Le 5 juin 2026, l'Ukraine a demandé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité suite à des attaques de missiles balistiques russes. Le ministre ukrainien des affaires étrangères Andrii Sybiha a écrit sur X : "The latest wave of Russian strikes is yet another reminder that Moscow continues to choose escalation over peace, and terror over diplomacy". Cette réunion n'est pas une nouvelle session extraordinaire d'urgence de l'Assemblée générale.

L'attaque du 2 juin à Kiev a touché des immeubles et fait 3 morts et 29 blessés, comme rapporté dans notre article Attaque russe sur Kiev le 2 juin 2026 : immeubles en feu, 3 morts et 29 blessés. Le récit de cette nuit d'alerte aux missiles est relaté dans Kiev sous les bombes russes : le récit d'une nuit d'alerte aux missiles.
Le cadre juridique des sessions d'urgence de l'Assemblée générale
L'Assemblée générale peut se réunir en urgence grâce à la résolution 377A, adoptée le 3 novembre 1950, connue sous le nom "Uniting for Peace". Ce texte permet de convoquer une session extraordinaire d'urgence si le Conseil de sécurité échoue à agir par manque d'unanimité de ses membres permanents. Selon des sources, la convocation peut intervenir dans les 24 heures en cas de paralysie du Conseil, mais le texte intégral reste à confirmer pour cette précision.

Le 27 février 2022, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 2623 convoquant l'onzième session extraordinaire d'urgence de l'Assemblée générale pour examiner l'agression contre l'Ukraine.
Les sessions sur l'Ukraine depuis 2022
L'onzième session extraordinaire d'urgence a ouvert le 28 février 2022. Elle a été ajournée temporairement le 2 mars après l'adoption de la résolution ES-11/1 déplorant l'invasion et exigeant le retrait des forces russes. Ce vote a recueilli 141 voix pour, 5 contre et 35 abstentions.
Le 24 mars 2022, la résolution ES-11/2 a été adoptée par 140 voix pour, 5 contre et 38 abstentions, condamnant l'invasion et demandant la protection des civils.

Le 24 février 2026, l'Assemblée générale a adopté la résolution ES-11/10 "Support for lasting peace in Ukraine" par 107 voix pour, 12 contre et 51 abstentions. La majorité a décliné par rapport aux votes de 2022.
Efficacité et contestations
Les sessions extraordinaires d'urgence émettent des recommandations non contraignantes. On compte onze sessions de ce type dans l'histoire de l'ONU selon les sources disponibles.
La Russie conteste la légitimité de ces sessions. Des États comme le Brésil s'abstiennent sur les résolutions punitives, privilégiant des plans de paix alternatifs. Le déclin du soutien en février 2026 montre les divisions internationales qui limitent la portée diplomatique du cadre.