La question part d'un postulat : un duo français nommé Après-demain aurait fait danser la France avec "Quelques mots, quelques phrases". Le problème est simple et gênant : rien, dans les sources consultables, ne confirme ni le groupe ni la chanson. Pas une trace d'article, pas une fiche, pas une mention. Il faut donc dire ce que l'on trouve - c'est-à-dire rien - et expliquer pourquoi ce constat empêche d'écrire un parcours.
Un nom absent des bases musicales et encyclopédiques
Wikipédia en français ne possède aucun article consacré à un groupe appelé Après-demain. Une recherche sur l'expression renvoie directement le message d'absence de page : "L'article "Après-demain groupe" n'existe pas sur ce wiki !". Aucune page d'homonymie ne renvoie non plus vers une formation musicale de ce nom.

Du côté des bases de données musicales, MusicBrainz - une base de métadonnées alimentée par la communauté, qui référence artistes, sorties et crédits - ne retourne aucun artiste correspondant à un duo français nommé Après-demain.
Il faut être précis sur la portée de ces deux constats. L'absence d'article sur Wikipédia ne prouve pas qu'un groupe n'a jamais existé : l'encyclopédie applique des critères d'admissibilité, et beaucoup de formations locales ou éphémères n'y figurent pas. De même, une base communautaire n'est exhaustive que pour ce que ses contributeurs y ont saisi. Ces réserves sont réelles, mais elles ne remplacent pas une source : elles décrivent seulement pourquoi une trace peut manquer.
Le titre n'apparaît nulle part comme chanson
La recherche sur le titre exact "Quelques mots, quelques phrases" ne donne pas davantage de résultat dans Wikipédia en français : la requête ne renvoie aucune correspondance. Aucune page de chanson, aucun article d'album, aucune discographie ne porte ce titre.
Une recherche web associant les deux termes - le nom du groupe supposé et le titre du tube supposé - ne fait pas remonter d'artiste. Elle renvoie des définitions du mot "après", notamment chez Larousse, c'est-à-dire des pages de dictionnaire sans rapport avec une formation musicale. L'association des deux expressions ne produit donc que des entrées lexicales.
Ce qu'un parcours exigerait et ce qui manque
Raconter l'histoire d'un groupe, ce n'est pas broder autour d'un nom : c'est assembler des faits vérifiables. Des membres identifiables, une date et un lieu de formation, un label ou un mode d'autoproduction, des dates de sortie, un format de diffusion, des passages radio ou télé, des concerts documentés. Rien de tout cela n'apparaît pour Après-demain.
Plusieurs explications restent possibles, et aucune ne peut être tranchée en l'état : un groupe très confidentiel jamais référencé, une orthographe ou un nom légèrement différent, un titre approximativement mémorisé, ou une confusion avec une autre formation. Ce sont des hypothèses, pas des faits. Les présenter comme une histoire serait exactement l'erreur à éviter : combler un vide documentaire par de la vraisemblance.
Ce qu'il faudrait pour rouvrir le dossier
La vérification n'est pas close par principe, elle l'est faute de matière. Un document primaire changerait la donne : un dépôt de titre auprès de la SACEM, un catalogue de label mentionnant le groupe et le morceau, une archive de presse locale ou spécialisée, un disque physique avec sa référence, une captation ou une programmation télévisée datée. À partir de là, une recherche ciblée redeviendrait possible, et un article aussi.
En attendant, la seule chose que l'on peut affirmer sans se tromper, c'est que ni le duo ni la chanson ne sont documentés dans les sources consultables. Ce n'est pas une conclusion élégante, mais c'est la seule que les éléments soutiennent.
D'autres tubes français, en revanche, ont laissé des traces suffisantes pour qu'on puisse raconter ce qu'ils sont devenus : Raft et "Yaka Dansé", Modjo après "Lady (Hear Me Tonight)" ou Larusso vingt-cinq ans après "Tu m'oublieras". La différence n'est pas le talent supposé des uns ou des autres : c'est la présence, ou l'absence, de sources. Quand elles manquent, la bonne réponse reste de ne pas écrire l'histoire.