la phrase : « C’est dans la tête. » Cette phrase, des milliers de femmes la connaissent. Elle résume à elle seule la violence gynécologique ordinaire. Non seulement le médecin ne pose pas le bon diagnostic, mais en plus il fait porter la responsabilité de la douleur à la patiente. Le message implicite est clair : « Vous êtes folle, ou vous faites semblant. »

Cette expérience laisse des traces profondes. Morgane décrit un sentiment de honte et d’isolement. Elle se sent anormale, cassée. Pendant des années, elle évite les relations amoureuses par peur du jugement et de l’échec.

Où trouver une oreille qui écoute ? Du Planning familial aux Clés de Vénus

Le tournant dans l’histoire de Morgane survient à 25 ans, lorsqu’une médecin traitante prend enfin le temps de l’écouter. Pas de diagnostic rapide, pas de prescription expéditive. La médecin lui pose des questions, l’examine avec douceur et prononce le mot que Morgane attendait depuis cinq ans : vaginisme. Le soulagement est immense. « Enfin quelqu’un qui me croit », résume-t-elle.

La jeune femme de Madmoizelle, elle, a eu plus de chance. C’est une gynécologue du Planning familial qui pose le diagnostic dès la première consultation. Le Planning familial reste aujourd’hui l’un des rares endroits où les femmes peuvent être écoutées sans jugement et orientées vers des professionnels compétents.

Pour celles qui cherchent un praticien formé spécifiquement au vaginisme, l’association Les Clés de Vénus propose un annuaire de professionnels sensibilisés à ce trouble et aux dyspareunies. Gynécologues, kinésithérapeutes spécialisés en pelvi-périnéologie, sages-femmes, sexologues : le réseau existe, encore faut-il savoir où le trouver.

Infections, traumatismes et éducation : les racines de la contraction involontaire

Le vaginisme n’a pas une cause unique. Il est le résultat d’un puzzle complexe où s’emboîtent des éléments physiques, psychologiques et relationnels. Comme le dit souvent le Dr Bonniaud, il faut voir le vaginisme comme un terrain sec (la prédisposition) sur lequel une étincelle (le déclencheur) met le feu. L’étincelle peut être physique, psychologique, ou les deux à la fois.

Cette intrication des causes explique pourquoi le traitement doit être pluridisciplinaire. On ne peut pas soigner le vaginisme avec une simple prescription médicamenteuse. Il faut agir sur le corps, sur le mental et sur la relation de couple.

Accouchement traumatique, épisiotomie, infections : le terreau physique

Les causes physiques du vaginisme sont nombreuses et souvent sous-estimées. Les infections urinaires ou génitales à répétition (mycoses, vaginites) peuvent créer une inflammation chronique et une hypersensibilité de la zone, rendant la pénétration douloureuse. Le corps apprend alors à se contracter par réflexe pour se protéger.

L’accouchement est un moment clé. Un accouchement traumatique, une déchirure périnéale mal réparée ou une épisiotomie douloureuse peuvent déclencher un vaginisme secondaire. Le « point du mari », cette pratique clandestine qui consiste à recoudre l’épisiotomie par quelques points supplémentaires pour resserrer le vagin, a été dénoncé dans un article du Monde. Cette pratique, heureusement rare, illustre comment une intervention médicale peut créer un traumatisme durable et une peur panique de la pénétration.

Certaines causes anatomiques plus rares existent aussi, comme le syndrome de Rokitansky (absence congénitale de vagin) ou un vagin naturellement étroit. Mais dans la majorité des cas, le vaginisme n’est pas dû à une anomalie structurelle. Le corps est parfaitement normal, c’est sa réponse réflexe qui est devenue inadaptée.

Éducation religieuse, traumatismes enfouis et anxiété de performance : le poids du mental

Les causes psychologiques sont tout aussi déterminantes. Une éducation stricte ou religieuse qui diabolise la sexualité peut créer un blocage profond. La jeune fille grandit avec l’idée que le sexe est sale, honteux ou interdit. Son corps enregistre ce message et se ferme littéralement à la pénétration.

Les antécédents d’abus sexuels sont une cause majeure de vaginisme. Le témoignage de Monica, publié sur le blog Blooming Rocks, est bouleversant. Victime d’abus à l’âge de 3 ans, elle a développé une vision erronée de son vagin, qu’elle décrit comme « un canal étroit par lequel seules les règles pouvaient passer ». Ce traumatisme enfoui a refait surface à l’adolescence, rendant toute tentative de pénétration insoutenable.

L’anxiété de performance est une autre cause fréquente, souvent négligée. La pression de la première fois, la peur de décevoir son partenaire, l’injonction à la pénétration comme « véritable » rapport sexuel : tout cela crée un stress qui se traduit par une contraction musculaire. Le corps obéit à ce que le mental lui ordonne : se protéger.

Le kit de survie : kinésithérapie, dilatateurs et thérapie cognitive

Il n’existe pas de médicament miracle pour soigner le vaginisme. Les antidouleurs, les myorelaxants ou les anxiolytiques peuvent aider ponctuellement, mais ils ne traitent pas la cause. La guérison passe par une approche pluridisciplinaire qui combine rééducation physique et travail psychologique.

