Le président serbe Aleksandar Vučić et le président russe Vladimir Poutine assis face à face lors d'une rencontre officielle, les drapeaux de la Serbie et de la Russie se dressant derrière eux
Monde

Serbie, "hub russe" : ce qui est prouvé et ce qui se joue le 25 octobre

Le verdict de Smederevo établit que trois Serbes recrutés pour quelques milliers d'euros ont exécuté, en France, des opérations attribuées à des structures des services de renseignement russes. Mais Belgrade refuse de sanctionner Moscou, a arrêté ses exportations d'armement sous pression russe, et le scrutin du 25 octobre oppose deux récits de déstabilisation. Le "hub" existe : moins une base qu'un marché.

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Le verdict est tombé sans bruit, à Smederevo, une ville de 50 kilomètres à l'est de Belgrade. Fin décembre 2025, la haute cour serbe a condamné trois ressortissants serbes pour espionnage et discrimination raciale. Le document n'a été révélé que le 6 mars 2026, par la branche balkanique de Radio Free Europe, dans le cadre d'une procédure de plaider-coupable. Ce que le jugement raconte mérite qu'on s'y arrête : des opérations de déstabilisation attribuées à Moscou, exécutées sur le sol français par des agents recrutés en Serbie.

Le président serbe Aleksandar Vučić et le président russe Vladimir Poutine assis face à face lors d'une rencontre officielle, les drapeaux de la Serbie et de la Russie se dressant derrière eux
Le président serbe Aleksandar Vučić et le président russe Vladimir Poutine assis face à face lors d'une rencontre officielle, les drapeaux de la Serbie et de la Russie se dressant derrière eux - (source)

La thèse du "hub russe" circule depuis des mois dans les chancelleries et sur les réseaux. Les faits judiciaires la confortent - partiellement. Mais ils ne disent pas tout, et confondre ce qui est prouvé avec ce qui relève du rapport de forces conduit à une lecture fausse de la Serbie. Trois niveaux à distinguer.

Ce que le verdict de Smederevo établit

Les accusations sont précises. En mai 2025, des hommes ont déposé de la peinture verte sur le Mémorial de la Shoah de Paris et sur trois synagogues parisiennes. En septembre 2025, ils ont déposé des têtes de cochon devant neuf mosquées de la région parisienne. Les deux séquences ont provoqué une vague d'indignation en France, avant d'être attribuées à la Russie par les services français de renseignement.

Le verdict, consulté par Le Monde, confirme que le groupe "recevait des ordres et des moyens financiers des structures des services de renseignement de la Fédération de Russie". C'est la phrase la plus importante de l'affaire : elle établit le lien de commandement, pas seulement la présence de spectateurs.

Les détails sont ceux d'une opération à bas coût. Les trois hommes sont originaires de Velika Plana, une ville de 15 000 habitants. Ils se déclarent ouvrier au chômage, technicien de laboratoire et serveur. Ils ont été recrutés puis envoyés en France pour quelques milliers d'euros par un individu désigné "Hunter" dans le verdict - identifié par Mediapart comme un Serbe nommé Aleksandar Savic, dont le sort est inconnu. Les trois ont été condamnés à des peines de six à dix-huit mois d'assignation à résidence avec bracelet électronique. Huit autres personnes restent sous investigation.

La Serbie, pays des Balkans occidentaux, au centre d'un débat sur son rôle supposé de « hub russe » en Europe

Trois réserves s'imposent. D'abord, la peine est faible au regard de la gravité des faits et de leur qualification en espionnage. Ensuite, la responsabilité des commanditaires russes repose sur l'évaluation des services de renseignement, relayée par le tribunal : aucun officier russe n'a été jugé. Enfin, l'affaire porte sur du recrutement de petites mains, pas sur une opération pilotée depuis Belgrade - les recruteurs travaillaient pour Moscou, pas pour les autorités serbes. C'est précisément ce que dit le parlementaire américain Joe Wilson, qui a porté l'accusation au niveau politique :

Joe Wilson@RepJoeWilson·FollowVucic has turned Serbia into a hub for Russian terrorism and sabotage recruitment and training. One of the suspects in the failed Russian attack against Germany flew from Leipzig to Serbia. Putin agents must not be welcome in Europe! https://t.co/TokxMUInLQ1.8KReplyCopy linkRead on X

