Charli XCX a dévoilé le 21 juillet 2026 le clip de « Camera », extrait de son album à venir « Music, Fashion, Film ». La surprise est de taille : l'acteur français Vincent Cassel en est la star. Très vite, les « Angels », la fanbase ultra-connectée de la chanteuse, expriment leur colère sur les réseaux sociaux. Ils reprochent à leur idole de s'associer à un homme dont les déclarations passées sur la masculinité et la défense d'Andrew Tate heurtent leurs valeurs progressistes. Entre provocation artistique et rupture de confiance, le bad buzz est immédiat.

Vincent Cassel dans « Camera » : le clip qui fâche les fans de Charli XCX
L'information est tombée comme un coup de tonnerre dans l'univers pop. Charli XCX, l'icône de la pop queer et féministe, a choisi Vincent Cassel pour incarner le rôle principal de son nouveau clip. Pour des milliers de fans, c'est une douche froide.
Un plan-séquence noir et blanc pour annoncer l'album
Le clip « Camera », réalisé par Aidan Zamiri, est un plan-séquence en noir et blanc d'une efficacité redoutable. Charli XCX y apparaît juchée sur la grue de la caméra, dirigeant la scène d'une main de maître. Vincent Cassel, lui, joue un acteur frustré dont le tournage part en vrille : faux-sang qui gicle, explosion ratée, lampe qui surchauffe. Rien ne se passe comme prévu, et l'acteur finit par quitter le plateau, excédé. Le titre sert de vitrine à l'album « Music, Fashion, Film », dont la sortie est prévue le 24 juillet 2026.

Le concept est audacieux. Charli XCX, vêtue d'un ensemble fleuri, observe, dirige et filme depuis son perchoir. Elle ne joue plus simplement devant l'objectif : elle commande le regard et décide de ce que le corps masculin doit accomplir devant elle. Une manière assez jubilatoire de renverser les rôles, comme le souligne une analyse de LeMague.net.
La stupéfaction des « Angels » : mon idole ne fait plus rêver
Mais la prouesse technique et la lecture féministe du clip n'ont pas suffi à calmer la colère. Sur Reddit, sur Twitter, les « Angels » ne cachent pas leur déception. « Grave erreur », « On ne peut plus le voir », peut-on lire dans les commentaires. Le sentiment de trahison est palpable. Comment l'artiste qui a popularisé l'ère « Brat », symbole d'une pop libérée et anti-patriarcale, peut-elle s'associer à un acteur dont l'image publique est aussi controversée ?

Le malaise est profond. Pour beaucoup, Vincent Cassel incarne tout ce que Charli XCX est censée combattre : une certaine masculinité toxique, des propos jugés misogynes, une défense assumée d'Andrew Tate. La suite de l'article explore les racines de cette polémique.
De « Les Linceuls » à « Sacrifice » : l'obsession Cronenberg de Charli XCX
Pour comprendre pourquoi cette collaboration a eu lieu, il faut plonger dans la cinéphilie débordante de Charli XCX. Le choix de Vincent Cassel n'est pas un hasard : il est le fruit d'une obsession artistique bien documentée.
La révélation « Les Linceuls » sur la route du Brat Summer
Charli XCX est une grande fan de David Cronenberg. Invitée par la chaîne Criterion en janvier 2026 pour partager ses films favoris, elle raconte avoir vu « Les Linceuls » (The Shrouds) pendant sa tournée, en mai 2025. Au début, elle est confuse. Mais le film l'obsède, elle y repense chaque semaine. Et surtout, elle est fascinée par le personnage incarné par Vincent Cassel : un penseur de la tech endeuillé suite à la disparition de son épouse. « C'est devenu l'un de mes films favoris de Cronenberg », confie-t-elle, comme le rapporte Vogue.fr. Cette obsession est l'étincelle créative du clip « Camera ».

Cassel et Charli, une première collaboration discrète sur « Sacrifice »
Vincent Cassel et Charli XCX ont déjà partagé l'affiche du film « Sacrifice » de Romain Gavras, présenté en septembre 2025 au festival international du film de Toronto. Cette relation de travail préexistante a probablement facilité la venue de l'acteur sur le plateau de « Camera ». Le triangle Cronenberg-Gavras-Cassel est la clé artistique du projet. Charli XCX ne choisit pas Cassel au hasard : elle choisit l'acteur fétiche de son réalisateur préféré, avec qui elle a déjà tourné.
« C'est presque honteux d'être masculin » : les déclarations de Vincent Cassel qui resurgissent
Si les fans sont en colère, ce n'est pas seulement à cause de l'image de « bad boy » de l'acteur. C'est à cause de déclarations précises, qui ont fait le tour du web en 2023 et qui refont surface aujourd'hui avec une violence renouvelée.
L'interview Guardian de 2023 : la défense d'Andrew Tate
En février 2023, Vincent Cassel accorde une interview au Guardian qui provoque un tollé immédiat. Il y déclare : « Si les hommes deviennent trop vulnérables et trop féminins, je pense qu'il va y avoir un problème. » Il défend également Andrew Tate, la figure controversée de la masculinité toxique : « Il dit des choses qui sont vraiment intéressantes parce qu'il veut défendre la masculinité. » Et d'ajouter : « C'est presque honteux d'être masculin de nos jours. » Interrogé sur le caractère misogyne de ses propos, il se défend : « Je suis entouré de femmes. Du matin au soir. » Ces phrases, reprises par Ouest-France, ont déclenché une tempête médiatique en 2023. Aujourd'hui, elles reviennent en pleine lumière.
Un passif médiatique qui colle à la peau de l'acteur
Au-delà de cette interview, l'image publique de Vincent Cassel est lourde à porter. Ses séparations très médiatisées avec Monica Bellucci puis Tina Kunakey, son franc-parler jugé provocateur, son personnage de « sale gosse » du cinéma français : tout cela construit une figure qui, pour une fanbase jeune, progressiste et queer, est tout simplement « impossible à voir ». Le sentiment de trahison est d'autant plus fort que Charli XCX a construit son succès sur l'inclusion et la libération des corps.
« Grave erreur », « on ne peut plus le voir » : la colère des fans décryptée
La réaction des fans n'est pas une simple vague de mécontentement. C'est une rupture émotionnelle et idéologique avec l'artiste qu'ils adorent. Pour comprendre l'ampleur du backlash, il faut écouter ce qu'ils disent.
Reddit et Twitter en ébullition : les « Angels » crient à la trahison
Sur le subreddit r/charlixcx, les messages se multiplient. « Love camera but whyyy is Vincent Cassel in that video ? », demande un fan. Les réponses sont cinglantes : « grave erreur », « on ne peut plus le voir ». Sur r/Fauxmoi, le débat est encore plus vif. Les fans expriment leur incompréhension et leur déception. L'impression qu'une icône inclusive « crache dans la soupe » en s'associant à une figure controversée est omniprésente. Le sentiment de trahison est renforcé par le fait que Charli XCX n'a pas commenté la polémique.