Le parcours type dure entre quelques mois et un an, mais chaque femme évolue à son rythme. L’objectif n’est pas la pénétration à tout prix, mais la réappropriation de son corps et de son plaisir.

Le miroir et les doigts : la première étape de la réappropriation

La première phase du traitement est souvent la plus difficile et la plus importante. Il s’agit d’apprendre à connaître son anatomie, sans jugement et sans pression. La jeune femme de Madmoizelle décrit cette étape comme fondatrice. Avec l’aide de sa gynécologue, elle a passé du temps devant un miroir à observer sa vulve, à toucher chaque partie, à comprendre comment son corps fonctionnait.

Ce travail de réappropriation permet de dédramatiser la zone intime. Pendant des années, ces femmes ont évité de regarder ou de toucher leur vagin, associé à la douleur et à l’échec. Le miroir est un outil de guérison. Il permet de « faire ami-ami » avec son corps, comme le dit si bien le Dr Bonniaud : « La première étape est la réappropriation de cette zone intime pour ne plus en faire un tabou. »

Ensuite vient le travail avec les doigts. La femme apprend à toucher l’entrée de son vagin, d’abord de l’extérieur, puis très progressivement de l’intérieur. Le but est de sentir la différence entre une contraction et une relaxation, et d’apprendre à contrôler cette dernière.

La rééducation périnéale et les dilatateurs : des outils concrets contre la contraction

La kinésithérapie spécialisée en pelvi-périnéologie est le pilier du traitement. Le kinésithérapeute utilise plusieurs techniques. Le biofeedback permet à la patiente de visualiser sa contraction musculaire sur un écran et d’apprendre à la relâcher consciemment. L’électrostimulation peut aider à détendre les muscles hypertoniques.

Les exercices de contraction-décontraction sont essentiels. La patiente apprend à contracter son périnée (comme pour retenir une envie d’uriner) puis à le relâcher complètement. Ce mouvement volontaire permet de reprendre le contrôle sur un réflexe devenu incontrôlable.

Les dilatateurs vaginaux sont des outils progressifs, de la taille d’un doigt à celle d’un pénis. La patiente les utilise à son rythme, chez elle, sans pression. L’objectif est de désensibiliser le réflexe de contraction par une exposition progressive et non douloureuse. Comme le rappelle Allo Docteurs, il n’existe pas de médicament pour soigner le vaginisme, mais ces outils concrets sont très efficaces.

Kiné, psy, sexologue : qui paye quoi ?

La question financière est un vrai frein pour de nombreuses femmes, surtout les plus jeunes. La kinésithérapie périnéale, lorsqu’elle est prescrite par un médecin, est remboursée par la Sécurité sociale. Selon la pathologie et l’existence d’une affection de longue durée (ALD), une vingtaine de séances peuvent être prises en charge, complétées par la mutuelle.

En revanche, les consultations chez le sexologue ou le psychologue ne sont pas, ou très peu, remboursées par la Sécurité sociale. Une séance coûte entre 50 et 80 euros, et il en faut souvent une vingtaine pour un travail en profondeur. C’est un investissement conséquent, mais qui peut changer une vie.

Certaines mutuelles proposent des forfaits de psychothérapie. Il faut se renseigner. Le Planning familial propose des consultations à tarifs réduits, voire gratuites. L’association Les Clés de Vénus peut aussi orienter vers des professionnels aux tarifs adaptés. Le coût ne doit pas être un obstacle à la guérison, mais il l’est malheureusement trop souvent.

« La pénétration n’est pas le Saint Graal » : vers une sexualité réinventée

Guérir du vaginisme, ce n’est pas seulement parvenir à avoir une pénétration sans douleur. C’est aussi, et peut-être surtout, se libérer de l’injonction à la pénétration comme seul horizon de la sexualité.

La jeune femme de Madmoizelle le dit avec une lucidité désarmante : « La pénétration est vue comme le Saint-Graal de la fesse. » Cette phrase frappe juste. Pendant des années, elle a cru que sa sexualité serait incomplète, ratée, tant qu’elle ne pourrait pas « faire l’amour normalement ». Cette pression, venue des films, des magazines, des conversations entre amies, était aussi douloureuse que la contraction elle-même.

Déconstruire la norme coïtale : quand le vaginisme questionne le couple

Le vaginisme oblige à repenser la sexualité en dehors du schéma coïtal. La pénétration n’est pas le seul geste sexuel, ni même le plus important pour beaucoup de femmes. Les caresses, les massages, le sexe oral, la masturbation mutuelle : tout cela fait partie d’une sexualité riche et épanouie.

Pour le couple, c’est un défi et une opportunité. Le partenaire doit comprendre que la douleur n’est pas un rejet personnel. Il doit apprendre à être patient, à explorer d’autres formes d’intimité sans exiger la pénétration comme finalité. Certains couples en sortent renforcés, ayant découvert une communication plus profonde et une sexualité plus créative.

