Il a 34 ans, vient de Marseille et s’apprête à vivre ce que des milliers de jeunes ingénieurs rêvent en secret : un vol vers l’espace. Arnaud Prost n’est pas un astronaute professionnel de l’ESA, mais il vient d’être sélectionné pour une mission privée à bord de la station Haven‑1, développée par la start‑up californienne Vast Space. L’annonce, faite par Emmanuel Macron le 1er juin 2026 lors du sommet Choose France, place un Français au cœur du New Space. Cette mission change les règles du métier d’astronaute, longtemps réservé aux agences spatiales nationales.

Les origines du rêve spatial d’Arnaud Prost
Arnaud Prost naît le 6 novembre 1992 à Marseille. Il grandit dans les Calanques, ce décor minéral et méditerranéen qui lui transmet très tôt le goût de l’effort et de l’eau. À l’adolescence, il pratique l’apnée et la plongée sous‑marine, deux disciplines qui exigent contrôle respiratoire et sang‑froid. Son père est médecin, sa mère aussi. Rien ne le prédestine à l’espace, si ce n’est une curiosité insatiable et une sœur qui, raconte‑t‑il dans une interview à Welcome to the Jungle, construisait des navettes spatiales en carton dans le salon familial.
Le rugby occupe une place centrale dans sa jeunesse. Il en joue pendant vingt ans, un sport d’équipe qui forge son caractère et lui apprend à gérer la pression. Ses coéquipiers le surnomment « Bubble », un diminutif affectueux qui contraste avec le sérieux de son parcours.

Un parcours académique d’exception
Après le bac, Arnaud Prost intègre les classes préparatoires aux grandes écoles. En 2012, il entre à l’École Polytechnique, où il suit le cycle ingénieur jusqu’en 2015. Il poursuit à l’ISAE‑SUPAERO, l’institut de référence en aéronautique et spatial, dont il sort diplômé en 2017. Il ajoute à cela un master en astrophysique, sciences de l’espace et planétologie à l’Université Paul Sabatier de Toulouse.
Son parcours ne s’arrête pas aux frontières françaises. Il effectue un stage de recherche au Jet Propulsion Laboratory de la NASA, en Californie, où il travaille sur les sites d’atterrissage du rover Mars 2020 Perseverance. Puis il part en Russie, à l’Institut de Physique Nucléaire Skobeltsyn et à l’Institut d’Aviation de Moscou. Cette expérience internationale lui donne une vision globale des technologies spatiales.

Ingénieur de l’armement et pilote de chasse
À sa sortie d’école, Arnaud Prost rejoint la Direction générale de l’armement (DGA) en tant qu’ingénieur de l’armement. Il intègre le corps technique militaire et suit une formation de pilote de chasse. Voler sur des avions de combat lui apprend à prendre des décisions en une fraction de seconde, à gérer des situations d’urgence et à travailler en équipage. Ces compétences, il les mettra à profit dans l’espace.

En novembre 2022, l’Agence spatiale européenne (ESA) sélectionne sa promotion d’astronautes. Sophie Adenot, lieutenant‑colonel dans l’Armée de l’Air et de l’Espace, est retenue comme astronaute titulaire. Arnaud Prost, lui, est nommé astronaute remplaçant. Il devient le réserviste de la promotion 2022, un statut qui lui permet de suivre l’entraînement sans garantie de vol. Le général d’armée aérienne Stéphane Mille, chef d’état‑major de l’armée de l’Air et de l’Espace, a alors déclaré que cette sélection « constitue une reconnaissance de l’excellence de la formation au sein des armées, excellence de ses hommes et de ses femmes ».
Comment Arnaud Prost a décroché une mission privée vers Haven‑1
Le 1er juin 2026, Emmanuel Macron annonce un partenariat inédit entre la France et Vast Space, une start‑up californienne fondée en 2021 par Jed McCaleb, milliardaire des cryptomonnaies et cofondateur de Ripple et Stellar. C’est la première fois qu’un pays s’allie avec un acteur du New Space pour des missions habitées, comme le rapporte Le Figaro. L’accord prévoit deux missions spatiales commerciales. Thomas Pesquet commandera la mission PAM‑6 vers l’ISS, prévue pour mi‑2027. Arnaud Prost, lui, sera ingénieur d’essais en vol pour la mission vers Haven‑1, la première station spatiale privée développée par Vast Space. Son vol est programmé pour 2028.
L’annonce a été relayée par de nombreux médias et comptes spécialisés. Le Dauphiné Libéré a notamment titré sur cet accord historique, tandis que le compte GoForLaunch précisait les durées de mission. Sur le réseau social X, Emmanuel Macron a lui‑même officialisé la nouvelle en écrivant : « Vast choisit la France. L’entreprise a annoncé l’installation de son siège européen à Paris et un accord avec la France pour deux missions impliquant Thomas Pesquet et Arnaud Prost : PAM‑6 et le vol test de Haven‑1. Cela confirme l’ambition spatiale de la France. Thank you! »

