Drapeau ukrainien avec de la fumée noire s'élevant à Kiev lors de l'alerte aérienne.
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Kiev sous les bombes russes : le récit d’une nuit d’alerte aux missiles

Plongez au cœur d'une nuit d'horreur à Kiev : trois vagues de missiles russes, un immeuble effondré, 52 000 civils terrés dans le métro.

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Plus de dix explosions ont déchiré le ciel de Kiev dans la nuit du 5 au 6 juillet 2026, alors que les sirènes hurlaient sur toute la capitale ukrainienne. Les forces russes ont lancé trois vagues de missiles balistiques contre la ville, visant des quartiers résidentiels et provoquant l'effondrement partiel d'un immeuble d'habitation dans le district de Podilskyi. Cette attaque, la troisième majeure en une semaine, survient à la veille du sommet de l'OTAN à Ankara et interroge sur la stratégie du Kremlin alors que les canaux diplomatiques s'activent.

Drapeau ukrainien avec de la fumée noire s'élevant à Kiev lors de l'alerte aérienne.
Drapeau ukrainien avec de la fumée noire s'élevant à Kiev lors de l'alerte aérienne. — (source)

L’alerte qui déchire la nuit : le récit de l’attaque du 6 juillet 2026

Il est 1 h 40 du matin lorsque les premières sirènes retentissent dans Kiev. Les habitants, habitués à ces bruits sinistres, se lèvent mécaniquement et attrapent leurs sacs d'urgence. Mais cette fois, l'alerte n'est pas un exercice. À 1 h 42, les premières explosions secouent le centre-ville. Les fenêtres vibrent, les immeubles tremblent. Sur les réseaux sociaux, les vidéos affluent : des flashs lumineux dans le ciel, des colonnes de fumée, des débris qui tombent.

La défense antiaérienne ukrainienne s'active immédiatement. Les systèmes Patriot et SAMP/T entrent en action, mais le nombre de missiles est écrasant. Selon le Kyiv Independent, trois vagues distinctes frappent la capitale : à 1 h 40, puis à 2 h 10, et enfin à 3 h 15. Chaque vague est composée de missiles balistiques, dont des Iskander et des Kh-47M2 Kinjal, capables d'atteindre leur cible en quelques minutes après le lancement.

Un panache de fumée noire s'élève au-dessus des immeubles de Kiev lors d'une alerte aux missiles.
Un panache de fumée noire s'élève au-dessus des immeubles de Kiev lors d'une alerte aux missiles. — (source)

Le maire de Kiev, Vitali Klitschko, confirme sur sa chaîne Telegram que la défense antiaérienne est en action et appelle les habitants à rester dans les abris. Mais pour ceux qui n'ont pas eu le temps de descendre, la terreur est totale. Les explosions sont si proches que le sol vibre sous les pieds.

Trois vagues de missiles balistiques : 1 h 40, 2 h 10, 3 h 15

Les trois vagues de missiles balistiques sont confirmées par les autorités ukrainiennes et les médias internationaux. La première vague, à 1 h 40, vise principalement les infrastructures critiques du centre-ville. La seconde, deux heures plus tard, cible les quartiers résidentiels de l'ouest. La troisième, à 3 h 15, frappe le district de Podilskyi, où se trouve l'immeuble partiellement effondré.

Un camion de pompiers devant un bâtiment en flammes à Kiev lors de l'alerte aérienne.
Un camion de pompiers devant un bâtiment en flammes à Kiev lors de l'alerte aérienne. — (source)

Ce qui rend cette attaque particulièrement terrifiante, c'est l'intervalle entre les vagues. Les habitants qui croyaient que le danger était passé après la première alerte sont brutalement rappelés à la réalité par les sirènes qui repartent. Cette stratégie de harcèlement nocturne est un classique de la guerre d'usure menée par Moscou : empêcher les civils de dormir, épuiser leur résistance psychologique.

Les analystes militaires soulignent que l'utilisation massive de missiles balistiques plutôt que de drones est un choix délibéré. Les missiles balistiques sont plus difficiles à intercepter, leur temps de vol est plus court, et ils sèment la panique. Selon les données de l'armée de l'air ukrainienne, 20 missiles balistiques et plusieurs missiles Zircon ont été lancés cette nuit-là.