L'allégation sur un suspect transitant de Leipzig à Belgrade n'est pas vérifiée indépendamment ici : c'est la déclaration d'un élu, dans un contexte de durcissement du discours américain sur les Balkans. Elle montre toutefois que l'expression "hub" est désormais entrée dans le débat transatlantique. Elle correspond aussi à un modèle déjà documenté : le recrutement d'opérateurs précaires, souvent en Serbie ou en Moldavie, pour des missions de vandalisme ou d'intimidation en Europe occidentale, à quelques milliers d'euros la prestation.

Moscou pousse, Belgrade recule : le rapport de forces

Si la Serbie était un simple instrument du Kremlin, son industrie d'armement travaillerait pour Moscou. C'est l'inverse qui s'est produit - et c'est là que la thèse du "hub" se fissure.

Le 23 juin 2025, Aleksandar Vučić a annoncé l'arrêt de toutes les exportations d'armement serbes : "on a arrêté littéralement tout, et nous alimentons notre armée". Le ministère de la Défense exige depuis lors l'accord du Conseil national de sécurité pour toute exportation future. Le contexte est un cumul de pressions : les critiques sur les ventes à Israël, et surtout les accusations publiées le jour même par le SVR, service de renseignement extérieur russe. Moscou affirme que des munitions serbes partent vers l'Ukraine via des pays tiers, principalement la Tchéquie et la Bulgarie, sous forme de pièces détachées assemblées à l'Ouest. Une entreprise bulgare désignée, EMCO, a nié toute livraison à l'armée ukrainienne depuis dix ans.

Les chiffres restent opaques : Belgrade ne publie plus de rapports annuels sur les permis d'exportation. Le Financial Times estimait pourtant en juin 2024 à environ 800 millions d'euros le volume de munitions serbes arrivées en Ukraine depuis 2022, par intermédiaires. Vučić avait alors reconnu : "Oui, nous exportons nos munitions... Ce que les autres en font à la fin, c'est leur problème."

Le schéma est donc triple, et il faut le distinguer soigneusement :

  1. Une coopération tactique choisie. Belgrade refuse de sanctionner la Russie, rencontre Poutine à Moscou en mai 2025 - première visite depuis l'invasion - et entretient un récit d'amitié traditionnelle. C'est un choix, y compris électoral : la fidélité à Moscou reste un marqueur identitaire dans une partie de l'électorat serbe.
  2. Une coopération économique lucrative, jamais alignée. Les munitions serbes ont alimenté l'Ukraine sans que Belgrade ne s'engage politiquement. Vučić vend à tout le monde, et assume.
  3. Une coercition subie. Les accusations du SVR, couplées à l'arrêt des exportations, montrent que Moscou sanctionne ce qu'il perçoit comme une trahison. La pression russe sur la Serbie est une contrainte, pas une preuve d'allégeance.

Dans le même temps, Volodymyr Zelensky a loué le soutien serbe à l'Ukraine lors d'une rencontre à Odessa en juin 2025, et la Serbie candidate à l'Union européenne maintient officiellement qu'elle "respecte pleinement" l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Ce n'est ni un allié de Moscou ni un pilier de l'ordre occidental : c'est un État qui monnaye sa position de carrefour.

Le 25 octobre, un scrutin qui teste le récit des deux camps

Le 27 septembre, dimanche soir, Aleksandar Vučić a annoncé sa démission de la présidence. Il ne peut briguer un troisième mandat et compte mener la liste du parti progressiste serbe (SNS) aux élections anticipées du 25 octobre. Ana Brnabić, proche collaboratrice et ancienne Première ministre, assure l'intérim.

Deux faits encadrent ce scrutin. Le premier : près de deux ans de manifestations, déclenchées par l'effondrement d'un auvent de gare à Novi Sad en novembre 2024, qui a tué 16 personnes. La demande d'enquête s'est muée en un mouvement étudiant anti-corruption qui présente une liste d'experts, d'enseignants et d'athlètes et qui, selon les instituts de sondage, se situe au coude-à-coude avec le SNS. Le deuxième : Vučić, sans fournir de preuve, accuse ses opposants et les médias critiques de vouloir "détruire l'État" sous influence étrangère, et dénonce des "puissances étrangères" préparant des troubles la nuit électorale.