Haven‑1 : une station spatiale privée à gravité artificielle
Haven‑1 n’est pas une station comme les autres. Elle est conçue pour produire une gravité artificielle par rotation, un concept qui n’a pas été testé en vol habité depuis Gemini 11 en 1966. La station pourra simuler une gravité proche de celle de la Lune, ce qui intéresse particulièrement les chercheurs pour les futures missions lunaires.
Arnaud Prost y séjournera environ deux semaines, avec un maximum possible de trente jours. Son rôle sera d’évaluer les systèmes de la station, de tester les équipements et de valider le comportement des infrastructures en conditions réelles. Il sera le premier humain à mettre les pieds dans ce module commercial.
Le lancement se fera à bord d’une capsule SpaceX Crew Dragon, propulsée par une fusée Falcon 9. Le décollage aura lieu depuis le Kennedy Space Center en Floride. Vast Space, qui emploie plus de mille personnes à Long Beach en Californie, assemble déjà Haven‑1 et prévoit à terme de développer Haven‑2 pour succéder à l’ISS après 2030.

Pourquoi Arnaud Prost a été choisi plutôt qu’un autre astronaute
La question mérite d’être posée. Arnaud Prost n’est pas le plus médiatique des astronautes français. Il n’a pas le charisme de Thomas Pesquet ni le pedigree de Sophie Adenot. Mais son profil correspond exactement à ce que Vast Space recherchait.
Il est ingénieur de l’armement, pilote de chasse, plongeur professionnel et il a déjà été formé par l’ESA. Il connaît les protocoles de sécurité, les procédures d’urgence et le fonctionnement des systèmes embarqués. Surtout, il est disponible : n’étant pas astronaute de carrière, il peut se consacrer à une mission commerciale sans compromettre le planning de l’agence spatiale européenne.
Vast Space voulait un profil technique, capable de comprendre les moindres détails de Haven‑1. Arnaud Prost coche toutes les cases. Son statut de réserviste, loin d’être un handicap, devient un atout : il a suivi l’entraînement sans avoir la certitude de voler, ce qui lui donne une motivation supplémentaire. Le site officiel de Vast Space confirme que l’entreprise a signé un accord pour deux missions avec la France.