L’immeuble résidentiel du quartier Podilskyi : entre les 7ᵉ et 9ᵉ étages, des habitants piégés

Le point chaud de l'attaque se situe dans le quartier de Podilskyi, un secteur résidentiel dense au nord-ouest du centre-ville. Un immeuble de neuf étages est frappé de plein fouet par un missile balistique. Les étages situés entre le 7ᵉ et le 9ᵉ s'effondrent partiellement, emprisonnant plusieurs familles sous les décombres.

Un homme observe un immeuble résidentiel endommagé par une attaque de missiles à Kiev.
Un homme observe un immeuble résidentiel endommagé par une attaque de missiles à Kiev. — (source)

Les images diffusées par UNITED24 Media montrent une scène de chaos : des voitures en feu dans le parking adjacent, des débris éparpillés sur plusieurs centaines de mètres, et des secouristes qui tentent d'atteindre les survivants. Les opérations de sauvetage sont compliquées par le risque d'effondrement supplémentaire et par les incendies qui ravagent les étages inférieurs.

Immeuble résidentiel gravement endommagé après une attaque à Kiev, avec une section effondrée et de la fumée.
Immeuble résidentiel gravement endommagé après une attaque à Kiev, avec une section effondrée et de la fumée. — (source)

Les secours parviennent à évacuer 15 personnes, dont 3 femmes et 6 enfants, depuis les étages supérieurs à l'aide de grandes échelles et de cordes. Mais le bilan est lourd : 5 civils sont tués sur le coup, et 18 autres sont blessés, dont plusieurs grièvement. Dans le district de Bucha, une autre personne est tuée par des éclats de missile.

Record humain : 52 500 Kievans réfugiés dans le métro pendant les frappes

Conséquences d'une attaque de missiles à Kurakhove, dans la région de Donetsk, en janvier 2024.
Conséquences d'une attaque de missiles à Kurakhove, dans la région de Donetsk, en janvier 2024. — National Police of Ukraine / CC BY 4.0 / (source)

Alors que les missiles pleuvent sur la capitale, des dizaines de milliers de Kievans cherchent refuge dans les entrailles de la ville. Le métro de Kiev, l'un des plus profonds du monde, est devenu depuis février 2022 le plus grand abri antiaérien d'Europe. Ses 46 stations, creusées à plus de 100 mètres sous terre, offrent une protection quasi absolue contre les bombardements.

Lors de l'attaque du 2 juillet, un record a été battu : 52 500 personnes se sont réfugiées dans les stations, dont 4 500 enfants. Les chiffres du 6 juillet, bien que non encore officiels, devraient être comparables. Les quais, les escaliers mécaniques, les couloirs de correspondance : chaque mètre carré est occupé par des familles entassées sur des couvertures, des sacs de couchage improvisés, des cartons.

Les 46 stations ouvertes 24 h/24 : le plus grand abri anti-aérien d’Europe

Depuis le début de la guerre, les autorités de Kiev ont transformé le réseau métropolitain en un vaste abri civil. Les 46 stations restent ouvertes 24 heures sur 24, et des équipes de bénévoles distribuent de l'eau, des couvertures et des repas chauds. Selon Franceinfo qui cite Suspilne, le service de radiodiffusion public ukrainien, la nuit du 2 juillet a vu le plus grand afflux de personnes dans les stations depuis le début de l'invasion à grande échelle.

Les bancs des stations sont transformés en lits de fortune. Les parents installent leurs enfants sur les genoux, les jeunes couples partagent un seul matelas gonflable. Les couloirs résonnent des pleurs des bébés et des conversations à voix basse. Certains tentent de dormir, d'autres regardent leur téléphone pour suivre l'évolution de l'alerte.

Le métro de Kiev est un microcosme de la société ukrainienne en temps de guerre : des retraités qui n'ont nulle part où aller, des étudiants qui ont leurs cours en ligne depuis les quais, des familles déplacées de l'est du pays qui ont déjà tout perdu une première fois. La promiscuité est extrême, mais personne ne se plaint. Dans ces moments-là, la solidarité prend le pas sur l'inconfort.

Nuits blanches sous les bombes : l’épuisement psychologique des familles

Mais cette vie sous terre a un coût psychologique terrible. Les témoignages recueillis par La Croix décrivent une fatigue chronique, une angoisse permanente qui ronge les familles. Les enfants développent des troubles du sommeil, des tics nerveux, des crises d'angoisse à chaque fois que les sirènes retentissent.

