L'entrée du bâtiment du ministère de la Santé de la Fédération de Russie, avec porte en bois, drapeau russe et plaque rouge, façade claire décorée, neige au sol.
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En Russie, l'État mise sur la psychologie pour relancer la natalité

En Russie, l'État envoie les femmes sans enfant chez le psychologue pour endiguer un effondrement démographique historique, malgré les critiques et le refus des droits des femmes.

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La recommandation et son cadre

Ces recommandations ont été approuvées fin février 2026 et rendues publiques par les médias la semaine du 19 mars. Les médecins doivent inviter les femmes à des consultations annuelles pour évaluer leur santé reproductive. Le document prévoit des consultations similaires pour les hommes du même âge, mais seulement pour leur état physique, sans psychologue.

L'entrée du bâtiment du ministère de la Santé de la Fédération de Russie, avec porte en bois, drapeau russe et plaque rouge, façade claire décorée, neige au sol.
L'entrée du bâtiment du ministère de la Santé de la Fédération de Russie, avec porte en bois, drapeau russe et plaque rouge, façade claire décorée, neige au sol. — (source)
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Sergueï Leonov, président de la commission de la Douma sur la protection de la santé, a précisé via TASS que la décision d'être orientée appartient à la femme. Un homme interrogé par Courrier International, Maxime, 49 ans, qualifie la mesure de « recommandation et non une contrainte ».

La directive s'inscrit dans un arsenal pronataliste. La loi interdit la « propagande » du refus de maternité, avec des amendes jusqu'à 400 000 roubles (environ 4 200 euros) pour les particuliers. La législation sur l'avortement a été durcie, les cliniques privées étant interdites dans la plupart des régions.

Un déclin démographique au plus bas depuis deux siècles

La Russie affiche un taux de fécondité d'environ 1,4 enfant par femme, un niveau jamais atteint depuis deux cents ans. Le seuil de stabilisation est de 2,1. En 2024, 1,22 million de naissances ont été enregistrées, légèrement au-dessus du record bas de 1,21 million en 1999. Rosstat projette une chute de la population sous 138,8 millions d'ici 2046.

Le bâtiment du ministère de la Santé de la Fédération de Russie, vue de sa partie supérieure, montre une façade stalinienne avec un emblème soviétique et des détails architecturaux sous un ciel bleu.
Le bâtiment du ministère de la Santé de la Fédération de Russie, vue de sa partie supérieure, montre une façade stalinienne avec un emblème soviétique et des détails architecturaux sous un ciel bleu. — (source)
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Vladimir Poutine présente cette baisse comme une question de survie nationale, évoquant le risque « d'extinction » en 2024. L'offensive en Ukraine, lancée en février 2022, a envoyé des centaines de milliers de jeunes hommes au front et aggravé le problème Alerte des Pays-Bas : la Russie pourrait attaquer l'OTAN un an après l'Ukraine.

Selon un sondage VTSIOM fin 2024, les principales raisons de ne pas avoir d'enfants sont les difficultés financières (46 %) et un comportement destructeur du conjoint (infidélités, alcoolisme, violences conjugales). L'inflation liée à la guerre et aux sanctions a fait grimper les taux de crédit immobilier jusqu'à 20 %, rendant l'accès au logement difficile.

Des femmes et des experts contestent l'approche

La mesure a suscité des réactions indignées chez les femmes russes qui ne souhaitent pas d'enfant. Maria, 25 ans, informaticienne à Moscou, la juge « pitoyable » et « coercitive » : « Ils veulent forcer les femmes à faire des enfants… Ecraser, contraindre, ne laisser aucun choix, c'est cruel et totalement inefficace. » Elle cite des conditions préalables : « des garanties sociales, des revenus adéquats, la possibilité d'avoir son propre logement. Et l'essentiel : le calme et la sécurité. »

Le bâtiment du ministère de la Santé de la Fédération de Russie, photographié en contre-plongée, montre une façade imposante et étagée de style stalinien avec une tour centrale pointant vers un ciel bleu nuageux.
Le bâtiment du ministère de la Santé de la Fédération de Russie, photographié en contre-plongée, montre une façade imposante et étagée de style stalinien avec une tour centrale pointant vers un ciel bleu nuageux. — (source)