Les coulisses de la sélection d’Arnaud Prost
Le rôle clé du CNES et de la DGA
Le Centre national d’études spatiales (CNES) et la Direction générale de l’armement (DGA) ont joué un rôle déterminant dans cette sélection. La DGA, qui emploie Arnaud Prost, a mis à disposition son ingénieur pour cette mission. C’est une première : un militaire français part dans l’espace dans le cadre d’un contrat privé.
Le CNES, de son côté, a négocié l’accord avec Vast Space. La France devient le partenaire privilégié de la start‑up américaine, qui prévoit d’installer son siège européen à Paris. Ce partenariat ouvre la voie à d’autres collaborations entre le spatial public et le New Space. Selon les informations du Figaro, c’est la première fois qu’un pays s’allie avec un acteur du New Space pour des missions habitées.
La DGA, qui forme des ingénieurs de l’armement comme Arnaud Prost depuis des décennies, voit son expertise reconnue au plus haut niveau. Comme le rappelle le ministère des Armées sur son site, « le parcours de Sophie et d’Arnaud est emblématique de l’excellence des formations dispensées et de l’expérience acquise au sein et sous l’égide du ministère des Armées ».
La concurrence avec d’autres candidats astronautes
Arnaud Prost n’était pas le seul candidat. Plusieurs astronautes européens, y compris des vétérans de l’ESA, ont postulé pour cette mission. Mais Vast Space a privilégié un profil jeune, agile et technique. Le fait qu’Arnaud Prost soit déjà formé aux procédures spatiales tout en étant disponible immédiatement a fait pencher la balance.
Son âge joue aussi en sa faveur. À 34 ans, il a encore de longues années devant lui. Cette mission privée pourrait n’être que la première d’une longue carrière dans l’espace.
Ce que la mission d’Arnaud Prost change pour le spatial français
Un nouveau modèle d’accès à l’espace pour les Français
Jusqu’à présent, devenir astronaute français passait par l’ESA ou par les agences nationales. Les places étaient rares : une sélection tous les dix à quinze ans, quelques dizaines de candidats retenus sur des milliers de postulants. Les missions privées changent la donne.
Avec l’essor du New Space, des entreprises comme SpaceX, Axiom Space ou Vast Space proposent des vols commerciaux. Les places ne sont plus réservées aux astronautes professionnels. Des ingénieurs, des scientifiques, des artistes ou des entrepreneurs peuvent désormais accéder à l’espace, à condition de trouver un sponsor ou de payer leur ticket.
Arnaud Prost incarne cette nouvelle génération. Il n’a pas attendu que l’ESA lui offre un vol. Il a saisi l’opportunité offerte par le marché privé.
Les retombées scientifiques pour la recherche française
La mission d’Arnaud Prost n’est pas un simple voyage touristique. Il emportera avec lui des expériences scientifiques françaises. Le CNES a prévu d’utiliser son séjour pour tester des équipements, étudier les effets de la microgravité sur des matériaux et valider des protocoles pour la station Haven‑1.
La gravité artificielle produite par rotation intéresse particulièrement les chercheurs. Si les tests sont concluants, cette technologie pourrait être utilisée sur les futures stations lunaires ou martiennes. La France, grâce à cet accord, se positionne en pionnière de la recherche en environnement spatial commercial.
Un précédent pour les futurs astronautes français
Arnaud Prost ouvre une voie. D’autres réservistes de l’ESA, des ingénieurs de la DGA ou des chercheurs du CNES pourraient suivre son exemple. Les missions privées deviennent une porte d’entrée alternative vers l’espace.
Cela ne signifie pas que la sélection de l’ESA perd de son importance. Mais elle n’est plus l’unique chemin. Les jeunes qui rêvent de devenir astronautes ont désormais plusieurs options : postuler à l’ESA, travailler pour une entreprise du New Space, ou se faire recruter par une agence nationale qui négocie des accords commerciaux.
Le profil atypique d’Arnaud Prost : plongeur, pilote et rugbyman
Des compétences multiples pour un astronaute complet
Arnaud Prost cumule les casquettes. Plongeur professionnel, il connaît les environnements hostiles et les protocoles de sécurité sous‑marine, qui ressemblent à ceux de l’espace. Pilote de chasse, il maîtrise les accélérations, les G négatifs et les situations d’urgence. Rugbyman, il sait travailler en équipe et encaisser les chocs.
Ces compétences multiples font de lui un astronaute complet. Il n’est pas seulement un ingénieur qui comprend les systèmes, mais un homme de terrain capable de réagir en toutes circonstances.
Sa philosophie : l’ambition malgré l’échec
Dans une interview accordée à Welcome to the Jungle, Arnaud Prost livre sa philosophie : « Il faut être ambitieux. Plus on est ambitieux, plus on s’expose à un échec cuisant. Pour vivre avec ce paradoxe, mon conseil c’est de se dire : je ne veux pas être astronaute, je veux étudier, faire tous les efforts. »