« On a passé la nuit dans la station Maidan Nezalezhnosti, raconte Olena, 34 ans, mère de deux enfants. Les petits étaient terrorisés. Mon fils de 6 ans n'arrêtait pas de demander si on allait mourir. J'ai dû lui mentir, lui dire que tout allait bien. Mais je n'en sais rien. »

Cette lassitude gagne une partie de la population. Après plus de quatre ans de guerre, certains Kievans choisissent de ne plus descendre dans les abris, préférant prendre le risque de rester chez eux. Un phénomène de « fatigue des alertes » s'observe dans les quartiers les plus éloignés du centre. Mais les frappes du 6 juillet montrent que personne n'est à l'abri, même dans les zones résidentielles.

Pourquoi Kiev reste la cible numéro un de la Russie en 2026

Au-delà du drame humain, une question se pose : pourquoi Kiev reste-t-elle la cible prioritaire des forces russes, même en l'absence de gains territoriaux significatifs sur le front terrestre ? La réponse tient à la fois à la symbolique politique et à la stratégie militaire.

Deux hommes parmi les décombres après les frappes russes sur Kiev, avec un bâtiment endommagé et une voiture détruite.
Deux hommes parmi les décombres après les frappes russes sur Kiev, avec un bâtiment endommagé et une voiture détruite. — (source)

Kiev n'est pas seulement la capitale de l'Ukraine. C'est le centre névralgique du commandement militaire, le siège du gouvernement, le symbole de la souveraineté nationale. Frapper Kiev, c'est frapper le cœur du pays. C'est envoyer un message à la fois aux Ukrainiens et à la communauté internationale : Moscou peut atteindre n'importe quelle cible, n'importe quand.

Le symbole politique et le centre de commandement à abattre

Depuis l'échec de l'offensive terrestre de 2022, la Russie n'a jamais réussi à s'approcher à moins de 30 kilomètres du centre de Kiev. Les forces ukrainiennes ont repoussé les colonnes blindées russes aux portes de la ville, infligeant des pertes sévères. Cette défaite cuisante reste une humiliation pour le Kremlin.

En 2026, l'armée russe n'a toujours pas réalisé de percée majeure sur le front. Comme le montre notre analyse des gains territoriaux russes, Moscou n'a gagné aucun mètre carré significatif en mars 2026. Face à cette impasse, les frappes de missiles sur Kiev deviennent un substitut à la victoire sur le terrain. Bombarder la capitale permet de maintenir la pression psychologique et de montrer que la guerre n'est pas finie.

Le Kremlin utilise également ces frappes pour tester la résilience de la défense antiaérienne ukrainienne. Chaque vague de missiles est une occasion de cartographier les positions des systèmes Patriot, d'identifier les failles et d'adapter les tactiques. Les missiles balistiques, en particulier, sont conçus pour saturer les défenses et créer des brèches.

Une guerre d’usure économique : le coût des frappes sur les infrastructures civiles

Mais la cible n'est pas seulement militaire. Les frappes du 6 juillet visent délibérément les infrastructures civiles : immeubles d'habitation, réseaux électriques, dépôts de carburant. Le 2 juillet, l'entreprise énergétique DTEK a confirmé que ses installations avaient été touchées, provoquant des coupures d'électricité dans plusieurs quartiers.

Cette stratégie d'usure économique est parfaitement calculée. En détruisant les infrastructures, la Russie oblige l'Ukraine à investir massivement dans la reconstruction, détournant des ressources qui pourraient être utilisées pour l'effort de guerre. Chaque missile qui frappe un entrepôt, une centrale électrique ou un immeuble résidentiel a un effet multiplicateur : non seulement il cause des dégâts immédiats, mais il paralyse l'activité économique pendant des semaines, voire des mois.

Le 2 juillet, un entrepôt contenant 800 000 livres a été réduit en cendres. Ce n'est pas un objectif militaire, mais un acte de destruction culturelle et économique. La Russie sait que l'Ukraine ne peut pas se permettre de perdre ses infrastructures civiles sans conséquences à long terme.

Le sommet de l’OTAN en toile de fond : Moscou teste-t-il l’unité occidentale ?

Le timing de l'attaque du 6 juillet n'a rien d'un hasard. Elle survient à la veille du sommet de l'OTAN qui se tient à Ankara les 7 et 8 juillet, et juste après les appels téléphoniques du 4 juillet entre Donald Trump, Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky. Le message est clair : Moscou dicte le tempo de la guerre, et les canaux diplomatiques ne freinent pas l'escalade.

