Artem, né en 2006 à Novossibirsk, a servi comme opérateur de drone dans le 102e régiment de fusiliers motorisés de la 150e division de l'armée russe. Pendant près de 80 jours, il a envoyé en quasi-temps réel les positions de son unité aux forces ukrainiennes.

Qui est le soldat Artem et quel était son unité
Artem avait 19 ans. Il était inscrit dans un établissement d'enseignement supérieur quand il a été appelé au service militaire obligatoire. Il a ensuite signé un contrat, pensant accéder à une formation de praporchik, mais a été déployé au combat. Sa première affectation fut la 150e division à Novotcherkassk, puis le 2e bataillon du 102e régiment. Sans formation adéquate, il est devenu opérateur de drone.
Transmission de coordonnées et échec du commandement russe
Il a transmis les coordonnées de personnel, de matériel et d'itinéraires russes avec un délai de 10 à 15 minutes. Le commandement russe a modifié plusieurs fois les routes de déplacement, soupçonnant une fuite. Les nouvelles positions ont aussi été frappées. La source de la brèche n'a pas été identifiée. Cette défaillance des circuits internes rejoint les failles décrites dans Guerre en Ukraine : comment la corruption russe sacrifie ses soldats.

Le bilan autodéclaré : jusqu'à 150 morts et pertes matérielles
Dans l'interview accordée à Dmytro « Apostol » Karpenko et relayée par Militarnyi et Focus.ua, Artem affirme que les frappes ont causé jusqu'à 150 morts russes et environ 50 blessés. Il cite la destruction d'au moins deux chars, des dégâts sur des lance-roquettes multiples, et l'élimination de quatre équipes de drones et quatre équipes de mortiers. Ces chiffres sont ses déclarations, pas des comptes validés.

Défection et projet « Je veux vivre »
Mi-novembre 2025, Artem a contacté le projet ukrainien « Khochu zyty » (Je veux vivre) pour se rendre et proposer son aide aux forces de défense. Après plusieurs tentatives, il a parcouru environ 20 km jusqu'au territoire tenu par l'Ukraine, puis a été évacué. Il a confirmé son intention de servir dans le Corps des volontaires russes aux côtés de l'Ukraine. Le commandant Denis Kapustin était présent lors de l'interview. Artem a dit : « Je ne veux pas mourir en occupant. » Son trajet rejoint ceux d'autres militaires russes fuyant une armée qui exécute parfois ses propres hommes pour maintenir la discipline (Ukraine : l'armée russe exécute ses propres soldats pour maintenir la discipline).

Limites de vérification et absence de réaction russe
Les affirmations centrales reposent sur le témoignage d'Artem diffusé par des médias ukrainiens. Le chiffre de 150 morts n'est pas vérifié par une source indépendante. Les autorités russes n'ont ni confirmé ni répondu à ce récit. Aucun relevé de pertes tiers ne corrobore les effets avancés. L'article présente un récit unique, non transformé en fait prouvé.