Femme allongée sur un lit en position fœtale, main posée sur son bas-ventre, visage contracté par la douleur, lumière tamisée de chambre à coucher
Santé

Cystite après le sexe : causes, mécanismes et solutions efficaces

Découvrez pourquoi la cystite post-coïtale survient et comment briser ce cycle. Entre prévention mécanique, hydratation et traitements médicaux, trouvez des solutions efficaces pour enfin soulager la douleur et retrouver une sexualité sereine.

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Vous connaissez probablement ce sentiment trop bien. Ce moment, quelques heures après un rapport, où une légère gêne se transforme insidieusement en brûlure intense au moment d'uriner. C’est la routine du « pas encore », cette appréhension qui gâche l'insouciance retrouvée de l'intimité. Pourtant, cette cystite post-coïtale, bien que douloureuse et épuisante, n'est pas une fatalité ni un châtiment. C'est une réaction mécanique et biologique courante, liée à l'anatomie, que l'on peut apprendre à gérer efficacement. Comprendre ce qui se passe dans votre corps est la première étape pour briser ce cercle vicieux et retrouver une sexualité épanouie sans peur.

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Reconnaître la cystite post-coïtale et ses symptômes

Le scénario se répète souvent avec une précision médicale. Le lendemain matin ou parfois en pleine nuit, le réveil est difficile. Il ne s'agit pas d'une simple envie d'uriner, mais d'une urgence lancinante et douloureuse. Cette infection, connue sous le nom de cystite post-coïtale, ne laisse généralement aucune place au doute quant à son origine temporelle. Elle survient systématiquement suite à une pénétration vaginale, transformant un moment de plaisir en un début de calvaire physique. Il est crucial d'identifier ces signes rapidement pour ne pas laisser l'infection s'aggraver ou se propager vers les reins, bien que la forme simple reste la plus fréquente.

La réticence à en parler est courante, souvent par pudeur ou par crainte d'être jugée sur son hygiène de vie. Pourtant, cette pathologie touche des millions de femmes. Distinguer une cystite d'autres gênes, comme une mycose ou une simple irritation, est essentiel pour appliquer le bon traitement. La cystite est une inflammation de la vessie, généralement d'origine bactérienne, qui se déclenche de manière stéréotypée après l'acte sexuel. Apprendre à repérer ce tableau clinique précis permet de consulter plus vite et de soulager la douleur plus efficacement.

Cette réalité clinique est bien documentée par les spécialistes de la santé, qui notent la corrélation temporelle évidente entre les rapports et l'apparition des symptômes. Ce n'est pas « dans la tête », c'est une réalité physiologique. Si vous faites partie des femmes qui anticipent la douleur avant même d'apprécier l'instant présent, sachez que des solutions existent pour ne plus vivre cette sexualité sur le mode de la défense.

Un tableau clinique qui survient entre 4 et 24 heures

Les symptômes de la cystite post-coïtale sont généralement explosifs et surviennent dans un laps de temps très court. Selon les données cliniques, le délai d'apparition se situe classiquement entre quatre et vingt-quatre heures après le rapport sexuel. Le signe le plus caractéristique reste la douleur ressentie lors de la miction, souvent décrite comme une sensation de brûlure ou de coup de couteau au niveau de l'urètre. Cette douleur s'accompagne d'un besoin impérieux et fréquent d'uriner, allant parfois jusqu'à se rendre aux toilettes toutes les deux ou trois minutes pour n'éliminer que quelques gouttes d'urine.

C’est ce qu'on appelle la pollakiurie, un mécanisme de défense du corps qui tente désespérément d'évacuer l'agent infectieux. Au-delà de ces brûlures immédiates, d'autres symptômes physiques peuvent alerter. Une pesanteur pelvienne, une douleur sourde au bas du ventre ou une sensation de pesanteur dans la zone de la vessie sont fréquemment rapportées par les patientes.

Changements d'urine et signes d'alerte

Dans certains cas plus marqués, l'urine peut changer d'apparence, devenant plus foncée, trouble, ou présentant des traces de sang, donnant une teinte rosâtre ou rougeâtre. Cette manifestation, connue sous le nom d'hématurie, bien qu'impressionnante pour celle qui la découvre, indique une forte inflammation de la paroi vésicale. La présence de sang dans les urines doit toujours faire l'objet d'une attention médicale, bien qu'elle soit fréquente dans les cystites aiguës.

