Immeuble d'habitation en feu à Kiev après une frappe russe, image du Service d'urgence ukrainien.
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Attaque russe sur Kiev le 2 juin 2026 : immeubles en feu, 3 morts et 29 blessés

Une attaque russe massive frappe Kiev le 2 juin 2026, faisant 3 morts et 29 blessés. L'article détaille les frappes, le bilan humain, la résilience des jeunes Kyïviens connectés, l'escalade des bombardements, et le contexte géopolitique de cette...

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Peu après 2 heures du matin, mardi 2 juin 2026, une salve combinée de missiles de croisière Kalibr, de missiles balistiques et de drones d'attaque s'est abattue sur Kiev. Vitali Klitschko, le maire de la capitale ukrainienne, a confirmé sur Telegram qu'un immeuble résidentiel de 24 étages était en feu dans le district Chevtchenko. Les images diffusées dans la foulée montrent un panache de fumée noire visible à plusieurs kilomètres. Cette attaque massive, la troisième en moins de trois semaines sur la capitale, marque une escalade brutale dans la guerre d'usure que mène la Russie contre l'Ukraine. 

Immeuble d'habitation en feu à Kiev après une frappe russe, image du Service d'urgence ukrainien.
Immeuble d'habitation en feu à Kiev après une frappe russe, image du Service d'urgence ukrainien. — (source)

2 juin 2026, 2h du matin : l'alerte et l'embrasement du quartier Chevtchenko

Les sirènes ont retenti vers 1h45. Les habitants de Kiev, habitués aux alertes nocturnes, ont eu à peine le temps de rejoindre les abris. Les premières explosions ont secoué le centre-ville quelques minutes plus tard. Les frappes combinées — missiles Kalibr lancés depuis la mer Caspienne, missiles balistiques et essaims de drones — ont visé plusieurs districts simultanément, selon les informations publiées par l'agence ukrainienne UNN.

Vitali Klitschko a posté sur Telegram peu après 2h du matin pour confirmer qu'un immeuble de 24 étages était en feu dans le district Chevtchenko, les flammes ravageant les 4e et 5e étages. Le message, relayé des milliers de fois en quelques minutes, a servi de poste de commandement civil pour une nuit d'angoisse. Les pompiers ont lutté pendant des heures contre l'incendie. Dans la rue, des voitures calcinées témoignaient de la violence des impacts. Le quartier Chevtchenko, l'un des plus densément peuplés de Kiev, n'a pas été le seul touché. Les districts Podilskyi et Obolonskyi ont également tremblé. Dans ce dernier, des débris de drones sont tombés à proximité d'une école maternelle, sans faire de victimes parmi les enfants, mais semant la panique parmi les riverains. Une vidéo diffusée par des témoins montre l'ampleur des flammes et la fumée qui s'élève au-dessus du quartier. 

Pompier intervenant près d'un immeuble résidentiel en feu à Kiev après une attaque russe massive.
Pompier intervenant près d'un immeuble résidentiel en feu à Kiev après une attaque russe massive. — (source)

L'alerte de Zelensky qui n'a pas suffi

La veille, dans son allocution vidéo du 1er juin, Volodymyr Zelensky avait prévenu : « Les avertissements des services de renseignement concernant les frappes russes restent en vigueur. Une frappe massive est possible, ils en ont préparé une. Nos défenseurs sont prêts 24 heures sur 24, dans toute la mesure du possible avec les moyens actuellement disponibles », comme le rapporte RTÉ. Le président ukrainien connaissait la menace. Mais être prévenu n'empêche pas la sidération quand les missiles frappent.

Les systèmes de défense antiaérienne ukrainiens ont intercepté une partie des projectiles, mais pas assez. La densité de la salve — plusieurs dizaines d'engins lancés en simultané — a saturé les défenses. Les habitants décrivent des explosions en chaîne, le bruit caractéristique des missiles de croisière rasants, puis le souffle des impacts. Dans les rues, des voitures ont pris feu sous l'effet des débris, et des fenêtres ont été soufflées sur plusieurs centaines de mètres autour des points d'impact.