Le 4 juillet, jour de l'Indépendance américaine et 250ᵉ anniversaire des États-Unis, Trump s'est entretenu avec Poutine pendant 85 à 90 minutes. Le président américain a proposé son aide pour mettre fin à la guerre. Dans la foulée, il a appelé Zelensky, qui a qualifié l'échange de « très bon ». Mais les bombes qui tombent sur Kiev deux jours plus tard montrent que les paroles ne suffisent pas.

Frappes et diplomatie : les bombes comme langage politique

Les frappes du 6 juillet sont un langage politique adressé à l'OTAN. Le Kremlin envoie un signal : les discussions diplomatiques ne l'empêcheront pas de poursuivre son offensive. Au contraire, plus l'Occident se rapproche de l'Ukraine, plus Moscou intensifie les bombardements.

Cette escalade intervient dans un contexte de tensions croissantes au sein de l'alliance atlantique. Les pays membres sont divisés sur le niveau de soutien à apporter à l'Ukraine. Certains, comme la Hongrie et la Slovaquie, plaident pour une désescalade et des négociations. D'autres, comme les pays baltes et la Pologne, réclament un renforcement de l'aide militaire.

En frappant Kiev juste avant le sommet, Poutine teste l'unité de l'OTAN. Si l'alliance réagit avec fermeté, le message sera que la Russie ne peut pas intimider l'Occident. Si, en revanche, les divisions s'accentuent, Moscou y verra une faiblesse à exploiter.

Le sommet d’Ankara : un tournant dans la solidarité militaire ?

Le sommet de l'OTAN à Ankara est crucial pour l'avenir de l'Ukraine. Les discussions portent sur les garanties de sécurité à offrir à Kiev, notamment le déploiement de systèmes de défense aérienne supplémentaires. La France, par la voix de son ministère des Affaires étrangères, a condamné les frappes du 2 juillet, les qualifiant de « mépris du droit humanitaire international ».

Mais les paroles ne suffisent pas. L'Ukraine réclame des Patriot supplémentaires, des systèmes SAMP/T, des munitions. Chaque missile abattu par la défense antiaérienne coûte plusieurs millions de dollars, tandis que les drones Shahed russes coûtent quelques dizaines de milliers de dollars. Le rapport de force économique est asymétrique, et l'Occident peine à suivre le rythme de production russe.

La visite surprise de Mark Rutte à Kiev, quelques jours avant le sommet, a montré que l'OTAN cherche à rassurer l'Ukraine. Mais les frappes du 6 juillet rappellent que la réalité du terrain est bien plus brutale que les déclarations diplomatiques.

La jeunesse ukrainienne face aux missiles : résilience ou lassitude ?

Pour les jeunes Ukrainiens âgés de 16 à 25 ans, la guerre est devenue une réalité quotidienne depuis plus de quatre ans. Cette génération a grandi avec les sirènes, les alertes, les nuits passées dans les abris. Mais comment construire une vie quand chaque nuit peut être la dernière ?

Les témoignages recueillis par le Kyiv Independent dressent un portrait contrasté de cette jeunesse. D'un côté, une résilience impressionnante, une capacité à s'adapter et à continuer malgré tout. De l'autre, une lassitude profonde, un sentiment d'impuissance face à un conflit qui semble sans fin.

« Nos nuits sont rythmées par les sirènes » : le quotidien des étudiants et jeunes actifs

« Nos nuits sont rythmées par les sirènes », confie Dmytro, 22 ans, étudiant en informatique à l'Université polytechnique de Kiev. « On a appris à vivre avec. On sait qu'à 2 heures du matin, il faut descendre. On prend son ordinateur, ses écouteurs, et on continue à travailler dans le métro. »

Le télétravail et les cours en ligne sont devenus la norme. Mais les interruptions constantes rendent la concentration difficile. Les jeunes actifs racontent des réunions Zoom interrompues par les sirènes, des examens passés dans les couloirs du métro, des projets professionnels mis en pause indéfiniment.

Les lieux de socialisation ont également été transformés. Les cafés, les bars, les salles de concert sont devenus des abris. À Kiev, certains établissements ont aménagé leurs caves en espaces de coworking. « On se retrouve entre amis au sous-sol, on boit un verre, on écoute de la musique, et on attend que ça passe », raconte Anna, 24 ans.