Il est important de noter que la fièvre est rare dans la cystite simple. Si elle apparaît, ou si la douleur irradie vers le bas du dos (au niveau des reins), il peut s'agir d'une atteinte plus grave comme une pyélonéphrite. Cette complication nécessite une consultation médicale en urgence. Savoir différencier une cystite simple d'une infection potentielle des reins est crucial pour une prise en charge adaptée et éviter des séquelles.

Le mythe de la « cystite de la lune de miel »

Le terme « cystite de la lune de miel » peut sembler ironique, mais il est historiquement ancré dans la réalité médicale. Il fait référence à l'augmentation significative de la fréquence des rapports sexuels lors d'un mariage ou au début d'une nouvelle relation intense. Cette soudaine activité sexuelle répétée augmente mécaniquement les risques de frottements et de transferts bactériens, déclenchant des infections urinaires à répétition chez la femme. Ce n'est pas l'amour qui est en cause, mais bien l'intensité et la fréquence de l'activité physique associée à une anatomie vulnérable.

Ce phénomène ne touche pas exclusivement les jeunes femmes débutant leur vie sexuelle. Les femmes en ménopause sont tout aussi concernées, pour des raisons hormonales. La baisse des œstrogènes assèche les muqueuses vaginales et urétrales, les rendant plus fragiles et moins résistantes aux agressions mécaniques et bactériennes lors de la pénétration. Que l'on soit une jeune mariée ou une femme expérimentée, le mécanisme de la cystite post-coïtale reste le même : une conjonction d'anatomie et de mécanique favorisant l'intrusion d'indésirables biologiques dans un territoire qui leur est normalement interdit.

Anatomie féminine et mécanismes bactériens

Pour comprendre pourquoi cette infection revient sans cesse, il faut regarder en face une réalité anatomique implacable. La femme est biologiquement désavantagée par rapport à l'homme concernant les infections urinaires. Ce n'est pas une question de faiblesse, mais une question de distance et de proximité. La bactérie principale responsable, Escherichia coli, est un hôte habituel de notre tube digestif. Le problème survient lorsque cette bactérie, qui vit paisiblement dans le rectum, décide de faire un petit voyage vers la vessie. L'architecture du corps féminin offre malheureusement une autoroute directe pour ce voyage.

Il est crucial de comprendre que l'infection n'est pas une maladie sexuellement transmissible (IST) au sens strict. Le partenaire n'inocule pas un virus ou une bactérie spécifique venue de l'extérieur. Le partenaire sert plutôt de véhicule mécanique, par les mouvements de va-et-vient, qui poussent les bactéries déjà présentes dans la région anale vers l'ouverture de l'urètre. C'est pour cela que changer de partenaire ou utiliser des préservatifs ne stoppe pas forcément le phénomène si l'hygiène posturale et les précautions mécaniques ne sont pas respectées.

Le rôle d'Escherichia coli dans l'infection

Le protagoniste de cette histoire est Escherichia coli, plus communément appelé E. coli. Cette bactérie est responsable d'au moins 80 % des infections urinaires communautaires. Elle vit naturellement dans le gros intestin et les selles. La contamination se fait par un transfert de proche en proche. En raison de la proximité anatomique entre l'anus et l'urètre chez la femme (quelques centimètres seulement), il est très facile pour les bactéries fécales de coloniser la région périurétrale.

Lors d'un rapport sexuel, les frottements répétés du pénis sur la vulve et l'urètre agissent comme une pompe. Ils repoussent mécaniquement les bactéries situées près de l'anus vers l'avant, et facilitent leur entrée dans l'urètre. Une fois à l'intérieur de ce canal, les bactéries remontent facilement vers la vessie où elles se multiplient, provoquant l'inflammation caractéristique. Ce processus mécanique explique pourquoi la fréquence des rapports augmente le risque : plus il y a de mouvements, plus il y a de chances de pousser les bactéries dans la mauvaise direction.

Couple nu en position du missionnaire, vue rapprochée montrant la proximité de l'urètre féminin et de l'anus par rapport au vagin, éclairage doux
Couple nu en position du missionnaire, vue rapprochée montrant la proximité de l'urètre féminin et de l'anus par rapport au vagin, éclairage doux

La différence de longueur de l'urètre

La différence anatomique entre les hommes et les femmes est flagrante et explique la disparité des taux d'infection. L'urètre, ce petit canal qui relie la vessie à l'extérieur pour évacuer l'urine, mesure environ 3 à 4 centimètres chez la femme. Chez l'homme, il mesure environ 20 centimètres. Pour les bactéries, la distance à parcourir pour atteindre la vessie féminine est donc cinq à six fois plus courte. C'est un trajet de promenade pour E. coli, là où chez l'homme, c'est une expédition périlleuse.

