Péter Magyar en costume bleu foncé, chemise blanche et cravate bleue, regardant légèrement sur le côté sur une photo rapprochée.
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En Hongrie, Péter Magyar taxe les fortunes et allège les bas salaires

Le chrétien-démocrate Péter Magyar taxe les fortunes des proches d'Orbán et allège les bas salaires, mais son pari anti-corruption menace les fonds européens. Face au déficit, les experts doutent de cette réforme fiscale souverainiste.

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Péter Magyar, Premier ministre hongrois et chef du parti TISZA, applique une réforme fiscale qui frappe les patrimoines élevés et allège les bas salaires. Il présente ces mesures comme une lutte anti-corruption et un acte de justice sociale, sans renier son identité centre-droit.

Péter Magyar en costume bleu foncé, chemise blanche et cravate bleue, regardant légèrement sur le côté sur une photo rapprochée.
Péter Magyar en costume bleu foncé, chemise blanche et cravate bleue, regardant légèrement sur le côté sur une photo rapprochée. — (source)

Le 12 avril 2026, TISZA a remporté une supermajorité des deux tiers au Parlement, mettant fin aux 16 ans de pouvoir de Viktor Orbán (Hongrie : Péter Magyar triomphe et Orbán chute après 16 ans de pouvoir). Magyar est devenu chef du gouvernement lors d'une cérémonie inédite (Hongrie : Péter Magyar prête serment comme Premier ministre lors d'une cérémonie inédite). Les sources disponibles décrivent TISZA comme un parti centre-droit, chrétien-démocrate, anti-corruption et pro-européen. Cette description contredit la qualification de « droite extrême élitiste » parfois employée dans le sujet initial.

Le système fiscal hongrois avant la réforme

Le système actuel est regressif. L'impôt sur le revenu est flat à 15 %. Les plus-values et dividendes sont taxés à 15 %, l'impôt sur les sociétés à 9 %. La TVA atteint 27 %, le taux le plus élevé de l'Union européenne. Cette taxe à la consommation pèse davantage sur les bas revenus, qui consacrent une part plus forte de leur budget aux biens de base. Les travailleurs paient en outre 18,5 % de cotisations sociales.

Les mesures fiscales annoncées

TISZA prévoit un impôt sur la fortune de 1 % par an sur les actifs dépassant 1 milliard de forints (environ 2,6 millions d'euros). Magyar a publié cet engagement sur X l'été dernier, écrivant que ce n'est « pas une punition mais un signe de justice sociale et de solidarité dans un pays fonctionnel et humain ». Le seuil s'applique à la fraction du patrimoine au-delà de 1 milliard, incluant biens immobiliers, actions, actifs étrangers, yachts, jets privés, œuvres d'art et voitures de sport. Les biens du conjoint et des enfants sont aussi imposables, pour éviter l'évitement.

Cet impôt vise les oligarques de l'ère Orbán. L'économiste Zoltán Pogátsa, cité par The Guardian, estime que 38 des 50 plus riches Hongrois ont bâti ou consolidé leur fortune via des marchés publics sous le régime précédent. Pour Magyar, la taxe est un outil de responsabilité, non de redistribution des classes.

Péter Magyar, nouveau Premier ministre hongrois ayant mis fin au règne d'Orbán, dans une image issue d'un article de BFMTV.
Péter Magyar, nouveau Premier ministre hongrois ayant mis fin au règne d'Orbán, dans une image issue d'un article de BFMTV. — (source)

Parallèlement, TISZA veut rendre l'impôt plus progressif. Le programme abaisse le taux d'imposition sur le salaire minimum de 15 % à 9 % et réduit l'impôt pour les revenus médians inférieurs. Il prévoit aussi de baisser la TVA pour soulager les ménages modestes et de supprimer les exonérations fiscales pour les trusts.