D'autres femmes partagent cette indignation. Anastasia, 29 ans, soulève des obstacles concrets comme le coût du logement et l'« absence de culture de la paternité ». Irina, médecin de 45 ans, estime que « les femmes ont le droit de ne pas vouloir d'enfants. À quoi bon mettre au monde sous la contrainte des enfants non désirés ? » Margarita, professeure ne pouvant avoir d'enfants pour des raisons médicales, craint une atteinte à la santé psychologique des femmes qui seront « considérées comme des parias ». ![]

Du côté expert, le démographe indépendant Alexey Raksha estime que seules des aides financières aux familles avec un deuxième et un troisième enfant pourraient réellement augmenter la natalité. La directive est présentée par les autorités comme une recommandation non contraignante, s'inscrivant dans un arsenal pronataliste qui inclut l'interdiction de la « propagande » du refus de maternité et un durcissement de la législation sur l'avortement.

Ces pressions sur les choix reproductifs s'inscrivent dans un contexte plus large de remise en cause des droits des femmes, à l'image du pasteur américain Douglas Wilson qui veut supprimer leur droit de vote aux États-Unis (Douglas Wilson : le pasteur qui veut supprimer le droit de vote des femmes aux États-Unis).

Le bâtiment du ministère de la Santé de la Fédération de Russie, édifice de plusieurs étages avec une entrée monumentale arborant un drapeau russe, situé dans un environnement hivernal enneigé avec des arbres dénudés et des tas de neige, lié à la proposition d'envoyer les femmes sans enfant chez le
Le bâtiment du ministère de la Santé de la Fédération de Russie, édifice de plusieurs étages avec une entrée monumentale arborant un drapeau russe, situé dans un environnement hivernal enneigé avec des arbres dénudés et des tas de neige, lié à la proposition d'envoyer les femmes sans enfant chez le — (source)

Des inconnues persistent sur l'application concrète de cette mesure, notamment son taux de referral effectif et les réactions potentielles des médecins.

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Check quote lengths: Maria's first quote: « Ils veulent forcer les femmes à faire des enfants… Ecraser, contraindre, ne laisser aucun choix, c'est cruel et totalement inefficace. » That's about 20 words, fine. Her second: « des garanties sociales, des revenus adéquats, la possibilité d'avoir son propre logement. Et l'essentiel : le calme et la sécurité. » ~20 words.

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Questions fréquentes

Que recommande le ministère russe de la Santé ?

Il recommande aux médecins d'orienter les femmes de 18 à 49 ans sans enfant vers un psychologue. L'objectif est de former une attitude positive à l'égard de la maternité.

Quel est le taux de fécondité en Russie actuellement ?

La Russie affiche environ 1,4 enfant par femme, un niveau jamais atteint depuis deux siècles. Le seuil de stabilisation est de 2,1.

La Russie interdit-elle la propagande contre la maternité ?

Oui, la loi interdit la « propagande » du refus de maternité, avec des amendes jusqu'à 400 000 roubles. Les cliniques privées d'avortement sont interdites dans la plupart des régions.

Quelles sont les raisons de ne pas avoir d'enfants ?

Selon un sondage VTSIOM fin 2024, les difficultés financières (46 %) et le comportement destructeur du conjoint sont cités. L'inflation a aussi fait grimper les taux de crédit immobilier jusqu'à 20 %.

Quelle solution experte pour la natalité en Russie ?

Le démographe Alexey Raksha estime que seules des aides financières aux familles avec un deuxième et un troisième enfant pourraient réellement augmenter la natalité.

Sources

  1. "Pitoyable" : les femmes russes sans enfants poussées à consulter un psy · courrierinternational.com
  2. Russia to refer women who don’t want children to psychologists · ctvnews.ca
  3. What's behind Russia's plan to ban 'child-free' ideology? · dw.com
  4. Avant d'accéder à Google · france24.com
  5. Russian women decry therapy plan to get them to have children · japantimes.co.jp
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Sarah Imbot @street-voice

Originaire de Saint-Denis, je raconte la société française telle que je la vis : les quartiers, les galères du quotidien, mais aussi les solidarités qu'on ne montre jamais à la télé. Bénévole dans une asso d'aide aux devoirs, je crois au pouvoir des histoires de terrain.

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