L'affaire du New York Times : des subpoenas contre les journalistes et leur famille
En juillet 2026, l'administration Trump a réclamé les relevés téléphoniques de plusieurs journalistes du New York Times et de leurs proches Guardian. Une mère d'un journaliste et les conjoints de deux d'entre eux figurent dans les demandes. Les données visées remontent au 1er janvier 2026, avant la parution d'articles.

Cette procédure vise quatre journalistes cités à comparaître dans l'affaire Air Force One. Le Département de la Justice a retiré les citations le 23 juillet 2026 La Presse. L'enquête sur les fuites classifiées continue, précise le DOJ.
En France et en Europe, des garde-fous juridiques
La France protège le secret des sources par la loi du 4 janvier 2010 Sénat. Elle interdit d'enquêter sur les proches d'un journaliste pour identifier une source, sauf impératif prépondérant d'intérêt public et mesures strictement nécessaires.
Le 17 mars 2026, la Cour de cassation a consacré la protection en tout lieu, même hors de la rédaction, dans l'arrêt Miller Le Monde. La cour a rejeté le pourvoi du journaliste, montrant un écart entre le principe et la pratique. L'arrêt est détaillé dans Secret des sources étendu en tout lieu : l'arrêt du 17 mars 2026.
En Europe, le règlement EMFA (article 4) est pleinement applicable depuis le 8 août 2025 CMPF. Il interdit aux États d'utiliser des outils de surveillance sur les journalistes pour atteindre leurs sources, sauf autorisation judiciaire et cas graves. La CEDH a condamné l'accès aux métadonnées d'une journaliste sans garanties suffisantes (Nagla c. Lettonie, HUDOC).
Au-delà du cas américain, une menace pour la presse
L'affaire du NYT utilise les métadonnées et le cercle familial pour démasquer des sources. La France a connu un cas similaire en 2010 : le procureur Courroye avait réclamé les « fadettes » de journalistes du Monde sur l'affaire Bettencourt, violation jugée illégale par la Cour de cassation.

Les protections existent mais leurs limites apparaissent quand l'exécutif contourne les règles. Le retrait des subpoenas en 2026 rappelle la vigilance nécessaire pour préserver les sources journalistiques.