D’autres, malheureusement, ne survivent pas à cette épreuve. Morgane raconte avoir été rejetée par des partenaires qui ne comprenaient pas sa difficulté. « Tu ne m’aimes pas assez », « tu fais exprès », « tu es frigide » : les phrases assassines sont nombreuses. Le vaginisme est aussi un test pour la relation.

Guérir ou s’épanouir ? Le plaisir sans pénétration comme objectif

Morgane, après des années de kinésithérapie et de travail sur elle-même, a appris à ressentir du plaisir. Pas grâce à la pénétration, mais en redécouvrant son corps autrement. « J’ai appris à aimer mon corps, à le toucher, à le connaître », dit-elle. La guérison n’est pas un retour à une « normale » qui n’existe pas. C’est une réinvention de sa sexualité.

L’objectif final n’est pas d’avoir des rapports avec pénétration coûte que coûte. L’objectif est de pouvoir choisir. Choisir d’avoir une pénétration sans douleur, si on le souhaite. Ou choisir de ne pas en avoir, sans se sentir incomplète. Le plaisir ne se résume pas à un geste.

Le message d’espoir de celles qui en sont sorties

Monica, sur le blog Blooming Rocks, conclut son témoignage par une phrase qui résume tout : « Aujourd’hui, je me sens complète. » Après des années de souffrance, de honte et d’errance, elle a retrouvé une sexualité épanouie et une estime de soi intacte.

Ces témoignages sont essentiels. Ils rappellent que le vaginisme n’est pas une fatalité. Le corps n’est pas « cassé », il est en état d’alerte. Avec les bons outils et le bon accompagnement, il peut apprendre à se détendre et à accueillir le plaisir.

Les ressources existent. Le Planning familial propose des consultations d’orientation. L’association Les Clés de Vénus tient un annuaire de professionnels formés. La Haute Autorité de Santé recommande une prise en charge combinant thérapies cognitivo-comportementales et rééducation périnéale.

Si vous lisez cet article et que vous vous reconnaissez, sachez que vous n’êtes pas seule. La douleur que vous ressentez a un nom, elle est reconnue, et elle se soigne. Vous avez le droit à une sexualité sans peur et sans douleur. Le chemin peut être long, mais il en vaut la peine.

Conclusion

Le vaginisme est un trouble complexe, à la croisée du physique et du psychologique, mais il n’est pas une condamnation à une vie sexuelle douloureuse. Les témoignages de Morgane, de Monica et de tant d’autres le prouvent : la guérison est possible. Elle passe par une prise en charge pluridisciplinaire, un travail sur soi et souvent une remise en question des injonctions sociales autour de la pénétration. Le silence se brise, les idées reçues tombent, et le corps retrouve sa capacité à accueillir le plaisir. Si vous êtes concernée, n’attendez plus. Consultez, parlez, cherchez de l’aide. Vous méritez une sexualité épanouie, et elle est à portée de main.

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Questions fréquentes

Qu'est-ce que le vaginisme ?

Le vaginisme est une contraction involontaire des muscles du périnée qui rend la pénétration douloureuse ou impossible. Ce trouble est reconnu médicalement et se soigne par une approche pluridisciplinaire.

Quels sont les symptômes du vaginisme ?

Les symptômes incluent une douleur brûlante ou des picotements à l'entrée du vagin, une sensation de « mur » ou de fermeture lors des tentatives de pénétration, et parfois l'impossibilité d'insérer un tampon.

Le vaginisme est-il psychologique ?

Non, le vaginisme n'est pas un problème purement psychologique. La contraction musculaire est involontaire et réflexe, déclenchée par une anticipation anxieuse de la douleur, mais elle est bien réelle et physique.

Comment soigner le vaginisme ?

Le traitement associe kinésithérapie périnéale, utilisation progressive de dilatateurs vaginaux, et thérapie cognitive. Il n'existe pas de médicament miracle ; la guérison passe par une rééducation du corps et du mental.

Quelle est la différence entre vaginisme primaire et secondaire ?

Le vaginisme primaire concerne les femmes qui n'ont jamais réussi une pénétration. Le vaginisme secondaire survient après une période de vie sexuelle normale, souvent déclenché par un accouchement traumatique, une infection ou un traumatisme.

Sources

  1. Frigidité : qu'est-ce que c'est et quelle en est la solution ? - BBC News Afrique · bbc.com
  2. allodocteurs.fr · allodocteurs.fr
  3. blooming.rocks · blooming.rocks
  4. cosmopolitan.fr · cosmopolitan.fr
  5. Vaginisme : Symptômes et traitements | ELSAN · elsan.care
heart-to-heart
Manon Guillebot @heart-to-heart

J'étudie la psychologie à Lyon et je suis passionnée par les relations humaines. Ici, je parle d'amour, d'amitié, de famille – tout ce qui fait qu'on se connecte (ou pas) aux autres. Mon approche ? Bienveillante mais honnête. Je ne juge personne, on a tous nos galères. Parfois je partage mes propres expériences, parce que j'ai aussi eu mon lot de relations compliquées. Si t'as besoin de conseils ou juste d'un point de vue extérieur, je suis là.

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