Cette phrase résume son parcours. Il n’a pas été sélectionné comme astronaute titulaire de l’ESA en 2022. Il aurait pu abandonner. Mais il a continué à travailler, à se former, à saisir les opportunités. Aujourd’hui, il décroche une mission privée que beaucoup d’astronautes professionnels lui envient.
Les défis techniques de la mission Haven‑1
Un vol d’essai à haut risque
La mission d’Arnaud Prost est un vol d’essai. Haven‑1 n’a jamais été habitée. Les systèmes de support de vie, de communication, de propulsion et de gravité artificielle doivent être validés en conditions réelles. Le risque technique est élevé.
Arnaud Prost devra évaluer chaque paramètre, identifier les anomalies et proposer des corrections. Il travaillera en lien avec les équipes de Vast Space au sol, qui suivront en temps réel les données de la station.
La gravité artificielle : un défi technologique majeur
Produire une gravité artificielle par rotation n’est pas simple. Il faut faire tourner la station à une vitesse précise pour créer une force centrifuge équivalente à la gravité lunaire. Trop lent, l’effet est négligeable. Trop rapide, les occupants ressentent des nausées et des vertiges.
Les ingénieurs de Vast Space ont conçu un système de rotation modulable, capable de s’adapter aux besoins des expériences. Arnaud Prost devra tester plusieurs configurations et évaluer le confort des occupants.
La durée du séjour dans l’espace
Arnaud Prost restera entre quinze et trente jours dans Haven‑1. C’est court comparé aux six mois de mission sur l’ISS. Mais c’est suffisant pour valider les systèmes et réaliser les expériences prévues.
La durée limitée réduit les risques sanitaires : moins d’exposition aux radiations, moins de perte de masse musculaire, moins de stress psychologique. C’est un vol d’essai, pas une mission d’exploration.
Les implications pour la politique spatiale française
Un accord gagnant‑gagnant avec Vast Space
L’accord entre la France et Vast Space est historique. C’est la première fois qu’un État s’allie avec une entreprise du New Space pour des missions habitées. La France apporte son expertise technique, ses astronautes et son réseau de recherche. Vast Space apporte ses infrastructures, ses lanceurs et son agilité commerciale.
En échange, Vast Space installe son siège européen à Paris. Cela créera des emplois, attirera des talents et renforcera la filière spatiale française. Le CNES devient un partenaire privilégié pour les futures missions de la start‑up.
La concurrence avec d’autres nations spatiales
La France n’est pas le seul pays à courtiser le New Space. Les États‑Unis, le Japon, l’Inde ou les Émirats arabes unis négocient aussi des accords avec des entreprises privées. Mais la France a pris une longueur d’avance en signant avec Vast Space.
Arnaud Prost est le premier astronaute français à voler sur une station privée. Ce précédent pourrait attirer d’autres entreprises du secteur, comme Axiom Space ou Blue Origin, vers des partenariats avec la France.
Les retombées pour les jeunes générations
L’annonce de la mission d’Arnaud Prost a suscité un engouement sur les réseaux sociaux. Les tweets d’Emmanuel Macron et les articles de presse ont été partagés des milliers de fois. Pour les jeunes Français, c’est la preuve que l’espace n’est plus réservé à une élite.
Comme le rappelle l’article sur Mark Kelly 2028 : l'astronaute qui veut conquérir la Maison Blanche, les astronautes deviennent des figures politiques et médiatiques. Arnaud Prost pourrait suivre cette voie, ou rester dans l’ingénierie spatiale. Quoi qu’il fasse, son parcours inspire.
Conclusion : Arnaud Prost, symbole du New Space à la française
Arnaud Prost n’est pas un astronaute comme les autres. Il n’a pas été sélectionné par l’ESA comme titulaire, mais il a su transformer son statut de réserviste en tremplin. Sa mission privée vers Haven‑1 en 2028 marque un tournant pour le spatial français : elle prouve que le New Space ouvre des portes à des profils atypiques, formés à l’excellence mais privés des circuits traditionnels.
Polytechnicien, ingénieur de l’armement, pilote de chasse, plongeur et rugbyman, Arnaud Prost incarne une nouvelle génération d’astronautes : technique, polyvalente et ambitieuse. Son vol vers la première station spatiale privée à gravité artificielle n’est pas seulement une aventure personnelle. C’est un test grandeur nature pour les technologies qui permettront un jour d’habiter la Lune et Mars.
La France, grâce à cet accord avec Vast Space, se positionne en leader du spatial commercial. Et Arnaud Prost, le Marseillais de 34 ans, devient le symbole de cette ambition renouvelée.