Mais cette adaptation a un coût. Les jeunes rapportent une fatigue chronique, des troubles du sommeil, une anxiété généralisée. Les relations amoureuses sont compliquées par l'incertitude. Faire des projets à long terme semble impossible. « On vit au jour le jour, confie Dmytro. On ne peut pas planifier un voyage, un mariage, des enfants. Tout est suspendu. »

Telegram, Instagram et Twitter : les réseaux sociaux comme fenêtre sur l’alerte

Dans cette guerre moderne, les réseaux sociaux jouent un rôle central. Les jeunes Ukrainiens utilisent Telegram, Instagram et Twitter pour suivre les alertes, partager des informations et documenter les frappes. Les chaînes Telegram des autorités locales et des médias indépendants sont devenues des sources d'information vitales.

Lors de l'attaque du 6 juillet, les réseaux sociaux ont été inondés de vidéos et de photos des explosions. Les jeunes ont partagé des cartes des alertes, des itinéraires vers les abris les plus proches, des conseils de survie. Sur le subreddit r/worldnews, un live thread a été créé pour suivre l'évolution de la situation, rassemblant des témoignages et des mises à jour en temps réel.

Ces plateformes sont à la fois un exutoire et un canal d'information. Les jeunes y expriment leur colère, leur peur, leur détermination. Mais elles sont aussi un terrain de désinformation. Les autorités ukrainiennes appellent régulièrement à ne pas partager d'informations sur les positions des défenses antiaériennes, qui pourraient être exploitées par l'ennemi.

Vague après vague : la machine de guerre russe peut-elle tenir le rythme ?

Les chiffres donnent le vertige. Le 2 juillet, la Russie a lancé 74 missiles et 496 drones contre l'Ukraine. Le 6 juillet, une nouvelle salve de missiles balistiques a frappé Kiev. Cette intensité interroge sur la capacité de la machine de guerre russe à tenir le rythme, mais aussi sur la capacité de l'Ukraine et de ses alliés à y faire face.

Des pompiers interviennent sur un véhicule en feu après une attaque de missiles et de drones sur Kiev.
Des pompiers interviennent sur un véhicule en feu après une attaque de missiles et de drones sur Kiev. — (source)

Le prix d’une salve : 74 missiles, 496 drones, un coût qui interroge

L'attaque du 2 juillet a été l'une des plus massives depuis le début de la guerre. Selon le Kyiv Independent, 28 missiles balistiques ont été lancés, un record pour une seule attaque. 46 missiles de croisière et 496 drones Shahed ont complété la salve. Les défenses ukrainiennes ont abattu 48 missiles et 476 drones, mais 25 missiles balistiques et 12 drones ont atteint leurs cibles, touchant 33 sites à travers le pays.

Le coût financier de ces attaques est colossal. Un drone Shahed coûte entre 20 000 et 50 000 dollars à produire. Un missile de croisière Kalibr coûte environ 6,5 millions de dollars. Un missile balistique Iskander coûte environ 3 millions de dollars. La salve du 2 juillet a coûté à la Russie entre 500 millions et 1 milliard de dollars.

Mais le coût pour l'Ukraine est encore plus élevé. Chaque missile intercepté par un système Patriot coûte environ 4 millions de dollars. Les intercepteurs des systèmes SAMP/T et NASAMS sont également très onéreux. Le rapport de force économique est profondément asymétrique : la Russie peut se permettre de perdre des missiles, l'Ukraine ne peut pas se permettre d'intercepter toutes les menaces.

Course aux armements : production russe, stocks occidentaux, qui tient ?

La question centrale est celle de la soutenabilité. La Russie a augmenté sa production de missiles et de drones depuis 2022, bénéficiant de l'aide de l'Iran pour les drones Shahed et de la Corée du Nord pour les munitions d'artillerie. Selon les renseignements occidentaux, Moscou produit désormais environ 200 missiles de croisière par mois, contre une centaine au début de la guerre.

De l'autre côté, les stocks occidentaux s'épuisent. Les États-Unis et les pays européens peinent à renouveler leurs arsenaux de missiles antiaériens. La production de missiles Patriot est limitée, et les délais de livraison s'allongent. L'Ukraine doit faire des choix difficiles : protéger Kiev ou protéger d'autres villes ? Intercepter un missile coûteux ou le laisser passer ?