Chevtchenko, Podilskyi, Obolonskyi : les trois districts touchés

Le district Podilskyi a subi le deuxième coup le plus dur. Un immeuble de 9 étages s'est partiellement effondré, des familles entières étant possiblement piégées sous les gravats, selon Kyiv Post. Les secouristes ont travaillé toute la nuit à la recherche de survivants, entravés par les incendies qui couvaient encore dans les étages inférieurs. À Obolonskyi, des voitures brûlaient après avoir été frappées par des débris de missiles. Klitschko a signalé deux départs de feu en zone ouverte, dont l'un près d'un jardin d'enfants. Le district Solomianskyi a également été touché : un immeuble de 15 étages a vu ses étages supérieurs endommagés par l'onde de choc. 

Femme en pleurs devant un immeuble résidentiel endommagé à Kiev après une attaque russe massive.
Femme en pleurs devant un immeuble résidentiel endommagé à Kiev après une attaque russe massive. — (source)

Trois districts ont subi des coupures d'électricité : Podilskyi, Obolonskyi et Sviatoshynskyi, plongeant des milliers de foyers dans le noir en pleine nuit. Les équipes de maintenance ont dû attendre la fin des alertes pour intervenir, ce qui a prolongé l'obscurité jusqu'au petit matin dans certaines zones.

Un bâtiment médical également visé

Parmi les cibles de l'attaque figurait une clinique du district Chevtchenko, selon UNN. Des images montrent des vitres soufflées et des équipements médicaux endommagés à l'intérieur. Le personnel soignant a dû évacuer les patients vers les sous-sols en pleine nuit, tandis que les secours tentaient de contenir un début d'incendie dans l'aile administrative. Cet établissement de santé, qui n'hébergeait aucun matériel militaire, illustre le caractère indiscriminé des frappes.

Bilan humain : 3 morts, 29 blessés dont 2 enfants à Kiev

Le bilan officiel, consolidé par l'administration militaire de Kiev dirigée par Tymur Tkachenko, fait état de 3 morts et 29 blessés dans la capitale, dont 2 enfants. Ces chiffres, confirmés par The Straits Times et La Libre Belgique, restent provisoires. Les secouristes continuaient de fouiller les décombres du bâtiment de Podilskyi en fin de matinée, craignant de nouveaux corps sous les gravats.

La difficulté d'établir un bilan précis dans l'immédiat après une attaque de cette ampleur est une constante de cette guerre. Les communications sont perturbées, les blessés graves sont évacués vers différents hôpitaux, et certaines victimes peuvent être découvertes tardivement. L'agence UNN a évoqué 4 victimes, une contradiction qui illustre le brouillard de guerre propre à ces nuits de bombardement.

Sous les décombres du 9 étages de Podilskyi

Le bâtiment de Podilskyi est devenu le symbole de cette attaque. Les images montrent une façade éventrée, des appartements dont le mobilier pend dans le vide, des murs porteurs réduits à l'état de gravats. Klitschko avait prévenu dès les premières minutes que des personnes pouvaient être piégées sous les décombres. Les équipes de secours ont déployé des chiens renifleurs et des détecteurs thermiques pour localiser d'éventuels survivants. Le travail est rendu plus périlleux par les incendies qui couvent sous les décombres et par l'instabilité de la structure. 

Pompiers intervenant sur un immeuble en feu à Kiev, rue enneigée, après une attaque russe.
Pompiers intervenant sur un immeuble en feu à Kiev, rue enneigée, après une attaque russe. — (source)

Les familles des résidents se sont rassemblées derrière les cordons de sécurité, téléphone à la main, attendant des nouvelles de leurs proches. Dans un tel contexte, chaque heure qui passe réduit les chances de retrouver des survivants. Les secouristes ont dû évacuer plusieurs fois la zone en raison de répliques et de chutes de matériaux.

Dnipro et Kharkiv frappées en même temps

Kiev n'était pas une cible isolée cette nuit-là. La Russie a coordonné des frappes sur plusieurs grandes villes ukrainiennes simultanément. À Dnipro, 5 personnes ont été tuées et 25 blessées. À Kharkiv, 10 blessés dont 1 enfant, après une attaque combinant 15 drones et 2 missiles, selon les données de La Libre Belgique

Avion militaire en vol lors d'une frappe sur Kiev, image de basse résolution.
Avion militaire en vol lors d'une frappe sur Kiev, image de basse résolution. — (source)

Cette simultanéité n'est pas un hasard. Elle démontre une planification minutieuse et une capacité de projection de force à l'échelle du territoire ukrainien. Les missiles Kalibr lancés depuis la mer Caspienne, les missiles balistiques tirés depuis le territoire russe et les drones Shahed lancés depuis des positions au sud et à l'est ont convergé vers leurs cibles selon un calendrier précis. L'objectif est clair : saturer la défense antiaérienne ukrainienne en multipliant les points d'attaque.