C'est là que la notion de déstabilisation change de main. Le Kremlin a intérêt à présenter les protestations serbes comme une "Maidan" orchestrée par l'Ouest - un récit que des analystes régionaux décortiquent comme une opération psychologique classique, mêlant symbolisme anniversaire et analogie ukrainienne :

Foule de manifestants serbes de nuit levant leurs smartphones avec les lampes torches allumées, illuminant la scène lors de grandes protestations populaires
Foule de manifestants serbes de nuit levant leurs smartphones avec les lampes torches allumées, illuminant la scène lors de grandes protestations populaires - (source)

Gurakuç Kuçi@gurakuqkuqi·FollowFrom Kaliningrad to Belgrade: Euro-Atlantic Threat Cordon

Within just a few days, Russia provoked the West from the north to the southeast, demonstrating that at two strategic points – from the Black Sea to the Adriatic – it relies on two key anchors: Kaliningrad in the north and Serbia in the south.

Russian Intelligence in Support of Vučić’s Regime Consolidation
On September 15, 2025, Russia’s Foreign Intelligence Service (SVR), via the state agency TASS, warned that on November 1 the European Union would organize a “Serbian Maidan” in Serbia, precisely on the anniversary of the Novi Sad train station tragedy. This warning is no coincidence: it is a classic Russian psychological operation, combining symbolism (the tragic anniversary) and destabilizing analogy (parallels with Ukraine in 2014) to construct the perception that the West is planning coups in the Slavic space. The objective: to generate fear and mobilize the population around Vučić’s regime, positioning him as the defender against a foreign conspiracy.

In line with this narrative, according to pro-government media, around 140 mobilizing rallies have been organized across Serbia in support of Vučić and against blockades. These serve as an infrastructure for controlled response: rehearsals designed to neutralize anti-government protests by balancing them with orchestrated “counter-protests.” Vučić himself has declared that the “color revolution” has failed, proclaiming not only victory over the opposition, but also the West’s failure to overthrow him, since he has consistently accused them of organizing the protests. This discourse is part of the groundwork for his political triumph over any civic movement.

Vučić’s consolidation of power is not limited to rallies: it extends to the total control of the security apparatus. The dismissal of Spasoje Vulević, commander of the Special Anti-Terrorist Unit (SAJ), is a key example. Vulević publicly stated: “Minister Ivica Dačić and Police Director Dragan Vasiljević had informed me that President Vučić did not want an armed formation outside his absolute control”. This move demonstrates that Vučić is ensuring the elimination of any autonomy within Serbia’s security structures that might act against him. It also discourages protesters: once they know that every sector of the security apparatus serves Vučić’s interests, then any change in circumstances would have to escalate either into civil war or into surrender.

Civil war is an almost unattainable initiative, as it requires special resources and external support.
After strengthening authoritarian rule and silencing every serious opposition voice, Vučić will become the sole option in elections, since he plans to bring Serbia to both presidential and parliamentary elections by mid or late next year. Potentially, he may even bring Tomislav Nikolić back into politics, in a Putin–Medvedev style arrangement.

Why Russia Needs an Irreplaceable Vučić in Serbia
This consolidation makes Serbia an unquestionable proxy of Russia in the Western Balkans. For the EU and the U.S., it creates a regime with no visible alternative: either Vučić is accepted as a partner, or access to Serbia is lost entirely. This situation imposes on the West the interests of the Vučić–Putin axis and narrows its diplomatic room for maneuver. Most likely, even diplomacy aimed at pulling Serbia out of Russia’s orbit will only produce another Trojan horse for Moscow within the West’s security perimeter.

During the same period, Russia has carried out drone provocations in Poland, Romania, and, reportedly, Estonia. All of these are NATO member states. These actions, combined with the warning regarding Serbia, align along what was once known as the “sanitary cordon,” stretching from the Baltic to the Adriatic. For Moscow, this constitutes a red line in silent negotiations: a zone where it demands not to be challenged and where its reinforcement is tolerated, but not transgression. Serbia is the pivotal point of this line, where Russia leverages a local partner to test NATO’s limits.