Cette asymétrie pose la question de la durabilité du soutien occidental. Les budgets de défense des pays de l'OTAN sont sous pression. L'opinion publique, surtout en Europe de l'Ouest, commence à montrer des signes de lassitude face à une guerre qui s'éternise. Les gouvernements doivent arbitrer entre la défense de l'Ukraine et leurs propres besoins de sécurité.

Conclusion : le fracas des bombes et l’absence de trêve

La nuit du 5 au 6 juillet 2026 restera dans les mémoires comme une nouvelle étape de la guerre d'usure que la Russie impose à l'Ukraine. Plus de dix explosions, trois vagues de missiles, un immeuble effondré, des morts, des blessés, des familles entassées dans le métro. Kiev résiste, mais le coût humain et matériel est immense.

Un été 2026 sous le signe de l’incertitude stratégique

Malgré la destruction, la défense aérienne ukrainienne continue de fonctionner. Les systèmes Patriot et SAMP/T abattent la majorité des missiles, mais pas tous. La vie reprend entre les alertes, les cafés rouvrent, les enfants retournent à l'école. Mais l'horizon d'une trêve s'éloigne à mesure que les attaques redoublent d'intensité.

Le sommet de l'OTAN à Ankara apportera-t-il des garanties concrètes ? Les appels de Trump à Poutine et Zelensky déboucheront-ils sur une désescalade ? Rien n'est moins sûr. Les bombes qui tombent sur Kiev sont un langage politique : celui de la force, de l'intimidation, de la guerre sans fin.

Kiev résiste, mais le temps joue-t-il pour l’Ukraine ?

La résilience de la population ukrainienne est impressionnante. Mais elle n'est pas infinie. La fatigue psychologique, le coût économique, l'usure des soutiens occidentaux : autant de fragilités qui s'accumulent. La question fondamentale de la guerre en 2026 reste posée : le temps joue-t-il pour l'Ukraine ou pour la Russie ?

Kiev tient, mais chaque nuit de bombardements rappelle que la guerre est loin d'être finie. Et que le prix de la liberté se paie, jour après jour, dans le fracas des bombes et le silence des abris.

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Questions fréquentes

Combien de vagues de missiles ont frappé Kiev le 6 juillet ?

Trois vagues de missiles balistiques ont frappé Kiev dans la nuit du 5 au 6 juillet 2026, à 1h40, 2h10 et 3h15 du matin, visant le centre-ville, les quartiers ouest et le district de Podilskyi.

Pourquoi Kiev reste-t-elle une cible prioritaire pour la Russie ?

Kiev est le centre névralgique du commandement militaire et le symbole de la souveraineté ukrainienne. En l'absence de gains territoriaux, les frappes sur la capitale permettent à Moscou de maintenir la pression psychologique et de tester la défense antiaérienne ukrainienne.

Combien de personnes se sont réfugiées dans le métro de Kiev ?

Lors de l'attaque du 2 juillet 2026, un record de 52 500 personnes, dont 4 500 enfants, se sont réfugiées dans les 46 stations du métro de Kiev, transformées en abris antiaériens ouverts 24h/24.

Quel immeuble a été touché par un missile à Podilskyi ?

Un immeuble résidentiel de neuf étages dans le quartier de Podilskyi a été frappé de plein fouet par un missile balistique. Les étages entre le 7ᵉ et le 9ᵉ se sont effondrés partiellement, tuant 5 civils et en blessant 18 autres.

Quel est le coût des frappes russes pour l'Ukraine ?

Le coût est asymétrique : un missile russe Iskander coûte environ 3 millions de dollars, tandis qu'un intercepteur Patriot coûte environ 4 millions de dollars. L'Ukraine ne peut pas intercepter toutes les menaces, ce qui épuise ses ressources et celles de ses alliés occidentaux.

Sources

  1. Le Monde - Toute l’actualité en continu · lemonde.fr
  2. Guerre Ukraine - Russie : pourquoi l'Ukraine n'attaque-t-elle pas le convoi russe ? Et d'autres questions - BBC News Afrique · bbc.com
  3. cnn.com · cnn.com
  4. Offensive de Kiev — Wikipédia · fr.wikipedia.org
  5. franceinfo.fr · franceinfo.fr
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Sarah Imbot @street-voice

Originaire de Saint-Denis, je raconte la société française telle que je la vis : les quartiers, les galères du quotidien, mais aussi les solidarités qu'on ne montre jamais à la télé. Bénévole dans une asso d'aide aux devoirs, je crois au pouvoir des histoires de terrain.

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