Sous les bombes, le réseau tient : les jeunes Kyïviens entre abris et lives

L'attaque du 2 juin révèle un visage particulier de la guerre : celui d'une génération qui vit les bombardements connectée. Les jeunes Kyïviens, nés avec un smartphone à la main, ont développé des réflexes de survie numérique qui transforment l'expérience de l'abri. 

Vue de Kiev la nuit avec une lueur d'incendie à l'horizon, illustrant l'attaque russe en cours.
Vue de Kiev la nuit avec une lueur d'incendie à l'horizon, illustrant l'attaque russe en cours. — (source)

Dans les stations de métro transformées en dortoirs, des centaines de jeunes sont installés sur des couvertures, téléphone dans une main, batterie externe dans l'autre. Certains filment le plafond des stations pour leurs stories Instagram, d'autres commentent en direct l'évolution de l'attaque sur les forums. Les « shelter selfies » — ces autoportraits pris dans les abris — sont devenus un marqueur générationnel de cette guerre. Le paradoxe est frappant : jamais les Kyïviens n'ont été aussi connectés que sous les bombes.

Le réseau Wi-Fi du métro, installé après 2022, permet de maintenir le lien avec les proches, de vérifier les informations et de documenter l'attaque en temps réel. Cette hyperconnexion est à la fois une bouée de sauvetage psychologique et une nouvelle forme de résistance civile.

Telegram, poste de commandement civil de la capitale

Telegram est devenu l'outil central de la gestion de crise à Kiev. Les canaux officiels — ceux de Klitschko, de Tkachenko, de l'administration militaire — diffusent les consignes en temps réel. Les jeunes s'abonnent à ces canaux par dizaines de milliers, mais aussi à des groupes privés où ils vérifient et croisent les informations.

Klitschko a écrit sur Telegram : « Dans le district Obolon, des voitures brûlent après avoir été touchées par des débris de missiles. Il y a aussi des incendies à deux endroits en zone ouverte, dont un près d'un jardin d'enfants », comme le cite RTÉ. Ce flux brut d'informations, sans filtre médiatique, crée une relation directe entre les autorités et la population. Les jeunes Ukrainiens sont devenus des experts en vérification d'information : ils comparent les sources, repèrent les comptes russes de désinformation, partagent les alertes de déminage.

Le métro de Kiev, dortoir connecté

Les stations de métro de Kiev ont été conçues comme des abris antiaériens dès l'époque soviétique. Leur profondeur — certaines descendent à plus de 100 mètres sous terre — en fait des refuges sûrs contre les bombardements. Mais depuis 2022, elles sont devenues bien plus que des abris : ce sont des dortoirs, des espaces de vie collective et des hubs numériques.

Lors de l'attaque du 2 juin, des milliers de personnes se sont précipitées vers les bouches de métro avec des sacs, des couvertures et des chargeurs de téléphone, comme l'ont observé les journalistes de La Libre Belgique. Sur les quais, des familles entières se sont installées pour la nuit. Les enfants dormaient sur des manteaux, les adultes scrolaient leur fil d'actualité. La présence de prises électriques et de Wi-Fi dans certaines stations a transformé l'expérience de l'abri. On recharge son téléphone en même temps que son corps. On continue de travailler, d'étudier, de communiquer.

Lives TikTok et stories Instagram depuis les abris

Les réseaux sociaux sont devenus le théâtre d'une guerre parallèle. Des centaines de jeunes Kyïviens ont diffusé en direct leur nuit dans le métro. Certains montrent les quais bondés, d'autres filment le sol qui tremble sous les impacts lointains. Ces vidéos, visionnées par des milliers de personnes à l'étranger, servent aussi de témoignage brut, sans montage ni commentaire officiel. Les likes et les partages deviennent une forme de soutien à distance. « Mes amis en Pologne me disent de tenir bon, ça aide », confie une étudiante de 19 ans dans une story devenue virale.

Mai 2026, mois record : 211 missiles et 8 150 drones avant l'assaut du 2 juin

L'attaque du 2 juin ne sort pas de nulle part. Elle s'inscrit dans une escalade méthodique de la Russie, dont mai 2026 a été le mois le plus intense. Selon les données compilées par les autorités ukrainiennes et rapportées par La Libre Belgique, la Russie a lancé 211 missiles et 8 150 drones longue portée en mai — une augmentation de 24% par rapport à avril.