De plus, l'ouverture de l'urètre féminin (le méat urétral) est située très près du vagin et de l'anus. Cette configuration « en trio » favorise les contaminations croisées. Chez l'homme, l'urètre est situé à l'extrémité du pénis, loin de la zone anale. L'anatomie féminine est donc une configuration parfaite pour créer des conflits entre sexualité, excrétion et infection. Comprendre cette réalité permet de déculpabiliser : ce n'est pas un manque de soin, mais une question d'architecture corporelle sur laquelle on peut cependant intervenir par des gestes simples.

Comprendre et briser le cercle des récidives

Si l'anatomie explique la première infection, pourquoi certaines femmes enchaînent-elles les cystites après chaque rapport, tandis que d'autres n'en ont jamais ? C'est ici qu'intervient la notion de facteurs de risque individuels. Parfois, le corps ne parvient plus à se défendre seul. La flore vaginale et périurétrale, qui joue normalement le rôle de bouclier naturel, peut être perturbée, affaiblie ou détruite, laissant le champ libre aux bactéries pathogènes. C'est le début d'un cercle vicieux où chaque infection fragilise un peu plus les défenses immunitaires locales.

Il existe des profils spécifiques plus sujets à ces récidives. Cela peut être lié à l'âge, à des habitudes d'hygiène mal adaptées, ou à l'utilisation de certains produits contraceptifs. Parfois, une modification simple de la routine suffit à rétablir l'équilibre. Dans d'autres cas, c'est une condition physiologique sous-jacente, comme la ménopause, qui demande une prise en charge médicale spécifique. Identifier ces facteurs déclencheurs est essentiel pour sortir du cycle « infection, antibiotiques, nouvelle infection ».

Les ennemis de la flore protectrice

La vaginose bactérienne ou le déséquilibre de la flore vaginale sont des facteurs majeurs de récidive. Le vagin n'est pas un organe stérile : il est peuplé de lactobacilles, des bactéries « amies » qui produisent de l'acide lactique et maintiennent un pH acide. Ce milieu acide empêche la prolifération des mauvaises bactéries comme E. coli. Or, certaines pratiques courantes détruisent cette barrière protectrice naturelle.

L'utilisation de spermicides (souvent présents sur les préservatifs lubrifiés ou en gel autonome), de diaphragmes ou encore la pratique de douches vaginales sont des ennemis de cette flore. Les spermicides, en particulier, modifient le pH vaginal et peuvent tuer les lactobacilles. Sans cette protection, les bactéries pathogènes peuvent coloniser la région vaginale et l'entrée de l'urètre beaucoup plus facilement. De même, les douches vaginales « nettoient » trop bien, éliminant les défenses naturelles et irritant la muqueuse, la rendant plus perméable aux infections.

Profils à risque : ménopause et diabète

La ménopause est un tournant critique pour la santé urinaire féminine. L'arrêt de la production d'œstrogènes entraîne une atrophie vaginale et urétrale : les tissus deviennent plus fins, plus secs et moins élastiques. Cette fragilité favorise les micro-lésions lors des frottements sexuels, servant de portes d'entrée aux bactéries. De plus, la baisse des lactobacilles liée au changement hormonal réduit la protection locale. C'est pour cela que la cystite post-coïtale refait surface chez beaucoup de femmes après 50 ans.

D'autres facteurs de risque sont identifiés par les urologues. L'apparition d'un nouveau partenaire sexuel augmente mécaniquement le risque, par un changement de flore bactérienne et une fréquence souvent accrue des rapports. Le diabète est aussi un facteur aggravant : le sucre présent dans les urines des personnes diabétiques mal contrôlées favorise la croissance bactérienne. Enfin, des antécédents familiaux d'infections urinaires ou des problèmes anatomiques comme un prolapsus génital peuvent augmenter la prédisposition aux récidives. Si vous vous reconnaissez dans l'un de ces profils, une discussion avec votre médecin est impérative.

Il est également crucial de ne pas confondre cystite et IST. Si les symptômes peuvent parfois se ressembler, les traitements diffèrent. En cas de doute, il est toujours bon de vérifier qu'il ne s'agit pas d'une infection sexuellement transmissible dont les symptômes pourraient se confondre avec ceux d'une cystite bactérienne.