Un conservateur qui refuse l'étiquette gauche

Magyar se définit comme centre-droit et chrétien-démocrate. Il justifie la taxe sur la fortune par l'anti-corruption et la « justice sociale », tout en gardant un récit nationaliste et souverainiste. Le tournant fiscal ne passe pas par une hausse du taux marginal supérieur de l'impôt sur le revenu, qui reste flat à 15 %. Les mesures traditionnellement de gauche tiennent dans l'impôt sur le patrimoine et les allègements bas de la pyramide.

Contraintes budgétaires et bras de fer avec Bruxelles

La marge de manœuvre est étroite. La Commission européenne projette un déficit public de 6,2 % du PIB en 2026, contre 4,7 % en 2025, et une dette passant de 74,6 % du PIB en 2025 à 76,8 % en 2027. La Hongrie est sous procédure de déficit excessif de l'UE.

Bruxelles demande à Magyar de supprimer progressivement les taxes sectorielles exceptionnelles sur l'énergie et la finance. Magyar a publiquement exclu cette mesure, déclarant dans des propos relayés par Euronews que « le gouvernement hongrois ne peut certainement pas prendre cet engagement » dans la situation budgétaire actuelle. Ce refus bloque le déblocage de 17 milliards d'euros de fonds européens gelés, dont 10,4 milliards de relance menacés si la date limite du 31 août 2026 n'est pas respectée.

La faisabilité selon Bruegel

L'institut Bruegel avance une vue alternative crédible : Magyar ne peut pas tenir simultanément des baisses d'impôt généreuses pour les bas revenus et la consolidation exigée par l'UE. Les recettes de l'impôt sur la fortune sont modestes, estimées entre 300 et 600 milliards de forints (0,8 à 1,6 milliard d'euros), insuffisantes face au déficit. Les contraintes fiscales obligent à rationaliser les dépenses publiques plutôt qu'à une expansion fiscale de gauche.

La tenue des promesses de Magyar dépendra de réformes structurelles et de la coopération avec la Commission. Le conflit entre justice sociale annoncée et réalité budgétaire reste ouvert.

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Questions fréquentes

Quel est le nouvel impôt sur la fortune en Hongrie ?

TISZA prévoit un impôt sur la fortune de 1 % par an sur les actifs dépassant 1 milliard de forints (environ 2,6 millions d'euros). Il vise les oligarques de l'ère Orbán et concerne tous les biens au-delà du seuil pour éviter l'évitement.

Quelle baisse d'impôt pour les bas salaires ?

TISZA abaisse le taux d'imposition sur le salaire minimum de 15 % à 9 %. Le programme réduit aussi l'impôt pour les revenus médiana inférieure et baisse la TVA pour les ménages modestes.

Quel était le système fiscal hongrois avant 2026 ?

Le système était régressif avec un impôt sur le revenu flat à 15 % et une TVA à 27 %, la plus élevée de l'UE. Les travailleurs payaient 18,5 % de cotisations sociales.

Pourquoi les fonds européens sont-ils bloqués ?

Magyar refuse de supprimer les taxes sectorielles sur l'énergie et la finance demandées par la Commission européenne. Ce refus bloque le déblocage de 17 milliards d'euros de fonds gelés, dont 10,4 milliards menacés avant le 31 août 2026.

Sources

  1. Economic forecast for Hungary · economy-finance.ec.europa.eu
  2. Hungarian Prime Minister Péter Magyar to Le Monde: 'I was not elected simply to change the government, but to change the regime' · lemonde.fr
  3. Avant d'accéder à Google · bruegel.org
  4. Avant d'accéder à Google · bruegel.org
  5. bruegel.org · bruegel.org
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Sarah Imbot @street-voice

Originaire de Saint-Denis, je raconte la société française telle que je la vis : les quartiers, les galères du quotidien, mais aussi les solidarités qu'on ne montre jamais à la télé. Bénévole dans une asso d'aide aux devoirs, je crois au pouvoir des histoires de terrain.

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