Un conflit de générations et de valeurs
Le décalage est profond. Charli XCX symbolise la pop queer, libérée, anti-patriarcale. L'ère « Brat », avec ses tubes comme « Von Dutch » ou « Girl so confusing », est un manifeste de liberté. Vincent Cassel, par ses propos sur la masculinité et sa défense d'Andrew Tate, représente l'exact opposé de ce système de valeurs. Pour les « Angels », voir leur idole collaborer avec lui, c'est un peu comme voir une amie proche inviter à dîner quelqu'un qui tient des propos racistes. La confiance est ébranlée.
Charli XCX aux commandes : provocation maîtrisée ou pari perdu ?
Face à cette polémique, une question se pose : Charli XCX a-t-elle voulu provoquer, ou a-t-elle sous-estimé la réaction de sa communauté ? L'analyse du clip et de sa mise en scène apporte des éléments de réponse.
La mise en scène comme commentaire : Cassel, pantin de la pop star
LeMague.net propose une lecture intéressante : « Charli XCX commande le regard et décide de ce que le corps masculin doit accomplir devant elle. » Dans le clip, Cassel est un acteur capricieux, souffrant sur un plateau chaotique. La chanteuse, juchée sur la grue, tire les ficelles. Cette mise en scène pourrait être une satire du star-system, une façon de retourner la polémique contre elle-même. Charli XCX ne célèbre pas Cassel : elle le filme en train de perdre le contrôle. Elle le réduit à un pantin. Une lecture féministe et méta qui, si elle était perçue ainsi, pourrait désamorcer la controverse.
Le piège de la provoc « Brat » : la ligne rouge a-t-elle été franchie ?
Charli XCX a toujours joué la provoc. Ses paroles crues, ses clashs, son attitude « je-m'en-foutiste » font partie de son ADN artistique. Mais cette fois, la cible n'est pas une norme extérieure, c'est la confiance de sa propre communauté. Le coût de cette liberté artistique est peut-être trop élevé. En choisissant Cassel, elle prend le risque de perdre une partie de sa fanbase active au profit d'un geste cinéphile. Le pari est risqué.
« Music, Fashion, Film » menacé ? L'impact d'un bad buzz sur un lancement d'album
Alors que l'album sort le 24 juillet 2026, la polémique pourrait avoir des conséquences concrètes sur son succès commercial. Le bad buzz est-il une menace ou une opportunité ?
Boycott ou bad buzz ? L'effet Streisand à l'œuvre sur l'album
La polémique peut-elle plomber les streams de « Camera » ou au contraire attiser la curiosité et booster « Music, Fashion, Film » ? L'effet Streisand est bien connu : plus on parle d'un sujet controversé, plus les gens veulent le voir. Certains fans pourraient boycotter activement l'album, tandis que d'autres, par curiosité, l'écouteront en boucle. Les streams de défi pourraient même compenser les désabonnements. Difficile de prédire l'issue.
Le silence radio de l'artiste : stratégie ou impasse ?
Ni Charli XCX, ni Vincent Cassel, ni leurs équipes n'ont commenté la polémique. Ce silence est une stratégie risquée. En laissant le récit aux mains des fans mécontents, l'artiste perd le contrôle de la narration. Poster un communiqué, l'ignorer, laisser l'album parler : les options sont limitées. Le risque est de voir la polémique s'installer dans la durée et ternir l'image de l'album.
Conclusion : Qui contrôle vraiment le récit ? La morale des fans contre la liberté artistique
La polémique autour de Vincent Cassel dans le clip de Charli XCX pose une question fondamentale dans la pop culture de 2026 : qui détient le pouvoir de décider ce qui est acceptable ? Les fans, qui réclament des artistes irréprochables, ou les artistes, qui revendiquent leur liberté de création ?
Le paradoxe est frappant. Dans le clip, Charli XCX incarne la réalisatrice toute-puissante, celle qui contrôle tout. Mais dans la réalité, ce sont les fans qui menacent de prendre le contrôle de son récit. L'album « Music, Fashion, Film » servira de test : la morale des fans l'emportera-t-elle sur la vision de l'artiste ? Le verdict est entre les oreilles et les cœurs des auditeurs. Une chose est sûre : cette polémique ne sera pas oubliée de sitôt.