Prévention mécanique : gestes simples et hygiène

Fort heureusement, la prévention de la cystite post-coïtale ne repose pas uniquement sur des médicaments lourds. Les gestes les plus efficaces sont souvent les plus simples et les plus naturels. Si la mécanique du rapport pousse les bactéries vers l'urètre, il faut utiliser la mécanique du corps pour les en chasser. L'or d'après l'amour est le moment critique pour agir. Adopter une routine post-coïtale rigoureuse peut transformer la vie des femmes sujettes aux infections récidivantes.

Ces conseils ne sont pas de vieux mythes de grand-mère, mais des recommandations validées par des institutions de santé sérieuses. Ils visent à rétablir les conditions physiologiques idéales pour que la vessie se nettoie naturellement. Intégrer ces habitudes demande peut-être un peu de discipline au début, mais le jeu en vaut la chandelle face à la douleur d'une cystite. 

L'importance d'uriner après le rapport

C'est le conseil numéro un, le plus connu et pourtant le plus souvent négligé : uriner immédiatement après le rapport sexuel, idéalement dans les quinze minutes qui suivent. Le principe est purement hydraulique. La miction agit comme un jet d'eau puissant qui chasse mécaniquement les bactéries qui se seraient introduites à l'entrée de l'urètre. Les bactéries n'ont pas eu le temps de s'ancrer profondément dans la paroi de la vessie ni de se multiplier de manière significative.

L'efficacité de ce geste est reconnue par de nombreuses sources médicales, y compris l'Assurance Maladie. Uriner permet de faire « la chasse » aux intrus. Il ne faut pas forcer, mais attendre que l'envie se présente naturellement, sans tarder outre mesure. C'est la barrière mécanique la plus efficace dont vous disposez. Si vous êtes sujette aux infections, considérez ce moment non pas comme une corvée qui tue l'ambiance, mais comme un soin de soi nécessaire et protecteur.

Hygiène intime et ajustements pendant le rapport

Au-delà de la miction, d'autres ajustements peuvent réduire les irritations et les transferts bactériens. La lubrification joue un rôle clé. Une sécheresse vaginale augmente les frottements et les micro-lésions de la muqueuse, facilitant le passage des bactéries. L'utilisation d'un lubrifiant à base d'eau ou de silicone permet de réduire ces traumatismes tissulaires. Cela est d'autant plus vrai si la sécheresse est liée au stress, à la fatigue ou à la ménopause.

L'hygiène, mais une hygiène intelligente, est également primordiale. Il est recommandé de s'essuyer toujours d'avant en arrière après être allée aux toilettes, pour ne pas ramener les bactéries de l'anus vers le vagin et l'urètre. Pour le rapport sexuel, une toilette intime légère avant et après l'acte suffit, à l'eau claire ou avec un savon doux au pH adapté. Évitez absolument les gels douche agressifs ou antiseptiques qui détruisent la flore protectrice. Enfin, discuter avec son partenaire de la vitesse de la pénétration ou de la douceur des mouvements peut aussi contribuer à réduire les traumatismes urétraux.

L'hydratation comme arme principale

L'hydratation est le pilier fondamental de la santé urinaire. On a tendance à l'oublier, mais l'urine est produite pour éliminer les déchets et, accessoirement, les bactéries. Si l'on urine peu, les bactéries stagnent dans la vessie et ont tout le temps de se multiplier. Au contraire, une production d'urine abondante crée un flux constant qui « rince » la vessie en permanence. C'est une prévention passive mais redoutablement efficace qui ne coûte rien et n'a pas d'effets secondaires.

Boire de l'eau n'est pas juste un conseil de bien-être général, c'est un véritable traitement médical préventif. Les études scientifiques récentes l'ont prouvé avec des chiffres spectaculaires. Adopter une consommation d'eau régulière et élevée peut réduire de moitié la fréquence des infections. C'est un ajustement de mode de vie qui demande un peu d'effort, mais dont les bénéfices se font sentir très vite sur la qualité de vie.

Preuves scientifiques de l'efficacité de l'eau

Une étude randomisée contrôlée, publiée dans une revue de référence en urologie, a apporté la preuve irréfutable de la puissance de l'hydratation. L'étude a suivi 140 femmes souffrant d'infections urinaires récidivantes. Le groupe test devait augmenter sa consommation d'eau quotidienne de 1,5 litre par jour, par rapport à son apport habituel. Les résultats ont été stupéfiants : ce groupe a vu son risque d'infections répétées chuter de 48 % sur une période d'un an par rapport au groupe témoin.