Ces chiffres sont parmi les plus élevés depuis le début de l'invasion à grande échelle en février 2022. Ils témoignent d'une capacité de production industrielle maintenue malgré les sanctions, et d'une volonté politique de faire monter la pression sur les villes ukrainiennes. Le mois de mai a également vu l'utilisation répétée du missile Orechnik, un engin intermédiaire capable de porter une charge nucléaire, utilisé pour la troisième fois en mai. 

Kiev, capitale de l'Ukraine, cible d'une attaque russe massive le 2 juin 2026

Les frappes du 14 et 24 mai : répétitions générales

Le 14 mai, une attaque russe sur Kiev avait tué 24 personnes, dont 3 enfants, et blessé plus de 40 autres, selon France 24. Le 24 mai, une nouvelle salve massive de missiles balistiques et de drones avait fait 4 morts et une centaine de blessés. Cette attaque avait notamment touché le Musée national d'art et le Musée de Tchernobyl, des cibles non militaires qui avaient suscité l'indignation internationale.

Le 2 juin constitue donc la troisième attaque majeure sur Kiev en moins de trois semaines. La fréquence s'accélère, l'intensité augmente. Les Russes testent les défenses, identifient les failles, adaptent leurs tactiques. Les cibles civiles ne sont pas des dommages collatéraux. Le ciblage d'immeubles d'habitation, d'écoles, de musées et de jardins d'enfants répond à une logique de terreur.

Le missile Orechnik, arme hypersonique qui change la donne

Le missile Orechnik est un engin balistique intermédiaire d'une portée de 1 000 à 5 500 kilomètres, capable de transporter une ogive nucléaire. Même utilisé avec une charge conventionnelle, son impact psychologique est massif. Sa vitesse hypersonique — au-delà de Mach 5 — le rend extrêmement difficile à intercepter.

La Russie l'a utilisé pour la troisième fois en mai 2026, ciblant des infrastructures à Kiev et dans d'autres villes. Même sans ogive nucléaire, l'Orechnik change la donne : il oblige l'Ukraine à déployer ses systèmes les plus sophistiqués — Patriot, SAMP/T — sur chaque cible potentielle, réduisant leur disponibilité pour d'autres missions. Pour la population, l'arrivée de l'Orechnik ajoute une couche d'angoisse. Comment se protéger d'une arme qui frappe avant que les sirènes aient fini de sonner ?

Un record de drones longue portée en mai

Les 8 150 drones lancés en mai 2026 représentent une moyenne de 263 engins par jour. Ces drones Shahed, de fabrication iranienne, sont relativement lents et bruyants, mais leur coût de production est faible. La stratégie russe consiste à les utiliser en essaims pour saturer les défenses, pendant que les missiles plus sophistiqués frappent les cibles prioritaires. Cette tactique a fait ses preuves : malgré une interception réussie de 80 à 90% des drones, les 10 à 20% qui passent suffisent à causer des dégâts considérables.

La réponse de Moscou : frappes systématiques et missile Orechnik sur Kiev

Le Kremlin n'a pas attendu pour justifier l'attaque du 2 juin. Dès le 25 mai, la Russie avait averti qu'elle allait lancer des « frappes systématiques » sur les « centres de décision » à Kiev, et avait ordonné aux ressortissants étrangers de quitter la capitale, comme le rapporte la BBC. L'ultimatum était clair.

La justification officielle de l'attaque du 2 juin est une riposte à une frappe ukrainienne sur un dortoir à Starobilsk, dans la région de Louhansk occupée, le 22 mai. Cette attaque aurait tué 21 personnes, selon les autorités russes. L'Ukraine a démenti avoir visé des civils, affirmant avoir frappé une unité de drones d'élite russe stationnée dans le bâtiment.

Quelle que soit la vérité sur Starobilsk, l'utilisation de cet événement comme prétexte pour bombarder des immeubles d'habitation à Kiev pose la question du droit de la guerre. Les « frappes systématiques » annoncées par Moscou visent-elles réellement des centres de décision militaires, ou servent-elles à justifier le ciblage de zones civiles ?

L'affaire du dortoir de Starobilsk

Le 22 mai, une frappe ukrainienne a touché un bâtiment à Starobilsk, dans la région de Louhansk occupée par la Russie. Moscou a immédiatement crié au crime de guerre, affirmant que 21 civils avaient été tués dans un dortoir. L'Ukraine a répondu que la cible était une unité d'élite de drones russes, et que les victimes étaient des militaires, selon RTÉ.

