L'animateur de "Sacrée Soirée" a 78 ans, ne présente plus d'émission quotidienne, mais n'a pas la moindre envie de raccrocher. Et sa carrière de chanteur reste bien plus courte qu'on ne le croit.

Deux jours de remplacement en grand show
Le 21 septembre 2026, Jean-Pierre Foucault se lève à 4 h 15, prend un taxi à 5 h et entre au studio de RFM à 5 h 15. Il remplace Philippe Lellouche deux jours à la tête de la matinale "Le Meilleur des réveils", aux côtés de Caroline Ithurbide, de 6 h à 10 h. Interrogé par Télé-Loisirs, il décrit ce qu'il ressent : "Quand l'alarme a sonné, il y avait l'excitation de retrouver la radio". Il ajoute qu'il se lève "en me disant que je vais me marrer pendant quatre heures. C'est un privilège."
Deux jours d'antenne : c'est aujourd'hui sa manière de travailler. Plus de tranches quotidiennes, plus de jeux hebdomadaires. Le rythme de l'ancien animateur de "Sacrée Soirée", de "L'Académie des neuf" et de "Qui veut gagner des millions ?" se réduit à des doses précises : un remplacement radio ponctuel, le tirage du Loto, et chaque décembre le grand prime de l'élection de Miss France sur TF1 - celui de 2027, annoncé dès septembre, sera du nombre.

En juillet 2026, il a fêté soixante ans de radio. C'est lui qui donne, dans l'entretien, la date de ses débuts : "J'ai commencé le 25 juillet 1966", sur RMC, où il est entré lauréat d'un concours d'animateurs, aux côtés d'un autre débutant, Patrick Topaloff. La notice encyclopédique, elle, situe son entrée à la station au 26 juin 1966 : un mois d'écart entre la mémoire de l'intéressé et l'écrit. Soixante ans plus tard, la voix est intacte : il a fait ses débuts avant l'arrivée de la couleur sur les téléviseurs français, et il est toujours là en 2026.
Une énergie qui a un prix
Cette énergie a une contrepartie, et Foucault ne la cache pas. En avril 2023, il a subi deux arrêts cardiaques consécutifs. Opéré dans la foulée, il a passé trois semaines en rééducation avant de reprendre le chemin des plateaux. Interrogé par RTL sur une éventuelle retraite, il a répondu avec sa franchise habituelle : "Tant que le médecin des assurances me dit que je peux y aller, j'y vais. Ce n'est pas compliqué."
Mais en avril 2026, invité de l'émission en ligne d'Isabelle Morini-Bosc sur Twitch, il a annoncé avoir renoncé à un rôle dans la série quotidienne "Demain nous appartient". "Non, finalement j'ai changé d'avis", a-t-il lâché, avant de préciser : "Je ne me sentais pas de le faire. Je suis un peu fatigué en ce moment." Il a ajouté que son état de santé "fait que je ne peux pas faire grand-chose d'autre", tout en confirmant sa présence pour le Loto et Miss France : "Je serai encore là cette année si Dieu me prête vie."
Il y a là une tension qu'il vaut mieux regarder en face que lisser : le même homme refuse une fiction quotidienne par fatigue en avril, puis se lève à 4 h 15 pour quatre heures de direct radio en septembre. Ce n'est pas une contradiction, c'est un tri. Il choisit ce qui lui reste du métier : le micro, la relation immédiate aux auditeurs, sans l'effort d'apprendre un texte, d'entrer dans un personnage, de tenir un tournage. Sa première expérience d'acteur, il l'avait lui-même jugée difficile : le téléfilm "Meurtres sur la Côte Bleue", diffusé sur France 3 en octobre 2024, où il incarnait un architecte après avoir travaillé avec un coach.
Les disques qui n'existent pas au début des années 1980
Reste cette idée reçue : Jean-Pierre Foucault aurait sorti des disques au début des années 1980. C'est faux. Deux discographies publiées concordent, et le décalage est plus intéressant que l'erreur.
Le premier 45 tours date de 1972. Il est enregistré en duo avec Mimi Filipacchi, fille de Daniel Filipacchi, le créateur de "Salut les copains". Passion Chanson en donne les deux faces comme "Beaucoup d'amis, un seul amour" et "New-York city", toutes deux composées par Éric Charden - l'homme d'Assembly, l'un des auteurs les plus marquants de la chanson française de l'époque. (La graphie varie selon les sources : Wikipédia écrit "New York city", la notice Bide et Musique retient "New York City".) Passion Chanson précise au passage que la mention "Mimi Estardy", souvent reprise en ligne, est une confusion sans fondement.
Le second date de 1978 : "Allez la France allez", un hymne sportif signé David Christie et Mike Mesure, cette fois enregistré avec Léon Orlandi, le complice de radio de Foucault sur RMC. Foucault ne signait donc pas ses disques tout seul : il y chantait en duo, avec un ami d'antenne ou avec la fille du patron de Salut les copains. C'est l'exact reflet de ce qu'il était alors - un animateur de radio marseillais, populaire dans le Sud, dont la célébrité nationale n'existait pas encore. Les détails d'étiquette et de numéro de catalogue, eux, n'ont pas été vérifiés : les dates de 1972 et 1978 tiennent à deux discographies d'accord entre elles, pas à un contrôle exhaustif du catalogue.
Avant le canapé rouge
L'écart est vertigineux. En 1972 et 1978, Foucault est un visage de RMC. En septembre 1987, il devient l'animateur de "Sacrée Soirée" sur TF1, l'émission qui le fixera définitivement dans la mémoire collective pendant sept saisons. Entre les deux, il a fait ses débuts télé en 1976 avec "Ring Parade" sur Antenne 2, puis a présenté "L'Académie des neuf" en 1982. Autrement dit, ses deux 45 tours appartiennent à une autre vie : avant les millions de téléspectateurs, avant le canapé rouge et les surprises versées aux stars.

C'est ce qui rend ces disques intéressants pour un collectionneur. Ce ne sont pas les reliques d'une star qui aurait voulu chanter : ce sont les traces d'un animateur radio d'une autre époque, quand la radio et la chanson étaient le même métier, et quand un animateur du Sud pouvait enregistrer un hymne sportif avec son ami du micro sans que personne n'y voie une tentative de reconversion. Foucault, d'ailleurs, ne s'en est jamais vanté : interrogé en septembre 2026 sur les projets médias qui lui manquent, il a répondu qu'il avait été "gâté" et qu'il n'avait plus rien à réclamer, "à part Gladiator qui a été une catastrophe".
Le micro comme dernière passion
Ce qu'il reste de Jean-Pierre Foucault en 2026 tient en peu de mots : un homme de 78 ans qui a appris à aimer les petits formats. Deux jours de matinale, un prime de décembre, le tirage du Loto. Il ne refait pas carrière, il en prélève des extraits.
Et sa voix, celle-là même que les auditeurs de RMC entendaient en 1966, reste son seul instrument. C'est aussi une position : il déteste, dit-il, "la radio filmée", cette façon de juger un animateur à sa coiffure plutôt qu'à ses mots. Une posture presque désuète en 2026. C'est peut-être pour cela qu'on continue de le rappeler à l'antenne.