Mais ce n'est pas tout : cette augmentation de la consommation d'eau a également permis de réduire drastiquement l'utilisation d'antibiotiques. Le groupe « eau fortifiée » a pris en moyenne 1,8 cures d'antibiotiques sur l'année, contre 3,5 pour l'autre groupe. La différence est statistiquement très significative. Le mécanisme est simple : boire plus dilue l'urine, ce qui la rend moins irritante pour la paroi vésicale, et augmente la fréquence des mictions, évacuant les bactéries avant qu'elles ne colonisent la vessie.

Alternatives naturelles et compléments

Face aux risques d'antibiorésistance, la recherche s'intéresse de plus près aux alternatives naturelles ou complémentaires. Une revue récente (Corrales-Acosta et al., 2025) a passé en revue les options non antibiotiques disponibles. Le jus de canneberge (cranberry), longtemps plébiscité, contient des proanthocyanidines qui empêcheraient les bactéries d'adhérer à la paroi de la vessie. Si les résultats sont mitigés pour le traitement, certains travaux montrent un bénéfice modeste en prévention, à condition de consommer suffisamment de composés actifs.

D'autres options comme la méthénamine hippurate (un antiseptique urinaire qui agit en milieu acide) ou le D-mannose (un sucre qui leurre les bactéries) sont également étudiées. Les probiotiques, visant à réensemencer le vagin en lactobacilles, sont une autre piste prometteuse. Cependant, il est important de nuancer : ces solutions sont des compléments, pas des remèdes miracles. Elles ne remplacent pas les mesures de base que sont l'hydratation, la miction post-coïtale et une bonne hygiène locale. Elles doivent être discutées avec un médecin avant d'être entreprises.

Traitements médicaux et prophylaxie

Malgré toutes les précautions d'hygiène, d'hydratation et de comportement, certaines femmes continuent de souffrir d'infections fréquentes. On parle alors de cystites récidivantes, définies par au moins quatre épisodes sur douze mois selon la Haute Autorité de Santé. Dans ces cas, la qualité de vie est impactée, et la simple prévention naturelle ne suffit plus. La médecine dispose de solutions pharmacologiques efficaces pour traiter la crise et pour prévenir sa survenue. Il ne faut pas hésiter à consulter pour bénéficier de ces traitements.

L'objectif n'est pas de vivre aux antibiotiques, mais de les utiliser de manière stratégique et intelligente. Il existe deux approches principales : le traitement de la crise aiguë, à prendre dès l'apparition des premiers symptômes, et la prophylaxie, qui vise à prévenir l'infection de manière ciblée. Ces traitements ne doivent jamais être pris à la légère ni automédiqués, car une mauvaise utilisation favorise l'émergence de bactéries résistantes.

Gérer la crise aiguë avec la monodose

Lorsqu'une cystite se déclare, le temps est précieux. Le traitement de première intention recommandé aujourd'hui est souvent une monodose de fosfomycine (un sachet à prendre par voie orale). L'avantage majeur est la simplicité et la rapidité d'action. Contrairement aux anciens protocoles qui demandaient plusieurs jours de traitement, la monodose permet une amélioration des symptômes dans les 24 à 48 heures. C'est une solution idéale pour ne pas interrompre trop longtemps sa vie personnelle et professionnelle.

Selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé, dès lors que l'on dépasse quatre épisodes par an, on entre dans le domaine de la cystite récidivante et une prise en charge spécifique s'impose. Il est important de consulter un médecin pour confirmer le diagnostic par un examen cytobactériologique des urines (ECBU), surtout si les symptômes sont atypiques ou s'il y a du sang. Un traitement adapté, pris le plus tôt possible, permet d'éviter les complications comme la pyélonéphrite, une infection du rein beaucoup plus grave.

La stratégie de l'antibiotique post-coïtal

Pour les femmes chez qui le lien avec le rapport sexuel est indéniable et très fréquent, une stratégie de prophylaxie post-coïtale peut être mise en place. Il s'agit de prendre une dose unique et faible d'antibiotique immédiatement après chaque rapport sexuel. Ce n'est pas un traitement continu, mais une mesure ciblée. Les molécules utilisées sont généralement la nitrofurantoïne (50 mg), le triméthoprime-sulfaméthoxazole (TMP-SMX 40/200 mg) ou la céphalexine (500 mg).