An additional provocation in the Western Balkans coming from Serbia is the announcement of its newly acquired Israeli-made weapon system, with a strike range of up to 300 km. This development grants Serbia new capabilities that affect not only Kosovo, but also Bosnia, Montenegro, North Macedonia, and beyond.

The Compromise of No Compromise
All these elements, the SVR’s warning for November 1, the 140 pro-regime rallies, the dismissal of Vulević, the plan to bring back Nikolić, the drone provocations, the “sanitary cordon,” and the 300 km Israeli weapon—point to a new reality: Serbia is transforming not only into a “little Russia,” but also into Moscow’s experimental theater in Europe.

Containing Serbia and Russia has become imperative. Any strategy to detach Serbia from Russia’s orbit must be built with caution and can no longer rely on the dangerous approach of “stabilitocracy” or “appeasement politics.”

Such a strategy must include not only the traditional Western Balkan states but also Croatia, Slovenia, and Bulgaria, all of which play a key role in the architecture of regional security.

If this approach is absent, the Western Balkans risk becoming an extension of the threatening cordon against Euro-Atlantic security. Such a scenario would not only consolidate Russian-Serbian influence but would also open new avenues for China’s expansion in the region—turning the crisis into a multidimensional challenge, far more difficult to manage.

#Russia #Serbia #Kosovo #Poland #Romania #Estonia #westernbalkan #NATO #hybridwarfare #geopolitics #security #Vucic #Putin #Ukraine
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Vučić fait exactement le chemin inverse : il retourne l'accusation contre l'opposition pour se présenter comme le rempart. Deux récits de déstabilisation s'affrontent, et aucun des deux ne va de soi. La différence, c'est qu'un tribunal a documenté l'un d'eux - celui des opérations russes recrutées en Serbie - tandis que l'influence occidentale sur le mouvement étudiant n'a été établie par aucune juridiction.

Ce que l'Europe ne saurait résoudre par des listes

L'Union européenne vient de voter, le 7 octobre, la plus vaste extension de ses sanctions russes : 1 646 nouvelles entrées, pour près de 4 650 noms au total, dans un contexte d'attaques hybrides qui se multiplient - l'incident de drones à l'aéroport de Leipzig a précipité le calendrier. Un dispositif massif, mais qui protège des frontières extérieures, pas des corridors qui les traversent.

La Serbie en est la démonstration. Candidat à l'adhésion, non sanctionnée, non alignée, elle est à la fois le terrain où des opérations russes sont judiciairement documentées et l'État que Moscou menace quand il estime que Belgrade gagne trop d'argent ailleurs. Ajoutez le voisinage : au Monténégro, un blogueur militaire russe influent a été arrêté début octobre alors qu'il préparait un documentaire contre le rapprochement du pays avec l'Union européenne. Le Monténégro espère boucler ses négociations d'adhésion d'ici la fin de l'année.

Le problème européen n'est donc pas seulement la puissance russe. C'est que les États où s'exerce cette influence ne sont pas dans l'appareil sanctionneur - et que les États qui y sont restent tributaires de l'unanimité et des marchandages bilatéraux.

Ce qu'il faudra regarder le 25 octobre

Trois questions résument l'enjeu. Le mouvement étudiant parviendra-t-il à convertir deux ans de mobilisation en majorité parlementaire, ou l'architecture institutionnelle du SNS - médias pro-gouvernementaux, agences de l'État alignées, tractations - l'emportera-t-elle ? Une alternance ferait-elle avancer réellement l'alignement sur l'Union européenne, ou seulement le langage ? Et surtout : les opérations de recrutement documentées à Smederevo continueront-elles, quel que soit le résultat, tant que Moscou conservera la capacité d'acheter, pour quelques milliers d'euros, un ouvrier, un technicien ou un serveur ?

La Serbie n'est pas un instrument entre les mains du Kremlin. Elle est un territoire où la Russie achète de l'action à bas coût, où Moscou pousse quand Belgrade déplaît, et où un pouvoir local instrumentalise la peur de l'ingérence pour se maintenir. Le "hub" existe - mais il est moins une base qu'un marché. Et c'est pour cela qu'il est difficile à fermer.