La vérité est difficile à établir dans une zone de guerre où chaque camp manipule l'information. Ce qui est certain, c'est que cet événement a servi de déclencheur à l'escalade de fin mai-début juin. Le 25 mai, le Kremlin a annoncé des « représailles » et ordonné aux étrangers de quitter Kiev. L'ironie est amère : la Russie accuse l'Ukraine de cibler des civils, puis bombarde des immeubles d'habitation à Kiev.

« Frappes systématiques » sur les centres de décision

L'avertissement du Kremlin du 25 mai était sans ambiguïté : la Russie allait frapper « systématiquement » les « centres de décision » à Kiev. Les diplomates étrangers ont été invités à quitter la capitale. Les habitants ont compris que le pire était à venir.

Le 2 juin, la menace s'est concrétisée. Mais les « centres de décision » visés ressemblent étrangement à des immeubles d'habitation, à des jardins d'enfants, à des quartiers résidentiels. La distinction entre cible militaire et cible civile s'efface dans la fumée des bombes. La Russie justifie ces frappes en affirmant que l'armée ukrainienne utilise des zones civiles pour installer ses postes de commandement. L'Ukraine dément. Ce qui est certain, c'est que ce sont les civils qui paient le prix le plus lourd.

L'ultimatum aux étrangers

Le 25 mai, Moscou avait également ordonné aux ressortissants étrangers de quitter Kiev, affirmant ne pas pouvoir garantir leur sécurité face aux frappes à venir. Cet ordre, relayé par les ambassades, a provoqué un exode partiel des expatriés et des organisations internationales présentes dans la capitale. Les écoles internationales ont fermé, les ONG ont réduit leurs effectifs. Pour les Kyïviens, ce signal était clair : la Russie préparait une escalade majeure.

Étudier et survivre à Kiev : la jeunesse ukrainienne face à l'épuisement

Les nuits sans sommeil s'accumulent. Les alertes aériennes nocturnes sont devenues la norme. « Longtemps, le sentiment qui dominait à Kiev était celui d'une ville relativement protégée de la guerre, malgré les bombardements russes qui la touchaient de temps à autre. Mais la récente intensification des frappes s'étalant sur plusieurs heures, la nuit, privant de sommeil les 3 millions d'habitants de la capitale ukrainienne, a imposé un sentiment accru d'insécurité », écrivait Le Monde fin juin 2025. Un an plus tard, la situation a empiré.

Pour les jeunes Kyïviens, la guerre est devenue une toile de fond permanente. Les cours en ligne depuis les abris, les examens passés entre deux alertes, les relations sociales maintenues à distance : la vie étudiante a été redéfinie par le conflit. Le sentiment d'épuisement est palpable. Certains tiennent le coup grâce aux réseaux sociaux, aux groupes de soutien psychologique en ligne, à la solidarité numérique. D'autres ont fui — vers l'ouest de l'Ukraine, vers l'Europe.

La Génération Z ukrainienne entre exil et résistance

Les jeunes Ukrainiens ont grandi avec la guerre. Ceux qui avaient 16 ans en février 2022 en ont 20 aujourd'hui. Leur adolescence a été marquée par les alertes aériennes, les coupures de courant, les nuits dans le métro. Pourtant, beaucoup refusent de partir.

Sur Telegram, des groupes de soutien psychologique se sont formés. Des étudiants organisent des cours en ligne gratuits pour ceux qui ont perdu leur école. Des collectes de fonds sont lancées pour acheter des drones ou des voitures pour l'armée. La résistance prend des formes numériques. Mais l'épuisement est réel. « Nous ne voyons pas la fin de cette guerre », confiait Lydia Snyhir, une ouvrière à la retraite installée dans un quartier de Kiev depuis trente-cinq ans, au Monde. « Poutine détruit Kharkiv, Odessa… Mais il veut faire de Kiev son dessert. »

Des nuits sans sommeil et une vie sociale redessinée

Le rythme des alertes nocturnes a un impact direct sur la santé mentale. Les troubles du sommeil, l'anxiété chronique, la dépression sont en forte hausse. Les services de psychiatrie sont débordés.