Cette approche est très efficace pour casser le cycle chez les femmes ayant plus de trois infections par an liées à l'activité sexuelle. Elle permet de réduire drastiquement la quantité totale d'antibiotiques consommée par rapport à un traitement de fond continu. Cependant, c'est une prescription médicale stricte. Seul un médecin peut décider si cette stratégie est adaptée à votre cas, en fonction de vos antécédents, de votre flore bactérienne et des risques de résistance. C'est une solution qui permet de réconcilier sexualité et confort de vie.

À noter que si vous avez des doutes sur l'origine de vos symptômes ou s'ils persistent malgré les précautions, il est parfois utile de vérifier l'absence d'autres infections. Parfois, ce que l'on prend pour une cystite récidivante peut en réalité être une IST sans symptômes, nécessitant une prise en charge totalement différente.

Conclusion : briser le tabou pour retrouver le bien-être

La cystite post-coïtale est une condition médicale banale mais invalidante, qui ne doit en aucun cas être vécue comme une fatalité ou une honte. Ce n'est pas le signe d'une hygiène défaillante, ni une punition pour une sexualité active. C'est la conséquence d'une rencontre malheureuse entre l'anatomie féminine, la bactérie E. coli et la mécanique sexuelle. Heureusement, la médecine et les gestes de prévention offrent aujourd'hui un large éventail de solutions pour mettre fin à ce cycle infernal.

Ne plus avoir à choisir entre sa sexualité et son confort physique est possible. Que ce soit par l'adoption de réflexes simples comme uriner après le rapport et boire beaucoup d'eau, ou par le recours à des traitements médicaux préventifs prescrits par un professionnel, il existe une solution adaptée à chaque profil. L'essentiel est de ne pas rester seule avec cette peur récurrente.

Parler franchement de ses symptômes à son médecin ou son gynécologue est la clé. Un dialogue ouvert permet de déterminer la cause exacte des récidives, d'éliminer les facteurs de risque modifiables et de mettre en place une stratégie personnalisée. Qu'il s'agisse d'une hydratation intensive, d'une modification de la contraception ou d'une prophylaxie antibiotique ciblée, les outils sont là pour vous aider à vivre une sexualité sereine. La cystite post-coïtale se soigne et se prévient efficacement : il ne tient qu'à vous de briser le silence pour retrouver le plaisir sans la peur.

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Questions fréquentes

Pourquoi uriner après le rapport ?

Uriner juste après le rapport agit comme un jet d'eau qui chasse mécaniquement les bactéries introduites dans l'urètre avant qu'elles n'atteignent la vessie.

Quels sont les symptômes de la cystite ?

Les symptômes apparaissent entre 4 et 24 heures après le rapport et incluent des brûlures en urinant, une envie fréquente et pressante d'uriner, ainsi qu'une pesanteur pelvienne.

Quelle bactérie cause la cystite ?

La bactérie Escherichia coli (E. coli), présente naturellement dans le tube digestif, est responsable d'environ 80 % des infections urinaires en remontant de l'anus vers l'urètre.

L'hydratation prévient-elle les cystites ?

Oui, boire beaucoup d'eau dilue l'urine et augmente la fréquence des mictions, ce qui rince la vessie et évacue les bactéries avant qu'elles ne se multiplient.

Comment traiter une cystite récidivante ?

Outre l'hydratation et l'hygiène, un médecin peut prescrire une monodose d'antibiotiques lors de la crise ou une prophylaxie antibiotique post-coïtale pour prévenir les récidives.

Sources

  1. Cystite après un rapport sexuel : pourquoi ça arrive et ce qui aide ... · rattlestork.org
  2. allodocteurs.fr · allodocteurs.fr
  3. ameli.fr · ameli.fr
  4. ctxlab.fr · ctxlab.fr
  5. emedicine.medscape.com · emedicine.medscape.com
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Inès Zerbot @safe-space

Je parle de sexualité comme on devrait en parler : sans tabou, sans jugement, et avec de la science derrière. Étudiante en sciences sociales à Strasbourg, je me suis inspirée des modèles nordiques d'éducation sexuelle pour aborder ces sujets avec bienveillance. Consentement, plaisir, santé, identité – tout passe, tant que c'est respectueux. J'utilise l'humour pour dédramatiser, parce que la gêne n'a jamais aidé personne à s'informer. Si t'as une question que tu n'oses pas poser à voix haute, il y a des chances que j'aie écrit un article dessus.

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