Six épisodes de trente minutes, disponibles d'un seul coup depuis le 2 octobre : Paul tient en trois heures. De quoi le voir le week-end sans repousser à lundi.

Le principe : un faux documentaire sur un humoriste en panne
Paul Mirabel joue une version grossie de lui-même. Il a vendu à Amazon l'enregistrement d'un nouveau spectacle et un documentaire sur sa vie, n'a rien écrit, et il lui reste six semaines.
Pour trouver de la matière, son meilleur ami le sort de son lit, le filme en permanence et l'emmène dans des situations qui ressemblent davantage à des galères qu'à des expériences.
L'humoriste insiste, à franceinfo : "C'est une autofiction parodique sur moi plutôt qu'un documentaire. On est parti du réel... On a grossi les traits à plein d'endroits pour que les gens ne discernent pas ce qui est vrai ou ce qui est faux."
Le frère autiste du personnage existe, le meilleur ami aussi - incarné par Abraham Wapler, dont le vrai prototype est Nathanael Munnich, l'un des deux réalisateurs. Le reste a été volontairement grossi.
C'est ce mélange qui donne son allure à la série : ni portrait au vitriol, ni documentaire promotionnel, mais une comédie romantique autour d'un auteur de stand-up qui prend ses propres défauts pour combustible.
Ce qu'en dit la critique
L'accueil de la critique est clairement positif. Le Monde parle d'une autofiction "franchement réussie" et salue le flegme de l'humoriste. 20 Minutes trouve la série "rythmée et jubilatoire", où "les blagues fusent", avec une mention spéciale à Eva Huault en prof de pole dance au verbe haut. franceinfo y voit "beaucoup de talent, d'autodérision et quelques bribes de vérité". AlloCiné parle d'un exercice "drôle, décalé et parfaitement joué", Ouest-France d'une autofiction "aussi poilante que touchante".
La seule vraie nuance vient de Télérama : la série est "attachante, à défaut d'être originale". C'est la remarque la plus utile du lot, parce que franceinfo situe déjà l'ensemble "dans la lignée des humoristes Florence Foresti ou Éric Judor" : Paul n'invente pas la forme. Ce qu'il apporte, c'est son ton : peu de véhémence, beaucoup de retenue, et une vraie fragilité qui évite l'exercice d'ego.
Pour les aficionados : Éric Judor, Jérémy Ferrari, Alexandre Kominek et Marine Leonardi font des apparitions. Ce sont des cameos, pas des arcs, mais ils fonctionnent.
Saison 2 : l'espoir d'un côté, le silence de l'autre
Le dernier épisode se referme sur un rebondissement qui ouvre clairement la porte à une suite - sans rien détailler ici. La question appelle deux réponses distinctes.
Côté Paul Mirabel, l'intention est assumée. Interrogé par Télé-Loisirs le 4 octobre, il répond : "Rien n'a été décidé mais c'est mon espoir. J'ai pensé ce projet sur le long terme et j'aimerais que ça dure le plus longtemps possible, même si je n'ai pas de nombre de saisons précises en tête."
Il a par ailleurs indiqué s'être "enfermé pendant un an" pour écrire ces six épisodes : l'investissement personnel est là.

Côté Amazon, rien. Aucun renouvellement annoncé, aucun démenti, aucune date. Et surtout aucun chiffre : Prime Video ne communique pas ses heures de visionnage. C'est le point qui doit tempérer toute prévision. Sur les plateformes, le renouvellement d'une comédie française se décide sur des données internes que le public ne verra jamais - pas sur la tonalité des critiques, aussi bonnes soient-elles.
Conséquence : les sites qui annoncent une saison 2 prévue "fin 2027" extrapolent sans base. Le calendrier réaliste, c'est d'abord "quelques semaines à plusieurs mois d'observation", puis une décision d'Amazon, qui peut être un oui comme un non.
Ce qu'on peut raisonnablement attendre
Si la suite est actée, l'autofiction ouvre une piste évidente : les conséquences du mensonge professionnel, et la remise en cause des relations posées en fin de saison. Le format court laisse aussi la porte ouverte à l'exploration de la vie familiale, en particulier celle du frère autiste, un sujet que Mirabel tient à représenter.
Le ton, en revanche, n'aurait pas à changer : la série tient par la retenue du personnage, pas par l'escalade. Une saison 2 qui pousserait le chaos serait une mauvaise idée.
Le verdict
À voir ce week-end si vous aimez les comédies qui se moquent gentiment de leurs héros, si vous connaissez déjà le stand-up de Mirabel, et si vous cherchez quelque chose de court. Trois heures, zéro engagement.
Reste à savoir ce qu'en décide Amazon. En attendant, Paul a du temps pour écrire - c'est, somme toute, le sujet de la série.