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Questions fréquentes

Que dit le verdict du tribunal de Smederevo ?

Le verdict, rendu fin décembre 2025 et révélé le 6 mars 2026, condamne trois ressortissants serbes pour espionnage et discrimination raciale : ils ont déposé de la peinture verte sur le Mémorial de la Shoah et trois synagogues parisiennes en mai 2025, puis des têtes de cochon devant neuf mosquées de la région parisienne en septembre 2025. Il établit que le groupe "recevait des ordres et des moyens financiers des structures des services de renseignement de la Fédération de Russie". Les trois hommes, originaires de Velika Plana, ont été condamnés à six à dix-huit mois d'assignation à résidence avec bracelet électronique ; huit autres personnes restent sous investigation.

La Serbie est-elle un "hub russe" de déstabilisation ?

Partiellement. Le verdict de Smederevo prouve que Moscou a recruté en Serbie des opérateurs à bas coût pour des actions de déstabilisation en Europe occidentale. Mais les recruteurs travaillaient pour Moscou, pas pour Belgrade, et aucun officier russe n'a été jugé. Par ailleurs, la Serbie refuse de sanctionner la Russie tout en ayant arrêté ses exportations d'armement sous pression de Moscou : elle n'est ni un allié de Moscou ni un pilier de l'ordre occidental, mais un État qui monnaye sa position de carrefour.

Pourquoi la Serbie a-t-elle arrêté ses exportations d'armes ?

Le 23 juin 2025, Aleksandar Vučić a annoncé l'arrêt de toutes les exportations d'armement serbe, dans un contexte de cumul de pressions : critiques sur les ventes à Israël et accusations publiées le même jour par le SVR, qui affirme que des munitions serbes partent vers l'Ukraine via des pays tiers, principalement la Tchéquie et la Bulgarie. Le ministère de la Défense exige depuis l'accord du Conseil national de sécurité pour toute exportation future.

Quel est l'enjeu des élections serbes du 25 octobre ?

Aleksandar Vučić a démissionné de la présidence le 27 septembre pour mener la liste du parti progressiste serbe (SNS), ne pouvant briguer un troisième mandat ; Ana Brnabić assure l'intérim. Le scrutin opposera le SNS au mouvement étudiant anti-corruption né des manifestations après l'effondrement d'un auvent de gare à Novi Sad en novembre 2024 (16 morts), selon les instituts de sondage au coude-à-coude. Deux récits de déstabilisation s'affrontent : celui des opérations russes, documenté par un tribunal, et celui d'une influence occidentale sur le mouvement étudiant, non établie par aucune juridiction.

Quelles sanctions l'Union européenne a-t-elle adoptées contre la Russie ?

Le 7 octobre 2026, l'UE a convenu de la plus vaste extension de ses sanctions russes : 1 646 nouvelles entrées (743 individus et 826 entités), portant la liste totale à près de 4 650 noms, dans un contexte d'attaques hybrides qui se multiplient. Ce dispositif protège les frontières extérieures de l'Union, pas les corridors qui les traversent : la Serbie, candidat à l'adhésion, n'est pas sanctionnée.

Sources

  1. New Measures Targeting Third-Country Enablers Supporting Russia’s Military-Industrial Base · 2021-2025.state.gov
  2. ‼️Russia is preparing to assassinate the leadership of European defense companies - Pravda EN · archive.ph
  3. Zelensky’s Belgrade Visit Tests Serbia’s EU-Russia Balancing Act · balkaninsight.com
  4. Destination Ukraine? Risking Russian Ire, Serbia Clears Transit of Bosnian Ammo | Balkan Insight · balkaninsight.com
  5. Désinformation et ingérence russes: le Kremlin multiplie ses efforts pour déstabiliser l'Europe, avec une explosion des campagnes de 850% sur un an · bfmtv.com
geo-decoder
Théo Aubot @geo-decoder

Passionné de géopolitique depuis le lycée, je dévore les cartes, les atlas et les analyses internationales. Étudiant en relations internationales à Lyon, je rêve de comprendre pourquoi le monde tourne comme il tourne. Je collectionne les vieux numéros de revues géopolitiques.

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