La vie sociale est également affectée. Sortir le soir est devenu risqué : une alerte peut survenir à tout moment, et les déplacements sont compliqués par les couvre-feux et les contrôles militaires. Les relations amoureuses, les amitiés, les projets d'avenir sont mis entre parenthèses. Les écoles et universités fonctionnent en mode hybride : cours en présentiel quand la situation le permet, cours en ligne quand les alertes se multiplient. Le rythme scolaire est haché, les apprentissages perturbés.

Le soutien psychologique en ligne

Face à l'épuisement, des initiatives de soutien psychologique ont émergé sur les réseaux sociaux. Des psychologues bénévoles animent des groupes de parole sur Telegram et Signal. Des applis de méditation guidée en ukrainien ont vu leur téléchargement exploser. Les jeunes y partagent des techniques pour gérer l'anxiété, des conseils pour mieux dormir malgré les alertes, des astuces pour maintenir une routine. Ces espaces numériques sont devenus des refuges où l'on peut parler de ses peurs sans être jugé.

L'histoire inachevée du 2 juin 2026 : le récit d'une guerre quotidienne

L'attaque du 2 juin 2026 n'est pas un événement isolé. C'est un nouveau palier dans une guerre d'usure qui dure depuis plus de quatre ans. Chaque nuit de bombardement laisse des traces — des morts, des blessés, des bâtiments détruits, des vies brisées. Mais chaque matin, Kiev se relève. Les habitants sortent des abris, balayent les débris, vérifient les dégâts. Les réseaux Wi-Fi sont rétablis, les lignes électriques réparées, les écoles rouvertes.

Cette résilience est devenue la marque de fabrique de la capitale ukrainienne. Pourtant, l'absence de perspective de paix pèse lourd. Les négociations sont au point mort. Les positions des deux camps sont irréconciliables. La guerre s'installe dans la durée, et avec elle, l'idée que Kiev pourrait ne jamais retrouver la paix. Le panache de fumée au-dessus de la ville, immortalisé par les photographes de presse, restera comme l'image de cette nuit du 2 juin. Une image de destruction, mais aussi de survie.

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Questions fréquentes

Quel est le bilan de l'attaque russe sur Kiev le 2 juin 2026 ?

L'attaque a fait 3 morts et 29 blessés, dont 2 enfants, selon l'administration militaire de Kiev. Les secouristes continuaient de fouiller les décombres en fin de matinée, ce qui rend le bilan provisoire.

Quels districts de Kiev ont été touchés le 2 juin 2026 ?

Les districts Chevtchenko, Podilskyi et Obolonskyi ont été les plus touchés. Un immeuble de 24 étages était en feu à Chevtchenko, un bâtiment de 9 étages s'est partiellement effondré à Podilskyi, et des voitures brûlaient à Obolonskyi.

Pourquoi la Russie a-t-elle attaqué Kiev le 2 juin 2026 ?

Moscou a justifié l'attaque comme une riposte à une frappe ukrainienne sur un dortoir à Starobilsk le 22 mai, qui aurait tué 21 personnes selon les autorités russes. Le Kremlin avait également annoncé des « frappes systématiques » sur les centres de décision à Kiev dès le 25 mai.

Comment les jeunes Kyïviens vivent-ils les bombardements ?

Ils utilisent massivement Telegram et les réseaux sociaux pour suivre les alertes, diffuser des lives depuis les abris et maintenir le lien avec leurs proches. Les stations de métro, équipées de Wi-Fi, sont devenues des dortoirs connectés où ils rechargent téléphones et batteries externes.

Quel était le record de frappes russes en mai 2026 ?

La Russie a lancé 211 missiles et 8 150 drones longue portée en mai 2026, soit une augmentation de 24% par rapport à avril. Ce mois a également vu la troisième utilisation du missile hypersonique Orechnik.

Sources

  1. Agnès Gautheron, ses dernières publications dans Le Monde · lemonde.fr
  2. bbc.com · bbc.com
  3. france24.com · france24.com
  4. - UKRAINE UNDER SIEGE · govinfo.gov
  5. kyivpost.com · kyivpost.com
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Sarah Lebot @world-watcher

Journaliste en herbe, je synthétise l'actu mondiale pour ceux qui n'ont pas le temps de tout suivre. Étudiante en journalisme à Sciences Po Lille, je contextualise les événements sans prendre parti. Mon objectif : rendre l'info accessible et compréhensible, surtout pour ma génération. Pas de jargon, pas de sensationnalisme – juste les faits et leur contexte. Parce que comprendre le monde, c'est le premier pas pour le changer.

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